Une avalanche est un déplacement rapide vers le bas de neige composée de proportions différentes de glace, d’eau, de roche, de terre et de végétation. Dans d’autres mouvements de masse comme les glissements de terrain, les éboulements rocheux ou les avalanches de roches, la neige n’est pas l’élément essentiel. Au Canada, les avalanches sont les plus courantes dans les régions montagneuses de la Colombie-Britannique, de l’Alberta et du Yukon.

Types d'avalanche

Il se produit deux types d'avalanche : les avalanches de neige à faible cohésion et les avalanches de plaque.

Avalanches de neige sans cohésion

Dans le premier cas, une petite masse de neige (moins de 1 m3) se détache d'un point précis et dévale une pente; elle entraîne la neige qui se trouve sur son passage et à ses côtés, de telle sorte qu'elle s'élargit peu à peu, laissant sur la pente une trace en forme de poire. On appelle aussi cette sorte d'avalanche une avalanche à départ ponctuel. Elle est en général plus petite et moins dangereuse que l'avalanche de plaque.

Avalanches de plaque

Dans le cas des avalanches de plaque, une plaque de neige compacte se détache du manteau neigeux sous-jacent et dévale une pente. L'épaisseur de cette neige peut aller de 0,1 m à plusieurs mètres lorsque c'est tout le manteau neigeux qui se décroche. Les plaques épaisses se dispersent habituellement sur de vastes surfaces, souvent de plus de 10 000 m2 (ou 1 ha). Les avalanches de plaque sont particulièrement dangereuses car une énorme quantité de neige se met immédiatement en mouvement.

Causes

Des avalanches peuvent survenir partout où les pentes sont abruptes et la neige est instable. Dans certaines conditions, il peut se produire des avalanches même sur de petites pentes (de moins de 10 m de hauteur).

Une avalanche de poudreuse se produit en raison d'une perte de cohésion de la neige molle située près de la surface. Elle peut se produire spontanément par suite d'un réchauffement, de l'exposition à l'énergie solaire par exemple ou de l’accumulation de neige de tempête. Elle peut aussi être déclenchée par une perturbation externe, comme le passage d'une personne ou d'un animal sur une pente.

Les avalanches de plaque ont lieu quand un cisaillement ou une fracture d'effondrement se produit dans une couche sous-jacente. La fracture est déclenchée et se propager ensuite vers le haut ou le bas d'une pente ou en travers. Des forces externes comme le poids de la neige, de personnes, de véhicules, etc., peuvent causer la rupture de la couche fragile, qui peut aussi survenir spontanément lors de changements soudains de la température ou des propriétés mécaniques du manteau neigeux, par exemple de la rigidité de la plaque ou de sa densité ou d’autres facteurs.

Taille

Au Canada, les avalanches sont classées selon une échelle de un à cinq. Une avalanche de taille un est relativement inoffensive pour les humains. Une avalanche de taille deux est suffisamment importante pour enfouir, blesser ou tuer une personne. Une avalanche de taille trois est suffisamment importante pour détruire une voiture ou un petit bâtiment, endommager un camion et casser des arbres. Une avalanche de taille quatre peut détruire un wagon de train, un gros camion ou bâtiment ou jusqu'à quatre ha de forêt. Une avalanche de taille 5, la plus grosse connue, peut détruire 40 ha de forêt ou un village.

Alors que les plus petites avalanches (taille un) parcourent des distances relativement courtes (10 m) et ont une force d’impact d’un kilopascal (1-10 kPa), les plus grosses avalanches tendent à parcourir de plus longues distances (10-1000 m), à mobiliser de plus gros volumes de neige (1-100 000 m3) et à avoir une force d'impact plus élevée (1-100 kPa). Heureusement, la fréquence des avalanches est inversement proportionnelle au volume de neige. Celles de taille un sont donc très courantes tandis que celles d'ordre cinq sont très rares.

Zones d'avalanche au Canada

Les grandes et petites avalanches sont très courantes en hiver dans les montagnes de la Colombie-Britannique, de l'Alberta et du Yukon. Il existe aussi des risques importants au Québec, à Terre-Neuve-et-Labrador, au Nunavut et dans les Territoires du Nord-Ouest. Elles sont extrêmement rares dans les autres provinces, quoiqu'un décès ait déjà été causé par une avalanche à Toronto, en Ontario.

Prévisions

Pour faire des prédictions ou des prévisions, les professionnels se fient aux observations des avalanches, de la neige et de la météo. Les avalanches récentes et d'autres signes d'instabilité de la neige de même que des précipitations importantes, des augmentations de température et des vents forts sont habituellement associés à des risques accrus d'avalanche.

Le Canadian Avalanche Centre (CAC) est une organisation non gouvernementale à but non lucratif. Il publie des bulletins et avertissements d'avalanche pour diverses zones géographiques de l'ouest du Canada; Le Centre d’avalanche de la Haute-Gaspésie et la Yukon Avalanche Association fournissent ce service au Québec et au Yukon.

La Canadian Avalanche Association (CAA) est l'organisme qui régit les professionnels des avalanches qui sont employés par des centres de ski, des exploitants touristiques de l'arrière-pays, le gouvernement et des entreprises privées travaillant dans des zones d'avalanche. Ces professionnels fournissent des services de prévision et de prévention d'avalanche adaptés à des lieux ou à des activités.

Atténuation et gestion

On peut réduire le risque d'avalanche en retirant les gens ou les biens des secteurs touchés par les avalanches ou atténuer les dégâts en protégeant les éléments qui pourraient en souffrir au moyen notamment de paravalanches, de murs, de rebords et de déflecteurs conçus spécialement pour absorber, disperser ou rediriger les avalanches. Les planificateurs de l'utilisation des sols et les ingénieurs évaluent le risque à un endroit donné et limitent l'aménagement dont il peut faire l'objet ou imposent des mesures d'atténuation qui ramènent le risque à un niveau acceptable.

Il est souvent nécessaire de recourir à des mesures actives pour protéger les personnes et les infrastructures qui ne peuvent pas être déplacées ou protégées autrement. Pour ce faire, des professionnels des avalanches utilisent entre autres des explosifs, des obus d'artillerie ou du gaz dans les pentes instables pour déclencher des avalanches plus petites, prévisibles et maîtrisées. Aux périodes où le risque d'avalanche est si élevé qu'aucune prévention active ou passive n'est possible, il peut arriver que des chantiers de travail soient évacués ou des corridors de transport fermés à la circulation publique ou industrielle.

Catastrophes

Les avalanches causent des décès accidentels au Canada tous les hivers : de 10 à 15 personnes en moyenne perdent ainsi la vie chaque année. Dans le passé, les accidents touchaient généralement du personnel de sites industriels. Des accidents marquants ont eu lieu à Rogers Pass (C.-B.) le 4 mars 1910 (58 morts), près de la mine Britannia (C.-B.) le 27 mars 1915 (57 morts), à la mine Granduc (C.-B.) le 18 février 1965 (26 morts). Dans le cas de Rogers Pass, une avalanche a submergé une équipe de travail en train de déblayer de la neige d’un glissement précédent en travers de la ligne principale du Canadien Pacifique. Un seul homme a survécu.

Cependant, les victimes des accidents plus récents sont surtout des adeptes du plein air, comme des skieurs ou des motoneigistes comme c’était le cas dans les monts Columbia de la Colombie-Britannique les 20 janvier et 1er février 2003 (7 morts dans les deux cas). Le 13 novembre 1998, Michel, le plus jeune fils de Pierre Trudeau, meurt dans une avalanche alors qu’il skiait dans le parc provincial Kokanee Glacier. De plus, la tragédie à Kangiqsualujjuaq (QC) le matin du 1er janvier 1999 illustre bien le danger que représentent les avalanches pour les communautés : 9 personnes, dont 5 sont des enfants de moins de huit ans, sont tuées lorsque la neige frappe une école où la majeure partie de la communauté célèbre le Nouvel An.

En général, les victimes d'avalanche meurent d'asphyxie ou de blessures subies pendant l'avalanche. La probabilité de survie décroît rapidement une dizaine de minutes après l'ensevelissement. La plupart des personnes qui décident de se rendre dans des zones d'avalanche portent un émetteur-récepteur qui envoie un signal permettant aux secouristes munis du même dispositif de les repérer si elles sont ensevelies. D'ailleurs, toute personne qui porte un tel appareil peut elle-même faire des recherches immédiatement après une avalanche. Ce moyen de sauvetage est souvent la seule chance de survie en cas d'ensevelissement par une avalanche, bien que certaines personnes aient été retrouvées après de longues périodes grâce à des chiens, à des sondages systématiques ou à d'autres moyens.