Bourse de Toronto

Aperçu

La Bourse de Toronto (TSX) est l'une des bourses les plus anciennes et les plus importantes d'Amérique du Nord. Avant tout, une bourse fait office de lieu de rassemblement pour ceux qui cherchent de l'investissement pour leur entreprise et ceux qui sont prêts à fournir un tel investissement. Les certificats d'actions donnent une preuve d'un tel investissement et sont vendus au plus offrant, ce qui donne lieu à un échange au cours duquel le certificat d'actions ou quelque autre preuve de la transaction est échangé contre les fonds à investir.

La Bourse de Toronto est la principale bourse au Canada. En principe, le commerce des valeurs, comme les actions, est réglementé à l'échelon provincial et, jusqu'à la fin des années 90, certaines provinces exploitaient leur propre bourse. En 1999, la Bourse de Toronto est désignée comme la seule bourse destinée au commerce des valeurs de premier rang puisque la Bourse de Montréal, faisant affaire sous le nom de « Canadian Derivatives Exchange », devient responsable du commerce des produits dérivés (contrats standardisés, options, contrats à terme) et que les Bourses de Vancouver, de l'Alberta et de Winnipeg fusionnent pour offrir un environnement commercial destiné aux titres de rang inférieur (capital de risque, capital de démarrage) sous la bannière de Canadian Venture Exchange (CDNX).

À la fin de 2003, la Bourse de Toronto accueille 1340 entreprises représentant une capitalisation boursière totale (nombre d'actions en circulation multiplié par le cours de l'action) de quelque 1,3 billion de dollars. Au cours de son existence, elle a tenu le devant de scène pour aider à réinventer les affaires commerciales dans le monde entier.

Histoire

Les débuts officieux de la Bourse de Toronto remontent à la création, en 1852, d'une association de courtiers par douze hommes d'affaires canadiens. Le 25 octobre 1861, la bourse est créée officiellement par l'adoption d'une résolution au temple maçonnique de Toronto. On peut échanger un total de dix-huit actions. Les premiers temps, le commerce se déroule lors de sessions d'une demi-heure qui permettent de petits nombres d'échanges.

En 1871, quatorze entreprises échangent des actions à la bourse; chacune d'elle a payé 250 $ pour le privilège, ce qu'on appelle un « siège ». En 1901, le prix d'un siège est passé à 12 000 $ et le volume d'opérations est de près d'un million d'actions par jour. La popularité croissante des opérations sur actions oblige la bourse à déménager dans des bureaux plus grands. Au total, la bourse a déménagé cinq fois au cours de son existence et, aujourd'hui, elle est située dans la Tour de la Bourse au 130 King Ouest à Toronto.

Le 28 juillet 1914, un mois après la déclaration de la Première Guerre mondiale, les opérations sont suspendues à cause de l'incertitude qui sévit dans les marchés financiers; la Bourse de New York fait de même.

Le krash boursier de 1929 n'a pas d'incidence importante sur l'activité boursière au Canada. Alors que plus de 2000 sociétés de placement et de courtage se retirent des affaires aux États-Unis, aucun membre de la Bourse de Toronto ne cesse ses activités.

En 1955, le prix d'un siège atteint 100 000 $ et en 1958, la Bourse de Toronto commence à exiger des renseignements officiels de ses sociétés cotées en bourse sur tout ce qui pourrait influer sur le prix de leurs offres respectives.

En 1977, la Bourse de Toronto devient la première bourse dans le monde à utiliser la négociation assistée par ordinateur et, au cours de la même année, elle crée l'indice TSE 300, un indicateur semblable au Dow Jones pour la Bourse de New York, composé de 300 actions représentatives qui sont évaluées régulièrement. Le TSE 300 est suivi par le Toronto 35 composé des 35 plus grandes sociétés par actions au Canada en 1987, l'année même où les marchés boursiers du monde entier « s'effondrent » entraînant les principaux indices. Le TSE 300 baisse de plus de 300 points et la perte globale de la Bourse de Toronto se chiffre à 37 milliards de dollars (11,3 p. cent de sa valeur).

À la fin des années 1990, la Bourse de Toronto est à l'avant-garde dans plusieurs domaines : elle est la première bourse à utiliser la négociation par décimale (non plus en fractions), puis la plus grande bourse en Amérique du Nord à passer à un environnement commercial complètement électronique et, enfin, la première bourse à avoir une femme présidente, Barbara G. Stymiest, qui se lance dès son arrivée dans une réorganisation majeure des activités boursières.

En 1999, les Bourses de Vancouver, de Calgary (connue sous le nom d'« Alberta Stock Exchange ») et de Montréal acceptent de se concentrer sur des négociations spécialisées en laissant à la Bourse de Toronto le traitement de la grande majorité des services de négociation. Les Bourses de Vancouver et de l'Alberta s'associent pour former le Canadian Venture Exchange (CDNX) qui a comme centre d'intérêt les actions de deuxième. Il est convenu à cette période que le Winnipeg Stock Exchange deviendra également un membre du CDNX. Il s'y joint officiellement à la fin de l'année 2000. La Bourse de Montréal devient le centre de négociation des contrats standardisés, des options et d'autres produits dérivés. De plus, en 1999, la Bourse de Toronto innove et devient une société ouverte par l'obtention d'une sanction vice-royale lui permettant d'être une organisation à but lucratif.

Le début du XXIe siècle voit la bourse de Toronto consolider ses propres activités et celles d'autres bourses partout au pays, voire davantage - sous l'égide du Groupe TSX. Le Canadian Venture Exchange cesse d'exister et devient le TSX Venture Exchange alors que la Bourse de Montréal continue à être responsable de la négociation des produits dérivés. Ce changement fait pratiquement du Groupe TSX l'exploitant et l'autorité de réglementation des bourses à l'échelle nationale malgré l'absence d'un mandat officiel au pays.

En 2002, la bourse de Toronto fait appel public à l'épargne et est ainsi placé dans une étrange position qui consiste à négocier ses propres actions, ce qui nécessite une focalisation accrue sur l'indépendance et la gouvernance d'entreprise au sein de son conseil d'administration. Parmi les étapes suivies pour préserver son intégrité, nommons le transfert des fonctions réglementaires au Market Regulation Services Inc. et à l'Association canadienne des courtiers en valeurs mobilières. Au cours de la même année, Standard and Poor's assume la responsabilité de l'indice TSE 300 qui s'appelle dès lors l'« indice composé S & P/TSX. » 

L'année 2004 voit l'expansion des activités de la Bourse de Toronto dans la négociation de ressources naturelles avec l'acquisition de NGX Canada Inc., une bourse qui conclut des contrats dans les domaines de l'électricité et du gaz naturel.

Étendue des activités

De nos jours, le Groupe TSX exploite tous les marchés de valeurs mobilières canadiens ainsi qu'une bourse où les contrats de gaz naturel et d'électricité sont négociés, NGX Canada Inc. De plus, le groupe revend les données sur l'activité au sein de ses bourses par le biais d'une entreprise nommée TSX Datalinx et offre également des produits et des services technologiques à des tiers clients tels que la Bourse de Shanghai.

Les sociétés récemment déclarées sociétés ouvertes sont inscrites sur le Venture Exchange, le marché destiné à ce qu'on appelle les « actions de deuxième rang ». Une fois qu'elles ont fait leur preuve comme société ouverte et qu'elles ont acquis une souplesse financière suffisante, elles peuvent essayer ensuite de « passer à un échelon supérieur », soit à la bourse principale, la Bourse de Toronto.

Comment s'inscrire à la cote

Une société qui souhaite s'inscrire à la cote et continuer à y être inscrite doit répondre à des exigences strictes et se conformer à un ensemble de règles. Par exemple, les sociétés doivent avoir au moins un million d'actions susceptibles d'être échangées sans contrainte avec une valeur au marché minimale de 4 millions de dollars (10 millions de dollars pour une « entreprise spécialisée dans la technologie »). Ces actions doivent être détenues par au moins 300 actionnaires qui, à leur tour, doivent détenir un nombre minimal d'actions, communément appelé « lot régulier ». Les sociétés doivent fournir également des références et, parfois, satisfaire d'autres exigences spécifiques à l'industrie à laquelle elles appartiennent. Les droits d'admission à la cote pour les sociétés canadiennes sont de 15 000 $ et à 150 000 $ par classe d'actions que la société souhaite inscrire à la cote. À la suite d'une inscription réussie à la cote, la société doit régulièrement payer des droits pour maintenir son admission à la cote. De plus, plusieurs autres frais sont payables à des courtiers, à des commissions provinciales de valeurs mobilières et à des professionnels tels que des avocats ou des comptables.

Les nouvelles sociétés qui souhaitent s'inscrire à la cote au début de leur existence et qui requièrent un afflux de capitaux pour continuer à se développer peuvent s'inscrire à la cote du TSX Venture Exchange. Le TSX Venture Exchange représente bien plus qu'un marché de valeurs mobilières; il offre un système de soutien complet, y compris un accès à des professionnels du domaine juridique et financier et à d'autres professionnels qui peuvent aider la société à répondre aux exigences de l'inscription à la cote. Le TSX Venture Exchange a son propre barème de droits et, dans l'ensemble, les droits sont inférieurs à ceux des sociétés qui souhaitent s'inscrire à la cote dans une bourse principale.

Activité boursière

L'activité boursière au sein des bourses du Groupe TSX dépend de plusieurs facteurs tels que l'économie, l'industrie ou les expansions des sociétés et la confiance qui résulte des investisseurs. Les chercheurs en milieu universitaire ont consacré beaucoup de temps à essayer de déterminer précisément ces influences mais, en général, les indices des marchés des valeurs mobilières sont considérés comme un indicateur de la santé globale de l'économie.