Son intérêt pour ce qui touche au travail coïncide avec l'expansion du secteur manufacturier et une préoccupation générale en matière de relations industrielles. King agit à titre de conciliateur dans plusieurs grèves. Sa principale réalisation sur le plan législatif est la Loi sur les enquêtes en matière de différends industriels de 1907. Cette loi diffère le déclenchement des grèves et des lock-out dans les services publics et le secteur minier jusqu'à ce qu'une commission de conciliation ait obtenu une entente ou publié son rapport. Il est défait aux élections fédérales de 1911 et à celles de 1917, qui portent sur la CONSCRIPTION. Il maintient son adhésion au Parti libéral, mais, pendant la guerre, il travaille en tant que consultant dans le domaine du travail et auprès de la fondation Rockefeller. Dans son livre Industry and Humanity (1918), il expose sa théorie selon laquelle l'industrie procède de quatre intervenants (le capital, la direction, la main-d'oeuvre et la société), d'où la nécessité que le gouvernement, agissant dans l'intérêt de la société, favorise la résolution pacifique des conflits de travail.
Lors du congrès à la direction du Parti libéral de 1919, King est choisi pour succéder à Laurier. Deux ans plus tard, les libéraux remportent les élections fédérales par une faible majorité, et King devient premier ministre. Il cherche à regagner la confiance des agriculteurs de l'Ontario et de l'Ouest qui avaient appuyé le PARTI PROGRESSISTE, nouvellement formé, mais ses réductions des tarifs de transport et des taux de fret ne suffisent pas à les convaincre. Après les élections de 1925, les libéraux ne se maintiennent au pouvoir qu'avec l'appui du Parti progressiste.
Dès la première session de la nouvelle législature, quand il devient clair que cet appui sera retiré en raison d'un scandale au sein de l'administration des douanes, King demande au gouverneur général, le vicomte BYNG de Vimy, la dissolution du Parlement. Byng refuse et appelle Arthur MEIGHEN à former un gouvernement conservateur, lequel est défait quelques jours plus tard à la Chambre des communes. Lors des élections de 1926, King insiste sur le caractère présumé inconstitutionnel du gouvernement Meighen, mais les libéraux remportent la victoire grâce à l'appui de progressistes qui les préfèrent aux conservateurs et à leurs tarifs de transport beaucoup trop élevés (voir AFFAIRE KING-BYNG).
Pendant les années de vaches grasses qui ont suivi 1926, le gouvernement libéral assure une administration prudente qui permet de réduire la dette fédérale. Sa seule initiative est la création d'un régime de PENSIONS DE VIEILLESSE. King se porte à la défense de l'autonomie canadienne dans ses relations avec le Royaume-Uni et contribue à définir le statut de dominion lors de la Conférence impériale de 1926. En 1930, il est hésitant à reconnaître la crise économique qui fait rage, et les libéraux sont défaits par les conservateurs de R.B. BENNETT.
King s'avère efficace comme chef de l'Opposition. Tout en conservant l'unité de son parti, il accuse Bennett de ne pas tenir ses promesses et lui reproche la hausse du chômage et l'augmentation des déficits. Cependant, tout ce qu'il trouve à proposer est une réduction des barrières tarifaires. En 1935, le Parti libéral mène la campagne électorale sur le slogan « King ou le chaos » et remporte les élections avec une majorité confortable. King négocie des accords commerciaux avec les États-Unis en 1935, puis avec la Grande-Bretagne et de nouveau avec les États-Unis en 1938. Le recul économique de 1937 impose des dépenses élevées en secours directs, et le gouvernement se montre impuissant à redresser la situation.
King se voit obligé de porter plus d'attention aux affaires internationales, marquée par la crise de l'Éthiopie et celle de Munich, dans l'espoir que la guerre sera évitée par la voie de l'apaisement. Il souligne que, advenant l'éclatement d'un conflit, la décision d'engager la participation canadienne à la guerre appartient au Parlement canadien. Pour rendre une telle décision plus acceptable, particulièrement pour les Canadiens français, il promet qu'il n'y aura pas de conscription pour le service outre-mer. Quand la Grande-Bretagne déclare la guerre à l'Allemagne en septembre 1939, le Parlement canadien est convoqué à une session d'urgence et, ne rencontrant qu'une opposition purement symbolique, proclame l'entrée en guerre du Canada.
King déclenche des élections éclairs en 1940, et son parti est reporté au pouvoir avec une majorité accrue. Grâce à la coopération entre le gouvernement, les dirigeants d'entreprise et les syndicats, l'industrie canadienne amorce un virage vers la production de guerre. L'extraordinaire expansion industrielle qui en résulte s'appuie sur des ententes financières spéciales avec les États-Unis et une planification économique à l'échelle continentale. Les premières victoires remportées par l'Allemagne incitent certains Canadiens à promouvoir la conscription, mais King, qui redoute une crise politique, essaie plutôt de trouver un compromis.
En 1940, King adopte la conscription, mais seulement pour le service à l'intérieur du Canada. Ne pouvant résister aux pressions, il appelle en 1942 un plébiscite pour demander à la population de le dégager de sa promesse de ne pas recourir à la conscription pour le service outre-mer. Une majorité de Canadiens lui accordent leur appui, tandis que les Québécois se prononcent fortement contre. Le grand nombre de morts et de blessés en 1944 et la baisse du taux d'enrôlement volontaire entraînent de longs débats au sein du gouvernement et la démission du ministre de la Défense, James Layton RALSTON. En novembre, King accepte subitement d'envoyer outre-mer des troupes jusque-là affectées à la défense du territoire canadien, décision acceptée même par les Canadiens français, bien qu'à contrecoeur.
Afin d'apaiser les Canadiens qui craignent un retour à la dépression économique après la guerre et qui se tournent vers l'État pour une plus grande sécurité sociale, King instaure l'ASSURANCE-CHÔMAGE en 1940, et son programme de reconstruction, fondé sur les principes de l'ÉCONOMIE KEYNÉSIENNE, comprend des allocations familiales et des propositions d'un programme d'assurance-maladie. Les libéraux remportent de peu les élections de 1945. King ne joue pas un rôle prépondérant pendant la période de l'après-guerre, préférant limiter autant que possible l'intervention du gouvernement dans les affaires internes comme à l'étranger. On l'amène à donner sa démission en 1948, et Louis SAINT-LAURENT lui succède. Il décède deux ans plus tard.
Mackenzie King continue de susciter l'intérêt des Canadiens. Certains affirment qu'il doit sa longue carrière politique à son habileté à se dérober et à sa politique de l'indécision, et que son leadership a manqué de créativité. Ses défenseurs allèguent que King a progressivement transformé le Canada, un pays difficile à gouverner, tout en conservant l'unité de la nation. Des révélations récentes portent à croire que cet homme apparemment tout ce qu'il y a de plus convenable et sans histoire était un adepte du spiritisme qui entrait fréquemment en contact avec sa mère, d'autres membres de sa famille et des amis dans l'au-delà.
Auteur H. BLAIR NEATBY
Bibliographie
R.M. Dawson a écrit le premier volume de la biographie officielle W.L. Mackenzie King 1874-1923 (1958), et les volumes qui ont suivi ont été écrits par H. Blair Neatby pour les années 1923-1932 et 1932-1939 (1963, 1976). J.W. Pickersgill et D.F. Forster ont dirigé la publication du journal intime de King, intitulé The Mackenzie King Record (4 vol., 1960-1970); C.P. Stacey, A Very Double Life (1976), et J.E. Esberey, Knight of the Holy Spirit (1980), portent sur la personnalité de King.
Liens supplémentaires
L'Institut Historica-Dominion
Le site Web de l'Institut Historica-Dominion, organisme de tutelle de l'Encyclopédie canadienne et l'Encyclopédie de la musique au Canada. Consultez leur guerre multimédia de 1812 option et beaucoup d'autres ressources interactives concernant l'histoire et la culture canadiennes.
Premier parmi ses pairs
Un site impressionnant d'information produit par Bibliothèque et Archives Canada sur la vie et la carrière politique des premiers ministres du Canada. Inclus des biographies, discours et autres documents historiques.
LE PROJET MÉMOIRE
Les Anciens Combattants partagent leurs émouvants souvenirs de guerre. Site multimedia de l’Institut Historica-Dominion.
J.S. Woodsworth
Voir une courte vidéo sur James Shaver Woodsworth et ses négociations avec le premier ministre Mackenzie King sur la création des premiers éléments de Canada régime de sécurité sociale. Une Minute du patrimoine de l'Institut Historica-Dominion. Voir aussi liées les ressources d'apprentissage.
Lieux de sépulture des premiers ministres du Canada
Site de information sur les lieux de sépulture des premiers ministres du Canada.
Le journal personnel de William Lyon Mackenzie King, 1893-1950
La présente base de données en ligne vous donne accès à environ 50 000 pages du journal personnel du premier ministre William Lyon Mackenzie King. Permet de retracer son unique perspective sur plus de soixante ans d'histoire politique et sociale du Canada. Agrémenté de ressources académiques. Site de la Bibliothèque et Archives Canada.
Parc de la Gatineau
Une visite virtuelle du domaine historique Mackenzie-King et du Parc de la Gatineau à Ottawa. Consultez les notes relatives à la vie et à la carrière politique de King ainsi que le calendrier des événements marquants du Parc.
Lieu historique national du Canada de la Bataille-du-Moulin-à-Vent
Ce site de Parcs Canada commémore la bataille du Moulin-à-Vent, en 1838. Il présente des informations historiques relatives aux loges de Chasseurs, au Pacte de famille et à William Lyon Mackenzie.
Lieu historique national de la Maison-Laurier
Ce site de Parcs Canada présente un portrait historique de deux premiers ministres canadiens, Sir Wilfrid Laurier et William Lyon Mackenzie King, et offre une visite virtuelle et interactive de la Maison Laurier (Archives nationales du Canada) à Ottawa.
Lieu historique national du Canada Woodside
Ce site de Parcs Canada commémore la maison qui abrita l'enfance de William Lyon Mackenzie King. On y trouve un bref portrait de l'ancien premier ministre du Canada et de sa famille.
Les Archives publiques de l'Ontario se souviennent du front intérieur
En l'honneur du soixantième anniversaire du Jour-J, les Archives de l'Ontario nous présente cette admirable rétrospective de l'extraordinaire effort de guerre déployé par cette province. Admirez des photographies, histoires, affiches, clips vidéo et autres présentations multimédia.
Maison Laurier House
Au gré de cette visite virtuelle de la Maison Laurier, ancienne résidence de Sir Wilfrid Laurier et de William Lyon Mackenzie King, vous découvrirez de beaux meubles d'époque ainsi que d'autres objets ayant appartenu aux premiers ministres. Ce site propose également des informations d'ordre général concernant divers objets de la maison Laurier. Site de Bibliothèque et Archives Canada.
Kingsmere
Une brève histoire de Kingsmere, la résidence d'été de Mackenzie King, située dans les collines de la Gatineau au Québec. Par "Un vrai compagnon et ami : Le journal de William Lyon Mackenzie King, 1893-1950," un site de Bibliothèque et Archives Canada.
Un domaine digne de King


L'annonce du gouvernement fédéral demande des volontaires « capables de lire et d'écrire en anglais ou en français », bons cavaliers et dotés de « bons antécédents »...
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