Clément Perron

Clément Perron, scénariste et réalisateur (Québec, 3 juill. 1929 - Pointe-Claire, 12 octobre 1999). Après l'obtention d'un diplôme à l'U. Laval, Perron poursuit ses études en France pour devenir enseignant. Son intérêt pour le cinéma naît de sa fréquentation assidue de la Cinémathèque française à Paris. Il s'inscrit alors à l'Institut de filmologie. De retour au Canada, en 1957, il entre au service de l'OFFICE NATIONAL DU FILM (ONF) à titre de scénariste.

En 1962, il réalise Jour après jour, un court métrage documentaire sur une usine de papier. Son recours au son synthétique et au commentaire poétique pour évoquer la répétition de tâches souvent dangereuses suscite à la fois un intérêt certain et une controverse. Deux ans plus tard, avec Jacques GODBOUT, Gilles CARLE, Denys ARCAND et Gilles GROULX, Perron s'en prend à l'Office national du film (ONF) dans la revue Parti pris, affirmant qu'il s'agit d'une « gigantesque machine de propagande ». Certains membres du groupe ne tardent pas à quitter l'ONF, mais Perron continuera à travailler de l'intérieur pour susciter des changements. Il est nommé producteur délégué pour la production française en 1968, puis directeur du Comité du programme français de 1975 à 1978 et de 1980 à 1982.

Perron contribue surtout au cinéma canadien en tant que scénariste de ses propres films et des films d'autres réalisateurs. Son plus grand succès dans ce domaine demeure Mon oncle Antoine (1971) de Claude JUTRA , inspiré par son enfance en Beauce, la région québécoise de l'amiante. Il réalise également lui-même deux de ses longs métrages, toujours en Beauce : Taureau (1973), une fable sur l'intolérance de notre époque et Partis pour la gloire (1975), qui traite de la conscription durant la Deuxième Guerre mondiale. Tous ces films sont produits par l'ONF.

Dans les années 80, Perron se rend dans l'Ouest canadien afin d'encourager la production de films en français à l'extérieur du Québec. Il écrit Le Vieillard et l'enfant (Claude Grenier, 1985), dont le scénario s'appuie sur une histoire de Gabrielle ROY. Perron quitte l'Office national du film en 1986 pour poursuivre une carrière de scénariste dans le secteur privé.