Province la plus à l'ouest du Canada, la Colombie-Britannique est un territoire montagneux dont la population se concentre surtout dans la région du sud‑ouest. La Colombie‑Britannique est la troisième plus grande province du pays, après le Québec et l'Ontario : elle occupe 10 % de la superficie du Canada. Terre de diversité, ses contrastes abondent même à l'intérieur des secteurs restreints. Les paysages de la côte se caractérisent par des montagnes aux neiges éternelles, qui s'élèvent au-dessus de fjords étroits ou de bras de mer. Ils contrastent avec les hautes terres boisées de l'intérieur et les plaines du nord‑est. Le nom de la province, créée officiellement en 1858, est inspiré de la reine Victoria. Il rappelle le caractère très « britannique » de ses premiers temps.

Sol et ressources

Régions

La Colombie-Britannique comprend deux grandes régions appelées communément « la côte » et « l'intérieur », toutes deux fort contrastées. Dominé par le Grand Vancouver et regroupant plus de 60 % de la population de la province, le « Lower Mainland » en est véritablement le centre commercial, industriel et culturel. Une zone un peu plus vaste, qu'on appelle parfois la région du détroit de Georgia, comprend la ville de Victoria et la côte sud-est de l'île de Vancouver. Environ 20 % de la population de la province y réside.

À l'intérieur des terres, surplombées par des chaînes de montagnes parallèles, la population s'est établie sur de minces bandes de terre qui s'étendent du nord au sud, notamment au cœur des vallées de l'Okanagan et de Kootenay. Les agglomérations sont dispersées. Elles se trouvent à l'intérieur, comme Kamloops et Prince George, sur la côte nord, comme Prince Rupert et Kitimat, ainsi que dans les basses‑terres de la rivière de la Paix, comme Dawson Creek et Fort St. John. Ces villes constituent le centre d'une sous‑région distincte; elles dépendent davantage des marchés mondiaux que des marchés locaux.

Une bonne partie de l'évolution de l'activité économique de la Colombie‑Britannique, fondée sur les ressources naturelles, démontre un souci constant d'intégrer ces régions isolées à une économie provinciale plus globale. La moitié nord de la province est pratiquement inhabitée (au nord de Prince Rupert) et coupée de l'océan Pacifique par la péninsule de l'Alaska. Les basses‑terres de la rivière de la Paix, dans le nord‑est, sont un prolongement des plaines Intérieures. Elles ont plus de points en commun avec l'Alberta, leur voisine, que le reste de la province.

Relief, géologie et hydrographie

Le système montagneux de la Cordillère, qui se déploie dans l'ouest de l'Amérique du Nord, couvre presque la totalité de la Colombie‑Britannique, exception faite de la région de rivière de la Paix, dans le nord‑est. Les Rocheuses s'élèvent abruptement de 1 000 à 1 500 m au‑dessus des contreforts de l'Alberta. Quelques‑unes de leurs cimes, recouvertes de neige et de glace en permanence, culminent à plus de 3 000 m au‑dessus du niveau de la mer. Le plus haut sommet des Rocheuses canadiennes, le mont Robson (à l'ouest de Jasper, en Alberta), atteint 3 954 m.

Dans la partie sud des Rocheuses, produits du Paléozoïque (entre 542 et 251 millions d'années avant notre ère), les pics de roches sédimentaires aux arêtes déchiquetées se distinguent des sommets moins élevés, arrondis et datant du Protérozoïque (entre 2,5 milliards et 542 millions d'années avant notre ère), qu'on trouve au nord. Les Rocheuses finissent au sud de la rivière Liard, dans le nord‑est de la Colombie‑Britannique.

L'étroit sillon des Rocheuses, plus longue vallée d'Amérique du Nord, correspond à la limite occidentale de cette chaîne de montagnes. Il s'étend sur plus de 1 400 km du Montana jusqu'au Yukon et traverse toute la Colombie‑Britannique sur le sens de la longueur. Plusieurs fleuves et rivières prennent leur source dans cette vallée : Kootenay, Columbia, Fraser, Parsnip, Finlay, Kechika et Liard. Ces cours d'eau sont séparés les uns des autres par des lignes de partage des eaux de faible amplitude.

Deux autres systèmes montagneux sont situés à l'ouest du sillon des Rocheuses : la chaîne Columbia, au sud, et les monts Cassiar et Omineca, au nord. La chaîne Columbia est constituée de trois chaînes parallèles (Purcell, Selkirk et Monashee) aux arêtes pointues. Situées sur un axe nord‑sud, elles atteignent 2 000 à 3 000 m de hauteur. Elles sont séparées par de longues vallées étroites, occupées par le lac Kootenay et par le fleuve Columbia. Ces montagnes se composent surtout de roches sédimentaires et intrusives fortement minéralisées, qui datent du Crétacé (entre 146 et 65,5 millions d'année avant notre ère), du Trias (entre 248 et 206 millions d'années avant notre ère) et du Jurassique (entre 199,6 et 145,5 millions d'années avant notre ère). La quatrième chaîne du groupe, les monts Cariboo (voir Chaîne Cariboo), est située au nord-ouest de la rivière Thompson. Elle est composée de roches sédimentaires du Protérozoïque, moins minéralisées cependant.

Les hautes-terres du plateau Intérieur, larges et ondulées, recouvrent le centre de la province. Cette région mérite l'appellation de cuvette, puisqu'elle est entourée de hautes montagnes. La roche y est surtout constituée de lave datant du Crétacé et du Tertiaire (entre 65,5 millions et 2,6 millions d'années avant notre ère). La minéralisation y est apparemment faible, excepté dans les rebords du plateau. Dans la partie sud du plateau Intérieur, le fleuve Fraser a creusé profondément le soubassement rocheux et donné naissance au spectaculaire canyon du fleuve Fraser. Plus au nord, le plateau Stikine est une région de hautes-terres parsemées principalement de roches formées de lave jurassique. On y décèle aussi une activité volcanique récente. Le fleuve Stikine y prend sa source. Les plateaux de l'Intérieur et du Stikine s'élèvent en moyenne à 1 000 m au-dessus du niveau de la mer.

La partie occidentale des chaînes de montagnes de la province comprend la chaîne Côtière, qui longe le littoral, et la chaîne Insulaire, plus au large. L'extrémité nord des monts Cascade, dans l'État de Washington, s'arrête au fleuve Fraser. Les hauts pics neigeux et glacés de la chaîne Côtière s'étendent vers le nord jusqu'au Yukon, en suivant la péninsule de l'Alaska. Dans la partie sud de ces montagnes panoramiques, on trouve des cimes atteignant 3 000 m. Le plus haut sommet situé entièrement en Colombie-Britannique, le mont Waddington, culmine à 4 016 m.

De nombreux fjords, sinueux et profonds, pénètrent le massif montagneux de la côte. On y distingue surtout des roches d'intrusion granitiques du Crétacé et du Tertiaire, ainsi que des volcans récents. La partie inférieure de la chaîne Côtière (1 500 à 2 000 m), près de la rivière Skeena, gagne en altitude au nord.

Le mont Fairweather (4 663 m), plus haut sommet de la province, chevauche la frontière de l'Alaska et fait partie des monts St. Elias, situés immédiatement au nord‑ouest de la chaîne Côtière. Seuls trois cours d'eau importants, le Fraser, la Skeena et le Stikine, traversent la barrière de la chaîne Côtière. Les vallées du Fraser et de la Skeena sont devenues les sites sur lesquels reposent les seules routes terrestres qui relient la côte à l'intérieur.

La chaîne Insulaire est le prolongement nordique, en partie submergé, des monts Olympic et des chaînes côtières de l'État de Washington. Elle fournit l'assise terrestre de l'île de Vancouver et de l'archipel Haida Gwaii. Sur l'île de Vancouver, le sommet le plus important est le mont Golden Hinde (2 200 m).

À l'époque glaciaire, la Colombie-Britannique tout entière était recouverte d'un épais manteau de glace. Certaines parties du littoral et quelques vallées de l'intérieur ont émergé des glaces entre 12 000 et 15 000 ans avant notre ère. Depuis ce temps, les basses‑terres de la côte s'élèvent par rapport au niveau de la mer. Le reste de la province s'est libéré de la glace il y a 7 000 à 13 000 ans. Les effets des glaciations alpine et continentale se voient un peu partout : fjords et cirques (bassins en forme d'amphithéâtre) dans les montagnes, moraines de fond sur le plateau Intérieur, terrasses (terrains plats situés au‑dessus d'un cours d'eau) et replats (plateformes étroites) le long des rivières de l'intérieur.

Sols et végétation

Environ 3 % du territoire de la Colombie‑Britannique est propice à l'agriculture. Comme dans toute région montagneuse, seules les étroites plaines inondables, les terrasses et les deltas des rivières coulant dans les vallées renferment des sols alluviaux permettant la culture. Sur les pentes à inclinaison moyenne, les dépôts glaciaires produisent une surface suffisamment riche pour permettre la croissance des arbres.

Les conifères de la côte britanno‑colombienne sont les arbres les plus imposants de tout le Canada. Sous un climat doux et humide, Douglas taxifolié, cèdre rouge de l'Ouest (thuya), sapin baumier, pruche (ou tsuga) de l'Ouest et épinette de Sitka croissent abondamment. La foresterie est la plus importante des industries primaires de la province. Des espèces similaires, ainsi que le pin de Murray, le pin ponderosa et le tremble, poussent sur les pentes à inclinaison moyenne des plateaux et des massifs intérieurs. À cause des facteurs d'altitude et d'exposition, la limite forestière en montagne s'élève jusqu'à 2 000 m d'altitude au sud et à 1 000 m au nord. Par opposition, l'étendue de la prairie témoigne du climat plus sec de la chaîne Côtière, ainsi que des vallées profondément encaissées des rivières qui traversent le tiers méridional de la province.

Climat

Il existe une grande diversité de conditions climatiques, même à l'intérieur des petites régions de la Colombie‑Britannique. Le contraste le plus frappant se manifeste entre la côte et l'intérieur, mais on note aussi des variations entre les vallées et les hautes-terres, de même qu'entre le nord et le sud de la province. En hiver, des masses d'air chaud provenant du Pacifique adoucissent les températures sur la côte, mais, en été, les eaux froides y maintiennent la fraîcheur. Le relief de la chaîne Côtière empêche ces effets modérateurs de se propager jusqu'à l'intérieur. La moyenne de janvier, la plus douce du Canada, se situe autour de 0 °C dans la plupart des stations météorologiques de la côte. Par ailleurs, la moyenne de juillet atteint environ 15 °C dans le nord de la province et 18 °C dans la région du détroit de Georgia, qui est abritée du vent.

En hiver, l'intérieur reçoit des masses d'air froid descendant du Yukon ou de l'Alaska, phénomène observable surtout dans le nord‑est de la province. La moyenne de janvier varie de -10 °C à -15 °C dans la partie centrale; elle descend à -20 °C ou davantage dans les plaines du nord‑est. À l'intérieur, les vallées méridionales se réchauffent considérablement au cours de l'été. La moyenne en juillet peut dépasser 20 °C. Plus au nord, les stations situées à une altitude élevée, au centre du plateau Intérieur, relèvent des températures moyennes de 15 °C au cœur de l'été.

Les masses d'air du Pacifique provoquent d'importantes précipitations sur la côte, surtout l'automne et l'hiver. Du côté oriental des montagnes, les vallées intérieures sont beaucoup moins arrosées. Le versant occidental des sommets de l'île de Vancouver reçoit annuellement plus de 2 500 mm de précipitations. Les basses‑terres de la côte est enregistrent de 700 à 1 000 mm de précipitations. Le versant ouest de la chaîne Côtière reçoit annuellement de 1 000 à 3 000 mm de précipitations, dont un grand pourcentage de neige. La vallée de l'Okanagan, toutefois, n'enregistre que 250 mm de précipitations annuelles.

La côte bénéficie de la plus longue période sans gelées de tout le pays, d'une moyenne supérieure à 200 jours. Quant au centre du plateau Intérieur, il n'est libre de gel que de 75 à 100 jours. L'hiver doux et humide, l'été frais et sec, éléments qui ont fait la réputation de la Colombie‑Britannique, sont l'apanage du sud‑ouest seulement. Le reste de la province est soumis à des températures très semblables à celles des plaines de l'Alberta et de la Saskatchewan.

Ressources naturelles

La forêt recouvre environ 60 % du territoire de la Colombie‑Britannique. Elle constitue les terres forestières du Canada dans une proportion approximative de 19,5 %.

Comme dans la plupart des régions montagneuses, la province abonde en ressources minérales. Une gamme très vaste de métaux ont été découverts dans ses montagnes : plomb, zinc, or, argent, molybdène, cuivre et fer. Les basses-terres de la rivière de la Paix, au nord‑est des Rocheuses, présentent une structure géologique particulière. Elles se composent d'une masse sédimentaire jeune, source de pétrole, de gaz naturel et de charbon.

Des précipitations abondantes, des montagnes à déclivité prononcée et des bassins hydrographiques intérieurs très étendus correspondent aux conditions physiques idéales de la production d'hydroélectricité. De fait, la Colombie‑Britannique présente le plus grand potentiel de production hydroélectrique parmi les provinces. Quelques grands cours d'eau intérieurs, toutefois, ne sont pas encore exploités, puisque leur aménagement porterait atteinte à l'habitat du saumon du Pacifique. Ce poisson se reproduit dans les eaux d'amont des rivières intérieures et côtières qui se jettent dans l'océan Pacifique.

Protection de l'environnement

L'équilibre entre le développement économique et la protection de l'environnement est une cause particulière de tensions, dans une province qui s'appuie essentiellement sur les ressources renouvelables. Beaucoup de ces ressources semblaient intarissables, mais lors des années 1930, la forêt côtière était en voie d'épuisement. L'industrie du saumon a été menacée par une pêche trop intensive et par la destruction, à divers endroits, de l'habitat fluvial et marin. De plus, des terres arables, et la Colombie‑Britannique en possède bien peu, ont servi à construire des routes, des ensembles résidentiels et des usines. Les premiers gouvernements provinciaux se préoccupaient surtout d'un développement rapide, pour créer de l'emploi à l'échelle locale. Néanmoins, depuis la Seconde Guerre mondiale en particulier, l'adoption de plusieurs lois permet de protéger l'environnement et les ressources naturelles. Le succès du programme de reboisement a parfois été remis en question, mais la forêt est gérée selon le principe du « rendement soutenu ».

La pêche n'est autorisée que dans des secteurs précis et pendant des périodes limitées. Un moratoire sur la modification du zonage agricole a été appliqué en 1973 et la British Columbia Ecological Reserves Act (1971) a contribué à la création de plusieurs réserves d'écosystèmes représentatifs. Le projet d'oléoduc Northern Gateway, proposé par Enbridge, prévoit le transport de pétrole et de condensat entre Edmonton (Alberta) et Kitimat (Colombie‑Britannique). Cependant, il fait face à l'opposition systématique de groupes autochtones, de militants écologistes et de politiciens. En novembre 2013, l'Alberta et la Colombie‑Britannique sont parvenues néanmoins à un accord sur les modalités d'approbation des futurs projets pipeliniers.

Population

Centres urbains

Les Britanno‑Colombiens ont toujours vécu principalement dans les villes. En 2011, 86 % de la population était considérée comme urbaine et se concentrait dans la région du sud‑ouest, en majorité.

Le Grand Vancouver est la plus importante agglomération de la province. Sa population, qui s'élevait à 2,3 millions d'habitants en 2012, la classe au troisième rang des villes canadiennes. La Colombie‑Britannique compte trois autres régions métropolitaines : Abbotsford-Mission, Kelowna et Victoria, la capitale. Prince George, Kamloops, Chilliwack et Nanaimo correspondent à des villes de taille moyenne. Parmi les petites villes, citons Cranbrook, Penticton, Vernon, Dawson Creek, Prince Rupert, Courtenay, Port Alberni, Fort St. John, Terrace et Williams Lake.

Main-d'œuvre

En 2012, 80 % des participants à la main‑d'œuvre travaillaient dans le secteur des services. Les métiers spécialisés, la santé et les services sociaux, ainsi que l'éducation constituaient les trois principaux employeurs. Dans l'industrie de la production des biens (qui emploie les 20 % restants), la construction et la fabrication correspondaient aux employeurs les plus importants cette année‑là. Toujours en 2012, le taux de chômage, qui s'établissait à 6,7 %, comptait parmi les plus bas du pays. (En fait, la Colombie‑Britannique se classait au quatrième rang derrière les provinces de l'Ouest, soit l'Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba.)

Langues et groupes ethniques

La Colombie‑Britannique est l'une des provinces les plus diversifiées du pays, sur le plan ethnique. À l'instar d'autres provinces, les cinq principales origines ethniques déclarées dans le Recensement de 2006 sont européennes (anglaise, écossaise, canadienne, irlandaise ou allemande). Toutefois, la composition ethnique de cette province se distingue par sa grande proportion de minorités visibles : elle s'élève à 25 % en 2006. La même année, 23 % de la population de l'Ontario appartient à une minorité visible, à titre de comparaison. Les Chinois, les Asiatiques du Sud, les Philippins, les Coréens et les Asiatiques du Sud-Est correspondent aux principales communautés qui constituent la population des minorités visibles de la Colombie‑Britannique. Les Japonais forment environ 1 % de la population britanno‑colombienne. Il s'agit d'une donnée significative par rapport à d'autres régions du pays. (Par exemple, moins de 1 % de la population de l'Ontario est d'origine japonaise.) Par ailleurs, une population autochtone relativement importante (5 % en 2006) vit aussi en Colombie‑Britannique.

La composition ethnique actuelle de la province est un reflet de son histoire. Au début du XXe siècle, plus de 75 % de ses habitants étaient d'origine britannique et presque toute la population avait l'anglais pour langue maternelle. Vers le milieu du XIXe siècle, des Chinois ont commencé à travailler dans les mines des monts Cariboo. Au début des années 1880, de nombreux ouvriers chinois ont fait leur arrivée en Colombie‑Britannique, afin de participer à la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique. Par la suite, plusieurs d'entre eux se sont établis à Vancouver. Victoria possède également son quartier chinois, mais en plus petit. Entre 1900 et 1940, des Canadiens d'origine japonaise se sont établis eux aussi dans le sud‑ouest de la province.

Comme dans le reste du pays, le pourcentage de Canadiens d'origine britannique décline rapidement depuis 1950. Un grand nombre d'Asiatiques de l'Est, du Sud et du Sud‑Est ont commencé à immigrer en Colombie‑Britannique au cours des années 1970.

L'histoire de la province est d'abord marquée par le racisme, notamment les émeutes anti‑asiatiques de 1907 et l'affaire du Komagata Maru, en 1914. Des politiciens de tous les partis ont agité le spectre d'une Colombie‑Britannique qui ne serait plus une « province blanche », en alimentant une crainte qui s'est répandue au sein de la population. On recensait moins de 40 000 Chinois et Japonais en 1921. Cependant, leur concentration dans le Lower Mainland et le sud de l'île de Vancouver, outre le choix restreint d'emplois qui leur étaient offerts, en faisaient des cibles faciles.

Relégués aux tâches les plus ingrates et devant se contenter de salaires de misère, les Chinois et les Japonais étaient perçus comme des compétiteurs malhonnêtes par les syndicats et par les agriculteurs. La campagne menée par l'Asiatic Exclusion League (fondée en 1921) et d'autres initiatives du même genre ont finalement abouti à la Loi de l'immigration chinoise de 1923, qui interdisait l'immigration des Chinois.

Les Japonais, quant à eux, ont été expulsés de leurs villages de pêche pendant la Seconde Guerre mondiale, puis confinés dans des camps d'internement. La discrimination politique à l'égard des « non‑Blancs » de la Colombie-Britannique a pris fin en 1947 par des proclamations d'émancipation à l'égard des Chinois et des Hindous, puis des Japonais en 1949.

Religions

Étant donné que la plupart des habitants de la province sont d'origine britannique et parlent anglais, comme dans la plupart des régions du Canada, ils sont majoritairement chrétiens (55 % en 2001). Les personnes qui s'identifient comme sikhs constituaient 3 % de la population en 2001, alors qu'on recensait 2 % de bouddhistes et 1 % de musulmans cette année‑là. Par ailleurs, 36 % des habitants de la Colombie‑Britannique ne se réclamaient d'aucune confession religieuse.

Histoire

Peuplement autochtone

Quelque temps après la dernière glaciation, les Autochtones se sont établis le long des côtes et dans les vallées intérieures de la Colombie‑Britannique. La datation au carbone 14 a révélé qu'ils occupaient certains lieux il y a 6 000 à 8 000 ans. Les peuplades de la côte du Nord‑Ouest vivaient dans des villages autonomes de 200 à 1 000 habitants. Elles avaient accès à un milieu où abondaient les crustacés, le saumon et même les baleines. Les groupes qui habitaient le long de la côte recouraient à divers outils et techniques de pêche. Ils construisaient de grandes maisons de planches à l'architecture complexe en utilisant les ressources de la forêt. Les peuples de la côte ont établi leurs campements en aval des principales rivières à saumon. Ils ont élaboré une culture raffinée dont témoignent les totems et la coutume du potlatch (voir Tagish; Tsimshians; Haidas; Tlingits; Kwakiutls; Nootka et Autochtones : la côte du Nord-Ouest). Les habitants de l'intérieur (Porteurs, Salish du continent et Kootenays) étaient surtout nomades et dépendaient de la chasse. En général, les groupes qui habitaient dans la région subarctique de l'intérieur se consacraient à la pêche, en plus de chasser l'orignal et le caribou. Ceux qui vivaient dans le sud de l'intérieur profitaient d'un climat plus clément. La disponibilité du saumon leur permettait d'hiverner dans de petits villages.

Peuplement européen

Le Nord-Ouest Pacifique correspond à la dernière région d'Amérique du Nord explorée par les premiers Européens. Il était très difficile d'y accéder à l'époque, en raison de sa distance par rapport à la côte est du Canada ainsi que des montagnes, qui formaient une barrière aux déplacements est‑ouest.

Le premier poste européen permanent est établi au début du XIXe siècle, pour faciliter la traite des fourrures. L'activité redouble dans la région, avec la découverte de l'or en aval et au milieu du fleuve Fraser (voir Ruée vers l'or du fleuve Fraser). Cette ruée favorise la mise en place d'un système intérieur d'approvisionnement et de transport, du fleuve jusqu'à la chaîne Cariboo. Des villes minières sont aménagées en permanence dès les années 1880 dans les vallées du sud‑est. Elles consolident leur implantation grâce à l'exploitation forestière et aux petites fermes, tout en bénéficiant de moyens de transport ferroviaire, routier et maritime. Cependant, les colonies de la côte du sud‑ouest revêtent un caractère plus commercial et urbain.

Entre 1860 et 1890, Victoria, la capitale, devient la principale agglomération à vocation administrative et commerciale, de même que le centre d'approvisionnement de la côte et de l'intérieur pour la mise en valeur des ressources. Située dans l'anse Burrard, au nord de l'embouchure du Fraser, Vancouver est désignée comme terminus occidental du Canadien Pacifique en 1886. Elle supplante alors Victoria en tant que centre commercial, s'impose comme premier port et ouvre les marchés internationaux aux produits de la côte et de l'intérieur de la province.

Malgré l'accroissement démographique, la disparité entre les modèles de peuplement de la côte et de l'intérieur persiste tout au long du XXe siècle, malgré une augmentation de la densité démographique. La population urbaine domine et habite dans la région du sud‑ouest. Le reste de la population est dispersé dans la moitié sud de la province. Elle se concentre principalement dans les vallées s'étendant du nord au sud, ou dans des centres fondés sur l'exploitation des ressources naturelles et aménagés le long des grandes voies de communication. La majorité des agriculteurs sont établis dans la vallée de l'Okanagan ou le long de l'autoroute qui relie Kamloops à Prince George. Ces agglomérations, réparties sur un axe linéaire, sont séparées entre elles par des massifs montagneux inhabités. La présence humaine est extrêmement réduite au nord de Prince George et de Prince Rupert, à l'exception de zones urbaines et agricoles qui s'étendent le long de la rivière de la Paix, dans le nord‑est.

Les Européens font leur arrivée sur la côte du Nord‑Ouest bien longtemps après avoir exploré d'autres régions du continent. En 1774, les Espagnols, sous la conduite de Juan Pérez Hernàndez, sont sans doute les premiers Européens à apercevoir la côte de la province. Sans même mettre pied à terre, Pérez revendique le territoire au nom de l'Espagne. Quatre ans plus tard, James Cook pénètre avec deux vaisseaux anglais dans le détroit de Nootka, sur la côte ouest de l'île de Vancouver. Quelques années plus tard, des commerçants britanniques débarquent et se lancent avec succès dans la traite des fourrures avec les Autochtones qui vivent sur le littoral.

Les Espagnols, qui avaient établi un poste de traite au détroit de Nootka, s'emparent des navires anglais. Un conflit éclate en 1789 entre l'Espagne et l'Angleterre, quant à la propriété de la côte ouest de l'Amérique du Nord. La controverse du détroit de Nootka trouve son dénouement dans les accords de Nootka (1790‑1794). Sans désigner les propriétaires du territoire, ils garantissent des droits de commerce égaux pour les deux pays.

Les prétentions anglaises sont renforcées après 1792, lorsqu'arrivent des vaisseaux commandés par George Vancouver. Ils ont pour mission de dresser la carte de la côte, de l'Oregon jusqu'en Alaska. Au cours de trois années de relevés cartographiques précis, Vancouver baptise plusieurs baies, anses et formes de relief de la côte. En cette période de colonialisme européen à l'échelle mondiale, les gouvernements et les commerçants d'Europe se préoccupent fort peu du fait que ce territoire est déjà habité par des Autochtones.

En 1793, le premier compte rendu effectué par un Européen sur l'intérieur de la Colombie‑Britannique est l'œuvre d'Alexander Mackenzie, commerçant de fourrures pour la Compagnie du Nord-Ouest. Il pénètre la région depuis l'est, le long de la rivière de la Paix et du cours supérieur du Fraser, explore le plateau Chilcotin du côté ouest, puis traverse la chaîne Côtière jusqu'à la grande anse de Bella Coola.

Deux membres de la Compagnie du Nord-Ouest, Simon Fraser et David Thompson, explorent d'autres parties de l'intérieur au début du XIXe siècle. Ils fondent des postes de traite des fourrures, approvisionnés à partir de Montréal. Ce sont les premiers établissements permanents d'origine européenne. En 1808, Fraser atteint l'embouchure du fleuve qui porte maintenant son nom. Thompson découvre l'embouchure du fleuve Columbia en 1811, après avoir exploré les cours d'eau du sud‑est de la Colombie‑Britannique.

Pendant une cinquantaine d'années, l'est de l'Amérique du Nord est occupé et colonisé par des agriculteurs européens, et des villes commerçantes s'y développent. Cependant, l'ouest montagneux du continent demeure pratiquement inconnu, en marge des empires du commerce des fourrures, dominés par les villes de l'est.

Durant la première moitié du XIXe siècle, la Compagnie de la Baie d'Hudson (CBH), propriété des Britanniques, contrôle la traite des fourrures dans l'ouest, y compris la région des États actuels de l'Oregon et de Washington. À mesure que les colons américains s'établissent dans le sud de cette région, pendant les années 1830, ils refusent de reconnaître l'autorité de la compagnie britannique.

Des conflits territoriaux se règlent par la signature du Traité de l'Oregon, en 1846, qui fixe la frontière méridionale de la Colombie‑Britannique le long du 49e parallèle, sauf pour l'île de Vancouver. En prévision de ce résultat, la CBH déménage ses quartiers généraux au Fort Victoria, qui vient d'être construit en 1843.

En 1849, Londres confie à la CBH la responsabilité d'ouvrir l'île de Vancouver à la colonisation. Deux ans plus tard, James Douglas, l'un des dirigeants de la compagnie, devient gouverneur de la colonie. Douglas met sur pied une assemblée législative pour l'île, en 1856. Au milieu du XIXe siècle, les seuls villages non autochtones du territoire qui va devenir la Colombie‑Britannique sont des postes de traite des fourrures comme Victoria, Nanaimo et Fort Langley, sur la côte, ainsi que Kamloops, Fort George (devenu Prince George) et Fort St. James, à l'intérieur.

Croissance

Cette période de tranquillité relative prend fin en 1858, avec la découverte d'or dans les bancs de sable qui longent le cours inférieur du fleuve Fraser. Les ruées vers l'or qui s'ensuivent attirent des milliers de chasseurs de fortune du monde entier. La plupart d'entre eux proviennent cependant des régions aurifères de Californie, et plusieurs arrivent par bateau, de San Francisco. Les chercheurs d'or s'entassent dans des installations inadéquates à Victoria, où ils achètent permis et provisions.

Au cours de l'année 1858, des prospecteurs ratissent les rives et les bancs du Fraser, vers l'amont. La ville de Yale est fondée pour servir de centre de transbordement à l'extrémité sud du canyon du Fraser, et à l'extrémité est de la voie navigable de son embouchure. Les chercheurs d'or longent les affluents du Fraser à pied et font découvertes importantes à l'est de Quesnel.

La ville champignon de Barkerville surgit à l'extrémité ouest des monts Cariboo et devient le centre de services des champs aurifères de la région. À l'apogée de Barkerville, au début des années 1860, sa population s'élève à quelque 10 000 habitants, mais fluctue beaucoup. Elle est ainsi la localité la plus populeuse de l'Ouest canadien, à cette époque.

Désireux d'assurer la loi et l'ordre dans le district aurifère et d'y établir un gouvernement, les Britanniques confient, en 1858, l'administration d'une nouvelle colonie continentale de la Colombie‑Britannique à James Douglas, demeuré gouverneur de l'île de Vancouver. New Westminster, agglomération située un peu à l'intérieur des terres, sur la rive nord du delta du Fraser, est proclamée capitale de la nouvelle colonie en 1859. Elle contrôle le trafic fluvial à l'entrée du delta du Fraser, en direction de l'intérieur. Au début des années 1860, la construction de la route Cariboo, le long des falaises du canyon Fraser, se révèle un exploit extraordinaire. Elle facilite le transport des marchandises jusqu'aux villages de l'intérieur.

En 1866, l'épuisement de la production aurifère et le départ des habitants forcent le gouvernement britannique à réunir les deux colonies, afin de réduire les coûts administratifs. Pendant deux ans, New Westminster demeure la capitale des colonies jumelées, jusqu'à ce que les protestations de Victoria, la vieille capitale, obligent les autorités à y ramener le siège du gouvernement en 1868. Il existe désormais une distance physique entre la capitale ainsi que la majorité des populations et les activités économiques de l'intérieur. Elle provoque, par la suite, des problèmes de communication et le dédoublement de plusieurs services gouvernementaux sur le continent.

Après 1867, la colonie britannique de la côte ouest engage le débat sur l'opportunité de se joindre à la Confédération formée par les provinces de l'Est, connues sous le nom de Canada. En 1871, les 12 000 citoyens non autochtones de la Colombie‑Britannique acceptent d'adhérer au Dominion du Canada, à condition que le gouvernement fédéral construise un chemin de fer transcontinental qui reliera la nouvelle province au reste du pays. Il faudra attendre, non sans impatience, 15 ans avant que le Chemin de fer Canadien Pacifique atteigne la côte du sud‑ouest. (Voir aussi La Colombie-Britannique et la Confédération.)

Au début, l'union avec le Canada n'est pas très heureuse. La nouvelle province est très endettée : gouverner un territoire montagneux aussi vaste et si peu peuplé coûte cher, et les revenus provenant de l'exploitation des ressources naturelles sont modestes. Plus du tiers de la population blanche réside dans la région de Victoria. En 1881, on dénombre 24 000 Blancs et environ 25 000 Autochtones.

L'expansion tant désirée du commerce avec l'Asie de l'Est ne se réalise pas immédiatement après l'achèvement des travaux de construction du chemin de fer, en 1885. Néanmoins, le Canadien Pacifique crée un afflux migratoire au port de Vancouver, et en 1901, la population de la ville dépasse déjà celle de Victoria. Vieille de 15 ans, Vancouver compte près de 27 010 habitants en 1901, tandis que Victoria n'en regroupe que 23 688, après 58 ans d'existence.

Des entrepreneurs arrivent en Colombie‑Britannique au tournant du XXe siècle, afin d'en exploiter les immenses ressources. Le secteur de la conserverie du saumon se développe sur le littoral. Des scieries entrent en exploitation sur les deux rives du détroit de Georgia, surtout dans la partie est de l'île de Vancouver. La première usine de pâtes et papiers est construite à Powell River en 1912.

C'est cependant après la Première Guerre mondiale que l'industrie forestière connaît une expansion majeure, l'ouverture du canal de Panama donnant accès aux marchés de l'Atlantique Nord. La Colombie‑Britannique attire un type de pionniers très différents de ceux des Prairies et de l'Est du Canada. En effet, l'accessibilité des capitaux et l'exportabilité des ressources naturelles constituent alors des facteurs de développement plus importants que l'appropriation des terres agricoles.

Au cours des années 1890, le développement des ressources et le peuplement de l'intérieur s'appuient sur l'industrie minière, concentrée dans la région de Kootenay, au sud-est. Venus pour la plupart des camps miniers de l'Idaho et du Montana, États de l'Ouest américain, des prospecteurs remontent les vallées vers le nord. Ils découvrent de l'or et des métaux communs, à l'ouest du lac Kootenay. Des villages miniers surgissent dans la vallée Slocan, à Rossland, près de Grand Forks et ailleurs. Nelson, où sont concentrés les services, l'administration et les ressources matérielles, devient le centre le plus important de la région. La ville enregistre une population de 4 500 habitants en 1911.

Une voie ferrée provenant des États‑Unis se prolonge dans la région, en direction nord. Le Canadien Pacifique étend son réseau vers l'ouest, en 1899, traverse le col Crowsnest et transporte le charbon de Fernie jusqu'aux fonderies des centres miniers. Vers 1914, plusieurs mines ferment et certaines municipalités sont abandonnées, quoique d'autres mines seront mises en exploitation par la suite. Au cours de la Première Guerre mondiale, l'activité minière décline dans la région de Kootenay. Le Canadien Pacifique entreprend alors le prolongement de la voie ferrée devant relier la vallée Kettle à la côte.

Des colons s'installent dans le centre‑sud de l'intérieur pour pratiquer l'agriculture. À l'époque où la ruée vers l'or gagne Cariboo, au début des années 1860, des ranchs font leur apparition au sein des vallées herbagères et des cuvettes vallonneuses, dans tout le sud du plateau Intérieur. L'irrigation se développe au début du XXe siècle, à l'ouest de Kamloops et dans le nord de la vallée de l'Okanagan. L'irrigation de vergers qui s'étendent au sud de Vernon facilite l'établissement d'anciens combattants de la guerre 1914‑1918 (voir Loi sur les terres destinées aux anciens combattants).

Le Grand Trunk Pacific Railway est construit entre 1907 et 1914 afin de doter le Canada d'une deuxième voie d'accès à la côte du Pacifique, à travers les montagnes. Il se dirige vers l'ouest depuis Edmonton, en traversant le cours supérieur du Fraser, ainsi que les vallées de Bulkley et de Skeena. Fondée après la construction du chemin de fer, Prince George devient alors un centre de scierie mineur ayant accès au marché du bois de construction des Prairies, alors en pleine expansion. Toutefois, les terminaux portuaires et ferroviaires de Prince Rupert n'attireront jamais le tonnage espéré, en raison notamment de leurs besoins modestes en réception de fret. Malgré ses aspirations, la petite ville demeure principalement un centre de pêche.

En raison de l'agitation politique qui sévit à l'échelle internationale, les activités économiques fondées sur l'exploitation des ressources naturelles connaissent un ralentissement important dans la province entre 1930 et 1945, qui se solde par la perte de marchés mondiaux. Vers 1950, l'amélioration des réseaux de transport contribue grandement à intégrer les économies et les agglomérations de l'intérieur, axées sur l'exploitation des ressources naturelles, aux centres côtiers qui assument la réception des marchandises, ainsi que leur transformation et leur gestion.

L'Expo 86, tenue à Vancouver, porte d'ailleurs sur le transport et les communications. À cette époque, des milliers de Canadiens s'installent en Colombie‑Britannique, attirés par la douceur de son climat et par ses perspectives économiques intéressantes. Ils se joignent à des milliers d'autres immigrants venus d'Asie. Ces gens ne font pas qu'occuper des postes d'employés et de cadres dans les secteurs en pleine expansion du commerce et des services : ils achètent des biens et des services, et ils se divertissent. Au XXIe siècle, la Colombie-Britannique est devenue l'une des provinces les plus prospères et à croissance la plus rapide du Canada.

Économie

L'exploitation des ressources naturelles constitue le fondement de l'activité économique de la Colombie‑Britannique moderne.

Les Autochtones comptaient sur la population animale, autant terrestre que marine, pour s'alimenter, se vêtir ou faire du troc. Lors de leurs premiers échanges commerciaux avec les Autochtones, les Européens recherchaient surtout les peaux des loutres de mer de la côte ou des animaux à fourrure de l'intérieur.

Les premiers colons européens s'intéressaient avant tout aux ressources minérales, dont l'or du centre et du sud-est de la province. On extrayait également du charbon dans l'île de Vancouver, près de Nanaimo et de Cumberland. Dès les années 1880, on abattait les superbes conifères géants de la côte, pour faciliter l'aménagement d'autres agglomérations du littoral du Pacifique. Transformé dans les nombreuses conserveries établies à l'embouchure des rivières, le saumon était expédié dans le monde entier.

Au cours du XIXe siècle, les ressources de la Colombie‑Britannique ont fourni un grand nombre de produits destinés aux marchés anglo‑américains, est-asiatiques et européens. En général, ces ressources ne subissaient qu'une transformation primaire sur place, avant d'être expédiées.

Au XXe siècle, l'augmentation rapide de la population et sa concentration autour des ports du sud‑ouest ont favorisé la fabrication des biens de consommation. Outre l'abondance de l'énergie hydroélectrique, le coût élevé du transport des marchandises venant de l'Est du Canada et des États‑Unis a stimulé cette activité. L'exploitation agricole s'est étendue dans les basses terres et le delta du bas Fraser. Les activités administratives et financière liées à l'exploitation des ressources naturelles ont continué à s'exercer dans les grandes villes de la côte, principalement à Vancouver.

Agriculture

Bien qu'elle ne consacre que 3 % de son territoire à l'agriculture, la Colombie‑Britannique est réputée pour sa culture fruitière. En fait, elle domine le pays dans le domaine de la production des fruits, du raisin à vin, des baies et des noix. Sa production agricole s'est chiffrée à 2,8 milliards de dollars en 2012; les cultures les plus rentables étaient le raisin, le bleuet, la cerise, la framboise, la poire et l'abricot.

L'agriculture de la province est née au milieu du XIXe siècle, pour répondre aux besoins des postes de traite. L'expansion de Vancouver et de Victoria a stimulé le développement agricole de la vallée du Fraser et de l'île de Vancouver. Lors des années 1890, des cultures de légumes et de fruits se sont établies dans l'Okanagan, tandis que l'élevage du bœuf a commencé dans la région de Cariboo.

La plus importante superficie cultivée, celle de la rivière de la Paix, produit environ 90 % des récoltes céréalières de la Colombie-Britannique. Bénéficiant de la plus longue saison sans gel du Canada, les petites exploitations du bas Fraser produisent lait, viande, légumes et petits fruits. Elles pratiquent aussi des cultures plus spécialisées, dont les bleuets, les canneberges et les bulbes à fleurs. Dans le sud de la province, région plus sèche, seule l'agriculture irriguée prospère.

Les terrasses et les replats étroits qui surplombent le lac Okanagan en font l'une des trois grandes régions fruitières du pays et une importante zone productrice de raisin. Des petites fermes pratiquent des cultures intensives : pomme, pêche, poire, cerise, prune, raisin et abricot. L'élevage de bovins de boucherie se fait dans certaines zones restreintes de la prairie, située dans le sud du plateau Intérieur. Toutefois, on ne produit pas même assez de viande pour suffire aux besoins du marché de Vancouver.

Malgré la rareté des bonnes terres agricoles, l'expansion urbaine a dévoré chaque année plus de 6 000 hectares de terre cultivable, entre 1966 et 1971. Environ 20 % des bonnes terres du bas Fraser et 30 % des terres de la vallée de l'Okanagan avaient déjà changé de vocation en 1973. La Land Commission Act, promulguée cette année‑là, a permis de décréter un moratoire sur l'utilisation des terres agricoles à d'autres fins, malgré la grande demande de terrains à des fins de construction résidentielle et industrielle, ainsi qu'à usage « récréatif » (fermes d'agrément et maisons de campagne).

Forêts

L'exploitation de la forêt a constitué la grande composante de l'économie de la Colombie‑Britannique au XXe siècle et elle continue de jouer un rôle important, en ce XXIe siècle. Dans ce secteur, l'emploi enregistre un déclin depuis plusieurs années en raison de différents facteurs, dont l'effondrement du marché de l'habitation aux États‑Unis, après la crise financière de 2008, et l'impact négatif du dendroctone du pin ponderosa sur les forêts intérieures. En outre, la popularité grandissante des sources d'information en ligne nuit particulièrement aux exportations de papier journal, qui ont reculé de 80 % lors des deux dernières décennies. Néanmoins, les produits forestiers correspondent toujours à la marchandise la plus exportée de la province.

La coupe du bois à des fins commerciales commence lors des années 1840, sur l'île de Vancouver. Elle prend de l'expansion avec la ruée vers l'or du fleuve Fraser, en 1858. Des scieries s'établissent dans le sud‑ouest pendant la seconde moitié du XIXe siècle, afin de répondre à la demande de bois de construction des peuplements locaux en plein essor et d'exporter vers les agglomérations rapprochées du Pacifique. Des scieries temporaires sont exploitées près de tous les villages miniers dispersés à l'intérieur des terres. Installées le long des deux principales lignes ferroviaires, certaines d'entre elles exportent facilement leur bois vers les villes des Prairies qui, à l'aube du XXe siècle, sont en pleine expansion.

Après la Première Guerre mondiale, la production de bois de sciage augmente rapidement sur le littoral. En effet, l'ouverture récente du canal de Panama permet aux scieries de la côte ouest d'accéder plus facilement aux marchés européen et est‑américain. La majorité des entrepreneurs forestiers décident de reloger leurs camps plus au nord sur la côte et de transporter les billes par voie d'eau, jusqu'aux grandes scieries du détroit de Georgia. Hormis quelques exceptions, dont Prince Rupert, ce mode de fonctionnement s'est perpétué, soit la coupe du bois sur la côte nord, puis sa transformation et son expédition à partir de la côte sud.

Dès le début du XXe siècle, quelques usines de pâtes et papiers s'établissent près du détroit de Georgia. Cependant, elles n'ont accès à aucun marché important pour la vente du papier journal et d'autres catégories de papier, contrairement aux industries de l'Est du Canada, qui alimentent les marchés de la côte est américaine. À l'opposé des usines de l'Est, celles de la Colombie-Britannique s'intègrent au fonctionnement des scieries. Elles obtiennent la plus grande quantité de leurs fibres brutes à partir des résidus (copeaux, sciure de bois) produits par les scieries avoisinantes.

L'industrie des pâtes et papiers se concentre sur la côte jusqu'au milieu des années 1960, époque où on ouvre des usines un peu partout à l'intérieur de la province. Cette expansion vers le centre participe d'un mouvement général d'expansion de l'industrie forestière vers l'intérieur, stimulé par l'élargissement des marchés étrangers, par l'amélioration des réseaux routier et ferroviaire, par l'établissement de nouvelles concessions gouvernementales et par l'obtention de droits de coupe dans de nouvelles zones forestières. De plus, on craint l'épuisement éventuel des réserves forestières de la côte.

Au cours des années 1970, la région de l'intérieur génère près de la moitié de la valeur des richesses forestières de la province. Les petites scieries de la côte disparaissent au début du XXe siècle et celles de l'intérieur, après 1950. Elles sont remplacées par de grandes scieries construites au cœur des zones d'exploitation, et parfois même accompagnées d'usines de pâtes et papiers ou d'usines à papier.

Le transport par voie d'eau sur des chalands basculeurs demeure prépondérant, lorsqu'il s'agit d'acheminer les billes aux scieries du littoral. Cependant, le flottage est rarement utilisé à l'intérieur, contrairement à son évolution constatée dans l'Est du Canada. Dans les régions de l'intérieur, les billes, comme les produits finis, sont transportés par camion ou par train. Villes et villages vivant de l'industrie forestière sont donc situés le long des principaux réseaux ferroviaires et routiers.

En 1986 et 1987, l'Assemblée législative de la Colombie-Britannique adopte trois nouvelles lois sur les responsabilités du ministère des Forêts quant à la gestion, à la protection et à la conservation des ressources forestières. La pression exercée sur cette industrie augmente à mesure que les exigences se précisent au chapitre de la sauvegarde des forêts à des fins de loisirs, de protection de la faune, d'esthétique et de préservation des ressources pour les générations futures. Au milieu des années 1980, l'industrie intensifie substantiellement sa pénétration du marché américain. Elle subit les pressions des producteurs de bois américain, qui prétextent une concurrence déloyale (voir Litige sur le bois d'œuvre). Ce différend nécessite de longues années d'âpres négociations et entraîne une baisse importante des exportations de bois vers les États‑Unis (voir aussi Forêt et Économie forestière).

À la fin des années 1980, l'industrie est de plus en plus critiquée pour ses pratiques de foresterie et ses coupes dans des forêts peuplées d'arbres centenaires. Les écologistes remportent quelques victoires (vallée de Carmanah et Clayquot Sound), après avoir mené des campagnes de sensibilisation à l'échelle nationale et internationale. Grâce à la Forest Reserve Act (1994), le gouvernement provincial tente de prévenir de futurs affrontements en délimitant des territoires forestiers exploitables à des fins commerciales. En 2007, il lance un plan d'action relatif à la forêt côtière, pour renforcer la concurrentialité du secteur et encourager l'exploitation des forêts secondaires.

Mines

En 2012, le secteur minier est à l'origine d'environ 30 % des exportations de la province. Le charbon, le cuivre et le molybdène correspondent principalement aux minerais exploités en Colombie‑Britannique. L'or, l'argent, le plomb et le zinc occupent également une place importante dans ce domaine d'activités.

Dès 1858, les mines jouent un rôle important avec la ruée vers l'or du fleuve Fraser et, ultérieurement, les découvertes réalisées dans la région de Cariboo. Entre 1890 et 1910, la région de Kootenay, dans le sud‑est, devient l'un des principaux secteurs miniers du Canada. Les immenses installations industrielles de Trail, constituées d'une fonderie et d'une raffinerie, reçoivent le minerai de la Colombie-Britannique, du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest.

Le premier gisement de charbon à être exploité dans la province, au milieu du XIXe siècle, se trouve près de Port McNeill. Peu de temps après, on en découvre un autre à Nanaimo, dans l'île de Vancouver. Un énorme filon carbonifère, situé dans la région du bassin de Fernie et du col Crowsnest, approvisionne la fonderie de Trail et les locomotives, jusqu'à leur conversion au diesel. Destiné à un usage thermique ou métallurgique, le charbon du sud‑est est exporté dans divers pays, surtout au Japon. Les jeunes formations sédimentaires du nord‑est, comme celles des plaines du centre de l'Alberta, renferment charbon, pétrole et gaz naturel. Ces deux derniers produits sont acheminés par oléoduc jusqu'aux marchés urbains du sud‑ouest de la province et du nord‑ouest des États‑Unis.

Au cours du XXe siècle, ouvertures et fermetures se succèdent dans les mines de métaux du centre‑sud, de Grand Forks à Princeton. Au début des années 1980, la mise en exploitation de mines de cuivre à ciel ouvert, au sud‑ouest de Kamloops, devient le fait saillant de l'actualité minière. D'autres mines de métaux sont exploitées discontinûment sur le plateau Intérieur, entre les lacs Williams et Babine, dans le nord‑ouest.

Depuis plus d'un siècle, des gisements sont aussi exploités de façon intermittente sur le littoral de la province. Des mines de métaux ouvrent et ferment à proximité de Stewart, au nord‑est de Prince Rupert, et dans plusieurs régions de l'île de Vancouver. Extraits sur la côte, le minerai de fer et le cuivre, pour ne nommer que ces deux métaux, sont exportés au Japon. La presque totalité de la production de la Colombie-Britannique est expédiée à l'extérieur : le destin de son industrie minière se décide donc véritablement hors de ses frontières.

Énergie

La Colombie‑Britannique produit de l'énergie en excédent : électricité, charbon, pétrole et gaz naturel. Deux de ces formes d'énergie revêtent une importance particulière. En fait, la province compte parmi les principaux producteurs de gaz naturel du pays. De plus, l'hydroélectricité constitue sa plus grande source de production d'énergie électrique. BC Hydro, société d'État, se classe au troisième rang des services publics d'électricité du Canada. La British Columbia Transmission Corporation, autre société d'État, a reçu le mandat de concevoir, de bâtir et d'exploiter le système de transport d'électricité de BC Hydro. Outre ces deux corporations de la Couronne, la province compte sur plusieurs entreprises privées de production d'électricité, dont FortisBC, propriétaire de lignes de transport et de distribution d'électricité reliées à BC Hydro. Enfin, un nombre restreint de producteurs indépendants alimentent le réseau d'électricité.

En plus de ce vaste potentiel hydroélectrique, un relief accidenté et contrasté, des précipitations généreuses et des pentes fortes, qui provoquent un écoulement saisonnier abondant vers de nombreuses rivières, permettent à la Colombie-Britannique de dépendre de l'hydroélectricité. L'exploitation de cette forme d'énergie commence à la fin du XIXe siècle, lorsqu'on aménage les petites rivières du sud‑ouest pour alimenter Victoria et Vancouver. Avant 1940, la plus importante centrale du sud‑ouest barre la rivière Bridge, immédiatement à l'est de la chaîne Côtière. Jusqu'aux années 1960, l'hydroélectricité provenant du sud‑ouest répond aux besoins des marchés industriels et résidentiels de la région du détroit de Georgia.

Au tournant du XXe siècle, quelques rivières du sud‑est, dont la Kootenay, sont aménagées pour alimenter villes et mines environnantes. L'énergie produite suffit amplement jusqu'aux années 1960. Par suite de la conclusion d'un accord international, un barrage est construit sur le fleuve Columbia (à Mica Creek, dans le « Big Bend », au nord de Revelstoke), afin de régulariser le débit d'eau et d'accroître l'efficacité des centrales américaines (voir Traité du fleuve Columbia). Au cours des années 1970, des turbines y sont installées pour alimenter Vancouver.

Le nord‑est de la province est la dernière région à se doter de centrales hydroélectriques. Grâce aux innovations réalisées dans le domaine du transport de l'énergie sur de longues distances, on peut construire un barrage sur la rivière de la Paix, à l'endroit même où elle s'écoule des Rocheuses, et acheminer cette électricité vers le sud, près de 1 000 km plus loin, dans les marchés en pleine expansion du Grand Vancouver. En plein cœur de la province, le fleuve Fraser présente le plus grand potentiel hydroélectrique de la Colombie-Britannique. Cependant, la technologie ne permet pas encore la cohabitation de l'énergie et du poisson (voir BC Hydro).

Pêche

En Colombie‑Britannique, le secteur de pêche le plus prospère est celui du saumon du Pacifique. Son cycle, qui comprend la période de frai dans les rivières, la migration en mer et le retour dans les frayères, dure de deux à cinq ans. À mesure que les bancs de poissons se rapprochent de l'embouchure des rivières, des pêcheurs les capturent à bord de bateaux de fort tonnage. On trouve du saumon dans la plupart des rivières côtières, mais les plus grosses prises sont faites aux embouchures du fleuve Fraser et de la rivière Skeena. Cette méthode réduit considérablement les stocks de poissons et pose une menace pour le secteur des pêches. Néanmoins, le saumon demeure la prise la plus importante. En 2010, sa valeur au débarquement s'est élevée à 570,3 millions de dollars, ou à 66 % de la valeur totale de débarquement des poissons et des fruits de mer capturés dans la province, toutes catégories confondues.

Parmi les autres poissons pêchés le long ou au large de la côte, citons le hareng et le flétan, des poissons de fond comme la morue et la sole, ainsi qu'une grande variété de crustacés, surtout les huîtres, qui sont cultivées à divers endroits le long du littoral.

Au début du XXe siècle, les conserveries étaient disséminées le long de la côte, à proximité des zones de pêche. Cependant, l'utilisation graduelle de bateaux plus modernes, à plus grand rayon d'action et dotés de systèmes de réfrigération, a entraîné la fermeture de la plupart des petites conserveries établies dans le centre du littoral. Malgré tout, l'industrie de transformation du poisson demeure un élément important de l'économie de la Colombie‑Britannique. La plupart des usines se concentrent dans le sud‑ouest, à l'heure actuelle.

Transport

Le transport terrestre s'insinue dans les vallées fluviales étroites qui sillonnent la moitié sud de la Colombie-Britannique. Les deux voies ferrées transcontinentales passent par les vallées du Fraser et de la Skeena, avant de traverser le massif montagneux et d'atteindre la côte. Quatre cols des Rocheuses sont empruntés par les chemins de fer, puis par les routes afin de pénétrer par l'est de la province. Voici ces passages stratégiques, du sud au nord : Crowsnest, Kicking Horse, Yellowhead et Pine.

BC Rail (anciennement nommée Pacific Great Eastern), seule compagnie ferroviaire assurant un service dans l'axe sud-nord, constituait la propriété du gouvernement provincial avant sa privatisation, en 2004. Dans les années 1950, elle s'est étendue de Vancouver jusqu'à la région de la rivière de la Paix, dans le nord‑est, en passant par Prince George. Les travaux de prolongement du réseau jusqu'à un territoire peu habité, au nord‑ouest de Prince George, ont été stoppés durant les années 1970. Le chemin de fer Southern Railway of British Columbia, qui existait avant BC Rail, a appartenu à BC Hydro jusqu'en 1988. Il assure un service de fret entre Chilliwack et New Westminster, et dans l'île Annacis, sur le Fraser.

Il a fallu attendre les années 1950 pour que l'intérieur de la Colombie‑Britannique se dote d'un réseau d'autoroutes interreliées. Les travaux de construction de la première route pavée qui traverse la province sur sa largeur, la route transcanadienne, ont été achevés en 1962. L'aménagement de la route Coquihalla, terminé en 1990, a permis d'alléger la circulation sur les routes empruntées par les poids lourds et de stimuler le tourisme régional. La plupart des routes sillonnent le fond des vallées, où se trouvent les agglomérations et leurs habitants. Par conséquent, elles suivent généralement un axe sud‑nord, tandis que les liaisons est‑ouest sont moins nombreuses.

Le gouvernement provincial assume la construction et l'entretien des chemins publics, dans les territoires non constitués, et des routes à grande circulation, dans les régions constituées. Plusieurs parties de la Colombie‑Britannique possèdent peu de voies routières, voire aucune.

Il n'existe aucune liaison terrestre le long de la côte continentale, entre Powell River et Prince Rupert, en raison des coûts extrêmement élevés qu'exigerait la construction de routes serpentant à travers les innombrables fjords. On trouve d'ailleurs peu d'établissements permanents dans ce secteur. Dans le nord‑ouest, une route relie Prince Rupert (et Stewart) à Cassiar et à la route de l'Alaska. Cette dernière est la seule qui traverse le nord‑est de la Colombie‑Britannique. Dans le cadre de sa soumission pour les Jeux olympiques d'hiver de 2010, la Colombie‑Britannique avait planifié des améliorations majeures à une section de la route 99, connue sous le nom d'autoroute Sea-to-Sky. Les travaux de construction de ce corridor routier, qui relie West Vancouver à Whistler, ont été achevés en 2009.

La côte de la Colombie‑Britannique bénéficie d'un service complet de traversiers qui transportent les marchandises, les véhicules et les passagers d'une rive à l'autre du détroit de Georgia. Ces navires desservent une cinquantaine de ports d'escale répartis le long de la côte, alors que de petits exploitants régionaux fournissent leurs services aux collectivités locales éloignées. Remorqueurs, chalands et petits bateaux côtiers transportent les ressources naturelles, les marchandises et les passagers dans l'« Inside Passage » (ou Passage de l'Intérieur), situé entre l'île de Vancouver et le continent, ainsi que vers le nord jusqu'à Prince Rupert, Haida Gwaii et la péninsule de l'Alaska. Au début du XXe siècle, des bateaux à faible tirant d'eau faisaient, pendant l'été, la navette sur les lacs longs et étroits des régions du centre et du sud‑est. Cependant, ils ont disparu graduellement avec la construction d'autoroutes praticables en toute saison.

Les principales villes de la Colombie‑Britannique possèdent un aéroport. Tout comme les modes de transport ferroviaire, terrestre ou fluvial, ils ne font que renforcer la domination exercée par le Grand Vancouver et par la région densément peuplée du sud‑ouest de la province.

Tourisme et loisirs

La Colombie-Britannique est reconnue internationalement pour la diversité et l'étendue de ses activités de plein air : pêche sportive, camping, randonnée pédestre, croisières, voyages en automobile, ski alpin et chasse. Les nombreux parcs fédéraux et provinciaux offrent un panorama montagneux grandiose et des environnements physiques diversifiés à l'échelle locale. Les parcs nationaux se trouvent surtout dans la région montagneuse de l'est de la province. Citons notamment Yoho, Kootenay, des Glaciers et Mount-Revelstoke. Le parc national Pacific Rim, situé dans la partie ouest de l'île de Vancouver, possède la plus longue plage de sable de la province.

En juillet 1987, la conclusion d'une entente a permis de constituer la réserve de parc national Gwaii Haanas, dans l'archipel Haida Gwaii (anciennement nommé îles de la Reine‑Charlotte). Cette forêt pluvieuse unique en son genre compte parmi les habitats floristiques et fauniques les plus diversifiés d'Amérique du Nord. Elle est également la terre ancestrale des Haida, dont les sites anciens et les totems ont une grande valeur culturelle (voir Île Anthony).

La Colombie‑Britannique compte 1 030 parcs provinciaux et zones protégées. Ces espaces forment le plus grand réseau de parcs du Canada, après les parcs nationaux. Ils se classent dans quatre catégories : zones récréatives; parcs de catégorie A qui correspondent, pour la plupart, à des terrains de camping et de pique‑nique; grands parcs de catégorie B, dont Garibaldi, Strathcona (premier parc provincial de Colombie‑Britannique, créé en 1911) et Tweedsmuir; enfin, les parcs de catégorie C, petites zones récréatives locales. Chaque année, ces parcs provinciaux et ces zones protégées reçoivent près de 20 millions de visiteurs.

Gouvernement et politique

Gouvernement provincial

La Colombie-Britannique est gouvernée par une Assemblée législative de 85 députés, qui représentent autant de circonscriptions électorales et sont élus au scrutin uninominal. Avant l'application des recommandations de la Commission Fisher, en 1991, plusieurs circonscriptions étaient représentées par deux personnes, étant donné le nombre disproportionné d'électeurs qui vivent dans les zones urbaines entourant Vancouver. Toutefois, les recommandations de la commission ont imposé la création de nouvelles divisions électorales et leur représentation par un seul député à l'Assemblée législative.

Le lieutenant‑gouverneur de la Colombie‑Britannique, nommé par le gouverneur général du Canada sur recommandation du premier ministre de la province, est le chef du gouvernement, mais à titre honorifique seulement. Le pouvoir appartient au premier ministre, chef du parti ayant remporté le plus grand nombre de sièges aux élections qui ont lieu tous les quatre ans, le deuxième mardi de mai. Un cabinet, dont les membres sont choisis au sein du parti au pouvoir, est constitué par le premier ministre. La fonction publique assure les services gouvernementaux sous l'autorité des sous‑ministres, et le siège du gouvernement est situé à Victoria.

D'origine fédérale, les Partis libéral et conservateur font leur apparition dans la province en 1903 lors de l'élection de Richard McBride, premier ministre conservateur. Le premier gouvernement libéral est élu en 1916, sous l'autorité de H.C. Brewster, puis les Conservateurs reprennent le pouvoir en 1928, dirigés par Simon Tolmie.

Au début du XXe siècle, plusieurs leaders syndicaux venus de Grande‑Bretagne mettent leur expérience d'organisateurs à contribution. Ils font des gains rapides, grâce à l'adoption de lois destinées à améliorer le sort des travailleurs et à instaurer des services sociaux. Ainsi, le Parti travailliste (Labour Party) fait élire des députés en 1920, en 1924, en 1928 et en 1933.

Des mouvements socialistes et progressistes apparaissent avec les difficultés économiques de la Crise des années 1930. Les Conservateurs subissent un balayage quasi complet en 1933, finissant derrière la Co-operative Commonwealth Federation (CCF), qui obtient 7 sièges et 31 % des votes. Un nouveau gouvernement libéral s'installe au pouvoir pour les huit prochaines années, sous l'autorité de T.D. Pattullo. Les premiers ministres libéraux John Hart (1941‑1947) et Byron I. Johnson (1947‑1952) dirigent des gouvernements de coalition.

En 1952, le Crédit social, faction dissidente du Parti conservateur dirigée par W.A.C. Bennett, fait son entrée sur la scène provinciale. Une formation politique du même nom existait déjà en Alberta. Après avoir constitué un gouvernement minoritaire la même année, ce parti gouverne la Colombie‑Britannique sans interruption pendant 20 ans. La province connaît alors une ère de croissance et de mise en valeur sans précédent de ses ressources. L'intérieur de la province, en particulier, bénéficie de la construction de nouvelles routes qui assurent de meilleures interconnexions, ainsi que la liaison avec la région du sud‑ouest. On assiste également au prolongement nordique du chemin de fer British Columbia Railway jusque dans la région de la rivière de la Paix.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD, anciennement la CCF) forme l'opposition officielle au cours des années 1960, après la disparition quasi complète des Libéraux et des Conservateurs au palier provincial. Il prend le pouvoir pour la première fois en 1972, sous la direction de David Barrett. Les voix se divisent presque également entre les deux partis. Le Crédit social se fait l'avocat de la libre entreprise et d'un rôle limité de l'État, tandis que le NPD préconise un socialisme modéré et l'intervention du gouvernement dans les affaires économiques et sociales.

Les Créditistes reprennent le pouvoir en 1975, dirigés par William Bennett, fils de W.A.C. Bennett. Ils sont réélus en 1979, en 1983 et en 1986, cette fois sous l'autorité de William Vander Zalm. Rita Johnston devient la première femme à occuper le poste de première ministre au Canada; elle remplace Vander Zalm comme chef d'un parti miné par les scandales, en 1991. Lors des élections de la même année, le Crédit social est cependant battu par le NPD, alors dirigé par Michael Harcourt, ancien maire de Vancouver. Cette élection transforme le Crédit social en parti marginal et inaugure le retour des Libéraux comme véritable force politique provinciale. Ils forment alors l'opposition officielle pour la première fois depuis 40 ans. En 1996, les Néodémocrates remportent un deuxième mandat consécutif sous la direction de Glen Clark. Il démissionne sous la pression, en août 1999. Le Libéral Gordon Campbell accède au pouvoir en 2001, puis est réélu à la majorité en 2005 et en 2009. Souffrant d'une baisse de popularité causée principalement par l'instauration de la TVH, Campbell démissionne de ses fonctions de premier ministre en 2010. L'ancienne sous‑ministre Christy Clark lui succède et mène les Libéraux à une étonnante victoire majoritaire, en 2013. Bien qu'elle n'ait pas remporté le siège convoité lors des élections de mai, Clark gagne les élection partielles tenues dans Westside‑Kelowna, en juillet 2013.

Système judiciaire

La Cour d'appel, plus haut tribunal de la Colombie‑Britannique, est constituée d'un jury de trois juges en général. Cinq juges siègent toutefois dans le cadre de certaines causes importantes. La Cour suprême occupe un rang inférieur à la Cour d'appel, dans la hiérarchie judiciaire. Un juge en chef la préside, de même qu'un juge en chef adjoint et 86 autres juges. La Cour suprême traite les affaires civiles et criminelles. Les procès pour crimes graves commis dans la province sont également soumis à ses compétences. En Colombie‑Britannique, les cours provinciales entendent les causes liées au droit criminel, au droit familial, à la protection de l'enfance, aux petites créances, à la législation de la route et à la loi sur les jeunes contrevenants. Tous les juges provinciaux sont nommés par le gouverneur général en conseil (la Couronne, en fait), sur la recommandation du Conseil de la magistrature, qui se compose de neuf membres. Le procureur général, premier conseiller juridique de la Colombie‑Britannique, peut intervenir dans tout litige impliquant la province. Le ministère de la Justice est responsable de l'administration de la justice, de la police et des services juridiques offerts à la population.

Finances publiques

La majeure partie des revenus du gouvernement provincial provient des impôts prélevés sur les biens immobiliers, des taxes de vente, ainsi que des impôts sur le revenu des citoyens et des entreprises. À titre d'exemple, des taxes s'appliquent aux terres qui ne relèvent pas des municipalités, à l'essence, aux boissons alcoolisées et au tabac. Il existe également une taxe de vente provinciale d'application générale. L'obtention de licences et de permis provinciaux occasionne habituellement des frais, dont les redevances concernant la coupe du bois sur les terres publiques et l'utilisation d'autres ressources naturelles. En 2009, le gouvernement de la Colombie‑Britannique a instauré une taxe de vente harmonisée, qui combinait la taxe de vente provinciale et la taxe fédérale sur les produits et services. Cependant, un référendum tenu en 2011 a entraîné son rejet, et la province a rétabli son ancien système en avril 2013. La Colombie‑Britannique reçoit une part de l'impôt perçu par le gouvernement fédéral, et versé dans le cadre de diverses ententes fédérales‑provinciales de partage fiscal.

Le gouvernement de la Colombie‑Britannique consacre la plus grande part de ses dépenses à l'éducation, à la santé et aux services sociaux. Ces derniers comprennent le financement des hôpitaux, de l'assurance‑maladie, de l'aide sociale et d'autres mesures de soutien. Une tranche des dépenses est liée au salaire des employés de la fonction publique, qui assurent l'administration gouvernementale et fournissent les services publics. Le gouvernement fournit aussi le service des traversiers, nécessaires plus que partout ailleurs au pays, en plus d'entretenir les routes et les ponts.

Représentation fédérale

Le Sénat fédéral compte six représentants de la Colombie‑Britannique. À Ottawa, la Chambre des communes dénombre 36 députés fédéraux élus dans cette province.

Gouvernement local

En Colombie‑Britannique, la gouvernance locale englobe les administrations municipales, dotées d'un maire et de conseillers élus, et les districts régionaux, dirigés par un conseil d'administration. La province compte 27 districts régionaux, qui se subdivisent à leur tour en circonscriptions électorales. Des administrateurs sont élus dans chaque circonscription, et chaque municipalité d'un même district régional nomme un ou plusieurs membres au conseil régional. Créés au milieu des années 1960, les districts régionaux assurent la prestation des services aux collectivités rurales qui ne sont pas constituées en personne morale. L'élection des conseils régionaux et des administrations municipales a lieu tous les trois ans. Contrairement à d'autres provinces, la Colombie-Britannique ne possède pas d'entités administratives comme les cantons ou les comtés.

Santé

Le gouvernement de la Colombie‑Britannique administre le régime de services médicaux, qui couvre la quasi‑totalité des coûts liés aux soins de santé, dont les consultations, les examens et les traitements médicaux. Le programme provincial Fair Pharmacare offre une aide financière liée au revenu net des familles, afin qu'elles assument le paiement des médicaments d'ordonnance et des fournitures médicales admissibles, ainsi que des frais d'officine. La Colombie‑Britannique compte six régies de la santé : cinq d'entre elles assurent la prestation de leurs services aux différentes régions de la province. La sixième, la Provincial Health Services Authority, dirige des organismes provinciaux comme le BC Children’s Hospital, la BC Cancer Agency et BC Transplant. En outre, elle veille à ce que les habitants de la province aient accès à des services de santé spécialisés. Les régies de la santé exercent leurs activités sous la direction du ministère de la Santé, qui établit les normes, les objectifs et les accords de rendement provinciaux.

Éducation

Les premières écoles élémentaires ouvrent leurs portes à Victoria en 1852, quelques années seulement après la construction d'un fort par la Compagnie de la Baie d'Hudson. À partir de 1858, l'administration coloniale maintient ces écoles. La Public School Act of 1872 crée un système scolaire gratuit à l'échelle provinciale. Les premières écoles secondaires voient le jour à Victoria en 1876, puis à Vancouver en 1890.

En Colombie‑Britannique, le système d'éducation primaire et secondaire va de la maternelle à la 12e année. L'enseignement public est offert gratuitement aux élèves âgés de 5 à 19 ans. Des conseils scolaires, composés de citoyens élus, administrent les écoles, que le gouvernement provincial finance en majeure partie. L'école est obligatoire pour les personnes âgées de 6 à 16 ans. En 2012, plus de 550 000 enfants et adolescents fréquentaient quelque 1 600 écoles publiques de niveaux primaire et secondaire.

Les enfants qui vivent dans les régions isolées ou ne peuvent pas fréquenter l'école peuvent bénéficier de l'enseignement à distance (désigné par l'expression « apprentissage échelonné » dans cette province), dispensé par des enseignants titulaires d'un brevet de la Colombie‑Britannique. Bon nombre de ces cours sont offerts aux adultes qui veulent terminer leurs études secondaires. Le ministère de l'Éducation définit le contenu des cours et des programmes, qui se ressemblent d'un bout à l'autre de la province. Ainsi, les élèves peuvent changer de district scolaire sans difficulté. Toutefois, cette structure permet aussi aux écoles et aux titulaires des différentes classes d'adapter le contenu des programmes d'enseignement aux besoins locaux. Par ailleurs, le BC College of Teachers a la responsabilité de délivrer les brevets aux enseignants de la province et de vérifier les compétences de ceux venus d'ailleurs.

Quelque 367 écoles privées exigeant des frais de scolarité exercent leurs activités en Colombie‑Britannique. Plus de 74 000 élèves y sont inscrits, soit 12 % de la population scolaire de la maternelle à la 12e année. Parmi les écoles privées, on trouve des établissements de confession catholique, protestante, juive, musulmane et sikh, des institutions fondées sur la méthode Montessori ou affiliées au groupe Waldorf, ainsi que des établissements non confessionnels. Les écoles dont les professeurs répondent aux exigences des brevets d'enseignement de la province et qui se conforment aux critères des programmes d'enseignement provinciaux ont droit à un financement limité.

Enseignement postsecondaire

Le système public d'enseignement postsecondaire de la province est structuré pour répondre à une demande croissante en matière d'enseignement supérieur et de formation avancée. À ce titre, la Colombie‑Britannique regroupe 11 universités.

La première institution de haut savoir est l'Université de la Colombie-Britannique (UCB). Elle située dans une péninsule touristique adjacente à la pointe ouest de Vancouver. Le Victoria College, d'abord affilié à l'UCB, offrait l'enseignement des deux premières années d'université, jusqu'à ce qu'il obtienne le statut d'établissement universitaire en 1963 (voir Université de Victoria). En 1965, on crée l'Université Simon Fraser à Burnaby, afin de répondre aux besoins de la population croissante du Grand Vancouver. Au milieu des années 1990, trois universités ouvrent leurs portes : la University of Northern British Columbia en 1994, la Royal Roads University en 1995 et la Technical University of British Columbia en 1997. En 2008, cinq établissements postsecondaires, dont quelques collèges universitaires, deviennent des universités : University of the Fraser Valley, Kwantlen Polytechnic University, Vancouver Island University, Emily Carr University of Art + Design et Capilano University. La plupart de ces institutions fournissent leurs services à un secteur géographique en particulier. Elles sont désignées par l'expression « universités à vocation spécifique ».

En 1978, le gouvernement provincial crée l'Open Learning Institute. Cet institut fusionne avec le Knowledge Network, réseau de télévision éducative de la Colombie‑Britannique, en 1988. Il forme alors l'Open Learning Agency, dont la British Columbia Open University faisait partie. Outre le volet de téléenseignement de l'Open Learning Agency, les cours de la British Columbia Open University sont intégrés à la division Open Learning de la Thompson Rivers University en 2005. Plus de 20 000 étudiants s'inscrivent chaque année à ce réseau, qui propose quelque 55 programmes menant à l'obtention de certificats ou de diplômes d'études secondaires et postsecondaires.

La province compte 11 collèges communautaires qui s'efforcent de répondre aux besoins particuliers des régions auxquelles ils offrent leurs services. Les programmes de ces établissements d'enseignement général vont de l'alphabétisation au rattrapage scolaire, en passant par la formation professionnelle. En plus d'offrir une formation technique ou professionnelle, ils offrent des programmes de transition vers l'université d'une durée d'un ou deux ans.

Vie culturelle

Arts et sports

Un nombre important de colons et d'entrepreneurs sont passés directement de l'Angleterre aux colonies et à la nouvelle province. Au cours du XIXe siècle, ce pays exerce donc une influence dominante sur la population d'origine européenne de la Colombie‑Britannique.

Au XXe siècle, le portrait culturel se diversifie grâce à l'apport des nouveaux arrivants de l'Est du Canada. Quoique de sang britannique, ils forment une deuxième ou une troisième génération de Canadiens. L'influence de l'Est se fait sentir davantage à partir de 1950, lorsque l'immigration intérieure vient grossir la population, apportant avec elle des institutions, des activités et des traits culturels propres au reste du Canada. Quelques-uns des meilleurs écrivains du pays, dont Phyllis Webb et George Bowering, vivent dans la province.

Le mélange des immigrants de l'Inde, du Pakistan, de la Malaisie, des Philippines, de Hong Kong, du Japon et de la Chine enrichit la culture de la côte ouest. D'ailleurs, le « Chinatown » demeure un attrait durable du paysage urbain du centre de Vancouver.

Les Autochtones se distinguent par la richesse de leur culture (voir Art autochtone de la côte du Nord‑Ouest). L'art et l'artisanat autochtones ont connu un regain de vigueur au cours des dernières décennies et leur rayonnement s'étend à l'ensemble de la société. L'artiste la plus célèbre de la province, Emily Carr, a été profondément marquée par l'art autochtone. De plus, les œuvres de Bill Reid, célèbre artiste haida, ont acquis une renommée internationale.

Le gouvernement de la Colombie-Britannique soutient financièrement les activités culturelles et artistiques par l'intermédiaire du British Columbia Arts Council, organisme indépendant fondé en 1995. Après la tenue des Jeux olympiques et paralympiques à Vancouver, en 2010, le gouvernement provincial a créé le fonds Sports and Arts Legacy, pour stimuler la participation des Britanno‑Colombiens à ces domaines d'activités.

Les dépôts d'archives, les galeries d'art et les musées les plus importants sont établis à Vancouver et à Victoria. Divers musées régionaux existent également dans les petites villes de l'intérieur. Situés en bordure de la mer, du côté ouest de la ville, le Centennial Museum, le planétarium H.R. MacMillan et le Gordon Southam Observatory sont voisins des archives municipales et du musée maritime de Vancouver. Ce dernier préserve le St. Roch, célèbre schooner de la Gendarmerie royale, qui témoigne du rôle important de la mer dans l'histoire de la ville.

Le Royal British Columbia Museum de Victoria est renommé pour ses panoramas et ses expositions réalistes. Il comporte plusieurs étages de collections illustrant les milieux naturels, de même que la vie des Autochtones et des premiers colons européens. Le musée d'anthropologie de l'Université de la Colombie‑Britannique, conçu par l'architecte Arthur Erickson, abrite une collection importante d'objets façonnés par les Autochtones de la côte du Nord‑Ouest.

Plusieurs théâtres présentent des pièces à Vancouver et à Victoria. L'Arts Club, principale compagnie théâtrale de l'Ouest canadien, occupe trois scènes à Vancouver, et l'Electric Company Theatre propose ses œuvres originales dans la même ville. À Victoria, The Other Guys Theatre Company et le Blue Bridge Repertory Theatre proposent des productions qui reflètent la culture régionale, ainsi que de grandes œuvres du répertoire théâtral.

Les Canucks de Vancouver font partie de la Ligue nationale de hockey depuis la saison 1970‑1971. De leur côté, les Lions de la Colombie‑Britannique sont affiliés à la LCF depuis 1954. Ces derniers ont élu domicile à la British Columbia Place, seul stade couvert du Canada. En 1994, Vancouver s'était dotée d'une équipe professionnelle de basketball, mais on dû la vendre et elle est déménagée à Memphis en 2001.

Vancouver a aussi accueilli les Jeux de l'Empire britannique en 1954 (voir Jeux du Commonwealth) et Expo 86. Quarante ans après Vancouver, Victoria accueillait les Jeux du Commonwealth à son tour. En 2010, les XXIe Jeux olympiques d'hiver ont eu lieu à Vancouver et le Canada a remporté son plus grand nombre de médailles, lors de ce genre d'événement hivernal. De plus, les athlètes canadiens ont établi un record, en raflant un nombre inégalé de médailles d'or pour leur pays à l'occasion d'une olympiade d'hiver.

Communications

Les grandes villes de la Colombie‑Britannique possèdent leur quotidien, tandis que les municipalités de la côte et de l'intérieur publient des hebdomadaires. Les principales stations de radio et de télévision ont leur siège à Vancouver et à Victoria, mais plusieurs agglomérations de taille plus modeste exploitent leur propre station. La plupart des éditeurs de livres et de revues de la province sont établis à Vancouver. En raison de sa part importante de revenu et de population, cette ville représente un marché intéressant pour les éditeurs et les médias de l'Est, mais aussi pour les maisons d'édition locales.

Sites patrimoniaux

lieux historiques les plus importants sont Fort Langley, premier poste de traite des fourrures de la vallée du bas Fraser, Barkerville et Fort Steele. Dans les haltes routières situées près des plus beaux panoramas, le gouvernement provincial a fait installer de nombreux panneaux commémoratifs sur les autoroutes principales.