Il est prévu que ce serait une Politique nationale qui élargirait la base de l'économie canadienne et instaurerait à nouveau la confiance des Canadiens dans le développement de leur pays. Le fait que la Politique nationale favoriserait le développement d'un groupe d'hommes d'affaires prospères qui pourraient contribuer généreusement au Parti conservateur est un autre facteur que Macdonald reconnaît. On augmente le tarif douanier sur la plupart des produits fabriqués à l'étranger, offrant ainsi une protection substantielle aux fabricants canadiens. De plus, la réduction des droits de douane sur les matières premières et les produits semi-finis fait diminuer les coûts de production.
Au fil du temps, la Politique nationale prend un sens plus large dans la rhétorique du Parti conservateur, qui a tendance à assimiler la Politique nationale aux plus grandes politiques de développement. Parmi celles-ci, on compte le chemin de fer du CANADIEN PACIFIQUE (années 1880), la colonisation de l'Ouest (la Loi sur les terres fédérales de 1872 et la politique d'immigration; voir TERRES FÉDÉRALES, POLITIQUE SUR LES), l'aménagement portuaire et l'octroi de subventions au service rapide de navires à vapeur vers l'Europe et l'Asie pour faciliter l'exportation des produits canadiens. Elle devient la base de la politique du Parti conservateur pendant des décennies. Dans les années 1930, R.B. BENNETT l'adopte de façon aussi fervente que Macdonald dans les années 1880. Macdonald remporte sa dernière élection, en 1891, en défendant sa Politique nationale. Le gouvernement libéral de sir Wilfrid LAURIER, de 1896 à 1911, adopte les principes du protectionnisme sans la rhétorique de la Politique nationale des tarifs douaniers et garde ses tarifs généraux à des taux fortement protectionnistes.
Même si le célèbre accord de réciprocité signé avec les États-Unis par le gouvernement de Laurier, en 1911, abolit dans son ensemble les droits sur les produits naturels et diminue les droits de douane sur une liste restreinte d'articles manufacturés, il ne fait que quelques concessions sur les tarifs s'appliquant à la majorité des produits manufacturés. Toutefois, l'accord proposé inquiète suffisamment les fabricants pour qu'ils transfèrent leur soutien aux conservateurs à l'élection générale de 1911. Faisant campagne sur l'argument que la Politique nationale a permis de développer une économie équilibrée, que la réciprocité menace l'économie canadienne et que le choix des électeurs est « soit l'esprit de canadianisme ou l'esprit de continentalisme qui prévaudrait sur la moitié Nord de ce continent », les conservateurs de Robert BORDEN remportent la victoire, apportant une continuité à la Politique nationale.
Voir aussi CONTINENTALISME; NATIONALISME; NATIONALISME ÉCONOMIQUE.

Auteur ROBERT CRAIG BROWN
Bibliographie
Robert Craig Brown, Canada's National Policy, 1883-1900 (1964); V.C. Fowke, The National Policy and the Wheat Economy (1957); P. Russell, « The National Policy, 1879-1979 », Journal of Canadian Studies 14 (1979).
Liens supplémentaires
Sir John A. Macdonald
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