Enfance en Colombie‑Britannique

Carey Price, né à Vancouver, en Colombie‑Britannique, est le plus âgé des deux enfants de Jerry et Lynda Price, sa jeune sœur se prénommant Kayla.

Lorsque Carey a trois ans, la famille Price déménage de Vancouver à Anahim Lake en Colombie‑Britannique, une petite collectivité près du lac Nimpo. En effet, Lynda Price, ex‑chef de la Première Nation de Ulkatcho, souhaite que sa famille rétablisse des liens avec ses racines autochtones.

Jerry Price, le père de Carey, était lui aussi joueur de hockey professionnel. Né à Coronation, en Alberta, il a été choisi au huitième tour (126e position générale) par les Flyers de Philadelphie lors du repêchage amateur de la Ligue nationale de hockey de 1978. Lui‑même gardien de but, Jerry a joué quatre saisons dans la Western Hockey League avec les Centennials de Calgary et les Winterhawks de Portland (de 1974 à 1978), puis quatre autres saisons professionnelles (de 1978‑1979 à 1980‑1981 et en 1982‑1983) en Ligue internationale de hockey, en Eastern Hockey League et en Ligue de hockey de la côte atlantique.

Le petit Carey apprend à patiner sur la patinoire créée par son père sur le ruisseau Corkscrew qui traverse la propriété familiale s’étendant sur plus de 14 ha à Anahim Lake. Le père et le fils font inlassablement des tours de patinoire et s’installent, à tour de rôle, devant les filets, Carey portant un masque de gardien de but fabriqué spécialement pour lui par son père.

Hockey organisé à Williams Lake

En 1997, à l’âge de neuf ans, Carey Price intègre pour la première fois une équipe de hockey. L’équipe la plus proche du domicile des Price à Anahim Lake est située à Williams Lake, soit un trajet aller‑retour de près de 640 km, mais cette distance ne rebute pas Jerry qui accompagne son fils trois fois par semaine pour les matchs et pour les entraînements.

Finalement, ce trajet en voiture de près de cinq heures aller et cinq heures retour s’avère trop fatigant et Jerry, qui a déjà une licence de pilote, n’hésite pas à investir 13 000 $ dans l’achat d’un avion, ramenant ainsi la durée du trajet à deux fois 45 minutes. En dépit des difficultés lors des vols de retour de Williams Lake à Anahim Lake dues à l’absence d’éclairage de la piste à l’arrivée, Jerry estime que le jeu en vaut la chandelle.

En 2006, il déclare à Donna Spencer de la Presse canadienne : « À cette époque‑là, je ne faisais pas ça avec l’idée que Carey allait évoluer et devenir un joueur de premier plan, cela m’était égal. Tout ce que je voyais, c’est qu’il adorait le hockey et moi, sachant combien ce sport avait joué un rôle important dans ma propre vie, je voulais simplement lui offrir la chance de pouvoir aller plus loin s’il le souhaitait. »

De 9 à 15 ans, le jeune Carey joue dans le cadre de la Williams Lake Minor Hockey Association et finit par déménager à Williams Lake pour terminer ses études secondaires. Lors de sa dernière saison à Williams Lake, en 2002‑2003, il conduit, en ligue midget AAA, l’équipe des Timberwolves de Williams Lake à un titre de championne provinciale de Colombie‑Britannique. Cette même saison, il participe également à 11 matchs de British Columbia Hockey League avec les Millionaires de Quesnel. Même si, à 15 ans, plus jeune joueur de l’équipe, il est quatrième au tableau des performances des Millionnaires, il signe tout de même un blanchissage, ironiquement, au détriment des Timberwolves. En 2002, il représente également Team North lors des Jeux d’hiver de la Colombie‑Britannique à Williams Lake.

Carrière en LHOu avec les Americans de Tri‑Cities

Carey Price est sélectionné par les Americans de Tri‑Cities au premier tour (7e position générale) du repêchage bantam de la Ligue de hockey de l’Ouest (LHOu). Il joue cinq saisons en LHOu, de 2002 à 2007. Durant cette période, il obtient une fiche de 83‑78‑18, avec 2,53 buts encaissés en moyenne, un pourcentage d’arrêts de 0,915 et un record de franchise de 15 blanchissages. Ces 83 succès lui valent une troisième place au classement du plus grand nombre de victoires dans l’histoire de la franchise de Tri‑Cities.

Il réalise sa meilleure saison avec les Americans en 2006‑2007, inscrivant une fiche de 30‑13‑1, encaissant une moyenne de 2,45 buts, obtenant un pourcentage d’arrêts de 0,917 et récoltant trois blanchissages. En 2007, il remporte le trophée Del‑Wilson récompensant le meilleur gardien de but de la LHOu ainsi que le titre de gardien de la saison en LCH (ligue canadienne junior majeure). Il est également sélectionné dans les premières équipes des étoiles de la division de l’Ouest de la LHOu et de la LCH.

Sélectionné par les Canadiens de Montréal

Lors du repêchage d’entrée de la LNH de 2005, tout le monde n’a d’yeux que pour Sidney Crosby de Cole Harbour en Nouvelle‑Écosse. Ce dernier, considéré à l’époque comme la future grande vedette du hockey, est choisi, sans surprise, par les Penguins de Pittsburgh en première position générale. Les Canadiens de Montréal, qui disposent du choix en cinquième position lors de ce repêchage d’entrée, sélectionnent Carey Price (le premier gardien de but choisi).

Succès avec les Bulldogs de Hamilton

Lors de la saison 2006‑2007, les Americans de Tri‑Cities sont battus par les Thunderbirds de Seattle dès la première ronde des séries éliminatoires de la LHOu. Cependant, la saison de hockey de Carey Price est loin d’être terminée. La franchise LNH de Montréal l’envoie jouer pour son club‑école de plus haut niveau, les Bulldogs de Hamilton, à l’occasion des séries éliminatoires de la Coupe Calder de la Ligue américaine de hockey 2007.

En 22 matchs en séries éliminatoires de la Coupe Calder, il obtient une fiche de 15‑6, encaisse une moyenne de 2,05 buts, réalise un pourcentage d’arrêts de 0,936 et inscrit deux blanchissages, les Bulldogs remportant à cette occasion leur première Coupe Calder.

À 19 ans, Carey Price devient le plus jeune joueur de toute l’histoire à remporter le trophée Jack‑A.‑Butterfield récompensant le joueur le plus utile des séries éliminatoires de la Coupe Calder.

Carrière en LNH avec les Canadiens de Montréal

À compter de la saison 2007‑2008, Carey Price devient le titulaire habituel du poste de gardien de but pour les Canadiens. Cette année‑là, il joue la moitié des matchs de la franchise montréalaise et décroche une fiche honorable de 24‑12‑3, obtenant trois blanchissages et encaissant une moyenne de 2,5 buts. Il est également sélectionné dans l’équipe type des recrues de la LNH.

Lors des deux saisons suivantes, Carey Price se relaie avec Jaroslav Halak devant les filets du CH. En 2009, il représente le Tricolore lors de son premier match des étoiles de la LNH.

Cependant, en 2009‑2010, c’est Jaroslav Halak qui conduit l’équipe montréalaise jusqu’à la finale de l’association de l’Est contre les Flyers de Philadelphie, Carey Price obtenant cette année‑là une unique titularisation lors des séries éliminatoires. Les excellentes performances du gardien slovaque contraignent les Canadiens de Montréal à prendre une décision et à effectuer un choix concernant leurs deux gardiens de but. Le 17 juin 2010, l’équipe montréalaise échange Jaroslav Halak aux Blues de Saint‑Louis contre Lars Eller et Ian Schultz.

Toutefois, cet échange est sévèrement critiqué, notamment par le futur premier ministre Justin Trudeau qui réagit ainsi sur sa page Twitter : « Quoi!?!? Halak pour deux bâtons de hockey et un sac de haricots magiques? » En dépit de ces réserves, cet accord a tout de même le mérite d’entériner un engagement de long terme du CH vis‑à‑vis de Carey Price.

En 2010‑2011, Carey Price réalise une excellente saison régulière devant les filets de Montréal et est une nouvelle fois sélectionné dans l’équipe des étoiles de la LNH. Avec 38 victoires et 8 blanchissages, il partage la tête et occupe la troisième place des palmarès correspondants de la LNH, tout en décrochant un nouveau record personnel au chapitre du nombre moyen de buts encaissés et du pourcentage d’arrêts effectués, à respectivement 2,35 et 0,923. Les Canadiens se qualifient pour les séries éliminatoires, mais sont éliminés en quart de finale de l’Association de l’Est par les Bruins de Boston.

En 2011‑2012, en dépit de l’incapacité de la franchise montréalaise à atteindre les séries éliminatoires, l’équipe inscrivant en saison régulière une fiche perdante de 26‑28‑11, Carey Price intègre, pour la troisième fois, l’équipe des étoiles de la LNH. La saison suivante, il aide le Tricolore à atteindre les séries éliminatoires de la Coupe Stanley, mais est toutefois contraint de déclarer forfait pour les deux derniers matchs de la première ronde contre les Sénateurs d’Ottawa en raison d’une blessure à l’aine.

Lors de la saison 2013‑2014, Carey Price affiche une nouvelle fois de brillantes statistiques et décroche de nouveaux records en carrière au chapitre du nombre moyen de buts encaissés et du pourcentage d’arrêts réalisés, à respectivement 2,32 et 0,927. Il remporte 34 matchs lors de la saison régulière et conduit Montréal jusqu’en finale de l’Association de l’Est où le CH est éliminé par les Rangers de New York après avoir battu successivement les Lightning de Tampa Bay en quart de finale et les Bruins de Boston en demi‑finale.

En 2014‑2015, Carey Price effectue une saison historique au cours de laquelle il accumule des statistiques impressionnantes, remportant 44 victoires au cours de la saison, ce qui le place en tête du palmarès de la LNH à ce chapitre, n’encaissant en moyenne que 1,96 but par match, réalisant un pourcentage d’arrêts de 0,933 et décrochant un nouveau record en carrière de neuf blanchissages. Ces performances exceptionnelles lui valent non seulement d’être sélectionné une nouvelle fois dans l’équipe des étoiles de la LNH, mais également de remporter en une seule saison pas moins de quatre prix : le trophée commémoratif Hart, décerné au joueur de la LNH le plus utile à son équipe, devenant ainsi le premier gardien de but à recevoir cette récompense; le trophée Vézina récompensant le meilleur gardien de but de la ligue; le trophée William‑M.‑Jennings, attribué au gardien de but de l’équipe ayant encaissé le moins de buts; et le prix Ted‑Lindsay remis au meilleur joueur de la ligue à la suite d’un vote de l’Association des joueurs de la LNH. Cette même année 2015, il décroche le trophée Lou‑Marsh récompensant la meilleure ou le meilleur athlète au Canada et le prix Lionel‑Conacher attribué par la Presse canadienne au meilleur athlète canadien masculin.

En 2015‑2016, Carey Price manque la majorité de la saison de la LNH en raison d’une blessure au genou subie contre les Rangers de New York le 25 novembre 2015. Il rebondit en réalisant une excellente saison 2016‑2017, devenant le premier gardien de l’histoire de la LNH à être nommé capitaine d’une des deux équipes lors du match des étoiles à Los Angeles le 29 janvier 2017.

En juillet 2017, Carey Price signe une prolongation de son contrat de huit ans avec les Canadiens de Montréal. Cet accord, entrant en vigueur pour la saison 2018‑2019, aurait une valeur de 84 millions de dollars, soit 10,5 millions de dollars annuels, ce qui en ferait le gardien de but le mieux payé de la LNH.

Équipe Canada

Carey Price représente Équipe Canada lors de nombreuses compétitions : Championnat du monde des moins de 18 ans de l’IIHF, Championnat du monde junior de l’IIHF, Jeux olympiques d’hiver et Coupe du monde. Avec l’équipe nationale canadienne, il remporte des médailles d’or à l’occasion du Championnat du monde junior de l’IIHF en 2007 à Leksand en Suède, des Jeux olympiques d’hiver en 2014 à Sotchi en Russie et de la Coupe du monde de 2016 à Toronto. En 2005, il décroche également une médaille d’argent avec le Canada lors du Championnat du monde des moins de 18 ans de l’IIHF à Plzen en République tchèque.

En 2007, lors du Championnat du monde junior de l’IIHF, Carey Price inscrit une fiche de six victoires pour aucune défaite, encaissant une moyenne de 1,14 but par match et réalisant, outre deux blanchissages, un pourcentage d’arrêts de 0,961. Le match le plus mémorable du tournoi a lieu à l’occasion de la demi‑finale, le 3 janvier 2007, au cours de laquelle le Canada l’emporte sur les États‑Unis sur la marque de 2‑1. Lors des tirs de barrage, il arrête les tentatives de Patrick Kane, par deux fois, et de Peter Mueller pour donner la victoire au Canada. Il est nommé meilleur gardien et meilleur joueur du tournoi.

Lors des Jeux olympiques d’hiver 2014, Carey Price remporte les cinq matchs qu’il dispute, obtenant une moyenne de buts encaissés de 0,60, un pourcentage de tir arrêté de 0,972 et deux blanchissages. En demi‑finale, il blanchit les États‑Unis, Équipe Canada remportant le match sur la marque de 1‑0, et reproduit sa prestation contre la Suède lors du match pour la médaille d’or. Il est nommé meilleur gardien du tournoi olympique.

Lors de la Coupe du monde de hockey 2016, Carey Price présente une fiche de cinq victoires pour aucune défaite, encaissant une moyenne de 1,4 but par match et réalisant un pourcentage d’arrêts de 0,957. Lors du match d’ouverture le 17 septembre 2016, il garde ses cages inviolées et le Canada blanchit la République tchèque sur la marque de 6‑0.

Activités de bienfaisance

En 2014, Carey Price reçoit le trophée Jean‑Béliveau remis par les Canadiens de Montréal pour récompenser un joueur de l’équipe « se démarquant par son engagement communautaire et par des activités caritatives exceptionnels ».

Avec son épouse, Angela, il participe à plusieurs programmes caritatifs, notamment : Stick with School; le Club des petits déjeuners du Canada dans le cadre duquel il a joué le rôle d’ambassadeur des enfants des Premières Nations et a contribué à fournir plus de 10 000 repas à des enfants d’Anahim Lake; et la fondation Carson Kolzig qui aide les familles touchées par l’autisme.

En 2015, Carey Price fait don d’équipements de hockey pour un montant de 10 000 $ à des jeunes de Williams Lake par l’entremise de l’Association de hockey mineur de Williams Lake, du Club de garçons et filles de Williams Lake et de son district, du fonds SportJeunesse, de la fondation Bon départ de Canadian Tire, de l’association Grands Frères Grandes Sœurs du Ca​nada et de trois communautés des Premières Nations.