Pierre Perrault, réalisateur et poète (Montréal, 29 juin 1927 - Île-aux-Coudes, 23 juin 1999). Figure de proue du cinéma direct québécois. D'abord homme de radio et homme de parole, il réalise à la Société Radio-Canada plusieurs séries radiophoniques qui le mettent en contact avec des réalités et des gens qu'il a bientôt envie d'enregistrer aussi sur film. Il coréalise d'abord, avec René Bonnière, une série,
Au pays de Neufve-France, puis signe avec Michel
BRAULT Pour la suite du monde (1963), un classique du cinéma direct. Toujours à l'
OFFICE NATIONAL DU FILM (ONF), il poursuit sa trilogie de l'île-aux-Coudres :
Le Règne du jour (1966) et
Les Voitures d'eau (1968). Cinéaste et poète à la conscience nationale vive, il aborde ensuite deux sujets controversés : le séparatisme québécois (
Un pays sans bon sens!, 1970) et le sort des Acadiens (
L'Acadie, l'Acadie?!?, 1971). Il s'attaque ensuite simultanément à deux cycles. L'un sur l'Abitibi :
Un royaume vous attend (1975),
Gens d'Abitibi (1979) et
C'était un Québécois en Bretagne,
madame (1977). L'autre sur les Amérindiens :
Le Goût de la farine (1976) et
Le Pays de la terre sans arbres ou le Mouchouânipi (1980). En 1982, il présente
La Bête lumineuse, un film sur la chasse qui ne laisse personne indifférent. En 1983, il retourne à Saint-Malo, berceau de Jacques
CARTIER et lieu de production de
Les Voiles bas et en travers. Dans
La Grande Allure I et
La Grande Allure II (1985), il fait revivre le voyage de Cartier au Canada en voilier. Après ces films, Perrault tourne son attention vers le Nord du Québec, aux environs du 80
e parallèle, comme pour dire que l'avenir du pays n'est pas vers le sud mais vers ces contrées de survivance. Il tourne un film poème sur le boeuf musqué,
L'Oumigmag ou l'objectif documentaire (1993), où pour la première fois il ne s'intéresse pas à des êtres humains mais à des animaux et à la nature. Suprême rupture, son film comporte un commentaire où le cinéaste réfléchit sur ce qu'est le documentaire. L'année suivante, il fait du boeuf musqué le seul sujet de
Cornouailles. Il prend sa retraite de l'ONF en 1996. Perrault est un grand cinéaste du réel, du poids de la parole et de l'âme d'un peuple. Il a reçu de nombreuses distinctions pour ses carrières de cinéaste et d'écrivain, dont des doctorats honorifiques de l'U. Laval en 1986 et de celle de Lyon en 1995, le prix Albert-Tessier, en 1994 et l'Ordre national du Québec, en 1998. Il a à son actif une importante production littéraire : théâtre (
Au coeur de la rose, 1963); essais (
L'Art et l'État, 1974;
Marins du Saint-Laurent, 1974); et surtout poésie (
Portulan, 1961;
Toutes Isles, 1963;
Ballade du temps précieux, 1965;
En désespoir de cause, 1971;
Chouennes, 1975;
Gélivures, 1977). Comme ses films, toutes ces oeuvres disent le pays et traduisent la parole du peuple. On lui doit aussi plusieurs textes sur le cinéma dont la plupart ont été repris dans deux recueils :
Caméramages (1983) et
De la parole aux actes (1985). Il a publié la transcription de la bande sonore de la plupart de ses films.
Filmographie sur le cinéaste : Les Traces du rêve (Jean-Daniel Lafond, 1986). Stéphane-Albert Boulais, Le Cinéma vécu de l'intérieur : Mon expérience avec Pierre Perrault (1988) ; Paul Warren, Pierre Perrault, cinéaste de la parole (1996).
Perrault, PierreLe metteur en scène et poète, Pierre Perrault (avec la permission du Toronto International Film Festival Group).
Pour la suite du mondePierre Perrault (deuxième à partir de la gauche) sur le plateau de tournage de son film, Pour la suite du monde (avec la permission du Toronto International Film Festival Group).
Auteur
PIERRE VÉRONNEAU
Liens supplémentaires
Pierre Perrault
Profil de Pierre Perrault, un lauréat des Prix du Québec.
Pierre Perrault
Films à voir de Pierre Perrault par le site Web de l'ONF.ca.
Pour la suite du monde
Voir un film long-métrage documentaire sur la renaissance de locaux baleine capture traditions de l'Île-aux-Coudres, une petite île dans le fleuve Saint-Laurent. De l'Office national du film du Canada.