Les Salish de la côte centrale partagent une même culture, mais parlent quatre formes distinctes des langues salishennes de la côte. Ils occupent des territoires contigus dans la vallée du bas Fraser et adjacents à celle-ci, le Sud-Est de l'île de Vancouver et, entre les deux, les îles de San Juan et du golfe. Trois de ces groupes sont connus sous un nom indigène : les Halkomelems, les plus nombreux, et les Squamish, qui portent le nom de leur langue respective ; les Nooksacks, tous regroupés maintenant dans l'État de Washington, portent comme nom une forme anglicisée du nom indigène par lequel les autres Salish de la côte les désignent. Le quatrième groupe, réparti à la fois en Colombie-Britannique et dans l'État de Washington, n'a pas de nom particulier et on le connaît sous l'appellation de Salish des détroits.

Le territoire des Salish de la côte centrale, au climat doux et relativement sec, recelait des ressources abondantes et variées. Les formidables montaisons annuelles de saumons dans le fleuve Fraser et la rivière Squamish, de mai à novembre, présentaient un intérêt de premier plan. Les quatre groupes pêchaient dans les eaux du fleuve Fraser et, chez les Halkomelems qui occupaient le territoire le plus favorable, la pêche se faisait à l'aide d'épuisettes et de grands chaluts traînés entre deux canots (voir CANOT D'ÉCORCE). Les Salish des détroits perfectionnèrent le filin de haut fond, piège unique arrimé entre deux canots qu'ils utilisaient aux emplacements qu'ils possédaient dans la mer sur le passage du saumon en route vers le Fraser. La majeure partie des prises se faisait en été quand les quantités excédentaires pouvaient être mises à sécher sur des supports en plein air.

Quamichan : village salish côtier
Quamichan : village salish côtier
(Cowichans), île de Vancouver telle qu'elle apparaît en 1861. Le bâtiment au toit à pignon à l'extrême droite est une église de mission; photo de F. Dally (Royal British Columbia Museum, Ethnology Division, photo no 1459).


Organisation sociale
De grandes maisons en appentis étaient regroupées en villages, d'où partaient les expéditions de cueillettes saisonnières. La vie gravitait autour des groupes de chaque maison constitués de familles étendues et d'un noyau de gens appartenant à une même lignée paternelle ou maternelle. Le mariage consanguin étant interdit, les épouses venaient habituellement de différents villages et des réseaux de parenté unissaient les gens provenant d'un peu partout sur le territoire des Salish de la côte centrale. Certaines lignées ou groupes de parenté possédaient des sites particuliers, riches en ressources, et des privilèges rituels, et les membres qui en faisaient partie travaillaient en collaboration sous la direction de chefs estimés. Leur structure sociale comprenait des classes supérieures et inférieures et des esclaves. Le statut de chaque classe n'était pas nettement défini, puisqu'il ne relevait pas de la descendance ou de titres, mais les individus s'efforçaient de maintenir leur position sociale par leur labeur, les mariages sélectifs et une conduite convenable.

A l'été et à l'automne avaient lieu les potlatchs. Les gens des villages voisins étaient alors invités à festoyer et à reconnaître la position sociale de leurs hôtes (voir POTLATCH).


Vie religieuse
La vie religieuse était fondée sur l'existence d'esprits bienfaiteurs qui conféraient les pouvoirs personnels de chasser, de soigner et d'exercer d'autres activités humaines. Ces pouvoirs individuels étaient célébrés en hiver par le rituel de ce qu'ils appelaient les danses des esprits. Certains de ces pouvoirs spirituels prenaient la forme de rituels de purification héréditaire, exécutés avec masques, effigies ou hochets décorés (voir AUTOCHTONES, RELIGION DES). L'art sculptural trouvait aussi à s'exprimer sur les tombes, les mâts totémiques et les outils (voir AUTOCHTONE DE LA CÔTE DU NORD-OUEST, ART).

Le premier commerce maritime de la fourrure, concentré sur la côte extérieure, ne toucha pas directement les Salish de la côte centrale, dont le territoire fut exploré par les navigateurs espagnols et britanniques au début des années 1790. En 1827, la COMPAGNIE DE LA BAIE D'HUDSON construisit FORT LANGLEY, au centre du territoire des Halkomelems. Vers la fin du XIXe siècle, quand les colons furent attirés vers le sud de l'île de Vancouver et la vallée du Fraser, le territoire des Salish de la côte centrale devint la région la plus densément peuplée de la Colombie-Britannique.


Population
Sur la côte centrale, on dénombre maintenant plus de 17 000 Salish qui appartiennent à 51 bandes en Colombie-Britannique, et au-delà de 2 000 membres de la tribu vivent dans l'État de Washington. Malgré d'importants changements culturels, de petits villages dispersés demeurent unis par les rituels particuliers et la vie religieuse qu'ils perpétuent et qui leur permettent de conserver un solide sens de leur identité autochtone.

Voir aussi AUTOCHTONES : LA CÔTE DU NORD-OUEST et les articles généraux sous AUTOCHTONES.

Auteur MICHAEL KEW


Bibliographie
H. Barnett, The Coast Salish of British Columbia (1975); P. Amoss, Coast Salish Spirit Dancing (1978).


Liens supplémentaires
Le Concours canadien de rédaction pour Autochtones
Site Web du Concours canadien de rédaction & d’arts pour Autochtones. Par l'Institut Historica-Dominion.

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