La Confédération des Pieds-Noirs, parfois également appelée Nation des Pieds-Noirs ou Siksikaitsitapi, se compose de trois nations autochtones : les Gens-du-Sang, les Peigans et les Siksikas. Une partie des Peigans vivent dans le Montana tandis que les Peigans du Nord, les Gens-du-Sang et les Siksikas vivent en Alberta. Avant que des pressions externes exercées par le gouvernement canadien et la disparition des bisons les forcent à s’installer dans des réserves au XIXe siècle, ces peuples étaient nomades et s’en remettaient pour leur subsistance à la chasse au bison. Les peuples de la Nation Pieds-Noirs se désignent eux-mêmes par le terme Niitsitapi qui signifie « les vrais gens », un terme générique pour tous les peuples autochtones, ou par le terme Siksikaitsitapi qui signifie « les vrais gens qui parlent le blackfoot ». La population des peuples de la Nation Pieds-Noirs compte 20 000 personnes inscrites réparties dans trois communautés. (Voir également l’article Autochtones : les Plaines et les articles généraux sous Peuples autochtones.)

Culture traditionnelle et territoire

On décrit habituellement le territoire traditionnel de la Confédération des Pieds-Noirs comme s’étendant approximativement sur la moitié sud de l’Alberta et de la Saskatchewan et sur la partie septentrionale du Montana. À l’ouest, la confédération est bordée par les montagnes Rocheuses, tandis que ses limites s’étendent à l’est au-delà des Great Sand Hills de la Saskatchewan orientale. La zone de chasse des peuples de la Nation Pieds-Noirs inclut les riches aires de répartition du bison du sud de l’Alberta et du nord du Montana. La culture pieds-noirs traditionnelle est entièrement fondée sur la chasse au bison, ce qui crée des liens intrinsèques entre ces peuples et les Plaines. Leur nomadisme permet aux Pieds-Noirs de suivre les bisons à travers les plaines jusqu’aux zones de chasse où ils les capturent en les poursuivant pour les faire tomber dans des précipices. Les peuples Pieds-Noirs vivent dans des campements constitués de tipis qu’ils utilisent en raison de leur portabilité.

Durant l’été, des groupes convergent pour la chasse au bison à l’occasion de laquelle des célébrations donnant lieu à des danses et à des festins élaborés sont organisées. La Danse du Soleil, une célébration communautaire annuelle se tenant au milieu de l’été, constitue l’aspect central de la vie culturelle des Pieds-Noirs. Les colons européens et les missionnaires se sont opposés aux traditions complexes et bien établies des Pieds-Noirs et ont mis en œuvre des lois d’assimilation et des politiques visant à éradiquer l’expression de la culture traditionnelle.

Langue

Traditionnellement, les peuples Pieds-Noirs parlent un dialecte algonquien appartenant à la même famille que le cri et le gros ventres. Toutefois, ils parlent une langue commune distincte avec de faibles variations dans les trois dialectes utilisés par les trois peuples de la Confédération. Les pensionnats et les autres politiques d’assimilation culturelle ont partiellement érodé l’usage de la langue traditionnelle et les pratiques culturelles des Siksikas. En 2011, Statistique Canada recense 3 250 locuteurs du blackfoot et, bien que cette langue soit en danger, il existe plusieurs programmes linguistiques visant à promouvoir sa renaissance.

Les contacts avec les Européens

L’influence des Européens en Amérique du Nord précède les contacts avec la Confédération des Pieds-Noirs. Bien que les premiers négociants européens ne rencontrent pas les peuples Pieds-Noirs avant le milieu du XVIIIe siècle, il est probable qu’aux environs de 1725, ces derniers ont déjà été en contact, par le canal du commerce avec l’Occident, avec des chevaux introduits en Amérique du Nord par les Espagnols, et ce, à l’époque où ils reçoivent des armes à feu de leurs voisins cris et assiniboines qui se livrent au commerce des fourrures. Durant la majorité des XVIIIe et XIXe siècles, les Pieds-Noirs dominent, grâce à leur maîtrise de l’équitation, leur zone de chasse, et sont pratiquement constamment en guerre avec les Cris, les Assiniboines, les Crows, les Nez Percé, les Shoshonis et d’autres nations. Ils fréquentent les postes de traite de fourrure de la Compagnie de la Baie d’Hudson et de la Compagnie du Nord-Ouest sur la rivière Saskatchewan Nord; toutefois, ils doivent se battre avec les trappeurs américains et avec les négociants libres dans le sud, et ce, jusqu’à ce que les troupes américaines massacrent 173 Peigans à Fort Ellis en 1870 dans ce qui est aujourd’hui le Montana.

La population de ces peuples a varié durant cette période et l’on estime qu’elle a atteint pas moins de 20 000 personnes à son apogée en 1833 pour retomber à 6 350 personnes seulement après l’épidémie de variole de 1837. De la fin du XVIIIe siècle au milieu du XIXe siècle, les peuples Tsuu T’ina (Sarsis) et Gros Ventres, bien que culturellement et linguistiquement distincts des autres nations Pieds-Noirs, sont alliés à la Confédération des Pieds-Noirs pour des raisons politiques.

Face à la réalité de la diminution des effectifs dans les troupeaux de bisons et d’une colonisation européenne croissante, deux phénomènes encouragés par des gouvernements coloniaux opportunistes, les Pieds-Noirs disposent d’un éventail de choix très limité et cherchent à obtenir une protection culturelle et politique sur leur terre natale. Ils concluent un traité avec le gouvernement américain en 1855 et signent le Traité no 7 en 1877 avec le gouvernement canadien dans le cadre de la Loi sur les Indiens nouvellement adoptée. La plupart des Peigans s’installent alors sur une réserve au Montana — en 2010, la population autochtone américaine de cette réserve dépasse les 9 000 personnes — tandis que les nations Siksika, Gens-du-Sang et Peigan du Nord s’établissent chacune dans des réserves du sud de l’Alberta.

La vie contemporaine

Les nations Pieds-Noirs ont été en mesure, face à l’adversité, de conserver une grande partie de leur culture traditionnelle (voir, par exemple, Crowfoot et le Traité no 7). Aujourd’hui, elles constituent des communautés débordantes de vitalité qui mettent en avant la culture traditionnelle dans les secteurs de l’éducation, du bien-être et des programmes de guérison ainsi que dans d’autres aspects de la vie quotidienne. De nombreux Pieds-Noirs gagnent leur vie dans l’agriculture ou l’élevage, tandis que d’autres exploitent des entreprises autochtones dans des domaines comme le tourisme, l’extraction des ressources naturelles et la gestion.

Sur le plan politique, les nations sont représentées par des chefs et des conseils élus et par l’intermédiaire de la Société de gestion du Traité no , qui leur offrent des services de conseil et de défense de leurs droits. La Confédération des Pieds-Noirs constitue en elle-même une source de dynamisme politique avec des conférences annuelles qui se tiennent entre les nations membres, conférences ayant pour objectif d’accroître leur influence et d’améliorer leur organisation collective. Les nations membres ont également négocié de façon indépendante avec le gouvernement fédéral et avec les gouvernements provinciaux et ont obtenu un certain nombre de victoires, notamment en matière d’autonomie gouvernementale, d’autodétermination et de revendications territoriales.