En 1797, Brock connait un autre tournant dans sa carrière militaire puisqu'il achète le grade de lieutenant-colonel et devient ainsi le commandant du régiment. Son frère William lui a prêté de l'argent pour acheter ce grade - pratique fort courante dans l'armée britannique à l'époque - et plus tard, quand William doit déclarer faillite, Brock est confronté au problème du remboursement de sa dette. Il arrive au Canada en 1802 avec le 49e et il est promu major-général en 1811. En raison du départ imminent de Francis GORE, Brock est nommé président du conseil exécutif du HAUT-CANADA (administrateur) et commandant des troupes qui y sont stationnées. Au déclenchement de la GUERRE DE 1812, il prend l'audacieuse initiative d'ordonner la prise du fort américain Michilimackinac.
Le major-général William Hull avait envahi le Haut-Canada en juillet, mais se replie à Fort Detroit quand il apprend que Brock y conduit ses troupes. Brock arrive à Fort Amherstburg et apprend grâce à un courrier intercepté qu'il existe une forte dissension parmi les officiers de Hull et que ce dernier craint de plus en plus la défaite. Brock rencontre TECUMSEH et les deux hommes deviennent bien vite alliés. Brock décide d'agir rapidement avant que Hull n'obtienne des renforts. Dans la nuit du 15 au 16 août, Tecumseh et ses guerriers traversent la Detroit River et sont suivis le lendemain de Brock et de ses troupes. Brock a l'intention d'aligner ses troupes et il espère que Hull quittera le fort solidement armé pour venir se battre à découvert. Mais apprenant que les troupes américaines sont derrière lui, Brock décide d'attaquer immédiatement. Il fait avancer ses troupes alors que la seule chose qu'elles voient à mesure qu'elles avancent est deux canons de 24 livres à côté desquels se tiennent les artilleurs, l'allumette à la main.
On supplie Brock de laisser ses officiers le précéder, mais il refuse parce qu'il ne demanderait jamais à ses hommes d'aller là où lui ne les conduirait pas. Il compte sur le repli de Hull et il a raison. Sans consulter quiconque, le général américain ordonne à ses artilleurs de ne pas tirer, hisse le drapeau blanc sur une tourelle du fort et envoie deux officiers s'enquérir des conditions posées par Brock. Brock envoie ses aides de camp, le colonel MACDONELL et le capitaine Glegg, se rendre au fort où ils négocient la soumission totale de Hull. Plus tard, des critiques s'élèvent selon lesquelles Brock a agi impulsivement, mais dans une lettre à ses frères, Brock affirme avoir agi de façon très calculée et d'avoir froidement pesé le pour et le contre. Le risque calculé qu'il a pris a abouti à une victoire tout à fait inattendue, puisqu'une armée, un fort, un territoire (Michigan) et d'énormes quantités de matériel de guerre américains ont été saisis. Au Haut-Canada, l'humeur qui jusque lors était au défaitisme se change bien vite en optimisme et l'on est alors convaincu que les troupes, la milice et les alliés autochtones peuvent défendre la province.
Quand les Américains envahissent une fois de plus le Haut-Canada, à QUEENSTON HEIGHTS, Brock qui est au FORT GEORGE est secoué de son sommeil et se rend promptement au village. Presque au moment où il arrive, les Américains s'emparent d'une batterie de tir sur les hauteurs. Brock décide qu'une attaque immédiate est nécessaire, que le temps d'attendre des renforts manque. Ce risque calculé se révèle imprudent puisqu'au moment où il conduit ses troupes à l'attaque, il est abattu à la poitrine par le tir d'un soldat américain. Brock meurt sur le coup, sans prononcer ces paroles qui lui ont été souvent attribuées, « En avant, braves volontaires d'York ».
La mémoire de Brock, le sauveur du Haut-Canada, demeure extraordinairement vivace dans l'histoire de l'Ontario. Sa dépouille enterrée à Fort George a été déplacée en 1824 vers le sommet de Queenston Heights et repose sous un imposant monument détruit en 1840 et remplacé en 1853. Aujourd'hui, le majestueux MONUMENT DE BROCK surplombe le champ de bataille.
Auteur WES TURNER
Liens supplémentaires
Lieu historique national du Canada du Fort-George
Ce site de Parcs Canada propose une visite virtuelle du Lieu historique national du Fort-George. On y trouve aussi des informations complémentaires concernant la guerre de 1812.
Sir Isaac Brock
Une biographie de Sir Isaac Brock. Par le Dictionnaire biographique du Canada en ligne.
Les Valeureux
Un mémorial rendant hommage à 14 valeureux, hommes et femmes, qui ont servi le Canada de manière exceptionnelle en temps de guerre.
Roger Hale Sheaffe
Une biographie de Roger Hale Sheaffe. Par le site Web du Dictionnaire biographique du Canada en ligne.
Monument Brock
Site d'information sur le monument Brock, lieu historique national du Canada des Hauteurs-de-Queenston Niagara-on-the-Lake, Ontario. Par le site Web des lieux patrimoniaux du Canada.
George Ryerson
Une biographie de George Ryerson, officier de milice, instituteur, prédicateur méthodiste et ministre de l’Église catholique apostolique. Par le site Web du Dictionnaire biographique du Canada en ligne.
Carte de la campagne de Détroit, 1812
Cette carte indique l'itinéraire suivi entre Urbanna, en Ohio, et Détroit, à la frontière, par une armée américaine commandée par le général William Hull. Par le site Web "Passerelle pour l'histoire militaire canadienne."
John Macdonell
Une biographie de John Macdonell, avocat, fonctionnaire, officier de milice et homme politique. Par le Dictionnaire biographique du Canada en ligne.
La bravoure et sa reconnaissance durant la Guerre de 1812
Voyez l'article: La bravoure et sa reconnaissance durant la Guerre de 1812.

La victoire de la Coupe Stanley en 1967, remportée par les Maple Leafs de Toronto a été un événement fort singulier. Qui aurait pu prédire cependant qu’il resterait unique ?
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