Alice Parizeau (née Poznanska), journaliste, romancière et essayiste (née le 25 juillet 1930 à Luniniec, Pologne; décédée le 30 septembre 1990 à Montréal, Québec). Lauréate du Prix européen de l'Association des écrivains de langue française et officier de l'Ordre du Canada, Alice Parizeau était une grande dame des milieux intellectuels souverainistes de Montréal. Elle est surtout connue pour sa trilogie de romans autobiographiques relatant son expérience en Pologne lors de la Deuxième Guerre mondiale.

Enfance et formation

Alice Parizeau passe son enfance à Cracovie. Lors de la Deuxième Guerre mondiale, elle est agente de liaison dans l'armée de l'intérieur (Armia Krajowa), le plus important mouvement de résistance sous l’occupation allemande et soviétique de la Pologne. Après l'insurrection de Varsovie en 1944, elle est internée dans le camp de concentration Bergen-Belsen en Allemagne. À la Libération, elle se rend à Paris afin de poursuivre des études en lettres, en sciences politiques (Certificat, 1953) et en droit (Licence, 1953).

Elle émigre à Montréal en 1955 et collabore à différents journaux et revues (Châtelaine, Cité libre, La Presse, Le Devoir, La Patrie, Maclean's). Elle travaille aussi comme recherchiste à Radio-Canada et, à partir de 1970, enseigne au Département de criminologie de l'Université de Montréal.

Carrière littéraire

Ce qui sous-tend à l'oeuvre littéraire d'Alice Parizeau, c'est à la fois son vécu en Pologne dans un contexte de violence et son intégration à l'étranger. Certains de ses premiers ouvrages, écrits dans les années 1960, font ressurgir le passé européen (Voyage en Pologne, 1962; Une Québécoise en Europe « rouge », 1965). D'autres œuvres, au contraire, témoignent d'une réflexion ancrée dans le présent (Les solitudes humaines, 1962; Fuir, 1963; Rue Sherbrooke ouest, 1967; L'envers de l'enfance, 1976; Côte-des-Neiges, 1983).

La trilogie

C'est avec la publication d’une trilogie que la carrière d'Alice Parizeau en tant qu'auteure prend son essor en Amérique du Nord et en Europe. Il s'agit d'une saga polonaise marquée par l'expérience tragique de la guerre, où la vie consiste en une conjugaison de courage et de souffrance. La première partie intitulée Les lilas fleurissent à Varsovie (1981) obtient le Prix européen de l'Association des écrivains de langue française en 1982. La trilogie se poursuit avec La charge des sangliers (1982) et s'achève par Ils se sont connus à Lwow (1985). Le caractère autobiographique du récit est soutenu par le talent de conteuse d'Alice Parizeau, qui parvient à tenir le lecteur en haleine grâce à la mise en scène combinée de destins collectifs et individuels riches et complexes. D'autres romans suivront dont Blizzard sur Québec (1987), qui consiste en un hommage aux pionniers de la Baie James, dans Nata et le professeur (1988) s'entremêlent amour et atrocités de la guerre pendant le « massacre de Katyn » (1943), orchestré par les Soviétiques.

Ses oeuvres posthumes

Au printemps 1988, Alice Parizeau se sait atteinte d'un cancer incurable et entreprend de tenir un carnet de bord qui sera publié après sa mort sous le titre Une femme (1991). L'auteure y remonte le fil de son existence, partagée entre l'amour viscéral pour une Pologne déchirée et un exil salutaire, au côté de son mari Jacques Parizeau, ancien Premier ministre du Québec.