En 1898, il est élu député du Parti conservateur à l'Assemblée législative des Territoires du Nord-Ouest, mais tente en vain d'entrer en politique fédérale en 1900 et de siéger à la nouvelle Assemblée législative de l'Alberta en 1905. Ses associations avec Lougheed et Max AITKEN le rendent prospère et, lorsqu'il est élu en Alberta en 1909, il est financièrement indépendant.
En 1911, il se rend à Ottawa à titre de député du Parti conservateur pour Calgary-Est. Il est pris de découragement lorsque le premier ministre Borden ne le nomme pas à son cabinet. Comme il prévoit être nommé au Sénat, il ne défend pas son siège en 1917. En 1921, Arthur MEIGHEN, qui n'aime pas Bennett mais respecte son influence, le nomme ministre de la Justice. Défait à l'élection générale de 1921, Bennett remporte le siège de Calgary-Ouest en 1925. Il agit à titre de ministre des Finances en 1926 sous le bref gouvernement de Meighen. En 1927, il est élu chef du Parti conservateur lors du premier congrès du parti.
Excellent orateur parlementaire, il renforce le Parti, mais c'est la CRISE DES ANNÉES 30 qui lui vaut sa victoire aux élections de 1930. Il promet des mesures énergiques pour combattre la crise, mais une fois au pouvoir, il trouve difficile de mettre sur pied un programme cohérent. Son flair pour les affaires nuit à ses intérêts politiques. Sa plus grande initiative, celle de convaincre l'Empire britannique d'adopter des tarifs préférentiels, apporte un certain soulagement économique au Canada, mais s'avère insuffisante. L'établissement des camps de travail pour les hommes célibataires lui vaut une baisse marquée de popularité.
En 1933, au plus fort de la crise, il semble indécis et inefficace. Il devient la cible d'interminables railleries. On surnomme « Bennett buggies » les automobiles tirées par des chevaux parce que les propriétaires n'ont pas les moyens d'acheter de l'essence. En 1934, il est de plus en plus isolé et fait face à une importante dissension tant au sein de son parti qu'au pays. Au début de 1935, il annonce de façon dramatique qu'il appuie les « contrôles et règlements gouvernementaux ». Il demande l'adoption d'un impôt progressif, de l'assurance-chômage, de l'assurance-maladie et d'autres réformes sociales d'envergure. Malheureusement pour Bennett, le New Deal qu'il propose n'enthousiasme pas les Canadiens outre mesure, contrairement aux réactions que provoque celui de Roosevelt aux États-Unis. En octobre 1935, les Libéraux de Mackenzie KING balaient les conservateurs du pouvoir.
Bennett continue comme chef inefficace de l'opposition jusqu'en 1938, lorsqu'il abandonne amèrement le Canada et s'achète un domaine dans le Surrey, en Angleterre. Ses amis britanniques, notamment Aitken (lord Beaverbrook), lui obtiennent le titre de vicomte en 1941. Il n'a jamais pardonné aux Canadiens de l'avoir laissé tomber et ceux-ci, en faisant fi de sa carrière, ne lui ont, semble-t-il, jamais pardonné non plus.
Voir aussi NEW DEAL DE BENNETT.
Auteur JOHN ENGLISH
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