La réciprocité consiste en une réduction mutuelle de droits de douane imposés sur les marchandises échangées entre le Canada et les États-Unis. Le mouvement en faveur de la réciprocité prend naissance en 1846-1850 dans le Canada-Ouest (Ontario) et dans les Maritimes, plus particulièrement au Nouveau-Brunswick. Son premier grand défenseur au Haut-Canada est William Merritt. Les négociations menées par les diplomates britanniques à Washington demeurent infructueuses jusqu'en 1852, lorsque survient une querelle à propos du droit d'accès des pêcheurs américains dans les eaux côtières de l'Amérique du Nord britannique. Les deux gouvernements sont alors impatients de conclure une entente globale sur les questions de réciprocité et de pêche. Le Traité de réciprocité est finalement signé le 6 juin 1854 par lord ELGIN, gouverneur général de l'Amérique du Nord britannique, et William Marcy, secrétaire d'État américain. Le Congrès américain le ratifie en août. Les clauses principales du traité autorisent les pêcheurs américains de pêcher dans les eaux côtières de l'Amérique du Nord britannique et accorde le même droit aux pêcheurs de l'Amérique du Nord britannique dans les eaux côtières américaines au nord du 36° de latitude Nord. Il introduit aussi le LIBRE-ÉCHANGE pour un grand nombre de produits naturels. Après la signature du traité en 1854, le commerce entre les États-Unis et les colonies britanniques augmente rapidement. Mais cette croissance est due en grande partie à d'autres facteurs, tels que l'expansion spectaculaire des chemins de fer et les effets de la GUERRE DE SÉCESSION (1861-1865).

Au début, le traité est bien perçu dans les deux pays, mais des facteurs politiques et économiques contribuent à le rendre impopulaire aux États-Unis. Il est donc abrogé par les Américains et n'est plus effectif à partir du 17 mars 1866. Les Canadiens désirent le renouveler et John A. MACDONALD, George BROWN, Charles TUPPER et d'autres font des pèlerinages à Washington, mais en vain. La déception est grande quand Macdonald ne réussit pas à obtenir de clauses de réciprocité intéressantes dans le Traité de WASHINGTON de 1871. Au cours des années 1880, Erastus WIMAN, Richard CARTWRIGHT et d'autres préconisent un arrangement de libre-échange à grande échelle, appelé « union commerciale » ou « réciprocité illimitée ». Cependant, les sentiments protectionnistes et probritanniques entraînent le rejet de ces propositions lors des élections générales de 1891. Le gouvernement libéral de sir Wilfrid LAURIER procède en 1911 à la dernière grande tentative de négociation sur la réciprocité. Cet accord de réciprocité, dont la mise en oeuvre doit se faire par l'adoption de lois parallèles, prévoit le libre-échange de produits naturels et la réduction des droits de douane sur une gamme d'autres produits. Le Congrès américain ratifie l'accord, mais les Canadiens le refusent en délogeant les libéraux du pouvoir lors des élections générales du 21 septembre 1911. Par la suite, la réciprocité joue un rôle secondaire dans les RELATIONS CANADO-AMÉRICAINES. En 1935, le gouvernement de Mackenzie KING négocie un accord commercial qui élimine beaucoup moins de barrières commerciales que le traité de 1854. Mais en 1938 une nouvelle entente plus détaillée accorde d'autres concessions au Canada en plus de réitérer celles accordées en 1935. Cet accord est mis de côté en 1948, année où les deux pays deviennent membres du ACCORD GÉNÉRAL SUR LES TARIFS DOUANIERS ET LE COMMERCE (GATT).

Auteur D.C. MASTERS


Bibliographie
Suggestions de lecture : J.B. Brebner, North Atlantic Triangle (1945); D.C. Masters, The Reciprocity Treaty of 1854 (2e éd., 1963)


Liens supplémentaires
Traité de réciprocité de 1854
Le texte complet du Traité de réciprocité de 1854. Site de Bibliothèque et Archives Canada.

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