Phénomène de la ruée vers l'or
C'est dans la région Ouest de la CORDILLÈRE, de la Californie à l'Alaska, qu'on découvre du gravier aurifère en grandes quantités et que se produisent des ruées vers l'or au milieu et à la fin du XIXe siècle. Ces ruées vers l'or n'auraient pu avoir lieu avant l'ère du télégraphe, des journaux de masse et des bateaux à vapeur et, après 1900, il ne reste aucun terrain aurifère important à découvrir. Au cours de la même période, il y a des ruées secondaires dans les autres pays que borde le Pacifique. Des ruées mineures se produisent aussi ailleurs en Amérique du Nord britannique (en Nouvelle-Écosse, dans le Sud-Est de l'Ontario et dans le Sud-Ouest du Québec), mais il n'y a pas de prospection minière significative dans ces régions.
Les ruées impliquent une période de découverte, accidentelle ou faite par des coureurs de bois et des prospecteurs, de gravier aurifère en quantité suffisante. On se passe le mot, d'abord localement, ce qui attire d'autres prospecteurs accompagnés de leurs fournisseurs. Ensuite, selon la qualité des terrains aurifères, la nouvelle est transmise plus loin par des prospecteurs venus de l'extérieur et par l'entremise de la presse commerciale, entraînant un influx encore plus grand de chercheurs d'or et d'aventuriers. Au cours de cette période de la ruée vers l'or, la recherche et la découverte du gravier aurifère suivent un mouvement qui part de la Californie, où se produit une importante ruée vers l'or dans les années 1848-1849, pour se diriger vers le Nord et jusque dans les territoires d'Oregon, de Washington et de la Colombie-Britannique, au cours de la décennie qui suit.
Premières ruées
En Colombie-Britannique, l'enthousiasme soulevé par le gravier aurifère que les HAIDAS ont découvert dans les Queen Charlotte Islands [Haida Gwaii] (1851) entraîne une prospection intensive partout dans les autres îles côtières et dans la partie inférieure du continent, là où la découverte d'or dans les régions du bas et du moyen FRASER, du fleuve THOMPSON et de la rivière Bridge amène une ruée brève, mais forte, aux environs de Yale, en 1858 (voir RUÉE VERS L'OR DU FLEUVE FRASER). Cette ruée, qui a des répercussions sur les peuples SALISH et CHILCOTIN de la région côtière, est suivie par de petites ruées dans les régions de Boundary (Rock Creek), Similkameen (Wildhorse Creek) et du fleuve Thompson (Big Bend). De 1860 à 1866, il y a un essor important vers le Nord en territoires Chilcotin et PORTEURS (voir RUÉE VERS L'OR DE CARIBOO).
Ils pénètrent alors sur le territoire difficile qui est situé au Nord d'Omineca, en direction des monts CASSIAR, par les rivières LIARD et STIKINE. Au lac Dease, une découverte majeure provoque une ruée au coeur du district de Cassiar, en 1872. Les deux dernières ruées impliquent un grand nombre de TSIMSHIANS, de TLINGITS, de Porteurs, de SEKANIS, de KASKAS et de TAHLTANS.

Société de la ruée vers l'or
La majorité des prospecteurs et des mineurs ainsi qu'un grand nombre des artistes, marchands, emballeurs et spéculateurs qui participent à chacune des ruées vers l'or sont des Blancs originaires de la côte du Pacifique, en particulier de la Californie. Il y a aussi beaucoup d'autochtones et de CHINOIS qui travaillent occasionnellement comme guides, au transport, à l'extraction, à la prospection et à l'approvisionnement. Mais les hommes (et quelques femmes) qui viennent des régions plus peuplées de l'Amérique du Nord et d'autres régions du monde y prennent part également, surtout après 1858, si des gisements plus profonds (entraînant des opérations plus permanentes) sont découverts.
Exploitation du minerai d'or
La technologie propre à l'exploitation du minerai d'or se développe d'abord dans les régions aurifères de la Californie. Pour tout gisement aurifère, la découverte et la première phase de la ruée vers l'or impliquent la PROSPECTION, le lavage du gravier et l'éclusage. Les personnes disposant d'un petit capital peuvent exploiter les barres et le gravier de surface qui ne cèdent habituellement que de l'or fin. Une fois que les dépôts les plus accessibles sont épuisés, et si l'on ne découvre pas de gravier de sous-surface, on abandonne le plus souvent la région, mais des femmes et des hommes blancs, autochtones et chinois continuent à trouver du gravier aurifère dans les barres et sur les plages entourant les fleuves Fraser, Thompson et Bridge, dans les ruisseaux au Sud de l'intérieur, dans la région de Cariboo, le long de la Skeena et dans les gisements des fleuves Omineca, Cassiar et Atlin jusqu'au milieu des années 30.
Extraction plus sophistiquée
Les pépites d'or, qui ont plus de valeur que l'or fin, se trouvent dans les gisements plus profonds. S'il y a des « filons souterrains payants » à exploiter, une deuxième phase de développement a lieu. Les mineurs dégagent de petits trous et des fosses au pic et à la pelle, et ensuite ils forent des cheminées dans les plages et les coteaux et traitent le gravier et la boue grâce à un système d'écluses complexe. Cela implique plus de travail ainsi qu'une technologie plus complexe et plus coûteuse (dont une bonne part est manufacturée) et des approvisionnements en eau et en bois de plus en plus importants. Il faut donc former des partenariats, de petites entreprises, et fonder des centres plus permanents destinés au logement, à l'approvisionnement et à l'administration.
Héritage
Les ruées vers l'or n'accroissent pas l'approvisionnement mondial en or de façon significative et ne font pas davantage la fortune des mineurs. Sauf dans les cas où les gisements sont exceptionnellement riches et qu'ils possèdent des filons de quartz que l'on peut exploiter, la majorité des ruées n'apporte aucune contribution permanente à l'EXPLOITATION MINIÈRE. Les ruées vers l'or contribuent à ouvrir de grands territoires à l'exploitation permanente des RESSOURCES et au peuplement par les Blancs. La popularité des gisements du Klondike est exploitée intensivement par les fonctionnaires de l'immigration du Canada et par ceux qui possèdent des intérêts commerciaux dans l'Ouest, dans le but de vanter le potentiel de l'Ouest canadien comme lieu d'établissement. Pour la population autochtone de la Colombie-Britannique et du Yukon, cette ruée vers l'or provoque des affrontements entre Blancs et Amérindiens, particulièrement dans le CANYON DU FLEUVE FRASER et dans le pays Chilcotin. Associée au développement rapide des industries basées sur les ressources naturelles et au peuplement qui s'ensuit, elle entraîne l'imposition subite d'un système d'autorité qui est en lui-même essentiellement étranger et destructeur.
Les ruées vers l'or ont un impact même sur ceux qui ne sont pas directement concernés, en ce qu'elles procurent un thème populaire à bien des écrits au cours des XIXe et XXe siècles, particulièrement aux États-Unis. Le thème de la ruée vers l'or se retrouve partout, depuis les romans à quatre sous jusqu'aux oeuvres classiques d'un Jack London ou dans la poésie d'un Robert SERVICE ainsi que dans les premiers films telle La ruée vers l'or de Charlie Chaplin. La littérature plus récente ayant la ruée vers l'or pour thème se situe davantage dans la ligne des récits historiques (voir Pierre BERTON) et des souvenirs personnels qui ont moins recours à des perspectives dramatiques. BARKERVILLE, Dawson, WHITEHORSE et Edmonton célèbrent toutes annuellement l'époque de la ruée vers l'or.
Auteur DIANNE NEWELL
Bibliographie
W.P. Morrell, The Gold Rushes (1941); W.J. Trimble, The Mining Advance into the Inland Empire (1944).
Liens supplémentaires
La ruée vers l'or vue par les photographes du Yukon (1897-1900)
Ce site du Musée virtuel présente des photographes qui ont immortalisé le courage des pionniers et les conditions difficiles de la ruée vers l’or du Klondike.
Les lieux historiques nationaux du Canada du Klondike
Ce site de Parcs Canada consacré à la ruée vers l'or du Klondike de 1896 vous propose de rafraîchir vos connaissances sur les techniques d’extraction de l'or. L'accent y est mis sur les personnalités et compagnies que cette ruée vers l'or a concernées au premier plan.


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