Terre-Neuve est la plus jeune province du Canada; elle se joint à la Confédération le 31 mars 1949 à minuit. Elle constitue la limite orientale du Canada et sur sa côte figurent sans doute les premières pointes de terre aperçues par les Européens. Au Xe, les Vikings venus de l'Islande et du GROENLAND (KALAALLIT NUNAAT) aperçoivent les côtes du Labrador et séjournent brièvement dans la partie nord de l'île de Terre-Neuve. À la fin du XVe siècle, les GRANDS BANCS DE TERRE-NEUVE, situés au sud-est de l'île, sont connus des pêcheurs BASQUES, français et portugais.

Le 10 août 1497, Henri VII, roi d'Angleterre, offre 10 livres à Jean CABOT pour la découverte de la « nouvelle île ». À partir de ce moment-là, l'île est désignée sous le nom de « Terra Nova », mais aussi plus couramment sous le nom de « Newfoundland » par les gens de langue anglaise. Les Français l'appellent « Terre-Neuve », les Espagnols et les Portugais la nomment encore « Terra Nova ».

Le LABRADOR, qui fait partie de la province, a probablement reçu son nom de l'appellation portugaise « Terra del Lavradors ». Le CAP SPEAR, situé près de ST. JOHN'S, est le point le plus à l'est de la province et, par conséquent, du continent nord-américain, si l'on excepte le Groenland. Il y a presque 3000 km de distance entre l'Irlande et le cap Spear, tandis que, pour se rendre du même point jusqu'à Winnipeg (au centre du Canada) et Miami (au sud-est des États-Unis), il faut compter respectivement 3100 et 3400 km. La côte sud chevauche le 47e parallèle de latitude nord, tandis que le point le plus septentrional du Labrador, le cap Chidley, se trouve juste au-dessus du 60º parallèle de latitude nord. La province s'étend, du nord au sud, sur un peu plus de 1 800 km.

Terre-Neuve-et-Labrador (terre, cours d'eau et plans d'eau douce compris) représente une superficie de 405 720 km2, dont presque les trois quarts, soit 294 330 km2, sont occupés par le Labrador. La province arrive au septième rang des provinces par sa superficie. Ses voisines, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et l'Île-du-Prince-Édouard, sont plus petites, même toutes les trois réunies. Terre-Neuve-et-Labrador a une superficie légèrement supérieure à celle du Japon.




information sur le climat

Terre-Neuve, carte de
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Anse aux Meadows, l'
Anse aux Meadows, l'
Installation Viking au parc national historique de L'Anse aux Meadows, à Terre-Neuve, aussi un Site du patrimoine mondial des Nations-Unies (avec la permission de Malak, Ottawa).
Port de St. John's, Narrows
Port de St. John's, Narrows
Le goulet du port de St. John's, connu sous le nom de Narrows, de 207 m de largeur (Colour Library Books).
Spear, cap
Spear, cap
Phare historique de Cape Spear, à Terre-Neuve, l'endroit le plus à l'est de l'Amérique du Nord (Corel Professional Photos).
St. John's, ville et port de
St. John's, ville et port de
Peinture de W. Eagar, en 1831 (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/C-003371).


Terres et ressources
La province se divise en deux régions d'étendue inégale : au nord, la partie continentale, le Labrador, de beaucoup la plus grande et, au sud, l'île de Terre-Neuve. Elles sont différentes de par les caractéristiques physiques de leur environnement, la disponibilité de leurs ressources naturelles et la nature et les caractéristiques de l'occupation humaine.

Ces deux régions se subdivisent à leur tour. Le Labrador compte trois sous-régions. Au nord s'étend une région littorale aux montagnes escarpées, aux fjords profonds et à la végétation naine caractéristique de la zone subarctique, région peu habitée. Au sud, région peu ou moyennement habitée, se trouve une région littorale rude, aux terres arides, et couverte de forêts vers l'intérieur. Enfin, la partie la plus vaste, l'intérieur, comprend un plateau disséqué, bien boisé, où la population est concentrée dans quelques grandes villes.

L'île de Terre-Neuve compte quatre régions distinctes : la côte ouest, l'intérieur, la côte nord-est et la côte sud. La côte ouest est dominée par les MONTS LONG RANGE aux sommets à surface plane, qui culminent à 814 m. Ils sont bordés à certains endroits par une étroite plaine côtière bien boisée et alternent avec des vallées profondément marquées par les glaciers et avec des baies à l'allure de fjords, dont les plus grandes sont la baie des Îles et Bonne Bay.

Des localités s'étendent presque tout le long de cette côte, dans les baies et les anses. Certaines se sont plutôt installées à l'intérieur, dans la Codroy Valley, vers le sud, puis autour du lac Deer, qui s'étend sur une petite plaine enclavée entre les montagnes. L'intérieur est une région semblable à un plateau aux nombreuses ondulations, aux crêtes et aux versants ponctuant la ligne de partage dessinée par les cours d'eau les plus importants : la RIVIÈRE DES EXPLOITS, la RIVIÈRE GANDER, la RIVIÈRE HUMBER et la rivière Terra Nova, qui drainent la majeure partie de la zone.

La région est couverte de vastes forêts, surtout sur les rives en pente douce des principaux cours d'eau. La population est disséminée et est concentrée surtout dans quelques villes axées sur l'exploitation forestière ou minière et reliées par les services de transport.

La côte nord-est aux nombreux promontoires, îles et baies, bordée par l'Atlantique, s'étend de la péninsule Great Northern jusqu'à la PRESQU'ÎLE AVALON. Les parties intérieures de cette région sont généralement bien boisées, sauf les promontoires et les îles côtières, où la végétation est rabougrie. Le littoral est caractéristique des terres recouvertes par la glaciation et soulevées à certains endroits par suite de la fonte de la calotte glaciaire. Il présente d'innombrables baies, anses, îles et fjords qui, souvent, constituent d'excellents ports. Chaque année, durant tout l'hiver et jusqu'au début du printemps, cette région peut être bloquée par les glaces descendues de l'Arctique. Des localités se sont développées le long des côtes de la plupart des baies et de certaines îles au large.

La côte sud comprend toute la partie méridionale de l'île de Terre-Neuve. Elle comporte aussi des baies profondes, caractéristiques d'un littoral recouvert par la glaciation. Elle n'est pas bloquée par les glaces de l'Arctique, mais la partie orientale de la presqu'île Avalon, jusqu'à St. John's, peut parfois se retrouver isolée pendant quelques jours.

Les régions intérieures sont en général vallonnées et accidentées, parfois couvertes de marécages peu profonds et d'une végétation saine. Les rives à faible dénivellation de la plupart des principaux cours d'eau et l'intérieur de la presqu'île Avalon sont couvertes de forêts denses.

Géologie

Le Labrador occupe la partie la plus orientale du BOUCLIER canadien, constituée de roches éruptives et métamorphiques dures de l'époque précambrienne. Il existe aussi certaines zones de roches sédimentaires plus tendres, surtout à l'ouest, dans une formation appelée la fosse du Labrador, où se trouve le plus grand gisement de minerai de fer d'Amérique du Nord. La région intérieure est formée par un plateau de 450 m d'altitude en moyenne au-dessus du niveau de la mer, traversé en grande partie par des cours d'eau importants coulant vers l'est, comme le FLEUVE CHURCHILL et ses affluents. Ces cours d'eau traversent la bordure est du bouclier en forme de cuvette et se jettent dans la MER DU LABRADOR. Cette bordure est très montagneuse, surtout dans le nord, où les MONTS TORNGAT s'élèvent à plus de 1500 m d'altitude et dont le point culminant est le mont Caubvick, à 1652 m.

En 1993, on découvre un gisement important de nickel, de cuivre et de cobalt à Voisey Bay (approximativement à 35 km au sud-ouest de NAIN). On le considère comme le gisement le plus riche découvert depuis la Deuxième Guerre mondiale et, au début de 1996, on estime le total des réserves à 100 millions de tonnes, quantité comparable à d'autres gisements importants de nickel au Canada.

L'île de Terre-Neuve fait partie du système appalachien et présente l'alignement typique sud-ouest nord-est par la disposition de ses principales baies et péninsules, de son réseau de cours d'eau et de ses chaînes de montagnes. Les roches sont plus variées dans l'île qu'au Labrador. Cette grande diversité dans les types géologiques et les âges des formations rocheuses résulte de la dérive des continents suivie de fréquentes périodes de déformation de la croûte terrestre et entrecoupée par de longues périodes d'érosion et de soulèvement de terrain.

Les roches les plus anciennes sont de l'époque précambrienne et se retrouvent dans l'est, dans la presqu'île Avalon et dans la péninsule Burin, ainsi qu'aux alentours. Ce sont essentiellement des roches sédimentaires plissées mais, dans quelques régions, elles ont été ensuite solidifiées en roches volcaniques par le processus d'intrusion. Quelques vestiges de roches sédimentaires ordoviciennes et cambriennes formant des pentes douces se trouvent dans des poches le long de la côte. Les plus importantes se trouvent dans la BAIE DE LA CONCEPTION, où les roches ordoviciennes qui forment l'ÎLE BELL contiennent des couches de minerai de fer (hématite) estimées à des milliards de tonnes.

Dans la partie centrale et occidentale de l'île, le sous-sol contient une grande variété de roches sédimentaires, ignées et métamorphiques, du paléozoïque, et l'on constate que la déformation de la croûte terrestre est très marquée. De longues périodes d'érosion à la suite de périodes de soulèvement ont laissé un paysage polycyclique qui comporte des restes d'anciennes surfaces d'érosion qu'on retrouve dans l'intérieur, qui ressemble à un plateau, ainsi que sur les montagnes aux sommets à surface plane des Long Range. De la côte sud, juste à l'est de CHANNEL-PORT AUX BASQUES, jusqu'à la partie occidentale de la BAIE NOTRE DAME, sur la côte nord-est, s'étend un long gisement de roches paléozoïques riches en minerai de cuivre, de plomb, de zinc, d'or et d'argent.

Les roches paléozoïques les moins anciennes et les moins modifiées sont sur la plaine côtière ouest. Elles sont mississippiennes et pennsylvaniennes. Elles contiennent du calcaire et une bonne quantité de gypse, que l'on extrait. On y trouve aussi du charbon et il y aurait du pétrole, mais aucun gisement ayant une valeur commerciale n'a été découvert.

Parallèles à la côte est de l'île, sous l'océan, de vastes dépôts de roches du crétacé s'étendent tout le long des Grands Bancs. Le forage à partir des plates-formes en mer a révélé la présence d'énormes réserves de pétrole et de gaz naturel dans cette région. En 1983 et en 1984, la Cour suprême de Terre-Neuve et celle du Canada déclarent que les ressources en mer (particulièrement le champ de pétrole Hibernia) appartiennent au gouvernement fédéral. Le 11 février 1985, un accord signé entre le gouvernement de Terre-Neuve et le nouveau gouvernement conservateur fédéral donne à Ottawa et à St John's « un droit de regard conjoint sur la gestion du pétrole et du gaz exploités en mer » et permet « à la province de taxer les ressources comme si elles se trouvaient sur ses terres ».

Surface

Sur toute l'étendue de la province, on peut encore constater les effets de la période de GLACIATION continentale de l'époque pléistocène, qui remonte à 7000 ans. À ce moment-là, le mouvement des couches de glace décape et sculpte la surface. Une grande partie du matériau d'origine non consolidé sous le sol actuel se compose de débris glaciaires ou de sédiments marins, maintenant dégagés à cause du soulèvement postglaciaire.

Les régions intérieures de l'île et du Labrador sont aujourd'hui parsemées de lacs et couverts de moraines, traces d'une immense calotte glaciaire qui se déplace d'abord vers l'extérieur à partir du centre ouest du Labrador puis qui, dans les dernières périodes du pléistocène, se fragmente en plusieurs petites calottes glaciaires dont les centres se trouvent au Labrador, au centre ouest de l'île et sur la presqu'île Avalon.

Les glaces qui creusent des canaux en descendant les vallées du système fluvial préglaciaire dessinent les fjords qu'on trouve sur la presque totalité des côtes. Les plus longs et les plus profonds de ces FJORDS se trouvent dans le Nord du Labrador et autour de la péninsule Great Northern de l'île, mais il existe quelques endroits exempts de ces traces de décapage provoquées par le mouvement de la glace. La majorité des baies sont profondes et possèdent les caractéristiques des fjords. À cause du soulèvement postglaciaire, bon nombre de rivages du nord de l'île et du Labrador sont élevés et présentent de larges bandes de sédiments marins.

Les dépôts les plus vastes et les plus impressionnants de sédiments marins sont dans les restes des deltas soulevés près de la baie St-Georges et dans les environs de HAPPY VALLEY-GOOSE BAY, au Labrador, à l'embouchure du fleuve Churchill. Les caractéristiques typiques d'un littoral qui a été recouvert par les glaces, comme les îles au large, les flèches littorales, les tombolos et les pouliers (barachois), sont courantes dans les régions côtières du sud et du sud-est.

Le sol est généralement aride et de texture grossière. Dans le nord du Labrador et dans les endroits élevés de la province, à cause du froid et de l'exposition, il n'y a pas de végétation ou il n'y pousse que des espèces rampantes de lichen propres à la toundra de la zone subarctique.

Dans les régions intérieures, comme à la ligne de partage des eaux du fleuve Churchill ainsi que des rivières des Exploits, Humber et Gander, les couches de surface sont plus profondes et permettent d'excellents peuplements de forêts. De vastes terres marécageuses sont installées dans les nombreuses dépressions de ces étendues à modelé glaciaire. La forêt se compose de plusieurs espèces communes de la FORÊT BORÉALE, qui s'étend dans le nord de l'Amérique du Nord.

L'épinette noire domine, particulièrement dans les forêts claires et dans celles régénérées après des incendies. La forêt dense est plus commune, et l'épinette noire et le sapin baumier y dominent, et leur proportion varie selon le site. Cette dernière essence pousse mieux dans les endroits où a eu lieu une coupe à blanc. Parmi les autres espèces figurent le mélèze, le pin ainsi que des espèces à feuilles caduques typiques de la forêt boréale comme le bouleau à papier, le peuplier faux-tremble, l'aulne, le petit merisier et le sorbier d'Amérique.

Une grande partie des régions non boisées sont couvertes de plantes basses semblables à des mousses, dont certaines constituent la nourriture des animaux sauvages. D'autres portent des baies, comme le bleuet, le pain de perdrix et la ronce petit-mûrier (mûres blanches), qui peuvent être consommées par l'homme.

Eau

On trouve de grandes quantités d'eau dans les milliers de lacs, étangs et marais formés lors du retrait des glaces à la faveur d'affouillements glaciaires et de dépôts. Beaucoup d'étangs sont peu profonds, mais les lacs sont encaissés dans de grandes vallées anciennes, creusées par les débris glaciaires et contenues par les dépôts glaciaires. Au Labrador, des centaines de lacs sont aménagés par des canaux, des digues et des barrages pour créer le RÉSERVOIR SMALLWOOD de 6527 km2 (à peu près le tiers du LAC ONTARIO) derrière l'imposant aménagement hydroélectrique des CHUTES CHURCHILL.

Le climat humide et la grande quantité de neige permettent au niveau phréatique de demeurer élevé dans toutes les régions. En général, les lacs sont pleins et les cours d'eau ont un écoulement permanent. Il existe naturellement certaines fluctuations saisonnières et certaines années peuvent être ou très humides ou très sèches, mais l'eau manque rarement pour l'usage domestique ou industriel.

Climat

Le climat varie considérablement d'une région à l'autre. À l'intérieur du Labrador, le climat est continental, alors que dans les régions du sud-est, vers la péninsule Burin et la presqu'île Avalon, il est de type maritime. Entre ces deux extrêmes se situent des zones variables qui permettent tout de même certaines généralisations.

Le nord du Labrador se trouve dans la zone subarctique caractérisée par une température froide et sèche toute l'année. Les hivers sont très froids, avec une température moyenne de - 20 ºC, et les étés sont frais, avec une température moyenne de 5 à 10 ºC en juillet. Ces moyennes sont enregistrées au niveau de la mer, celles relevées dans les monts Torngat sont encore plus basses. Les précipitations sont faibles, avec une moyenne annuelle de 46 cm à cap Chidley, dont la moitié tombe en neige. Dans la partie centrale du Labrador, les hivers sont extrêmement froids, avec des températures moyennes variant de - 18 ºC à - 23 ºC en janvier. Les étés sont doux, avec des températures moyennes de 13 ºC à 17 ºC en juillet. Le record de la température la plus basse de la province est enregistré à l'ouest du Labrador, à - 51 ºC, et celui de la plus haute à Goose Bay, à 38 ºC.

Dans les régions côtières, la proximité de l'océan réduit les écarts de température entre l'été et l'hiver. Dans les régions littorales du sud du Labrador, il fait froid en hiver et les étés sont frais, alors que dans les régions intérieures, il fait extrêmement froid en hiver, mais doux en été. Le climat dans l'île est presque le même, mais les différences sont moins grandes entre les régions côtières et intérieures. À St. John's, la température moyenne en janvier est de - 4 ºC et de 15 ºC en juillet. À l'intérieur, dans la plupart des endroits, la moyenne au milieu de l'hiver se situe entre - 6 ºC et - 10 ºC et, au milieu de l'été, entre 13 ºC et 16 ºC.

Les précipitations varient selon l'axe nord-ouest et sud-est. La moyenne annuelle dans les environs de la péninsule Burin et de la presqu'île Avalon est de plus de 140 cm, et la quantité va en décroissant quand on se dirige vers le nord-ouest, pour n'être plus que de 40 à 60 cm au Labrador. Les précipitations tombent en quantité à peu près égale tous les mois, mais dans le nord, près de la moitié tombe en neige, alors que dans le sud-est, les chutes de neige en représentent seulement près de 12 p. 100.

Selon les années, on peut enregistrer de grandes variations, en grande partie selon les trajectoires prises par les tempêtes qui traversent l'Amérique du Nord, d'ouest en est. Lorsque la trajectoire est en direction nord, l'hiver est doux et il tombe peu de neige, alors que, si elle est en direction sud, l'hiver peut être extrêmement froid et apporter beaucoup de neige. Des tempêtes fréquentes signifient beaucoup de vent à des vélocités élevées. Les eaux côtières sont souvent dangereuses pour les petites embarcations. Le mélange des masses d'air du COURANT DU LABRADOR et du Gulf Stream produit du BROUILLARD sur les Grands Bancs, dans les régions littorales de l'est et du sud, surtout au printemps et au début de l'été.


fiche topographique

fiche de renseignements
Terre-Neuve, régions naturelles de
Terre-Neuve, régions naturelles de
Forêt boréale, tapis de la
Forêt boréale, tapis de la
Des terres humides, composées de tourbières acides et de marais, couvrent de grandes parties de la forêt boréale (photo de Bill Brooks/Masterfile).
Terre-Neuve, côte nord de
Terre-Neuve, côte nord de
Cette photo-satellite montre les côtes accidentées et échancrées ainsi que les nombreux ports et baies. La baie Notre Dame, un riche champ de pêche de Terre-Neuve, se trouve à droite. Les zones oranges sont déboisées (avec la permission du Centre canadien de télédétection).
Avalon, presqu'île (image-satellite)
Avalon, presqu'île (image-satellite)
Région la plus peuplée de Terre-Neuve, la presqu'île Avalon s'avance dans les champs de pêche de l'Atlantique Nord. On peut voir St. John's à l'extrémité supérieure, à droite (avec la permission du Centre canadien de télédétection).
Torngat, monts
Torngat, monts
Les fjords profonds, les lacs étroits et les murs rocheux spectaculaires des monts Torngat, au Labrador, sont des vestiges de la glaciation (photo de John Foster/Masterfile).
Plate-forme de forage pétrolier, Terra Nova C-09
Plate-forme de forage pétrolier, Terra Nova C-09
Plate-forme de forage pétrolier au large de Terre-Neuve (photo de Peter Christopher).
« Hibernia »
« Hibernia »
Détails d'Hibernia, Bull's Arm, à Terre-Neuve (photo de Naomi McIlwraith).


Ressources
L'économie de Terre-Neuve-et-Labrador repose presque entièrement sur ses ressources naturelles. Après la découverte de l'île vers 1497, la pêche à la MORUE constitue sa principale ressource pendant près de 400 ans, jusqu'à ce qu'on commence à exploiter les ressources forestières et minérales.

Gros-Morne
Gros-Morne
Fjord classique dans le parc du Gros-Morne, Terre-Neuve (photo de J. Kraulis).
Forêts
Les variations climatiques et la nature du sol conditionnent la végétation et sa croissance. Les terres basses et bien drainées sont en général propices à l'accroissement forestier et le peuplement forestier est suffisant pour constituer une ressource importante. On utilise d'abord le bois pour la construction de maisons, de bateaux et de clôtures, puis pour aménager des installations sur le rivage pour les besoins de la pêche et, enfin, comme combustible. Ces différentes utilisations entament à peine les ressources forestières près des peuplements côtiers.

À partir du début du XXe siècle, en raison de l'augmentation de la valeur du bois et du bois à pâte, on commence à exploiter la forêt de l'intérieur. La coupe est massive, mais la régénération est généralement bonne, malgré les pertes causées par les INCENDIES DE FORÊT et les dégâts, parfois sérieux, causés par les insectes.

Minéraux

On trouve des minéraux intéressants sur le plan économique dans plusieurs endroits. Ceux de la région minéralisée de l'île - en grande partie composés de métaux communs, comme le cuivre, le plomb et le zinc - sont exploités à Buchans, à Daniel's Harbour et près de BAIE VERTE, lorsque les conditions du marché le permettent. Par ailleurs, on exploite de l'or à Couteau Bay sur la côte sud de l'île, du minerai de fer (hématite) dans l'ouest du Labrador, du gypse près de St-Georges et de la pyrophyllite (silicate d'aluminium) près de Long Pond.

La région d'exploitation minière la plus prometteuse est celle de Voisey Bay. En 1993, on y découvre de fortes concentrations de nickel, de cuivre et de cobalt, ce qui provoque un regain d'activités d'exploration dans la région et, en janvier 1996, on annonce la découverte d'une nouvelle réserve, deux fois plus importante que la première. Si les prévisions se concrétisent, Voisey Bay stimulera l'économie de la province encore plus que le mégaprojet Hibernia en créant les emplois dont elle a tant besoin.

Pêche

Jusqu'au début des années 1990, la principale richesse de la province et la plus permanente est le poisson des eaux entourant la province. Le poisson de fond, comme la morue, la sole grise, la limande-sole, le sébaste et le turbot, est abondant sur les Bancs et, à certaines périodes, dans toute la zone littorale.

Le poisson de surface, comme le capelan, le calmar, le hareng et le maquereau, abonde à certains endroits. Le SAUMON DE L'ATLANTIQUE migrateur est pêché en mer et dans les grands cours d'eau, mais sa population diminue énormément. La truite est abondante dans les lacs, les étangs et les rivières, et le homard et le crabe se trouvent dans les eaux peu profondes du sud.

Hydroélectricité

Les grands réservoirs naturels d'eau du plateau du Labrador et de l'intérieur de l'île permettent un développement à grande échelle de l'HYDROÉLECTRICITÉ. Au Labrador, on tire une puissance hydraulique de 5428,5 MW des chutes Churchill, avec un potentiel de 2555 MW supplémentaires, essentiellement dans le cours inférieur du fleuve Churchill. Dans l'île elle-même, on fournit une puissance de plus de 1200 MW et on dispose d'un potentiel supplémentaire encore inutilisé. En 1998, HYDRO-QUÉBEC et Hydro Terre-Neuve-et-Labrador signent un accord de coopération visant le développement du projet des chutes Churchill.

Faune

Comme l'intérieur de la province est en grande partie inhabité, il offre un vaste espace et un habitat idéal pour la faune, dont certaines espèces constituent une ressource appréciable. Les espèces sont plus variées au Labrador que dans l'île et parmi celles-ci figurent le caribou, l'orignal, l'OURS NOIR ainsi que l'ours polaire dans les régions côtières du nord. On trouve aussi beaucoup de petits animaux à fourrure comme le castor, le renard, le lynx, le lapin, la loutre et le rat musqué. On les capture pour leur fourrure ou pour leur chair. La chasse sportive est également pratiquée.

Conservation

Sur pratiquement toute la côte, des colonies de millions d'oiseaux marins nichent chaque année, surtout des goélands, des fous de Bassan, des guillemots, des mouettes et des macareux. Des refuges permettent de les protéger dans six réserves écologiques provinciales, comme à l'île Gannet au large du Labrador, à l'ÎLE FUNK sur la côte est de la presqu'île Avalon et à CAP ST. MARY'S sur la côte sud. Deux refuges pour oiseaux migrateurs se trouvent dans les îles Grey et dans le PARC NATIONAL TERRA-NOVA.

Le PARC NATIONAL DU GROS-MORNE protège une région naturelle spectaculaire sur la côte ouest et le parc national Terra-Nova sur la côte est. Le territoire compte aussi 64 parcs provinciaux et 7 réserves écologiques supplémentaires, une réserve naturelle au centre de la presqu'île Avalon ainsi qu'une autre au centre sud de l'intérieur.


Population
Une faible proportion de la population est autochtone. Les BÉOTHUKS, seul peuple originaire de l'île, sont maintenant entièrement disparus. Quelques milliers d'INUITS et de Montagnais-Naskapis (voir INNUS (MONTAGNAIS-NASKAPIS)) habitent, pour la plupart, le Labrador. Ils conservent leur langue d'origine et leur culture ancienne. Deux séries récentes de négociations portent sur les REVENDICATIONS TERRITORIALES dans la province. Les Inuits du Labrador commencent des négociations avec les gouvernements provincial et fédéral en 1989, lesquelles mènent au transfert des terres et à l'établissement du gouvernement nunatsiavut en décembre 2005. Les Innus (Montagnais-Naskapis) commencent les négociations en 1991 et, bien que leur entente-cadre ait été signée, elle n'est pas encore appliquée. On trouve des RÉSERVES INDIENNES à Conne River sur la côte sud de l'île (MICMAC), sur le LAC MELVILLE et dans la baie de Sango au Labrador (Innu).

Ailleurs, la population est principalement d'origine européenne, surtout de descendance d'immigrants du sud-ouest de l'Angleterre et du sud de l'Irlande. La côte ouest est habitée par quelques groupes de descendants de Français, surtout des Acadiens (voir ACADIE), et quelques ÉCOSSAIS dont les ancêtres venaient du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse. Les religions pratiquées reflètent essentiellement l'origine ethnique. La plupart des descendants d'IRLANDAIS et de Français sont catholiques romains et les descendants des Anglais sont anglicans, pentecôtistes, appartiennent à l'Église Unie ou à l'Armée du salut.

La colonisation par les Européens s'est faite lentement et reflète la prépondérance de la pêche. Les premiers colons prêtent peu d'attention à la terre ou au manque de commodités et s'installent dans les baies et les anses, à proximité de la mer et des lieux de pêches, surtout sur la côte est. Graduellement, la colonie s'étend et devient permanente. Les premiers centres se développent autour de ST JOHN'S et de la BAIE DE LA CONCEPTION, puis généralement le long des côtes est et sud.

On pêche durant l'été, on procède à la salaison des prises qu'on fait ensuite sécher au soleil et, l'automne venu, le poisson est prêt à être expédié en Europe. Des centres d'échange et de commerce se développent donc, comme à St. John's, à HARBOUR GRACE, à TRINITY et à BONAVISTA. Peu à peu, les liens économiques avec la mère patrie sont rompus. La population dépend presque entièrement des aléas de la pêche. Les nouveaux arrivants se font rares, et l'émigration vers des régions plus prometteuses d'Amérique du Nord est constante. La population augmente lentement, passant de 12 000 personnes en 1763 à quelque 200 000 en 1891.

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, la diversification de l'économie crée une plus grande stabilité. En 1894, on ouvre des mines de fer à l'île Bell, dans la baie de la Conception. En 1910, on ouvre une industrie papetière à GRAND FALLS puis, en 1925, une deuxième à Corner Brook, sur la côte ouest. On commence l'extraction des métaux communs à Buchans en 1928 (la mine cesse ses activités en 1984).

À partir de 1881, un service de chemin de fer traverse l'île, avec plusieurs lignes de prolongement, et contribue à l'amélioration graduelle des conditions économiques. En 1935, la population atteint près de 290 000 personnes. La CRISE DES ANNÉES 30 freine l'expansion mais, ironiquement, la Deuxième Guerre mondiale apporte une prospérité sans précédent, surtout à cause des emplois procurés par la construction et l'entretien des grandes bases militaires à St. John's, à GANDER, à GOOSE BAY, à STEPHENVILLE et à ARGENTIA.

Après la guerre, la prospérité diminue et, en 1949, la population accepte d'entrer dans la Confédération canadienne par voie de référendum. Elle bénéficie alors d'avantages sociaux sous forme de pensions et de diverses allocations généreuses. L'économie d'après-guerre demeure florissante de telle sorte que l'économie est active pendant les années 1950. La transition vers le statut de province ne se fait pas sans peine, mais la plupart des Terre-Neuviens, en particulier les jeunes, sont fiers d'appartenir au Canada. Plus de 60 p. 100 des 543 829 habitants que compte la province en 1991 sont nés dans la Confédération; en 2001, le pourcentage atteint près de 80 p. 100. La population est en régression et, en 2001, est estimée à 512 930 personnes.

À partir des années 1880, la répartition de la population se modifie nettement. Lorsque la pêche à la morue est la seule activité importante, presque toute la population se trouve sur la côte. La plupart des villages sont petits et l'importance des quelques grands centres dépend du rôle qu'ils jouent en tant que centres d'échange et de commerce.

Au fur et à mesure qu'on exploite d'autres ressources, se développent des villes minières comme WABANA et Buchans ainsi que des villes papetières comme Corner Brook et Grand Falls. Dans les années 1950, les villes de LABRADOR CITY et WABUSH croissent rapidement grâce à l'extraction du minerai de fer de l'ouest du Labrador.

Cette diversification de l'économie lance un processus de centralisation. L'industrie de la pêche elle-même connaît des changements. Les petites embarcations qui prenaient la mer chaque matin cèdent la place à des chalutiers mieux conçus pour la pêche hauturière, et les poissons autrefois conservés par salaison sont maintenant congelés dans des usines modernes. Par la suite, la population se déplace à cause de l'effondrement de nombreux petits ports isolés et de la croissance des centres aménagés pour transformer le poisson, desservis par les réseaux de transport et de communication de la province.

Tsunami
Tsunami
Cette maison fut l’une des centaines de maisons détruites lors d’un tremblement de terre dans les Grands bancs, qui provoqua un raz-de-marée déferlant sur les côtes de Terre-Neuve (avec la permission de The Rooms Corporation of Newfoundland and Labrador, Provincial Archives/PANL-A2-146).

Terre-Neuve, topographie de
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Happy Valley–Goose Bay (image-satellite)
Happy Valley–Goose Bay (image-satellite)
Sur cette image-satellite de l'Est du Labrador, la ville et l'aéroport de Happy Valley–Goose Bay apparaissent sous forme de taches bleu clair à l'embouchure de la rivière Churchill. Le terrain accidenté et dénudé du Bouclier se voit clairement sur la droite. La fumée sombre qui recouvre la terre au centre et à gauche montre les effets d'un feu de forêt (avec la permission du Centre canadien de télédétection).


Population active
En 2001, 57,7 p. 100 de la population est citadine. Avant l'effondrement de la pêche, près de 10 p. 100 de la POPULATION ACTIVE travaille dans le secteur primaire (pêche, mines, foresterie et agriculture). Depuis ce temps, il ne reste qu'environ 8 p. 100 de la main-d'œuvre dans ces industries. Le secteur de la fabrication et de la transformation occupe 8 p. 100 de la population, secteur en grande partie relié à la pêche, aux pâtes et papiers et à l'industrie minière. Le reste de la population travaille essentiellement dans les industries des services, particulièrement le commerce, les soins de santé, l'éducation et les services d'assistance sociale.

À Terre-Neuve-et-Labrador, depuis 1977, le taux de chômage est souvent le plus élevé du Canada et toujours supérieur à la moyenne nationale; pendant bien des années, il est deux fois plus élevé que la moyenne nationale. En 2004, il est de 15,6 p. 100 alors que la moyenne nationale est de 7,2 p. 100. Depuis 1990, la participation au marché du travail demeure bien en dessous de la moyenne nationale, notamment à 59,3 p. 100 en 2004. Malgré le chômage élevé et le faible taux de participation au marché du travail, la moyenne de revenus annuels de la province tend à augmenter de façon constante ces dernières années, se situant à 29 769 $ en 2000.


Économie
Autrefois tributaire des seuls produits de la pêche, l'économie repose maintenant sur l'exploitation minière et le traitement des minéraux, sur les usines axées sur les ressources forestières et sur les services privés et gouvernementaux dans les centres de commerce, de transport et de communication. Les paiements de transfert aux régions à disparité régionale et d'autres allocations du gouvernement fédéral sont considérables.

Pêche en doris
Pêche en doris
On voit les doris de la goélette « Albert J. Lutz » remorqués avant qu'ils ne soient détachés, en 1913 (avec la permission du Musée maritime de l'Atlantique).
La province est richement dotée en ressources naturelles et l'exploitation périodique de chacune de ces ressources a profité à des producteurs des secteurs primaire et secondaire. On prévoit que l'exploitation des gisements de minéraux de Voisey Bay et celle de pétrole et de gaz naturel en mer aura un impact positif sur l'économie de la province, mais la prospérité véritable n'existera que lorsque toutes les ressources seront exploitées avec succès en même temps (voir ÉCONOMIE RÉGIONALE).

Agriculture

L'agriculture est peu développée à Terre-Neuve-et-Labrador en raison de la pauvreté du sol et des conditions climatiques difficiles. Les terres agricoles n'occupent que 0,01 p. 100 de la superficie de la province et la moitié de celles-ci se trouvent dans la partie septentrionale de la presqu'île Avalon. Il existe néanmoins des îlots où le sol fertile et les conditions permettent la culture de fourrages et la pâture.

La pomme de terre, le navet et le chou sont cultivés en grande quantité et, dans certains endroits, on élève du bétail, surtout des bovins et des moutons, dans des pâturages naturels. L'élevage de porcs et de volaille est important et on trouve de belles fermes laitières près de St. John's et de Corner Brook. La production locale d'œufs suffit presque à combler les besoins de la province.

Les terres cultivées couvrent 6274 ha et les pâturages, 4606 ha. En 1998, la récolte de pommes de terre totalise 1,1 million de dollars, celle des navets, 1,5 million de dollars et celle des choux, 805 000 dollars. Les betteraves, les carottes, la laitue, la sarriette, les fraises, les cardes, le brocoli et les choux de Bruxelles sont cultivés en petites quantités dans de petits jardins maraîchers. On produit annuellement plus de 440 000 kg de bleuets et de fraises sauvages pour une valeur de 1 million de dollars.

En 1999, on dénombre près de 4400 vaches laitières qui donnent 34,6 millions de litres de lait et environ 2000 bovins de boucherie. On élève et on abat environ 16 500 porcs par année. La province compte près de 6500 moutons, un peu plus de 400 000 poules pondeuses qui donnent 7,1 millions de douzaines d'œufs et les ventes de volaille atteignent 14,5 millions de kilos. À part les bleuets, toute la production agricole est consommée localement et plus de 80 p. 100 de la viande, des fruits et des légumes sont importés.

Industrie

L'utilisation des matières premières constitue la base de l'activité industrielle : transformation du poisson pour la congélation, salaison de la morue, usines de pâtes et papiers et production de panneaux de particules à Donovans, près de St. John's. Certaines de ces industries utilisatrices de matières premières sont plus modestes; c'est le cas de petites entreprises de construction navale, des scieries, des ateliers de production de portes et fenêtres, des conserveries de fruits de mer et de baies sauvages et de certains ateliers d'artisanat produisant des articles souvenirs.

Parmi les grandes entreprises qui importent des matériaux ou des matières premières pour leur production, figurent l'usine de phosphore à Long Harbour dans l'isthme d'Avalon, l'usine de construction navale (acier) à Marystown, l'usine de fabrication de peinture à St. John's et de nombreuses petites entreprises de fabrication de produits courants comme le pain, les biscuits, la margarine, la crème glacée, les boissons gazeuses, la bière et d'autres produits dont la renommée leur donne un avantage sur les produits concurrents importés.

L'industrie du tourisme rapporte 600 millions de dollars en 2001. La province offre des paysages uniques et des parcs réputés. Les motels, les hôtels et les lieux historiques, fréquentés surtout par la population de l'île, survivent surtout grâce aux subventions provinciales et fédérales. L'éloignement et l'augmentation du coût des transports n'attirent pas suffisamment les touristes provenant de l'extérieur de la province.

Exploitation minière

Terre-Neuve-et-Labrador produit une moyenne d'environ 16 millions de tonnes de minerai de fer en 2001, pour une valeur de 850 millions de dollars. Le minerai de fer représente à lui seul 90 p. 100 de la production minière.

Plus de 90 p. 100 de la production de minéraux pour l'exportation se fait dans les communautés jumelles de Wabush et de Labrador City, dans l'ouest du Labrador. On y extrait le MINERAI DE FER et on le concentre parce qu'il a une faible teneur en fer, soit entre 20 et 30 p. 100. La plus grande partie du minerai est transformée en boulettes à Pointe-Noire, au Québec. Le produit fini est ensuite transporté vers le sud par rail jusqu'à Sept-Îles, au Québec et, de là, par la voie maritime du Saint-Laurent et les Grands Lacs, jusqu'aux fonderies et aciéries de la région des Grands Lacs.

Une mine de cuivre de la péninsule de Baie Verte, fermée depuis 1982, rouvre en octobre 1995 et le cuivre concentré est envoyé aux fonderies du Québec. L'amiante est meulée à Baie Verte.

Il existe d'autres mines moins importantes. En 1987, on ouvre la mine d'or de Hope Brook à Couteau Bay. Elle ferme plus tard, puis rouvre en 1992. On extrait du pyrophyllite à Long Pond, mais pour le reste, l'activité est sporadique et se limite à l'extraction de gypse pour les panneaux de placoplâtre, à Flat Bay, près de St. George. Les autres minéraux industriels extraits sont la tourbe et la dolomie.

En 1993, la découverte de métal massif et de gisements d'exploitation à Voisey Bay, au Labrador, entraîne une augmentation de l'exploration et des investissements. On a découvert quelque 100 tonnes de nickel dans la région. La première découverte, à Western Extension, mène à l'exploitation d'une mine à ciel ouvert. Eastern Deeps, comme son nom l'indique, est un gisement plus profond. Une petite briqueterie répond aux besoins locaux à Milton, à Trinity Bay, où se trouvent des réserves de glaise et d'argile litée. La production totale de ce type de matériaux de construction est évaluée à 29,8 millions de dollars en 1993.

Foresterie

Le bois sert principalement à la production du papier journal. Les papeteries de Corner Brook, de Stephenville et de Grand Falls-Windsor, utilisent en moyenne 1,9 million de m3 de bois par an, ce qui représente 68 p. 100 de la production totale de bois de la province et une valeur de 675 millions de dollars, une fois tout ce bois transformé en papier journal. C'est un domaine où la concurrence est très forte et, parfois, les usines ferment ou réduisent leur personnel pendant quelques semaines ou même, parfois, pendant quelques mois. L'industrie forestière emploie près de 10 000 personnes.

Certains emplois en forêt disparaissent avec l'arrivée de la machinerie moderne. Le transport du bois est maintenant effectué le plus souvent par chemin de fer ou par camion plutôt que par flottage sur les principaux cours d'eau. Au cours des dernières années, des pertes considérables de bois de valeur sont causées par des insectes, en particulier par la tordeuse des bourgeons de l'épinette. Actuellement, le bois est en surabondance, mais les ravages de cette chenille sensibilisent les forestiers au besoin d'améliorer les techniques de récolte et de prévoir un programme planifié de reforestation.

En plus du papier journal, le bois coupé est également utilisé comme combustible (24 p. 100), pour la production de bois d'œuvre, de poteaux, de clôtures et comme bois de mines. On compte beaucoup plus de petites scieries que de grandes. De 1980 à 1984, la production totale annuelle diminue, passant de plus de 100 000 m3 à environ 75 000 m3. Toutefois, une nouvelle entreprise, ouverte à Rodicton en 1992, vient ajouter 600 000 m3 à la capacité de production de la province.

Pêche

Avant 1930, l'industrie de la pêche repose essentiellement sur la production de la morue salée et séchée au soleil. Elle est exportée surtout aux Antilles et dans les pays méditerranéens. Les progrès dans la congélation rapide et dans la capacité de transport des produits congelés par bateaux jusqu'aux points de vente changent radicalement l'industrie. Petit à petit, la production et les ventes de morue salée diminuent au profit de la morue congelée et d'autres espèces, dont le turbot, la plie et le sébaste. Le marché lui-même se diversifie, et les États-Unis deviennent les principaux acheteurs.

L'industrie de la pêche est en changement constant depuis cette époque, en partie en réaction aux innovations et à la modernisation des méthodes de pêche, mais aussi à cause des variations du marché, de la concurrence et des fluctuations de l'offre et de la demande.

Jusqu'au début des années 1990, toutes les côtes abritent des entreprises de pêche dépendantes des prises en haute mer des grands chalutiers qui rapportent une variété de poissons des bancs et des petites prises de la pêche côtière encore importante. Pour cette dernière, on utilise des filets maillants, des trappes à morue, des lignes avec amorces et des bateaux de taille moyenne (palangriers), des petits bateaux-chasseurs ou même des doris. Comme on pêche près des côtes, sans pouvoir aller très loin, les prises fluctuent. Quelques entreprises préparent de la morue salée et séchée au soleil, produit pour lequel il existe encore un bon marché, mais la morue séchée est maintenant produite en grande partie dans de grandes usines mécanisées.

Les changements qui surviennent à partir de 1930 dans le domaine de la pêche créent de l'emploi dans les usines de transformation et provoque une diminution du nombre de pêcheurs. Les communautés dotées de grandes usines prospèrent alors que, pour les villes à industrie unique, l'avenir est incertain. En plusieurs endroits, le long de la côte, les pêcheurs parviennent à augmenter leurs revenus saisonniers en pêchant le homard, le saumon, le capelan, le hareng, le maquereau, le calmar, l'anguille, le pétoncle et le crabe. Le 2 juillet 1992, le gouvernement fédéral impose un moratoire total touchant la pêche de la morue du Nord afin de protéger les stocks après des années de surpêche. Des interdictions sont aussi annoncées pour d'autres espèces de poisson de fond. Par la suite, d'autres types de pêche se développent, surtout celles des crustacés, des coquillages et du crabe. En compensation, 25 570 pêcheurs sans emploi reçoivent de 250 à 400 dollars par semaine. Ce programme prend fin en mai 1999.

Au début des années 1980, plusieurs entreprises de pêche de Terre-Neuve sont en difficulté en raison de fortes dettes contractées pendant des périodes de marché en baisse, de la surproduction et d'une expansion excessive. Un accord est conclu entre les deux ordres de gouvernement et les banques afin de former une nouvelle supersociété, Fisheries Products International Ltd., en fusionnant toutes les anciennes grandes sociétés. Grâce à cette restructuration, la société retourne au secteur privé en 1985 (voir PÊCHE, HISTOIRE DE LA). Toutefois, le moratoire sur la pêche à la morue touche aussi durement les grandes entreprises. En 1995, Fisheries Products International Ltd. enregistre des pertes de 3,3 millions de dollars alors que National Sea Products enregistre un revenu net de 5,6 millions de dollars, surtout grâce à la transformation de la mye.

Les États-Unis constituent toujours le marché principal pour le poisson de Terre-Neuve-et-Labrador, représentant 12 p. 100 du total des exportations des produits de la province en 1992. Avant le récent déclin, 13 000 pêcheurs à temps plein et 13 000 autres à temps partiel prennent chaque année en moyenne 500 000 tonnes de poissons ayant une valeur au débarquement de près de 200 millions de dollars. En 1992, seules 244 000 tonnes de poissons sont débarquées, et l'industrie n'emploie plus que 9800 pêcheurs et 7700 personnes dans le secteur de la transformation, résultats en baisse de 18 p. 100 par rapport à ceux de 1991. En 2001, on compte environ 7000 employés et la valeur au débarquement est de 865 millions. Les crabes et les crevettes dominent maintenant l'industrie, et la province est le plus grand producteur de crevettes d'eau froide du monde.

Finance

Les principales banques canadiennes desservent la province, de même que les sociétés de fiducie, les courtiers d'assurance et les sociétés de prêt. La plupart des sièges sociaux se trouvent à St. John's, mais il existe des succursales dans toutes les grandes villes. On trouve 14 caisses populaires, 19 coopératives de consommation, 19 coopératives de logement et 13 coopératives de producteurs. Le MOUVEMENT COOPÉRATIF connaît des hauts et des bas.

Quelques coopératives de pêcheurs producteurs fonctionnent très bien et quelques coopératives de consommateurs des grandes villes possèdent quelques supermarchés rentables. L'entreprise privée est encouragée, particulièrement dans les secteurs axés sur les ressources. De plus, les petites entreprises profitent couramment de prêts et de subventions du gouvernement, en particulier celles de pêche, les scieries, les entreprises agricoles et les petites entreprises de construction navale.

Transport

Au début de la colonie, tout le transport se faisait par bateaux ou, en hiver, dans le nord, par attelages de chiens. Puis les chemins de fer, les routes et enfin les aéroports facilitent les déplacements. Le chemin de fer de l'île, allant de St. John's à Channel-Port aux Basques, est inauguré vers 1880 et des lignes secondaires se développent rapidement pour desservir Argentia (dans la baie de Plaisance), Bay de Verde (dans la baie de la Conception), Trepassey (dans le sud de la presqu'île Avalon) et Bonavista. Plus tard, on construit des lignes vers Lewisporte dans la baie des Exploits et vers Stephenville. La ligne, exploitée plus tard par le Canadien National, est étroite et le train est rudimentaire, mais elle constitue un apport essentiel au développement de l'île pendant la première moitié du XXe siècle. Le chemin de fer est complètement abandonné en septembre 1988.

Il existe alors aussi un certain nombre de petits chemins de fer privés ou appartenant à des compagnies, comme le Grand Falls Central qui est maintenant fermé. Le très moderne chemin de fer, Labrador and Québec North Shore Railway, transporte le minerai de l'Ungava et de l'ouest du Labrador. Il va de Schefferville jusqu'à Sept-Îles sur le golfe du Saint-Laurent en traversant le Labrador. Les embranchements principaux se trouvent à Wabush et à Labrador City.

Jusqu'en 1949, le réseau routier est rudimentaire. Les routes locales sont étroites et généralement non asphaltées. À partir des années 1950, un programme continu de construction et d'amélioration des routes permet d'agrandir le réseau routier qui est maintenant en grande partie asphalté et comprend la ROUTE TRANSCANADIENNE entre St. John's et Channel-Port aux Basques. De moins en moins d'agglomérations se trouvent isolées. Quelques îles éloignées de la côte ont un service de traversier, comme Fogo, Ramea, Bell et les îles de Little Bay. Plusieurs îles importantes, dont Random, Twillingate et Greenspond, sont maintenant reliées entre elles par des ponts-jetées.

Au Labrador, il n'y a qu'une petite route asphaltée entre les communautés situées en bordure du détroit de Belle-Isle et une route intérieure en gravier qui va de Churchill Falls au chemin de fer Québec North Shore and Labrador. Une autre route, praticable par tous les temps, dont le tronçon de Terre-Neuve est en gravier, relie Churchill Falls au réseau routier du Québec par l'entremise de Wabush et Labrador City. La plupart des résidants de Labrador City peuvent ainsi accéder au reste du Canada durant toute l'année. La reconstruction de la Freedom road, une voie rudimentaire entre Churchill Falls et Goose Bay, assurera la base du transport routier au Labrador.

Depuis les années 1920, l'AVIATION DE BROUSSE est importante à Terre-Neuve-et-Labrador et quelques endroits isolés dépendent encore des services de petits hydravions ou d'hélicoptères pour la distribution du courrier ou pour les urgences.

Les aéroports de St. John's, de Gander, de Deer Lake, de Stephenville, de Happy Valley-Goose Bay, de St. Anthony, de Churchill Falls et de Wabush sont desservis par des compagnies aériennes locales et nationales selon un horaire régulier. Des services réguliers sont également assurés le long de la côte du Labrador.

La situation géographique de Terre-Neuve-et-Labrador en a fait un point idéal pour les premières tentatives de traversée de l'Atlantique par avion. Les 14 et 15 juin 1919, Alcock et Brown réussissent le premier vol de St. John's à Clifton, en Irlande, à bord d'un biplan bimoteur. Par la suite, de nombreuses traversées sont effectuées à partir de Terre-Neuve dans les années 1920 et 1930, mais surtout pendant la Deuxième Guerre mondiale, lorsqu'un véritable pont aérien de bombardiers est établi entre Gander et l'Angleterre (voir FERRY COMMAND). Un service d'hydravion dessert aussi Botwood et, avant l'arrivée des avions à réaction, un service aérien transatlantique régulier passe par Gander. Cet aéroport est encore utilisé comme carrefour international pour les avions transportant des marchandises et des passagers vers différentes régions éloignées du monde.

Service maritime

Grâce aux navires modernes, les habitants des côtes du Labrador jouissent d'un service de transport maritime durant tout l'été. Un traversier pouvant transporter des automobiles et des camions gros porteurs fait la navette tout l'été entre Lewisporte et Goose Bay. Autour de l'île, on fait aussi du cabotage. L'hiver, il est limité à la côte sud en raison des glaces flottantes de l'Arctique. Un traversier assure une navette quotidienne toute l'année de Channel-Port aux Basques à North Sydney et à l'île du Cap-Breton. Trois fois par semaine, de juin à septembre, le CN offre les services d'un traversier de nuit entre North Sydney et Argentia. On transporte, surtout en été, les produits miniers, les produits du poisson et le papier journal destinés à l'exportation à partir de Corner Brook, de Botwood, de Stephenville, d'Argentia, de St. John's et de Long Harbour.

La majorité des produits importés arrivent par bateaux à Channel-Port aux Basques, à Corner Brook, à St. John's et à Goose Bay pour être ensuite acheminés dans toute la province par transport routier. Dans l'extrême nord de la province, les chasseurs et les trappeurs se déplacent à l'aide de MOTONEIGES, d'hélicoptères et d'avions à voilure fixe équipés de skis qui remplacent les attelages de chiens traditionnels.

Énergie

Les ressources énergétiques sous la forme d'énergie hydraulique abondent, surtout au Labrador. En fait, la province n'utilise qu'une partie de son potentiel énergétique. Tous les besoins de l'île, tant industriels qu'intérieurs, sont comblés par l'énergie hydraulique qui fournit plus de 1200 MW et l'énergie thermique qui fournit 495 MW. On tente de réduire le coût élevé de l'électricité dans l'île en élaborant des projets d'utilisation des déchets de bois et la tourbe comme combustibles pour les institutions et les établissements industriels.

La plus grande partie de l'électricité générée par les CHUTES CHURCHILL, au Labrador, est vendue au Québec. La revente de cette électricité par HYDRO-QUÉBEC, avec de gros profits, contrarie depuis toujours le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador. Une tentative pour contourner ce contrat en faisant promulguer une loi autorisant le gouvernement de la province à annuler les droits d'utilisation par le Québec de ses ressources hydrauliques est déclarée illégale par la Cour suprême du Canada, en mai 1984.

En 1979, on découvre le champ de pétrole Hibernia au large de l'île de Terre-Neuve. Le potentiel des ressources de pétrole est estimé à 615 millions de barils. En 2001, Hibernia produit 54,3 millions de barils de pétrole, pour une valeur de 2,1 milliards. Un autre champ, Terra Nova, devrait produire 36 millions de barils par année, et sa réserve est estimée à 400 millions de barils. Husky Oil explore un autre développement extracôtier, White Rose, qui devrait permettre de produire 230 millions de barils.


Gouvernement et politique
L'Assemblée législative de Terre-Neuve-et-Labrador (officiellement appelée la Chambre d'assemblée) compte 52 députés élus représentant chacun un district. Ce modèle s'appuie sur le système parlementaire britannique comme le font les autres provinces canadiennes. Le LIEUTENANT-GOUVERNEUR est le chef officiel du gouvernement et le représentant de la Couronne. Il est nommé par le premier ministre pour un mandat d'au moins quatre ans. Le Parlement ne peut siéger plus de cinq ans. (Voir aussi LIEUTENANTS-GOUVERNEURS DE TERRE-NEUVE-ET-LABRADOR : TABLE; PREMIERS MINISTRES DE TERRE-NEUVE-ET-LABRADOR : TABLE.)

Le PREMIER MINISTRE PROVINCIAL et chef véritable du gouvernement est habituellement le chef du parti qui détient la majorité des sièges à l'Assemblée. Le CABINET est formé de tous les ministres choisis par le premier ministre au sein des élus de son parti. Les domaines de compétence fédérale et provinciale sont fixés dans la LOI CONSTlTUTIONNELLE DE 1867.

Le système judiciaire provincial de Terre-Neuve-et-Labrador se compose de la Cour suprême de la province, de sept cours de district et de dix-huit cours provinciales. La Cour suprême compte la section de première instance, composée d'un juge en chef et de six juges assesseurs, et la section d'appel, composée d'un juge en chef et de huit juges assesseurs. Il existe également un tribunal unifié de la famille, composé d'un seul juge. Tous les juges sont nommés par le gouvernement fédéral. La section de première instance tient ses audiences à St. John's, mais elle peut se rendre là où il n'y a pas de cour locale. Chacune des sept cours de district, située dans un des sept districts électoraux fédéraux, relève du gouvernement fédéral en matière d'administration. Les dix-huit cours financées et administrées par la province sont situées dans les villes les plus importantes.

Gouvernement municipal

Le gouvernement municipal à Terre-Neuve-et-Labrador offre peu de ressemblance avec ceux qu'on retrouve ailleurs au Canada. L'isolement de la province empêche la subdivision en comtés et en districts et retarde généralement la mise en place de gouvernements municipaux. St. John's, la première municipalité, est constituée en ville en 1888 et reçoit sa charte en 1921.

Les autres grands centres établissent leurs gouvernements municipaux beaucoup plus tard. Ce n'est qu'après la Deuxième Guerre mondiale que cela devient courant, et St. John's est restée la seule ville constituée à Terre-Neuve jusqu'en 1938. Toutefois, beaucoup de communautés choisissent de ne pas percevoir de taxes municipales, n'ont pas de code de construction ni d'autres règlements et renoncent ainsi aux avantages de se constituer en municipalité, qui comprennent entre autres l'entretien des routes, le ramassage des ordures ménagères et l'éclairage des rues. Actuellement, moins de la moitié des 800 localités possèdent une certaine forme de gouvernement municipal.

Terre-Neuve-et-Labrador compte trois grandes villes : ST. JOHN'S, Mount Pearl et CORNER BROOK, une région métropolitaine entourant St. John's, 158 villes moyennes, 134 agglomérations et plus de 100 districts de services locaux. Les deux dernières entités représentent habituellement des groupes de communautés. Les conseils municipaux et communautaires ont un pouvoir limité de taxation et ne peuvent fournir que quelques services locaux. Les travaux importants sont souvent principalement financés par le ministère provincial des Affaires municipales. Le gouvernement provincial finance la santé, l'éducation, la police, l'entretien du réseau routier et d'autres services.

Représentation fédérale

Selon les modalités inscrites lors de l'entrée de Terre-Neuve dans la Confédération en 1949, la province est représentée par six députés (sept par la suite) et six sénateurs. Il est de tradition qu'au moins un de ces députés fasse partie du Cabinet. Plusieurs députés provinciaux acquièrent une excellente réputation en occupant les postes de ministre des Finances et des Affaires extérieures, mais en général, la représentation de la province est faible et, par conséquent, son influence est restreinte sur le plan des décisions d'intérêt national.

Finances publiques

Les Terre-Neuviens connaissent le taux d'imposition provincial le plus élevé au Canada jusqu'en avril 1997, moment où la taxe de vente harmonisée (TVH) entre en vigueur. Ce niveau élevé de taxation ne suffit pas et la province reçoit en plus environ la moitié de ses revenus du gouvernement fédéral sous forme de paiements de transfert et de paiements de péréquation. En 2001, ces paiements totalisent plus de 1,7 milliard de dollars. Les services sociaux représentent la majeure partie des dépenses. La dette provinciale représente des dépenses de 22 p. 100.

Santé

Le budget annuel provincial dépasse 600 millions de dollars pour les soins de santé, soit à peu près un cinquième des dépenses totales de la province. En vertu de la Loi sur les soins médicaux de 1969, la majorité des soins de santé sont gratuits pour tous les résidants de la province.

Le système des soins de santé repose sur le régime des petits hôpitaux de campagne (cottage hospital system) et les établissements de l'International Grenfell Association. Le régime des petits hôpitaux de campagne, institué par une commission gouvernementale en 1936, est conçu pour donner aux résidants des villages isolés des services de santé de grande qualité. De petits hôpitaux existent dans les principaux centres de l'île, mais leur nombre diminue en faveur des hôpitaux régionaux plus importants. Dans les régions du nord, particulièrement sur les côtes du Labrador, les soins sont dispensés dans les établissements de l'International Grenfell Association, dont le bureau central est à St. Anthony. Cette association est fondée par sir Wilfred GRENFELL au début des années 1900.

L'hôpital général de St. John's est le plus grand et le mieux équipé des hôpitaux de l'île. Il est affilié au Health Science Centre situé sur le campus de l'Université Memorial, qui possède aussi une faculté de médecine et une école de sciences infirmières.

Politique

L'histoire politique mouvementée de Terre-Neuve-et-Labrador commence en 1832 avec l'avènement d'un gouvernement représentatif, dirigé surtout par un gouverneur et un conseiller nommés par le gouvernement britannique. La Chambre d'assemblée est élue par le peuple lors d'un scrutin public. Les lois doivent être approuvées par les deux chambres. À la demande du peuple, en 1855, un GOUVERNEMENT RESPONSABLE basé sur le système parlementaire britannique, remplace l'impossible forme de gouvernement précédente.

En 1934, en raison de la Crise des années 1930, le « Dominion » endetté revient à son statut de colonie britannique et est gouverné par une commission composée d'un gouverneur, de trois commissaires britanniques et de trois Terre-Neuviens, tous nommés par le gouvernement britannique.

De 1832 à 1933, aucun parti politique ayant une vision idéologique bien définie ne s'impose. Les partis libéraux, conservateurs ou « du peuple » ne sont que des coalitions mal structurées, représentées par des individus ou des groupes d'intérêt particulier. La religion, l'appartenance ethnique et le statut social sont des facteurs déterminants à cette époque. Ainsi, le Parti libéral catholique, au milieu des années 1800, se consacre à la défense des intérêts de la communauté irlandaise de l'île. Les partis forment des coalitions sur des questions telles que la Confédération canadienne, la construction d'un chemin de fer et les intérêts des pêcheurs opposés à ceux des marchands de poisson.

La campagne pour l'entrée dans la Confédération est couronnée de succès en 1949. Elle est menée par Joseph R. SMALLWOOD, journaliste, personnalité de la radio et homme d'affaires. Il faut deux référendums pour que Terre-Neuve fasse partie du Canada, et il y entre par une faible majorité. Un lieutenant-gouverneur est nommé et Smallwood est mandaté pour former un gouvernement intérimaire. À la première élection générale de la province, la première depuis 1932, les libéraux de Smallwood obtiennent 22 sièges, les conservateurs, 5, et un indépendant est élu. Ce résultat reflète non seulement l'opposition des ports et de St. John's, mais aussi celle des défenseurs et des détracteurs de la Confédération.

Aujourd'hui, ces vieux conflits sont éteints. Les libéraux de Smallwood ont dominé la scène politique pendant les années 1950 et 1960. Des conflits entre le premier ministre et quelques ministres influents de même qu'une mauvaise presse affaiblissent le gouvernement, et les libéraux sont défaits en 1972. Le Parti conservateur prend la direction de la province, sous la gouverne de Frank MOORES. En 1979, Brian PECKFORD, l'ancien ministre des Mines et de l'Énergie, succède à Moores à la direction du parti.

L'élection de 1982 se solde par un balayage des conservateurs, qui remportent 44 des 52 sièges de la législature. Les libéraux remportent les huit autres. En 1985, Peckford gagne de nouveau avec une majorité moins forte, obtenant 36 sièges. Les libéraux en remportent 15 et le premier néo-démocrate de l'histoire de Terre-Neuve est élu. Au début des années 1980, les relations entre le gouvernement fédéral et celui de Terre-Neuve sont tendues en raison des dissensions sur la propriété des ressources pétrolières, la vente de l'hydroélectricité du Labrador et la restructuration de l'industrie de la pêche dans l'Atlantique Nord.

Un changement de gouvernement à Ottawa mène à l'instauration de relations nettement meilleures entre Terre-Neuve et le fédéral. Vers la fin de 1987, au moment où certaines provinces sont indécises au sujet de l'accord de libre-échange avec les États-Unis, Peckford donne un soutien clé aux projets du gouvernement Mulroney. Le premier ministre terre-neuvien est aussi un important défenseur de l'ACCORD DU LAC MEECH. On estime en grande partie que son soutien à cet accord est l'élément déclencheur de la négociation avec Ottawa sur le mégaprojet Hibernia de forage en mer. En 1989, Tom Rideout succède à Peckford comme premier ministre, mais perd le pouvoir la même année aux mains de libéraux plus dynamiques sous la direction de Clyde Wells.

Contrairement à ses prédécesseurs, Wells est fermement opposé à l'ACCORD DU LAC MEECH (voir ACCORD DU LAC MEECH : DOCUMENT) et annule la ratification de Terre-Neuve. Sa position sur la réforme constitutionnelle est un peu plus modérée au cours du débat sur l'ACCORD DE CHARLOTTETOWN (voir ACCORD DE CHARLOTTETOWN : DOCUMENT). Il se fait le porte-parole d'une réforme du Sénat selon la proposition « des trois e », qui devient l'élément clé de l'Accord de Charlottetown.

Wells est l'un des rares premiers ministres qui convainc sa province de voter en faveur de cette dernière entente lors du référendum de 1992, mais l'entente est rejetée. Wells obtient un nouveau mandat en 1993 après avoir fait campagne pour équilibrer le budget de la province. Il réussit en partie à limiter la dette et le déficit de la province, malgré la ferme opposition des syndicats. Toutefois, la ruine de l'industrie de la pêche dans l'Atlantique accroît les difficultés financières de la province. Le successeur de Wells, un ancien ministre du Cabinet fédéral, Brian Tobin, déclare que les nouveaux revenus des projets Hibernia et Voisey Bay devraient jouer un rôle clé dans l'amélioration de l'économie de la province. Roger Grimes est élu premier ministre en 2001.

François, hameau isolé de Terre-Neuve
François, hameau isolé de Terre-Neuve
Lorsque les champs de pêche sont devenus plus fréquentés ou, comme ces dernières années, l'activité de la pêche a décliné, les ports isolés ont été abandonnés ou repeuplés suivant la prospérité des activités de pêche (photo de John deVisser).
Joseph Smallwood
Joseph Smallwood
Smallwood signant l'entente qui fait entrer Terre-Neuve au sein du Canada (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/PA-1280).


Éducation
Historique

Les premières écoles de Terre-Neuve-et-Labrador sont mises sur pied par un mouvement missionnaire de l'Église anglicane appelé « Society for the Propagation of the Gospel in Foreign Parts », qui fonde une école à Bonavista vers 1720. Plus tard, au XVIIIe siècle, cette même société ouvre des écoles à St. John's et dans plusieurs grands ports. On y admet, semble-t-il, des enfants de toutes religions. Au début du XIXe siècle, plusieurs écoles sont ouvertes, dont la principale est tenue par la Newfoundland School Society. Fondée en 1823, cette société a pour but l'instruction des enfants pauvres. En 1840, elle compte des écoles non confessionnelles dans plusieurs villes et ports de l'île.

La Loi sur l'éducation de 1836 représente la première intervention directe du gouvernement dans ce domaine. Des fonds sont distribués aux sociétés qui s'occupent de promouvoir l'éducation et des conseils scolaires non confessionnels voient le jour. En 1843, les subventions à l'éducation ont plus que doublé et sont divisées entre les conseils scolaires catholiques et protestants. Les subventions aux écoles protestantes sont plus tard partagées entre plusieurs confessions de souche protestante. Après la Confédération, on fusionne plusieurs réseaux scolaires protestants, mais l'éducation subventionnée par le gouvernement et administrée par l'Église existe encore aujourd'hui. Le système d'éducation confessionnel est protégé par les Conditions de l'union de Terre-Neuve au Canada de 1948.

Administration

Mis à part quelques petites institutions privées, les 479 écoles de Terre-Neuve-et-Labrador sont administrées par onze conseils scolaires. Ceux-ci ont pour principale responsabilité de distribuer les fonds gouvernementaux et d'établir le programme d'éducation religieuse.

Les décisions de principe relèvent du ministère de l'Éducation. En 2000-2001, la province compte 6283 enseignants et 90 167 élèves de la maternelle à la 12e année. Des programmes d'immersion en français sont offerts dans 49 écoles et cinq autres ont mis en place des programmes de français langue maternelle.

Institutions

L' UNIVERSITÉ MEMORIAL, TERRE-NEUVE , fondée en 1925 sous le nom de Memorial University College, devient la seule université de la province en vertu d'une loi spéciale, The House of Assembly Act, votée par la Chambre d'assemblée en 1949. Elle est située dans la banlieue nord de St. John's. En 2000, elle est fréquentée par 13 260 étudiants à temps plein et 2570 à temps partiel. Sir Wilfred Grenfell College, établissement fondé en 1975 et qui décerne ses propres diplômes universitaires, est situé sur le campus de l'Université Memorial à Corner Brook, sur la côte ouest. Le Fisheries and Marine Institute, à St John's, est affilié à l'Université Memorial depuis 1992. Les trois établissements sont financés par le gouvernement, mais chaque administration est autonome.

Les autres établissements postsecondaires sont généralement situés dans les grands centres. On retrouve, entre autres, cinq collèges d'arts appliqués, de technologie et d'éducation permanente. Il y a 37 établissements privés de formation reconnus.

En 1995-1996, près de 1,3 milliard de dollars sont investis en éducation par tous les ordres de gouvernement. De cette somme, 280 millions de dollars vont à l'éducation postsecondaire.


Vie culturelle
Les ancêtres de la plupart des habitants de Terre-Neuve-et-Labrador sont venus du sud-est de l'Irlande et du sud-ouest de l'Angleterre et ont apporté avec eux une culture distincte et durable. Ce patrimoine, forgé par des siècles d'un mode de vie maritime et par l'isolement insulaire, produit une culture particulière et dynamique qui s'exprime dans les dialectes, l'artisanat, les traditions, l'art culinaire, la musique et la littérature.

Signal Hill (St. John's)
Signal Hill (St. John's)
La tour Cabot, située sur Signal Hill, a été construite pour commémorer la découverte de Terre-Neuve (photo de Sherman Hines/Masterfile).
Petit à petit, les influences des vieux pays sont remplacées par celles du Nouveau Monde. L'entrée dans la Confédération accélère le processus, de même que les moyens de communication de masse, mais Terre-Neuve-et-Labrador garde son caractère distinct. Ses habitants prennent de plus en plus conscience de leur patrimoine culturel unique, comme le démontre le succès des festivals populaires et l'existence d'associations patrimoniales.

Les divers ordres de gouvernement appuient les efforts de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine. Par l'intermédiaire de son ministère du Tourisme, de la Culture et des Loisirs, le gouvernement provincial soutient un musée provincial et les archives de la province à St. John's de même que de plus petits musées et un réseau de centres culturels dans les principales villes. L'Université Memorial, par l'entremise d'une galerie d'art, de services d'extension de l'enseignement et du travail de diverses facultés, dessert bien la population de la province.

Arts

De nombreux artistes de Terre-Neuve-et-Labrador orientent leur art vers des formes propres à leur province et à leur région, dont ils s'inspirent, sans toutefois ignorer les techniques ou les courants artistiques internationaux. Ils s'inspirent de leur vie sur l'île. Parmi eux, citons le poète E.J. PRATT, les peintres David BLACKWOOD, Christopher et Mary PRATT, la troupe de théâtre Mummers Troupe (voir MUMMING), la romancière Margaret DULEY et le journaliste Ray Guy.

Communications

Le premier journal publié à Terre-Neuve est l'hebdomadaire de St. John's, le Royal Gazette, fondé en 1807. Dans les années 1830, il existe déjà plusieurs hebdomadaires et bimensuels à St. John's et dans les principaux ports. Très politisés, ils sont le reflet des tensions politiques, religieuses et sociales qui marquent périodiquement la vie à Terre-Neuve au XIXe siècle; ils les enflamment peut-être d'ailleurs. Parmi les premiers quotidiens de la province, on trouve le Daily News de St. John's et le Newfoundland Journal of Commerce (1860), le Morning Chronicle (1862), l'Evening Telegram de St. John's (1879) et des journaux éphémères, notamment le Free Press and Daily Advertiser (1877) de St. John's et le Daily Ledger (1879).

En 1994, la province compte deux quotidiens, l'Evening Telegram et le Western Star de Corner Brook, tous deux propriétés de la chaîne Thomson, ainsi qu'un certain nombre d'hebdomadaires régionaux de langue anglaise.

La première station radiophonique publique de St. John's naît dans les années 1920 et, dans les années 1930, toute l'île peut en capter les émissions. La Société Radio-Canada dessert l'île depuis avril 1949 et ses émissions FM y sont diffusées depuis 1975. La première station de télévision, CJON, entre en ondes en 1955. D'abord affiliée à Radio-Canada, elle s'associe, en 1964, au réseau national CTV, après l'ouverture par Radio-Canada de ses propres studios à St. John's. La câblodistribution arrive dans l'île en 1977. Le câblodistributeur le plus important est Cable Atlantic, qui possède des stations à Corner Brook, à Gander, à Grand Falls-Windsor, à Port aux Basques et à St. John's.

Lieux historiques

Le gouvernement fédéral contribue largement à l'établissement et à l'entretien des lieux historiques de Terre-Neuve-et-Labrador. Plusieurs parcs historiques nationaux rappellent le passé riche et mouvementé de la province. SIGNAL HILL surplombe le port de St. John's, théâtre de l'une des dernières batailles entre Français et Anglais en Amérique du Nord. Castle Hill, près de Placentia, commémore la présence des pêcheurs et des militaires français dans l'île. Le cap Spear, site de l'un des derniers phares canadiens, est le point le plus à l'est de l'Amérique du Nord. PORT AU CHOIX est le lieu d'anciennes cultures maritimes et autochtones. Enfin, L'ANSE AUX MEADOWS est l'unique site viking attesté en Amérique du Nord. L'endroit est désigné SITE DU PATRIMOINE MONDIAL DES NATIONS UNIES en 1978. Le site archéologique des Basques et de la pêche à la baleine, situé à RED BAY, au Labrador, présente le seul baleinier du XVIe siècle entièrement conservé.


Historique
Des fouilles archéologiques ont révélé qu'un peuple maritime aurait habité la province au moins 7000 ans avant Jésus-Christ. La présence des INUITS avant l'occupation européenne est plus évidente, surtout dans le nord de l'île, ainsi que celle d'autres peuples autochtones, à la fois dans l'île et au Labrador.

Le peuple autochtone de l'île, les Béothuks, affronte périodiquement les Européens. Deux femmes bien connues de ce peuple, Mary March (DEMASDUWIT) et SHAWNADITHIT, sont capturées en 1819 et amenées à St. John's. Elles meurent peu après, vraisemblablement de maladies apportées par les Européens. On connaît très peu de choses sur la société béothuk et encore moins sur l'histoire de ce peuple.

Exploration

À la fin du Xe siècle, des Vikings (voir EXPÉDITIONS VIKINGS), dont Leif ERICSSON, effectuent plusieurs voyages d'exploration du Groenland jusqu'aux terres situées outre-mer, à l'ouest et au sud-ouest, et établissent même un campement temporaire à L'Anse aux Meadows, dans la grande péninsule septentrionale. En 1497, un explorateur vénitien, Jean CABOT, à la solde du roi d'Angleterre Henri VII, découvre de nouvelles terres, qu'on croit situées entre la Nouvelle-Écosse et le Labrador et qui comprennent une « nouvelle île ». En 1500, un autre explorateur, le portugais Gaspar CORTE-REAL, pousse un peu plus loin son exploration et baptise plusieurs baies et caps le long de la côte est de l'île. En 1535-1536, Jacques CARTIER démontre que Terre-Neuve est une île en empruntant tour à tour le DÉTROIT DE CABOT et celui de Belle-Isle. Enfin, en 1583, sir Humphrey GILBERT navigue jusqu'au Port de St. John's et s'empare de l'île au nom de l'Angleterre.

Peu après le voyage de Jean Cabot, les Européens commencent à pêcher dans les riches bancs de morue près des côtes de Terre-Neuve. Au XVIe siècle, des équipages provenant de la France, de l'Espagne, du Portugal et de l'Angleterre arrivent au printemps et remportent de la morue salée-séchée chez eux à l'automne. À partir des années 1540, des Basques de France et d'Espagne s'adonnent également à la CHASSE À LA BALEINE sur la côte sud du Labrador. Bien que l'Angleterre participe aux premiers voyages à Terre-Neuve, son rôle dans cette pêche migratoire est mineur avant les années 1570, au moment où la guerre en Europe paralyse la pêche dans les autres pays et ouvre des marchés pour la morue salée-séchée en Angleterre. En 1600, la pêche anglaise compte 150 navires, principalement dans les ports du sud-ouest de l'Angleterre et, de Trepassey à BONAVISTA, la côte est connue sous le nom de la Côte anglaise.

Colonisation

Au début du XVIIe siècle, la paix en Europe occidentale mène à plusieurs tentatives de colonisation de la côte est de l'Amérique du Nord. Réputée pour sa pêche dans beaucoup de ports de l'Europe occidentale, Terre-Neuve est un site de choix pour une colonie. La première est fondée par la LONDON AND BRISTOL COMPANY à Cupers Cove (aujourd'hui CUPIDS), dans la baie de la Conception, en 1610. En 1618, des marchands de Bristol établissent une deuxième colonie, appelée Bristol's Hope, à Harbour Grace. En 1621, George CALVERT installe des colons à FERRYLAND, et CARBONEAR est colonisée au plus tard en 1627. Dans les 50 années suivantes, la colonisation se poursuit et, en 1675, on compte 1655 personnes vivant dans les 31 petits villages de pêche sur la Côte anglaise.

La tradition de nommer le capitaine du premier navire de pêche arrivé au port chaque printemps « amiral » de l'endroit remonte au XVIe siècle. Toutefois, malgré ce que l'on pense généralement, il semblerait que les fonctions de cet ADMIRAL DE LA PÊCHE se limitent à diverses questions de pêche. Dans la première moitié du XVIIe siècle, les différents gouverneurs propriétaires, comme John Guy à Cupids et David KIRKE à Ferryland, sont responsables de maintenir l'ordre parmi les colons et, pendant l'interrègne de l'Angleterre (qui n'a pas de roi de 1649 à 1660), le Parlement nomme un commissaire, John Treworgie, pour superviser les affaires de l'île. Cependant, malgré plusieurs pétitions signées par certains des plus éminents colons, la gouvernance de l'île ne suscite que peu d'intérêt de 1660 à 1697.

Certains aspects de la pêche dans le sud-ouest de l'Angleterre ne permettent pas de s'installer sur l'île à longueur d'année, et on instaure des lois dans le but de restreindre cette pêche. En 1675, ceux qui s'opposent à la colonisation persuadent le gouvernement anglais d'ordonner à tous les colons de rentrer au pays. Cependant, John Berry, le commandant naval envoyé pour faire appliquer cette politique, comprend vite que ses tentatives sont vaines et devient un fervent défenseur de la colonisation, soutenant qu'elle constitue un atout pour la pêche et une défense contre les Français. Deux ans plus tard, le Conseil privé anglais donne aux colons le droit de rester à Terre-Neuve.

En 1662, la première colonie française de Terre-Neuve s'établit à PLACENTIA. Dans les vingt années suivantes, d'autres colonies apparaissent et, en 1687, on compte plus de 600 colons français à Terre-Neuve et sur l'île voisine de Saint-Pierre (voir SAINT-PIERRE ET MIQUELON). La guerre entre l'Angleterre et la France éclate en 1689 et se poursuit jusqu'en 1713, malgré un bref répit. C'est pendant ces conflits, connus sous les noms de la guerre de la Ligue d'Augsbourg et la guerre de Succession d'Espagne, que la question du contrôle de Terre-Neuve est enfin réglée.

Les Français lancent deux campagnes dévastatrices. À l'hiver 1696-1697, une force française et des alliés autochtones, dirigés par Pierre Le Moyne d'IBERVILLE, détruisent presque tous les villages anglais. Cependant, les Français ne réussissent pas à consolider leur victoire : à l'été 1697, les villages sont de nouveau occupés, et une garnison anglaise est établie à St John's. À l'hiver et au printemps 1705, une autre force française, dirigée par Jacques Testard de Montigny, détruit une grande partie des colonisations anglaises, mais la victoire est brève et les Anglais reprennent rapidement leur territoire. Malgré les ravages des attaques françaises, le TRAITÉ D'UTRECHT, signé en 1713, remet Terre-Neuve à l'Angleterre et accorde aux Français des droits de pêche sur la CÔTE FRANÇAISE, qui s'étend du cap Bonavista à Point Riche. En 1762, à la fin de la GUERRE DE SEPT ANS, les Français prennent brièvement possession de St John's, qui leur sert de base pour attaquer d'autres colonisations, mais les Anglais les chassent peu après.

La loi adoptée en 1699 par le roi Guillaume reconnaît les droits des colons, mais ne favorise en rien un gouvernement définitif. Elle confirme plutôt l'autorité des amiraux de pêche et donne aux commandants des navires de la Marine royale qui accompagne la flotte de pêche anglaise le droit d'agir en tant que juges d'appel. Au cours du XVIIIe siècle, la Marine royale devient la principale autorité judiciaire et politique à Terre-Neuve.

En 1729, on nomme le premier gouverneur naval, le capitaine Henry Osborne. Les gouverneurs navals se rendent à Terre-Neuve au printemps et retournent en Angleterre à l'automne. Afin de maintenir l'ordre le reste de l'année, Osborne crée six districts judiciaires. Des juges de paix et des policiers sont également nommés parmi la population locale. Vingt et un ans plus tard, la première cour d'« oyer et terminer » (entendre et déterminer) est tenue à St. John's à l'aide d'un jury composé de résidents de la région. En 1776, un bureau de douane est bâti à St. John's pour réglementer le commerce et enrayer la contrebande. En 1792, on met en place une cour suprême de justice.

Le départ des Français en 1713 stimule la colonisation anglaise, qui s'étend au-delà de la Côte anglaise d'origine. Sur la côte sud, des villages se forment dans la BAIE ST. MARY'S, la BAIE DE PLAISANCE et la baie de Fortune. D'autres apparaissent au nord-ouest, sur la côte française. L'ÎLE FOGO et TWILLINGATE, dans la baie Notre-Dame, sont colonisées en 1728 et en 1732, respectivement.

On ne compte que peu d'Irlandais parmi les premiers colons à Terre-Neuve, qui sont majoritairement des Anglais. Ils arrivent davantage dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. Il s'agit majoritairement de femmes domestiques, dont la plupart épousent des domestiques et des planteurs de la région. Certains des soldats irlandais stationnés à St. John's en 1697 s'installent aussi sur l'île. Dans les années 1720, beaucoup de domestiques irlandais arrivent à Terre-Neuve. Ce mélange des cultures du sud-ouest de l'Angleterre et de l'Irlande façonne encore aujourd'hui l'identité de la population de l'île.

En 1775, Terre-Neuve compte près de 12 000 habitants. Bien que la pêche à la morue y reste l'industrie principale, l'augmentation du nombre d'habitants diversifie l'économie : l'exploitation forestière, la construction navale, le trappage, la pêche au saumon et la CHASSE AU PHOQUE finissent par y jouer des rôles plus importants, et de plus en plus d'hommes de métier qualifiés sont nécessaires. Cette période voit également les débuts de la pêche saisonnière entre Terre-Neuve et le Labrador, et des marchands s'établissent sur la côte du Labrador pour collecter des fourrures et profiter de la pêche à la morue, au saumon et au phoque.

La Révolution française (1789-1799) et les guerres napoléoniennes (1799-1815) entraînent des changements drastiques à Terre-Neuve. La pêche anglaise cesse et ne s'en remet jamais vraiment puisque les dangers de la traversée transatlantique augmentent et que beaucoup de pêcheurs du sud-ouest de l'Angleterre doivent se joindre à la Marine anglaise. La multiplication des dangers en mer pousse aussi davantage les gens à rester sur l'île, ce qui fait augmenter la population. La défaite des Français en Espagne en 1811 entraîne la réouverture des marchés de la morue salée-séchée de Terre-Neuve dans le sud de l'Europe, fait exploser l'économie et stimule l'immigration, en particulier en provenance d'Irlande. Lorsque la paix s'installe, en 1815, la population de Terre-Neuve compte plus de 40 000 personnes, et la pêche est fermement contrôlée par ses résidents.

Développement

Dès qu'une importante population permanente est installée, des pétitions pour obtenir une représentation locale accrue et un meilleur gouvernement circulent. Grâce à une campagne de pétitions et de dépliants envoyés aux Britanniques, le Dr William Carson et Patrick Morris réussissent à obtenir un gouvernement représentatif en 1832. Leur objectif : obtenir un GOUVERNEMENT RESPONSABLE et un statut de colonie. Ils y parviennent en 1855.

La colonisation progresse tout au cours du XIX<sup>e</sup> siècle. La production de morue salée est l'activité économique principale, mais on pratique aussi la coupe de bois, l'exploitation minière et l'agriculture. Vers la fin du XIX<sup>e</sup> siècle, le chemin de fer qui traverse l'île commence à sortir l'intérieur de l'île de son isolement et rend les marchandises et les services accessibles à beaucoup d'endroits auparavant isolés en hiver.

Les représentants de divers gouvernements de Terre-Neuve assistent aux conférences sur la CONFÉDÉRATION, mais choisissent de ne pas s'associer aux autres provinces qui forment le Canada, malgré un soutien important du mouvement. En 1904, lors de la révocation des droits de pêche des Français, les côtes nord et sud sont ouvertes à la colonisation.

Jusqu'en 1925 environ, l'économie est basée sur les industries primaires (pêche, exploitation minière, pâtes et papiers). Cependant, les dettes contractées pour la construction du chemin de fer et l'appui à l'égard d'un régiment lors de la Première Guerre mondiale, en plus des effets de la Crise des années 1930, entraînent la faillite et la chute du gouvernement. Terre-Neuve doit faire appel à l'Angleterre et redevient une colonie administrée par une COMMISSION DE GOUVERNEMENT.

La situation économique se redresse nettement vers la fin des années 1930, surtout grâce à l'augmentation de la demande pour les produits de l'industrie minière, forestière et de la pêche, mais aussi grâce au regain d'activité provoqué par la construction de bases militaires en prévision de la Deuxième Guerre mondiale. Pendant la guerre, de nombreux jeunes gens s'enrôlent dans les forces armées pour combattre outre-mer, et Terre-Neuve connaît une période de plein emploi. Les États-Unis, le Canada et la Grande-Bretagne établissent plusieurs bases militaires, deux grandes bases navales et cinq aéroports dans l'île. L'aéroport de Gander est le plus grand et le plus important en raison de son rôle à titre de principal transbordeur outre-mer et son implication dans le Ferry Command. En 1949, lorsque la Commission de gouvernement est dissoute, Terre-Neuve n'a plus de dettes et enregistre même un surplus de 40 millions de dollars.

Après la Deuxième Guerre mondiale, une convention nationale est élue pour débattre de l'avenir de Terre-Neuve et faire des recommandations. On propose la tenue d'un référendum afin que la population choisisse entre la Commission de gouvernement, la Confédération ou un retour au gouvernement responsable avec un statut de dominion. Le référendum n'est pas concluant, sauf sur le fait que les Terre-Neuviens ne veulent pas d'une Commission de gouvernement. Un deuxième référendum comportant le choix de la Confédération ou d'un dominion est alors tenu. Partisans et adversaires de la Confédération mènent une campagne intensive. Ses partisans, dirigés par Joseph Smallwood, gagnent par une mince majorité, soit 52 p. 100 contre 48 p. 100. Le 31 mars 1949 à minuit, Terre-Neuve devient une province canadienne et Smallwood est le premier ministre du premier gouvernement provincial.

Pendant les deux décennies suivantes, des changements importants et profonds bouleversent l'économie et le mode de vie des Terre-Neuviens. Une véritable révolution redéfinit l'industrie de la pêche puisque des dizaines d'usines de transformation remplacent l'ancienne méthode familiale de pêche, la salaison et le séchage de la morue qu'on vendait dans les Caraïbes ou dans les régions méditerranéennes. Laissant aux chalutiers le soin de faire la pêche hauturière, les propriétaires d'embarcations de taille réduite se concentrent sur la pêche d'espèces différentes qu'on apporte aux usines afin de les congeler rapidement pour les distribuer sur de nouveaux marchés, surtout aux États-Unis. Le nombre des pêcheurs diminue beaucoup, mais les possibilités de travail dans les usines augmentent.

Les usines de pâtes et papiers de Corner Brook et de Grand Falls intensifient leur production de manière substantielle. Les mines de Buchans, de St. Lawrence et de Wabana fonctionnent à plein régime. De nouvelles industries s'implantent, financées par le gouvernement. Bien que la plupart fassent faillite, y compris une immense raffinerie de pétrole à Come by Chance, une aciérie, une usine de produits de caoutchouc, une autre de cuir et une fabrique de tricots, quelques-unes réussissent, dont une usine de placoplâtre et de ciment à Corner Brook, de panneaux de particules près de St. John's et une usine de phosphore à Long Harbour, dans la baie de Plaisance.

La production des immenses mines de minerai de fer de l'ouest du Labrador débute dans les années 1950. À partir de la Deuxième Guerre mondiale, les petites communautés assistent à l'exode de leur population vers les grandes villes et les lieux de croissance. Comme les possibilités d'emploi sur place diminuent, les habitants dans la force de l'âge partent au rythme de 5000 personnes par année. Ils profitent, pour ce faire, de moyens de transport peu onéreux par terre, mer ou air et déménagent, pour la plupart, dans le centre ou l'ouest du Canada. La population, qui est de 289 588 personnes en 1935, atteint 568 349 personnes en 1986, mais la croissance ralentit.

Les récessions économiques de la fin des années 1970 et du début des années 1980 et 1990 sont vivement ressenties à Terre-Neuve, sans comparaison toutefois avec les conditions désespérées de la Crise des années 1930. L'assurance-chômage, la pension de vieillesse, l'assistance sociale et les autres avantages de l'État providence garantissent une vie et des normes de santé décentes.

Le chômage élevé touche plus durement les jeunes. À la fin des années 1990 et au début des années 2000, l'économie florissante dans l'ouest du Canada attire beaucoup de gens. En 2006, la province compte encore 505 469 personnes. Depuis 1997, le budget de la province ne tend plus vers un déficit annuel à long terme grâce à la mine de nickel située à la baie de Voisey, dans le nord du Labrador, et à la production pétrolière en mer. L'augmentation de l'activité économique, en particulier la région métropolitaine de St. John's, stimule également l'immigration. Les articles de journaux qui traitaient de désespoir et d'exode dans les années 1990 se tournent vers l'optimisme : de meilleurs jours viendront.

Newfoundland Museum
Newfoundland Museum
(avec la permission de la Commission canadienne du tourisme)
Gilbert, sir Humphrey
Gilbert, sir Humphrey
Explorateur élizabéthain qui a pris possession de Terre-Neuve en août 1583. Portrait tiré de « A compleat collection of voyages and trends », Londres, 1705 (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/C-4725).

Auteur W.F. SUMMERS Réviseur MELVIN BAKER


Bibliographie
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Liens supplémentaires
L'Institut Historica-Dominion
Le site Web de l'Institut Historica-Dominion, organisme de tutelle de l'Encyclopédie canadienne et l'Encyclopédie de la musique au Canada. Consultez leur guerre multimédia de 1812 option et beaucoup d'autres ressources interactives concernant l'histoire et la culture canadiennes.

Terre-Neuve et Labrador
Le site Web officiel du gouvernement de la Terre-Neuve et Labrador.

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Terre-Neuve-et-Labrador
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John Cabot
Voir la Patrimoine Minute sur John Cabot de l'Institut Historica-Dominion. Voir aussi les ressources pédagogiques en ligne.

Cartes de référence
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Lieu historique national du Canada Cap Spear
Ce site de Parcs Canada retrace l'histoire du plus vieux phare, encore debout, de Terre-Neuve.

Interactions dorsétiennes-nordiques dans l'Arctique de l'Est canadien
Cette exposition du Musée canadien des civilisations présente les découvertes archéologiques qui témoignent des expéditions des Vikings en Amérique du Nord.

Lieu historique national du Canada de Castle Hill
Ce site de Parcs Canada est consacré au lieu historique national de Castle Hill situé dans la baie de Plaisance, à Terre-Neuve. Le traité d'Utrecht ainsi que les conflits territoriaux qui ont opposé Français et Britanniques en Amérique du Nord sont abordés de façon intéressante.

Lieu historique national de L'Anse aux Meadows
Le site de Parcs Canada de l'Anse aux Meadows à Terre-Neuve. Il s'agit de la seule colonie viking authentifiée en Amérique du Nord. Le site apporte également des informations relatives aux colonies historiques autochtones.

Toponymie du Canada
Utilisez cette page afin de localiser une carte du SNRC en faisant une recherche dans la Base de données toponymiques du Canada (BDTC). Tapez le nom d'une ville, d'un village, d'un lac ou de toute autre entité géographique, spécifiez le type d'entité que vous cherchez ainsi que la province ou le territoire où se trouve l'entité. Par Ressources naturelles Canada.

Terre-Neuve
Une vue d'ensemble des principaux enjeux et événements ayant motivé l'adhésion de Terre-Neuve à la Confédération. Le site propose des biographies des personnalités de premier plan, d'anciennes photos et des documents d’archives connexes. Site de Bibliothèque et Archives Canada.

Terre-Neuve
Sur ce site de la "Confédération pour enfants", vous apprendrez comment Terre-Neuve a rejoint le Canada. À l'affiche d'anciennes photos et des cartes. Site de Bibliothèque et Archives Canada.

Recensement
Le recensement constitue la seule source fiable de données détaillées sur de petits groupes, notamment les familles monoparentales, les groupes ethniques, l'industrie, les catégories professionnelles et les immigrants. Le recensement permet aussi d'avoir accès aux données sur des régions aussi petites que des quartiers ou sur le pays lui-même. Par le site Web Statistique Canada.

Les Grands Bancs
Ce site d'information consacré aux Grands Bancs de Terre-Neuve donne les raisons pour lesquelles ils constituent l’un des lieux de pêche les plus riches du monde. Site de Parcs Canada.

Le séisme de magnitude 7,2 et le tsunami de 1929 sur les Grands Bancs
Un survol des dommages causés par le séisme et le tsunami de 1929 sur les Grands Bancs. Par Ressources naturelles Canada.

sir Humphrey Gilbert
Une biographie de sir Humphrey Gilbert, explorateur de l’époque élisabéthaine qui annexa Terre-Neuve à l’Angleterre. Par le Dictionnaire biographique du Canada en ligne.

Baccalieu : Carrefour des cultures
Les belles images de ce site mettent en avant la pittoresque histoire de cette région de Terre-Neuve et du Labrador qu'est le sentier Baccalieu. Les Béothuk, les premières colonies européennes ainsi que les pirates qui dépouillèrent les communautés locales, constituent les grands axes du site. À l'affiche, une chronologie en ligne, des documents historiques, des cartes, des activités et jeux pédagogiques, un glossaire, et plus encore.

IcebergFinder.com
IcebergFinder.com propose un guide en ligne pour l'observation des icebergs à Terre-Neuve et au Labrador, au Canada. Découvrez avec quelle rapidité les icebergs peuvent se déplacer ainsi que d'autres données passionnantes sur ces imposantes masses de glace. Par Hospitality Newfoundland and Labrador.

L'inventaire national des mémoriaux militaires canadiens
Rechercher un mémorial dans l'Inventaire national des monuments commémoratifs militaires canadiens. Un site Web de la Direction - Histoire et patrimoine.

Francophones de Terre-Neuve et Labrador
Information sur l'histoire de la Francophones de Terre-Neuve et Labrador.

Les noms des provinces et territoires
Abréviations et symboles pour les noms des provinces et territoires. Par Ressources naturelles Canada.

Frederic Bowker Terrington Carter
Une biographie de Frederic Bowker Terrington Carter, avocat, homme politique et juge. Par le site Web du Dictionnaire biographique du Canada en ligne.

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Avec plus de 40 000 articles en français et en anglais, l'Encyclopédie canadienne est l'ultime ressource en ligne, entièrement gratuite. Vous y retrouverez tous les thèmes couvrant l'histoire du Canada, sports, arts, sciences, technologie et plus encore. Venez nous découvrir à: www.TheCanadianEncyclopedia.com
Articles de fond
Shawnadithit : « La dernière des Béothuks »

Shawnadithit est de plus en plus anxieuse alors qu’elle attend le retour de son oncle, Longnon, au camp dressé, au fin fond de Terre-Neuve, à l’embranchement du ruisseau Badger et de la rivière des Exploits...

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Galeries
Consultez les innombrables ressources visuelles de L'Encyclopédie canadienne en vous promenant dans les galeries thématiques : peinture, histoire, nature, population, sciences et techniques du Canada.
Ressources interactives
Des illustrations, des textes motivants, des animations, des extraits sonores et des jeux permettent au lecteur d'approfondir ses connaissances de l'histoire, de la peinture, de la géographie, de l'architecture du Canada, et d'une foule d'autres sujets tous aussi amusants qu'instructifs.
Jeu de canecdotes
Le jeu idéal pour vérifier vos connaissances anecdotiques ou non du Canada. Vous pouvez choisir un des 60 questionnaires rangés par niveau de difficulté. Votre résultat dépendra de la vitesse à laquelle vous répondez et du nombre d'indices demandés. Vous recevrez vos résultats par courriel et les meilleurs seront affichés sur le site.
Chronologie de l'histoire canadienne
Cette ressource exceptionnelle couvre plus de 6000 faits et événements qui ont marqué l'histoire du Canada et du monde. La recherche peut s'effectuer selon l'époque, le sujet, un mot clé ou une date. Voulez-vous savoir ce qui s'est passé le jour de votre anniversaire? Entrez l'année, le mois et le jour de votre naissance.
Cent événements marquants
James H. Marsh, rédacteur en chef, a choisi les cent événements les plus marquants de l'histoire du Canada parmi ceux qui ont eu des répercussions importantes sur les générations qui les ont suivis.