C'est LA VÉRENDRYE qui découvre la rivière Rouge au cours d'une expédition en 1734; les Français érigent cette année-là un poste dans le delta, le fort Maurepas, et le fort Rouge vis-à-vis les fourches en 1738. Les coureurs de bois en retraite et leurs rejetons métis s'établissent le long de ses rives, mais l'agriculture systématique ne débute qu'avec l'arrivée des colons menés par SELKIRK en 1812. La rivière se situe au coeur de la COLONIE DE LA RIVIÈRE ROUGE; les fermes s'étendent en bandes étroites le long des rives pour faciliter l'irrigation et le transport. Vers 1831, la région produit suffisamment de blé pour approvisionner en partie les postes de la Compagnie de la baie d'Hudson. Les MENNONITES, dans les années 1870, sont les premiers à mettre en valeur les prairies à l'écart de la rivière. Les principaux établissements riverains sont alors LOWER FORT GARRY, UPPER FORT GARRY, Selkirk et, après 1865, la ville champignon de Winnipeg. Le cours nord-sud favorise le commerce avec les États-Unis, mais cet atout perd de son intérêt avec l'avènement du chemin de fer du Canada. Dès 1844, on commence à faire des travaux d'endiguement, mais on entreprend les principaux ouvrages après l'inondation dévastatrice de 1950, qui expulse 100 000 personnes de leur foyer et envahit 15 000 bâtiments de ferme et commerces. Le large canal de dérivation de la rivière Rouge, d'une longueur de 47 km, détourne les eaux des crues au-delà de Winnipeg. Le nom de la rivière est une traduction de la rivière Rouge française (v. 1740), qui est à son tour une traduction du terme cri Miscousipi signifiant « rivière aux eaux rouges ». Cette teinte rouge provient des épaisses couches d'argile tapissant son lit.
Auteur JAMES MARSH
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