Sur l'échelle de Richter, qui mesure la magnitude (M), les tremblements de terre dont la magnitude est inférieure à 2 ne sont généralement pas ressentis, même s'ils se produisent à de faibles profondeurs. Des secousses peu profondes de M5 causent des dommages seulement quand l'épicentre est situé sous des structures construites sur des sédiments ou des sols meubles. Les tremblements de terre de M6 qui se produisent dans les régions populeuses causent souvent des dommages considérables. Les séismes les plus violents du présent siècle ont atteint des magnitudes avoisinant 8,5. Chaque année, une centaine de secousse de M6, ou plus, se produisent. Heureusement, la plupart d'entre elles se produisent en mer ou en régions peu peuplées.
La sévérité du tremblement de terre en surface, à une distance donnée du foyer, détermine l'intensité à cet endroit. L'échelle modifiée d'intensité de Mercalli (MM), utilisée en Amérique du Nord pour quantifier le degré d'effet de surface, varie de MMI, mouvement presque imperceptible, à MMXII, destruction totale. Les dommages surviennent à partir de MMVI. Le foyer peut être situé tout près de la surface ou jusqu'à 700 km de profondeur. La plupart des séismes continentaux se produisent dans la croûte à des profondeurs de moins de 40 km. Les séismes à foyer profond (plus de 300 km) ne se produisent que dans les régions où l'activité sismique est très importante.
Au Canada, les tremblements de terre se produisent dans les Rocheuses, le long de la côte Ouest ainsi qu'au large, au Yukon et dans l'Arctique, dans l'Est du Canada et le long du littoral atlantique. Dans le reste du Canada, les tremblements de terre sont rares et leur magnitude peu élevée. Dans les Rocheuses, des tremblements de terre d'intensité moyenne se produisent dans la croûte à des niveaux d'activité qui passent de mineurs à modérés, suivant un régime de compression. En 1872, un tremblement de terre de forte magnitude (M7) s'est produit dans les environs de Hope en Colombie-Britannique ou, plus au sud, dans le Nord de l'État de Washington. Il s'agit du plus important séisme connu dans cette région. Les autres tremblements de terre ne dépassaient pas M6.
Le long de la côte Ouest, sous l'île de Vancouver et le détroit de Georgia, les tremblements de terre sont causés par la subduction d'une plaque active (voir TECTONIQUE DES PLAQUES et ÉVOLUTION GÉOLOGIQUE). La petite plaque Juan de Fuca est en train de disparaître sous le mont Olympic et le Sud de l'île de Vancouver. Cela produit une zone de tremblements de terre sous Puget Sound, à une profondeur de 70 km à 100 km superposée par une zone de petites secousses peu profondes. Le régime se poursuit au nord du territoire canadien et au sud du détroit de Georgia. La petite plaque Explorer ne s'enfonce plus sous le Nord de l'île de Vancouver. La jonction des deux plaques est une zone de cisaillement marquée en mer par la faille de Nootka et qui s'étend profondément sous les îles. À l'occasion, la croûte moins profonde subit des tremblements de terre importants, comme le séisme sur l'île de Vancouver près de Courtenay en 1946, probablement par suite de cisaillements souterrains.
Au large, une dorsale transformante sépare les plaques Explorer et Juan de Fuca de la plaque du Pacifique. Sur la côte, les nombreux tremblements de terre qui se produisent chaque année ne sont pas ressentis. Plus au nord, le système transformant traverse la plateforme continentale et s'étend vers le nord en la longeant comme une faille de décrochement. Les séismes les plus connus du Canada se sont produits à cet endroit. En 1949, un segment de la faille, d'une longueur de 200 km, s'est déplacé et a produit un tremblement de terre de M8 qui a fait bouger des lustres jusqu'à Jasper. L'enfoncement de la plaque du Pacifique sous l'Alaska cause de nombreux séismes violents (M8) qui peuvent affecter le territoire canadien. Au cours du Vendredi saint de 1964, un tremblement de terre de M8,6 a provoqué un TSUNAMI, soit une onde océanique engendrée par un séisme, causant des dommages considérables à Port Alberni sur l'île de Vancouver.
Il y a des zones d'activité sismique dans les montagnes Mackenzie et Richardson au Yukon et une zone sismique relativement limitée dans la mer de Beaufort. De nombreuses zones de séismes sont situées dans les îles arctiques, dont une s'étend vers le sud et passe par la péninsule Boothia, l'embouchure de la baie d'Hudson et le Nord du Québec, jusqu'à la mer du Labrador. En 1933, la baie de Baffin subit un tremblement de terre de M7. En 1929, un événement d'une magnitude similaire se produit dans le Chenal Laurentien au sud de Terre-Neuve, et provoque un tsunami qui cause des dommages considérables et la mort par noyade de 27 personnes dans la péninsule de Burin.
Dans l'Est du Canada, la sismicité est dispersée dans tout le Nord des Appalaches. Un exemple récent, une série de secousses de M5 s'est produite dans la région de la Miramichi au Nouveau-Brunswick en 1982. Des zones concentrées sont situées à l'embouchure du fleuve Saint-Laurent, dans la Vallée du Saint-Laurent, près de la La Malbaie dans le comté de Charlevoix et dans l'Ouest du Québec. La zone de Charlevoix est l'endroit où se produisent la plupart des secousses importantes dans l'Est du Canada. Un des plus gros séismes s'est produit en 1534-1535 entre les deux voyages de Jacques Cartier. Les autochtones lui en ont parlé à son retour. En 1925, un séisme de M7 a été ressenti partout dans l'Est du Canada et le Nord-Est des États-Unis. Dans l'Ouest du Québec, Témiscamingue (1935) et Cornwall (1944) ont aussi subit des tremblements de terre qui ont causé des dommages. La magnitude des deux séismes avoisinait 6.
Le Réseau national de sismographes, dirigé par la Commission géologique du Canada du ministère des Ressources naturelles surveille l'activité sismique au Canada. Une centaine de sismographes sont répartis de St-John's à l'île de Vancouver et d'Alert dans l'Arctique jusqu'à la péninsule du Niagara. Le réseau détecte tout séisme de M3,5 et plus partout au Canada, et ceux de M2 et plus dans les régions très peuplées. Annuellement, on détecte environ 300 séismes d'une magnitude supérieure à 3. Les données recueillies sont utilisées pour calculer la probabilité qu'un événement sismique d'une certaine magnitude puisse se produire dans une région particulière du pays. Ces résultats sont inclus dans le Code canadien du bâtiment. Les structures construites selon ses normes résistent aux tremblements de terre d'intensité moyenne sans dommage important et aux tremblements de terre violents sans s'effondrer.
Auteur MICHAEL J. BERRY
Bibliographie
Bruce A. Bolt, Earthquakes: A Primer (1978).
Liens supplémentaires
Séismes Canada
Le but du programme national des risques de tremblement de terre est de comprendre les causes, et des risques liés aux tremblements de terre au Canada. Par Ressources naturelles Canada.
Géodynamique
Information sur le Programme de géodynamique de la Commission géologique du Canada.
Connaissez les risques
Source de référence sur les catastrophes naturelles du Canada. Par Sécurité publique et de la Protection civile Canada.
Les tsunamis et la recherche sur les tsunamis
Ce site web présente des informations générales au sujet des tsunamis et de la recherche sur les tsunamis. Pêches et Océans Canada - Région du Pacifique.
Le séisme de magnitude 7,2 et le tsunami de 1929 sur les Grands Bancs
Un survol des dommages causés par le séisme et le tsunami de 1929 sur les Grands Bancs. Par Ressources naturelles Canada.


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