Bissonnette, Anik

 Anik Bissonnette, ballerine (Montréal, 9 février 1962). Délicate et parfaitement proportionnée, Anik Bissonnette est la ballerine la plus connue du Québec. Pendant sa formation à l'École de danse Eddy Toussaint à Montréal, où elle entreprend ses études de ballet classique à l'âge de 12 ans, on remarque son sens exceptionnel de la musique, la pureté de ses mouvements et son équilibre extraordinaire. Elle se joint d'ailleurs au Ballet de Montréal Eddy Toussaint cinq ans plus tard, accompagnée de sa jumelle identique, Sophie.

Immédiatement associée au danseur étoile du Ballet Eddy Toussaint, Louis ROBITAILLE, qu'elle épousera plus tard, elle commence à interpréter des rôles principaux. Les critiques font immédiatement l'éloge de sa sensibilité et de sa technique. Sa beauté calme, imperturbable, en fait une partenaire parfaite pour Louis Robitaille, chez qui le besoin d'association est viscéral. Le couple devient célèbre au Québec, surtout pour son interprétation des ballets dont le thème est populaire tels que Rose Latulippe. En 1984, lors du Concours international de danse classique qui se tient à Helsinki, en Finlande, les deux danseurs décrochent la médaille d'or pour Toussaint en interprétant Un Simple Moment qu'il a chorégraphié.

Jusqu'à ce qu'elle se joigne aux GRANDS BALLETS CANADIENS en 1990, sa carrière est presque inséparable de celle de Louis Robitaille. En 1986-1987, elle entreprend une carrière d'artiste autonome et, avec lui, elle sera invitée aux galas du Festival Spoleto à Charleston aux États-Unis, à Spoleto en Italie et à Melbourne en Australie. En 1998, toujours avec Louis Robitaille, elle incarne Giselle avec le Ballet d'Odessa, en Ukraine. En 1989, elle a déjà dansé avec d'autres étoiles de réputation internationale. Cette année-là, elle est la partenaire de Laurent Hilaire de l'Opéra de Paris dans le Lac des cygnes et dans Roméo et Juliette avec les ballets du Capitol à Toulouse, en France. Elle retourne à Toulouse en 1992 pour partager la vedette avec une autre étoile de l'Opéra de Paris, Eric Vu An.

Depuis 1990, Anik Bissonnette a dansé régulièrement partout dans le monde avec le Gala des Étoiles. Première danseuse aux Grands Ballets Canadiens, elle recrée le rôle titre dans La Chatte, de George Balanchine, et elle brille dans des œuvres aussi diverses que Casse-Noisette (Fernand NAULT), Coppelia (Enrique Martinex après Petipa), Allegro Brillante et le Concerto pour violon de Stravinsky (Balanchine), Urlicht (William Forsythe), Without Words (Nacho Duato) et Stepping Stones (Jiri Kylian). Elle prend part à la création de Dèsir (James Kudelka) et, en 2001, elle donne vie au personnage de Lisa dans La Dame de pique (Kim Brandstrup. Comme une prima régnant sur la compagnie, elle donne, avec une grand assurance technique, une performance chargé d'émotion accompagnée d'un brillant nouveau partenaire, Mario Radakovský. Invités par Carla Fracci, une légende vivante de la danse classique, Bissonnette et Radakovsky reprennent La Chatte au Théâtre de l'Opéra de Rome en 2005.

Anik Bissonnette a pris sa retraite des Grands Ballets Canadiens en 2007, mais elle a continué de danser à l'occasion de galas dans le monde. Depuis 2005, elle est présidente du Regroupement québécois de la danse, une organisation qui représente tous les danseurs professionnels de la province. En 2005 toujours, elle est nommée directrice artistique du Festival des arts de Saint-Sauveur pour lequel elle produit, l'année suivante, Kylian Le Grand, une soirée exceptionnelle qui rend hommage au chorégraphe Jiri Kylian, ponctuée d'extraits d'entrevues réalisées par la ballerine avec le chorégraphe et de séquences filmées des ballets de l'artiste slovaque, à laquelle s'ajoutent des solos, duos, trios et ensembles interprétés par divers danseurs. En 2008, elle devient directrice générale de La La Human Steps d'Édouard Lock, poste qu'elle occupe jusqu'en 2010, date à laquelle elle est nommée codirectrice ainsi que directrice artistique et pédagogique de l'École supérieure de ballet contemporain de Montréal.

Anik Bissonnette a reçu plusieurs prix, dont celui de l'Ordre du Canada en 1995. La même année, elle était l'objet d'un livre d'Yvon Brochu portant sur quatre jeunes Québécois remarquables intitulé En plein Coeur. En 1996 elle était récompensée de l'honneur le plus prestigieux au Québec, l'Ordre du Québec. En 2008, elle reçoit le prix Denise-Pelletier, le prix le plus prestigieux du Québec récompensant les arts de la scène.