Rambeau, tout comme la plupart des libéraux de l’Est, déteste le Parti progressiste. Ce parti de protestation de l’Ouest a remporté 64 sièges, rendant ainsi la formation d’une majorité difficile pour King. Cependant, ce dernier est passé maître dans l’art de former des coalitions à partir de fragments politiques.
L’élection fédérale de 1921 révèle d’importantes divisions régionales dans le pays et, avec 64 sièges, les progressistes de l’Ouest détiennent la balance du pouvoir. Si King doit former un cabinet qui satisfera ses puissants supporters du Québec (dont son parti a remporté tous les sièges), il n’en espère pas moins convaincre les progressistes de se joindre à lui.
Le dilemme de Crerar paraîtrait familier à un observateur politique d’aujourd’hui. Il est prêt à se joindre au gouvernement et à user de son influence pour réaliser au moins une partie du programme progressiste, mais ses partisans s’y opposent. Le groupe radical de l’Alberta, en particulier, s’oppose absolument à la politique partisane. Poussés par les mécontentements régionaux et préoccupés par des problèmes particuliers, les progressistes ne sont pas en mesure de traiter avec King, le maître du compromis et de la chicane.

«Le Canada est un pays difficile à gouverner», selon John A. Macdonald, premier premier ministre du Canada. Ce sentiment se perpétue durant toute notre histoire, mais pour gouverner, il faut se faire élire. L’élection d’un gouvernement national au Canada exige une formule complexe capable de concilier des intérêts divergents, ce qui a plutôt été le ressort du Parti libéral. Laurier, Saint-Laurent, Pearson, Trudeau et Chrétien ont tous suivi la formule avec succès, mais l’alchimiste en chef est William Lyon Mackenzie King. James Marsh est rédacteur en chef de L’Encyclopédie canadienne.


Le récit de la fondation de Montréal est peut-être unique dans l'histoire....
Contenu de LEC

