Bourassa est choisi en janvier 1970, malgré son jeune âge, pour succéder à Jean LESAGE comme chef du Parti libéral du Québec et devient premier ministre après la victoire libérale en avril 1970. En 1968, il fut l'un des principaux instigateurs de la décision du parti de rejeter les propositions constitutionnelles de René LÉVESQUE. Immédiatement après son élection comme premier ministre, il est confronté à la CRISE D'OCTOBRE et aux revendications du FRONT DE LIBÉRATION DU QUÉBEC. Bien que réélu en 1973 avec une majorité de 102 sièges sur 110, son deuxième mandat est marqué par un affaiblissement de la position du Québec à l'intérieur de la Confédération, causé en partie par son refus de signer l'accord constitutionnel conclu à Victoria en 1971. Dès 1976, son gouvernement est en crise, aux prises avec des accusations de scandales et de corruption. Le parti perd l'élection de 1976 aux mains du Parti Québécois et Bourassa lui-même est défait.
Après un long séjour à l'étranger, il retourne pour appuyer la campagne du Non au moment du RÉFÉRENDUM DU QUÉBÉC de 1980. Il est réélu chef des libéraux à l'automne 1983, remplaçant Claude RYAN. Bien qu'il ne réussisse pas personnellement à obtenir un siège dans la circonscription de Bertrand à l'élection provinciale du 2 décembre 1985, il mène son parti à une victoire écrasante contre le Parti Québécois. Il est élu le 20 janvier dans la circonscription de Saint-Laurent. Comme premier ministre, il joue un rôle déterminant dans la négociation de l'ACCORD DU LAC MEECH (voir ACCORD DU LAC MEECH : DOCUMENT) et appuie fortement l'accord de LIBRE-ÉCHANGE avec les États-Unis promu par Brian Mulroney. Le consensus sur l'accord du lac Meech commence à s'effriter en 1988, et son échec ravive les sentiments séparatistes.
À l'élection provinciale de 1989, le Parti Québécois marque des gains importants dans l'appui populaire, mais minimes en termes de sièges. L'émergence du BLOC QUÉBÉCOIS au niveau fédéral donne aux indépendantistes un nouveau point de ralliement. En réaction, Bourassa refuse d'assister aux conférences des premiers ministres sur les questions constitutionnelles. Il promet de tenir au Québec un référendum sur la souveraineté si des propositions constitutionnelles acceptables ne sont pas offertes par le reste du Canada avant l'été 1992. Il retourne finalement à une réunion des premiers ministres au début d'août 1992. Sa décision d'accéder aux demandes de certains premiers ministres pour réformer le Sénat en échange d'une garantie pour le Québec d'obtenir une représentation de 25 p. 100 à la Chambre des communes permet le ralliement des premiers ministres au sujet de l'ACCORD DE CHARLOTTETOWN (voir ACCORD DE CHARLOTTETOWN : DOCUMENT).
Néanmoins, l'Accord ne réussit pas à gagner d'appui au Québec durant le Référendum national de 1992, mais, en l'occurrence, le Québec n'est pas le seul à le rejeter. Au début de 1993, Bourassa suit un traitement radical pour un cancer de la peau. Le 14 septembre 1993, il annonce qu'il démissionnera après la tenue du congrès à la chefferie prévu pour la mi-janvier 1994.
Auteur DANIEL LATOUCHE
Liens supplémentaires
Archives de Radio-Canada
Ce site web tiré des Archives de Radio-Canada nous offre des vidéo clips de la télévision et des entrevues radiophoniques sur des événements historiques et personnages d'importance du Québec et du Canada.
Un dernier dîner avec Trudeau
Une article de Pierre Elliott Trudeau par professeur William Tetley, Faculté de droit, Université McGill.
Octobre 70 : le Québec en crise
Une site d'information sur la crise d'Octobre de 1970. Par la Société Radio-Canada.


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