Sifton déménage au Manitoba en 1875, est diplômé du Victoria College de Cobourg, en Ontario, en 1880, et admis au Barreau du Manitoba en 1882. Élu député libéral provincial de la circonscription de Brandon-Nord en 1888, il devient procureur général dans le gouvernement de Thomas GREENWAY le 14 mai 1891. Il se fait connaître comme le brillant défenseur du « système scolaire national » (établi en 1890). À la suite du compromis Laurier-Greenway sur la QUESTION DES ÉCOLES DU MANITOBA en 1896, Sifton devient ministre fédéral de l'Intérieur et surintendant général des Affaires indiennes dans le gouvernement de LAURIER le l7 novembre.
Il se distingue par son énergie, sa maîtrise de l'organisation politique, son esprit d'analyse pénétrant, sa conception dynamique du rôle du gouvernement pour stimuler le développement et sa profonde compréhension des problèmes matériels et économiques du Canada. Il est le principal négociateur de la CONVENTION DU NID-DE-CORBEAU avec le Canadien Pacifique et responsable de l'administration du Yukon pendant la ruée vers l'or. Il soulève une controverse en tentant de remplacer l'exploitation individuelle des placers par une exploitation mécanisée à grande échelle des gisements aurifères. En 1903, il est l'agent chargé de présenter la cause du Canada à la Commission judiciaire d'arbitrage sur la frontière de l'Alaska.
Sa promotion de l'immigration est un immense succès. À la faveur d'une forte reprise économique qui rend l'exploitation agricole de l'Ouest plus intéressante, il met sur pied une vigoureuse organisation visant à recruter des colons aux États-Unis, en Angleterre et - ce qui est plus controversé - dans le centre Est de l'Europe. Devant les attaques des nativistes, il défend le « robuste paysan en manteau de peau de mouton » qui transforme les régions les plus difficiles de l'Ouest en des fermes productives.
Le 27 février 1905, Sifton démissionne à la suite d'une dispute avec Laurier sur la politique scolaire en Alberta et en Saskatchewan. Son manque de largeur d'esprit l'empêche d'accepter les compromis nécessaires à la protection des droits des minorités au Canada. En 1911, il rompt avec le Parti libéral sur la question de la RÉCIPROCITÉ avec les États-Unis et appuie les conservateurs, bien qu'il ne tente plus de se faire élire député. Comme président de la COMMISSION DE LA CONSERVATION de 1909 à 1918, il encourage une vaste gamme de mesures de conservation. Il est fait chevalier le 1er janvier 1915. En 1917, il contribue à la formation du Gouvernement d'union mais, par la suite, il se range du côté des progressistes (voir PARTI PROGRESSISTE), puis des libéraux sous Mackenzie KING. Très réservé à propos de ses affaires et de sa vie privée, il laisse une succession évaluée à près de 10 millions de dollars. Sa plus importante acquisition est celle du Manitoba Free Press, dont le rédacteur en chef, J.W. DAFOE, devient son confident le plus intime et, plus tard, son biographe. Homme aux réalisations remarquables en dépit de la surdité dont il souffre pendant la majeure partie de sa vie, Sifton considère la colonisation de l'Ouest comme un témoignage suffisant de sa carrière.
Auteur DAVID J. HALL
Bibliographie
J.W. Dafoe, Clifford Sifton in Relation to His Times (1931); David J. Hall, Clifford Sifton, 2 vol. (1981, 1985).
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