Aux termes de la charte (les dispositions du traité créant la SDN), on crée un conseil, une assemblée et un secrétariat. Le conseil siège quatre fois par année et est composé des grandes puissances qui sont membres permanents et de membres non permanents élus par l'assemblée. Cette dernière, composée des représentants de tous les États membres, siège une fois l'an. Le secrétariat fournit le personnel permanent oeuvrant sous la direction d'un secrétaire-général. Un Canadien, sir Herbert AMES, en est le directeur des finances de 1919 à 1926, un poste administratif élevé au sein du secrétariat.
La SDN constitue un forum international pour les discussions portant sur des questions d'ordre politique et juridique, sur le désarmement, les relations économiques, la protection des minorités, les communications et le transport, la santé et les questions sociales. En vertu de l'article 10 de la charte, les membres sont tenus de respecter et de préserver le territoire et l'indépendance de chacun. Tout acte d'agression contre un membre équivaut à une agression contre tous les autres et peut entraîner des mesures de rétorsion collectives d'ordre économique et, possiblement, militaire. L'objectif de la sécurité collective est d'éviter la guerre, et au cours des années 20, la SDN participe aux tentatives de réconciliation de l'Allemagne avec la Grande-Bretagne et la France. Face aux agressions territoriales de l'Italie, de l'Allemagne et du Japon dans les années 30, elle s'avère cependant incapable d'exercer une action efficace. La SDN cesse bientôt de fonctionner en tant qu'organisation vouée à la sécurité collective, mais elle poursuit ses activités d'ordre économique et social jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale.
De 1920 à 1923, le gouvernement canadien, craignant d'être entraîné dans des guerres en Europe, tente activement, mais sans succès, de faire supprimer les garanties de sécurité collective. En 1929, le représentant canadien au conseil, Raoul Dandurand, propose avec plus de succès le renforcement des règles de procédure de la SDN au plan de la surveillance du traitement accordé aux minorités religieuses et linguistiques de l'Europe de l'Est. En 1935, lorsque le Canada appuie les sanctions de la SDN contre l'Italie, le délégué canadien, Walter A. RIDDELL, propose d'imposer un embargo sur les exportations de pétrole, de charbon et d'acier à destination de l'Italie. Le nouveau gouvernement de Mackenzie King, qui n'a pas autorisé ce geste, le désavoue publiquement. Par la suite, le Canada se fait plus discret dans les réunions de l'organisation.
La SDN, malgré son incapacité en dernier ressort d'instaurer un système de sécurité collective, aura néanmoins servi à instaurer un nouveau modèle d'organisme appelé à exercer une action à l'échelle internationale. Le fait d'en être membre permet au Canada d'établir pour la première fois des contacts officiels avec des gouvernement étrangers, l'aide à se faire connaître en tant qu'État souverain et le met en présence des opportunités autant que des problèmes de coopération internationale et des efforts déployés pour sauvegarder la paix.
Auteur RICHARD VEATCH
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