Les premières règles internationales régissant le traitement des PG sont formulées à Genève en 1864 et peaufinées à La Haye en 1899 dans le cadre d'une codification des règles de la guerre. Les Canadiens faits prisonniers pendant la GUERRE DES BOERS n'ont que faire de ces règles puisque les Afrikaners, qui mènent une guérilla pendant presque toute la guerre, n'ont pas d'installations où les détenir. Une fois dépouillés de leurs armes, de leur équipement et de leurs provisions, les prisonniers sont en général relâchés.
La Convention de La Haye est révisée en 1907 et les 2818 hommes du CORPS EXPÉDITIONNAIRE CANADIEN faits prisonniers pendant la PREMIÈRE GUERRE MONDIALE, ainsi que les 2005 prisonniers de guerre allemands détenus au Canada, sont traités conformément aux nouvelles règles. Mais en Europe, on se plaint que l'esprit de la convention n'est souvent pas respecté. La SOCIÉTÉ DES NATIONS négocie, en 1929, une Convention de Genève portant précisément sur le traitement des prisonniers de guerre. Les prisonniers doivent être traités humainement, sous réserve de la nécessité de les détenir. Ils sont tenus de révéler à ceux qui les ont capturés uniquement leur nom, leur rang et leur numéro. Ils peuvent être forcés de travailler, mais non à des tâches ayant des répercussions militaires directes.
Durant la DEUXIÈME GUERRE MONDIALE, les quelque 8000 Canadiens faits prisonniers de guerre par les Allemands sont traités, en général, conformément à la Convention de Genève. On compte toutefois deux exceptions flagrantes. D'abord, il y a l'exécution de certains participants à une tentative d'évasion massive du Stalag Luft III en mars 1944. Puis, il y a également le fait d'avoir passé les menottes aux prisonniers britanniques et canadiens en octobre 1942 en guise de représailles au ligotage temporaire d'Allemands faits prisonniers à DIEPPE et lors d'un raid britannique de moindre importance. En réponse, les Britanniques enchaînent des prisonniers et demandent aux Canadiens d'en faire autant. Le Canada acquiesce et certains prisonniers allemands demeurent menottés jusqu'en décembre 1942, quand les gouvernements canadien et britannique en arrivent à la conclusion que la riposte va à l'encontre du but recherché. Les Allemands continuent de mettre les prisonniers aux fers jusqu'en novembre 1943, mais, depuis longtemps déjà, les prisonniers ne sont menottés que lorsqu'on les fait parader.
Parmi les 30 000 PG allemands et italiens détenus au Canada pendant la guerre, l'oberleutnant Franz von Werra de la Luftwaffe se distingue comme étant « celui qui s'est enfui ». Il s'évade d'un train près de Prescott, en Ontario, la nuit du 23 au 24 janvier 1941, traverse la frontière des États-Unis et rentre par la suite en Allemagne, où il meurt plus tard au combat. D'autres s'enfuient aussi, mais ne réussissent pas à retraverser l'Atlantique. Un, au moins, s'est rendu au Mexique. Plusieurs prisonniers de guerre ont été assassinés par leurs collègues prisonniers pour avoir contrevenu au code de conduite hitlérien.
Pendant la GUERRE DE CORÉE, les 32 Canadiens faits prisonniers sont traités durement, la Corée du Nord et la République populaire de Chine n'étant pas signataires de la Convention de Genève de 1949. On les soumet à un lavage de cerveau dans le but de changer leurs opinions politiques. Aucun d'eux ne meurt en captivité. Des soldats canadiens servent momentanément de gardiens après un soulèvement de prisonniers de guerre nord-coréens et chinois dans un camp de l'Organisation des Nations Unies dans l'île KOJE-DO en mai 1952.
Voir aussi INTERNEMENT.
Auteur BRERETON GREENHOUS
Bibliographie
D.G. Dancocks, In Enemy Hands (1983); J. Melady, Escape from Canada! (1981); K. Burt et J. Leasor, The One That Got Away (1956).
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