Les effets de ce projet sur les peuples autochtones et l'environnement soulèvent une controverse. La construction de réservoirs inonde 11 500 km2 de terres sauvages habitées par les Inuits et les Cris, ce qui provoque une contamination du poisson par le mercure libéré par la décomposition des végétaux et cause la mort d'environ 10 000 caribous. Annoncé par le premier ministre du Québec Robert BOURASSA en 1971, ce projet est contesté par les Cris, qui n'en avaient même pas été informés. En 1975, ceux-ci cèdent leurs REVENDICATIONS TERRITORIALES contre 225 millions de dollars (voir CONVENTION DE LA BAIE JAMES ET DU NORD QUÉBÉCOIS), mais conservent des droits de chasse et de pêche spéciaux. Le village de Fort-George (pop. 2373), à l'embouchure de la rivière La Grande, est déménagé en amont et s'appelle désormais Chisasibi. Le village d'Eastmain (pop. 356) est maintenant situé dans un estuaire d'eau salée, la rivière Eastmain ayant été réduite à un mince filet d'eau. De vastes zones sauvages sont inondées et des forêts incendiées dans un effort pour se débarrasser des débris.
La phase 2 du projet commence en 1989 avec l'aménagement de LG-1 à l'embouchure de la rivière La Grande, à l'endroit où celle-ci se jette dans la baie James. Au cours de la construction de cette phase, Hydro-Québec propose d'ajouter un projet sur la rivière Grande Baleine, d'une durée de 21 ans et d'une valeur de 17 milliards de dollars. Dès lors, la phase 2 consiste en la construction du complexe de Grande Baleine et en d'autres barrages sur les rivières Grande Baleine, Nottaway et Rupert. Les Cris s'opposent d'autant plus vigoureusement à ce projet qu'ils ont constaté les effets négatifs du premier sur leur mode de vie. Jusqu'en 1992, leurs protestations ont peu d'effets sur la situation. Le gouvernement québécois prévoit vendre l'électricité générée par la phase 2 aux États américains de New York, du New Hampshire, du Maine et du Vermont. Toutefois, Mario Cuomo, alors gouverneur de l'État de New York, ordonne à la New York Power Authority d'annuler l'engagement pris avec Hydro-Québec et de se concentrer sur la conservation de l'énergie et l'achat d'électricité provenant d'autres sources. L'achèvement du complexe de Grande Baleine est suspendu indéfiniment, faute d'acheteur potentiel d'hydroélectricité.
En 2002, le gouvernement du Québec et le Grand conseil des Cris concluent un accord ouvrant la voie à l'achèvement du projet. Une entente conclue entre les deux partis marque un terme au litige et ouvre les discussions sur le détournement d'une des plus grandes rivières du Québec, la rivière Rupert, dans le cadre d'un projet d'une valeur de 4 milliards de dollars.
Durant les phases de construction 1 et 2 de la baie James, la déviation et l'endiguement des eaux de neuf rivières sauvages inondent une zone d'une superficie comparable à celle de la Belgique. Cette transformation affecte l'environnement et le mode de vie de la population autochtone de la région, mais l'étendue réelle des effets de ce projet ne fait toujours pas l'unanimité. Il est vrai que l'intégrité de cette région est désormais altérée. Mais il est également possible d'affirmer qu'un des avantages de la réalisation de ce projet est la production non polluante d'électricité répondant en grande partie aux besoins en énergie du Québec.
Auteur JAMES MARSH
Liens supplémentaires
La grande aventure de la baie James
Site Web dédié à le Projet de la baie James. Par Radio-Canada.


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