Agent de liaison et correspondant de guerre européen auprès des forces armées américaines pendant la Deuxième Guerre mondiale, il entre à l'emploi du Service international de Radio-Canada en 1946 et devient chef du service des reportages pour la radio et la télévision en 1952. À compter de 1956, il anime la série télévisée Point de mire et devient l'un des commentateurs les plus influents du Québec. Après sa participation à la grève des réalisateurs de Radio-Canada en 1959, il adhère au Parti libéral du Québec et est élu, en 1960, député de Montréal-Laurier à l'Assemblée législative du Québec. Il est ministre des Ressources hydrauliques et des Travaux publics (1960-1961), ministre des Richesses naturelles (1961-1966), puis ministre de la Famille et du Bien-être social. L'un des ministres les plus populaires et les plus dynamiques du gouvernement Lesage, on lui doit d'avoir convainu le gouvernement de nationaliser les compagnies d'électricité et de s'efforcer d'assainir les moeurs politiques.
De plus en plus critique envers la position de son parti sur les questions constitutionnelles et ses relations avec le gouvernement fédéral, René Lévesque siège comme député indépendant (1967), puis quitte définitivement le parti en novembre 1967 pour fonder le Mouvement souveraineté-association, qui devient le Parti québécois (PQ) en octobre 1968. Ayant réussi à rallier les divers groupes qui préconisent l'indépendance et un nouveau statut politique pour le Québec, le parti de René Lévesque recueille 23,2 p. 100 des voix aux élections de 1970. En 1973, le PQ devient l'opposition officielle. Défait à deux reprises (en 1970 et en 1973) dans Laurier puis dans Dorion, Lévesque remporte enfin le siège dans Taillon le 15 novembre 1976. Le PQ mène une campagne victorieuse contre le gouvernement impopulaire du libéral RobertBOURASSA en promettant de tenir un RÉFÉRENDUM sur la SOUVERAINETÉ-ASSOCIATION. Le PQ obtient une majorité de 71 sièges, semant la consternation dans le reste du Canada.
Au cours de son premier mandat, le nouveau gouvernement adopte plusieurs mesures progressistes concernant l'assurance-automobile, le rezonage des terres agricoles et l'abolition des caisses électorales secrètes. Une des mesures législatives les plus importantes est la LOI 101, qui accorde au français le statut de langue officielle du Québec. Le 20 mai 1980, le référendum tant attendu a lieu après une campagne fort émotive menée, du côté du « Non », par Claude RYAN, chef de l'opposition libérale, et le ministre fédéral Jean CHRÉTIEN (avec l'appui capital du premier ministre TRUDEAU), et, dans le camp du « Oui », par Lévesque et ses ministres. Lévesque essuie une défaite personnelle majeure, la proposition de souveraineté-association ne récoltant que 40 p. 100 des voix. Contre toute attente, le PQ est réélu en 1981. Toutefois, il subit une autre défaite au cours des négociations constitutionnelles de 1981-1982 (voir CONSTITUTION, RAPATRIEMENT DE LA), lorsque les neuf autres provinces acceptent des conditions rejetées par tous les partis de l'Assemblée nationale du Québec. En 1982 et en 1983, le gouvernement Lévesque se heurte à une opposition considérable et à la désapprobation du public quand il tente de réduire les dépenses publiques pour résoudre ses sérieux problèmes financiers.
En novembre 1984, une grave crise ébranle le gouvernement péquiste quand R. Lévesque annonce son intention de ne pas faire de l'indépendance du Québec l'enjeu des prochaines élections, tout en maintenant la souveraineté-association comme raison d'être du parti. Plusieurs ministres démissionnent en signe de protestation, mais le parti reconduit néanmoins le leadership de son chef lors d'un congrès spécial tenu en janvier 1985. En juin 1985, René Lévesque démissionne et reprend sa carrière en radiotélévision et en journalisme. Plus de 250 000 exemplaires de ses mémoires ont été vendus. René Lévesque s'éteint le 1er novembre 1987, à l'âge de 65 ans.
Auteur DANIEL LATOUCHE
Bibliographie
P. Desbarats, René: A Canadian in Search of a Country (1976); G. Fraser, P.Q. : René Lévesque and the Parti Québécois in Power (1984); René Lévesque, Attendez que je me rappelle (1986).
Liens supplémentaires
Point de mire sur René Lévesque
René Lévesque : « Un parti à fonder, un pays à bâtir »
Les archives de Radio-Canada consacrent un vaste dossier de presse multimédia aux enjeux et événements politiques auxquels ont été associés René Lévesque et le Parti québécois.
L'héritage de René Lévesque
Un article sur l'héritage politique laissé par René Lévesque, fondateur du Parti québécois et premier ministre du Québec, du 25 novembre 1976 au 3 octobre, 1985. Site de l'Université de Montréal.


Le récit de la fondation de Montréal est peut-être unique dans l'histoire....
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