Un système de mesure objectif
Décrire les conditions de la pauvreté s'avère déjà difficile, mais en établir une mesure objective l'est encore davantage. Les deux méthodes distinctes et opposées (« absolue » et « relative ») utilisées pour évaluer la pauvreté en fonction du revenu de base montrent bien qu'elles sont influencées par des considérations politiques et par un certain système de valeurs. Autrement dit, ce que pense la société sur la pauvreté et ses causes détermine dans une large mesure la façon dont la pauvreté est définie et évaluée.
L'approche absolue est fondée sur l'idée que les pauvres n'ont besoin que du strict nécessaire pouvant être établi objectivement (par exemple un logement de qualité inférieure aux normes et le minimum en fait de nourriture et de vêtements). Une telle façon de voir provient de ce que la pauvreté est souvent considérée comme une situation créée par l'individu lui-même, qu'il ne faut ni récompenser ni encourager par des mesures appropriées d'aide sociale. L'INSTITUT FRASER a publié des données sur les seuils de pauvreté en fonction d'un panier d'épicerie restreint, pour assurer le minimum nécessaire à la survie. En outre, les prestations sociales accordées par les gouvernements provinciaux et municipaux ne garantissent aux bénéficiaires qu'un niveau de vie absolu (c'est-à-dire en deçà de la norme).
L'approche relative rejette la notion « absolue » voulant que la pauvreté soit définie objectivement sans égard aux normes en vigueur dans la collectivité. Les relativistes prônent qu'un ménage pauvre au Canada existe dans le contexte d'une société canadienne aisée avec laquelle il entretient des liens étroits. C'est pourquoi le fonctionnement économique, social et politique de ce ménage doit être pris en considération.
Le CONSEIL CANADIEN DE DÉVELOPPEMENT SOCIAL (CCDS), organisme social à but non lucratif, et le Comité sénatorial spécial sur la pauvreté ont développé, à l'échelle nationale, un système de mesure bien connu, basé sur l'approche relative.
Le CCDS établit le seuil de pauvreté en fonction du revenu moyen d'une famille; si le revenu d'une famille n'atteint pas 50 p. 100 du revenu familial moyen, elle est considérée comme pauvre. On effectue alors des ajustements selon la taille de la famille, mais non selon son lieu de résidence.
On utilise les seuils établis par le CCDS (non ceux de STATISTIQUE CANADA) pour le calcul de l'indice du taux de pauvreté; on a enregistré peu de changement depuis 1967. L'amélioration enregistrée dans les années 1980 s'érode dans les années 1990, compte tenu du fait que la distribution relative des revenus au Canada est de plus en plus concentrée sur les familles à revenu élevé.

Sondage annuel sur la pauvreté
Statistique Canada élabore et utilise une norme de faible revenu. Le Canada est l'un des rares pays où l'on procède annuellement à un recensement des familles pauvres et l'approche de Statistique Canada devient la mesure la plus courante et la plus respectée du faible revenu au Canada. Statistique Canada effectue ses calculs à partir d'une ligne budgétaire basée sur la part réelle du revenu qu'une famille canadienne moyenne consacre à la nourriture, aux vêtements et au logement (le montant alloué aux familles pauvres est donc relié aux critères de dépenses de la collectivité) et ajoute 20 p. 100 à cette somme. Toute famille qui dépense plus que cette part de son revenu en nourriture, vêtements et logement a un si faible pouvoir d'achat résiduel qu'on juge qu'elle vit dans des conditions précaires.
Le calcul réel du nombre de personnes démunies se fait chaque printemps au moyen d'un sondage adressé à un échantillon représentatif d'environ 35 000 foyers canadiens (excluant les foyers autochtones des réserves, les gens qui vivent dans une institution et les gens des Territoires du Nord). Le revenu comprend les salaires, les revenus de placements, les PAIEMENTS DE TRANSFERT du gouvernement, les revenus de PENSION, ainsi que certaines sommes reçues sous forme de bourse d'études, PENSION ALIMENTAIRE et primes de départ. La famille est définie comme l'ensemble des personnes partageant un même logement et liée par les liens du sang, du mariage ou par l'adoption.
Une fois les projections faites pour l'ensemble de la population canadienne à partir des données sur les revenus recueillies par échantillonnage, les revenus familiaux et individuels sont classés selon qu'ils sont en deçà ou au-delà du seuil de faible revenu.à partir des résultats publiés par Statistique Canada, il est possible d'établir le nombre de personnes et de familles pauvres, de même que les caractéristiques de ces foyers. (Voir RÉPARTITION DES REVENUS et POPULATION).
Faiblesse du système
L'une des principales lacunes de ce genre de sondage vient du fait qu'il livre un « instantané » des foyers pauvres uniquement pour l'année en question. Il ne permet pas d'établir si ce sont les mêmes familles ou d'autres qui sont sous le seuil de pauvreté. C'est une lacune grave, car il est presque certain que c'est la durée pendant laquelle une personne ou une famille souffre d'un revenu trop faible qui conduit à la pauvreté. Ce sondage annuel ne fait aucune distinction entre l'universitaire temporairement peu rémunéré et le parent seul ou la personne handicapée, qui vit dans la pauvreté depuis plusieurs années sans grand espoir d'y échapper un jour. Les sondages effectués à partir d'un échantillonnage représentatif demeurent importants cependant, car ils fournissent des renseignements essentiels sur le nombre et les catégories de personnes qui vivent dans la pauvreté, d'une année à l'autre. Statistique Canada mène un nouveau sondage longitudinal sur la main-d'oeuvre et le revenu qui fournira à l'avenir des renseignements importants sur la durée de la pauvreté (voir ci-dessous).
Méthode choisie pour définir la pauvreté
Autochtones et personnes handicapées
Pauvreté dans les familles
Notons que, parmi les familles canadiennes à faible revenu, 52 p. 100 ont pour chef une personne active sur le marché du travail. Ces gens sont fréquemment appelés « petits salariés », puisque leurs revenus proviennent essentiellement d'un salaire et non de quelque forme d'assistance publique, contrairement aux autres 48 p. 100, « bénéficiaires d'aide sociale ». Selon les chiffres de Statistique Canada, le taux de pauvreté familiale est passé de 18 p. 100 en 1967 à 14 p. 100 en 1997. Toutefois, depuis 1973 environ, il s'est stabilisé autour de 12 p. 100 à 15 p. 100. L'arrêt dans cette régression s'expliquerait surtout par la stagnation prolongée et l'instabilité de la croissance économique sur presque tous les marchés occidentaux. Le CHÔMAGE qui en résulte et la croissance des emplois à faible salaire fait qu'il est difficile pour un nombre croissant de familles de gagner un revenu adéquat.
Chez les personnes seules, le taux de pauvreté connat de grandes fluctuations, compte tenu du cycle économique. De façon générale, on assiste à une diminution des taux de pauvreté chez les personnes seules, liée principalement à la diminution de la pauvreté dans les foyers de personnes âgées. Toutefois, les taux de pauvreté plus bas enregistrés à la fin des années 1980 s'érodent quelque peu dans les années 1990. En 1997, le taux de pauvreté chez les personnes seules est toujours très élevé : 44 p. 100 chez les femmes seules et 35 p. 100 chez les hommes seuls.
Le profil des foyers démunis s'est profondément modifié depuis 1967. On note, par exemple, que la pauvreté est moins concentrée par région. Alors qu'à cette époque, le risque de devenir pauvre était trois fois plus grand pour une famille résidant dans une des provinces de l'Atlantique que pour une famille ontarienne, en 1997, le taux de pauvreté chez les familles ontariennes se situe à 13 p. 100 contre 15 p. 100 dans les provinces de l'Atlantique.
La pauvreté s'est également « urbanisée ». Si en 1967, 45 p. 100 des familles pauvres habitent à la campagne, en 1997, elles ne représentent plus que 12 p. 100. Dans les grandes villes (plus de 500 000 habitants), le pourcentage de familles pauvres passe de 18 p. 100 en 1967 à 57 p. 100 en 1997. Chez les familles dont le chef est une personne âgée de 65 ans ou plus, le taux de 27 p. 100 en 1967 chute à 7 p. 100 de l'ensemble des familles pauvres en 1997.
D'autre part, les familles dont le chef est une femme représentent 15 p. 100 de toutes les familles pauvres en 1967, comparativement à 36 p. 100 en 1997. Ce changement de profil est tel que la pauvreté est beaucoup moins associée à la vieillesse qu'à la condition de femme. (Voir FEMMES DANS LA POPULATION ACTIVE).
La régression de la pauvreté chez les personnes âgées s'est surtout produite au cours des dernières années, notamment grâce aux améliorations progressives apportées aux programmes gouvernementaux de prestations de retraite. Des programmes tels que le RÉGIME DE PENSIONS DU CANADA, le RÉGIME DE RENTES DU QUÉBEC, la PENSION DE VIEILLESSE, le supplément de revenu garanti, l'allocation au conjoint et certains programmes de supplément de revenu des gouvernements provinciaux ont aidé un plus grand nombre de gens âgés à éviter l'indigence. (Voir SÉCURITÉ SOCIALE ).
Durée de la pauvreté
Jusqu'à récemment, on ne disposait d'aucune source de renseignements fiable sur la durée de la pauvreté au Canada. Statistique Canada mène des enquêtes longitudinales sur le revenu qui permettent d'évaluer pendant combien de temps les gens vivent dans la pauvreté et les probabilités qu'ils expérimentent une ou plusieurs périodes de pauvreté. Des études récentes révèlent que la pauvreté est une situation temporaire pour environ 60 p. 100 des gens qui vivent dans la pauvreté, dans une année donnée, mais que pour les 40 p. 100 qui restent, il s'agit d'un problème persistant qui dure des années. Sur une période de dix ans, les personnes pauvres vivent cette situation durant environ cinq ans, soit sur une période continue ou périodiquement. Environ 5 p. 100 des personnes pauvres vivent dans la pauvreté pour une période continue de 10 ans et 15 p. 100 pour une période supérieure à quatre ans. Les parents seuls, les personnes handicapées, les immigrants récents et les personnes peu instruites sont plus susceptibles de vivre dans la pauvreté pour des périodes prolongées.
Le travailleur à faible salaire et le bénéficiaire du bien-être social
Les foyers à faible revenu appartiennent soit à la catégorie des travailleurs à faible salaire ou à celle des bénéficiaires du bien-être social. Dans la première catégorie, on compte les gens qui sont perçus, à tort ou à raison, comme incapables d'être des employés productifs. On ne s'attend généralement pas à ce que les femmes seules occupent un emploi pendant qu'elles élèvent leurs jeunes enfants (cette attitude tend à changer rapidement, cependant); on en trouve donc un grand nombre dans cette catégorie. Bien que les motifs de cette situation soient obscurcis par une longue histoire de PRÉJUDICE ET DE DISCRIMINATION, les autochtones ont également subi des contraintes sur le plan économique et sur d'autres plans, en raison de l'attitude de la population canadienne non autochtone à leur égard. Divers groupes de bénéficiaires du bien-être social tirent la majorité de leur revenu de programmes comme l'aide sociale. Ceux qui dépendent exclusivement de ces prestations sont condamnés à la pauvreté. Les taux moyens d'aide (bien-être) sociale à l'échelon provincial pour les familles et les personnes handicapées constituent environ 55 p. 100 du taux officiel du seuil de pauvreté.
Les travailleurs à faible revenu sont en marge de la population active. Ils sont souvent les derniers embauchés et les premiers congédiés, mais même lorsqu'ils ont un emploi, ils retirent un faible revenu et peu d'avantages sociaux. Ils sont rarement capables d'épargner et sont rarement admissibles à l'assurance maladie, aux plans de soins de santé et de soins dentaires, à un régime de retraite privé et à des congés payés. Ils connaissent une insécurité extrême sur le plan économique. Le fait qu'environ la moitié des travailleurs à faible revenu travaille tout au long de l'année devrait remettre en question l'ancienne croyance selon laquelle on peut se sortir de la pauvreté. La persistance de cette croyance a entrané au Canada une situation où le système de sécurité sociale fournit très peu d'aide valable aux travailleurs à faible revenu durant leur période d'emploi, même s'ils touchent des salaires insuffisants.
Les données nationales sur la pauvreté ne sont publiées que depuis les années 1960, lorsque la question commence à susciter l'intérêt du public. Cette préoccupation vient en grande partie des conditions effroyables dans lesquelles vivent de nombreux autochtones et personnes âgés à ce moment et d'énormes écarts de revenu entre les régions. Cette soudaine « découverte » de la pauvreté contredit le sentiment de prospérité qui prévaut depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. En 1964, les États-Unis déclarent la « guerre à la pauvreté », tandis que le Canada procède plus discrètement à une analyse des causes pour tenter d'y remédier par l'adoption de lois. Le BUREAU DU CONSEIL PRIVÉ crée, en 1965, un groupe de spécialistes chargés d'étudier la question et de favoriser une collaboration fédérale-provinciale dans la lutte contre la pauvreté. Cette même année, on assiste à la création de la COMPAGNIE DES JEUNES CANADIENS, organisme chargé de coordonner et de stimuler les efforts individuels locaux visant à endiguer la pauvreté. Bien qu'elle soit démantelée quelques années plus tard, cette compagnie est le précurseur des programmes fédéraux Perspectives Jeunesse, Programme d'initiatives locales et Canada au travail, qui tentent de créer de l'emploi et de réduire la pauvreté par l'intermédiaire d'initiatives locales, dans les années 1970 et 1980.
En 1968, Statistique Canada publie les résultats d'une étude sur les revenus des Canadiens. Cette étude deviendra la base utilisée pour définir et mesurer les faibles revenus au Canada. La même année, le CONSEIL ÉCONOMIQUE DU CANADA (CEC) ébranle les Canadiens en utilisant ce nouveau système pour évaluer l'étendue de la pauvreté au Canada. Il conclut que 27 p. 100 de la population canadienne vit alors dans la misère. En 1968, en partie grâce à ces découvertes, le puissant Comité spécial du Sénat sur la pauvreté, sous la présidence de David CROLL, commence ses audiences et ses enquêtes dans tout le pays. Son rapport, publié en 1971, jouit d'une large diffusion. Il reprend de nombreux points révélés dans le rapport du CEC et propose un programme de revenu annuel garanti pour éliminer la pauvreté au Canada.
Une autre commission d'importance créée durant cette période et dirigée par Claude CASTONGUAY remet un rapport rédigé à partir d'une étude minutieuse sur la sécurité sociale au Québec. La commission préconise elle aussi (parmi de nombreuses recommandations portant sur la santé, la sécurité du revenu, l'emploi et les services sociaux) un revenu annuel garanti.
L'inquiétude que soulève la pauvreté au cours des années 1960, surtout par sa présence gênante dans une société d'abondance, conduit également à l'adoption de nouvelles mesures anti-pauvreté importantes. Des négociations fédérales-provinciales amorcées en 1964 aboutissent à la création du Régime de pension du Canada et du Régime des rentes du Québec, puisque les programmes privés s'avèrent souvent inadéquats pour les travailleurs retraités à faible revenu et leurs familles (Voir PENSION). Le Programme de supplément de revenu garanti, créé à la même époque, assure un revenu de base régulier aux gens âgés dans le besoin.
En 1966 s'ajoute le Régime d'assistance publique du Canada (RAPC). Ce programme complet d'aide sociale remplace les programmes fragmentaires à coûts partagés auxquels les gouvernements fédéral et provinciaux participent depuis 1927. Visant principalement les personnes handicapées et les chômeurs, le RAPC vient aussi en aide à toute autre personne à faible revenu, y compris les travailleurs à faible revenu. Par ce même programme, le gouvernement fédéral est engagé dans divers types de SERVICES SOCIAUX, dont les GARDERIES, les services de conseils familiaux, l'aide à domicile et les SERVICES D'AIDE À L'ENFANCE.
Les défenseurs du RAPC proclament que ce régime accorde des prestations aux personnes démunies incapables de s'assurer une aide suffisante. Bref, c'est promettre d'utiliser les fonds publics non seulement pour lutter contre la pauvreté, mais pour la prévenir. En pratique, cependant, le RAPC s'en tient à son but traditionnel, soit de répondre essentiellement aux besoins des pauvres. Dans le budget fédéral de 1995, le RACP est remplacé par les programmes de transferts de Santé et Bien-être Canada. Ces nouveaux modes de financement fusionnent les paiements de transfert fédéraux du fonds d'assistance sociale (précédemment chapeauté par le RACP) au fonds prévu pour la santé et l'enseignement postsecondaire pour ainsi créer un fonds unique de transfert. (Voir PAIEMENTS DE PÉRÉQUATION). De ce fait, les provinces jouissent désormais d'une plus grande latitude en ce qui a trait aux dépenses liées aux programmes sociaux, y compris ceux qui sont prévus pour alléger ou prévenir la pauvreté.
(voir SANTÉ, POLITIQUE SUR LAet FINANCES INTERGOUVERNEMENTALES).
Au cours des années 1970 et au début des années 1980, l'activité législative ne consiste guère qu'en simples ajouts ou retraits aux programmes déjà mis en application. La Loi sur l'ASSURANCE-CHÔMAGE est modifiée en 1971 pour assurer une plus grande protection aux chômeurs de même qu'aux travailleurs malades. En outre, le crédit d'impôt pour enfants de 1978 s'ajoute aux avantages que consent le gouvernement fédéral aux familles avec enfants, particulièrement celles qui ont un revenu faible. (voir ALLOCATIONS FAMILIALES). Plusieurs provinces instaurent à l'intention des personnes âgées un système de prestations en fonction du revenu. La Saskatchewan, le Manitoba et le Québec implantent des programmes d'aide aux familles de petits salariés. Cependant, la révision globale du système canadien de sécurité sociale entreprise au milieu des années 1970 par les deux paliers de gouvernement n'atteint pas son principal objectif qui est d'établir un revenu annuel garanti. Par ailleurs, les années 1980 sont marquées par des coupures budgétaires dans les prestations de revenu et les services sociaux destinés aux pauvres, une tendance qui ira en s'accentuant dans les années 1990.
Le gouvernement fédéral crée notamment une nouvelle législation sur l'assurance-emploi qui entrane une réduction des prestations et des mesures plus strictes concerant l'admissibilité au programme. De façon générale, 40 p. 100 des chômeurs retirent des prestations d'AE maintenant, comparativement à 75 p. 100 il y a dix ans. Les transferts aux provinces en vertu du nouveau programme de Transfert canadien en matire de sant et de programmes sociaux (TCSPS) ont également été réduits de façon substantielle. Depuis leur mise en oeuvre en 1996, les transferts en espèces aux provinces ont été réduits de 40 p. 100. En réponse aux pressions, le gouvernement a établi un plancher des transferts en espèces de 12,5 milliards de dollars pour le TCSPS en 1997 et a prévu un financement unique pour les soins de santé et les études postsecondaires dans les budgets de 1999 et de 2000. Le gouvernement a refusé de rétablir complètement et d'indexer les transferts en espèces aux provinces. Dans une tentative pour combattre la pauvreté infantile, il a instauré la nouvelle Prestation fiscale canadienne pour enfants (PFCE) en 1998. La PFCE comprend deux éléments : la prestation de base versée mensuellement à environ 80 p. 100 des familles canadiennes avec enfants, et le Supplément de la prestation nationale pour enfants (SPNE) versé aux familles à faible revenu avec enfants. Le gouvernement prévoit augmenter le plafond de la PFCE (prestation de base, plus supplément) de 1 805 $ pour un premier enfant en 1999 à 2 400 $ d'ici 2004.
Pourquoi y a-t-il tant de pauvres?
Les préoccupations et les lois des années 1960 soulèvent pourtant cette autre question : pourquoi y a-t-il tant de pauvres dans un pays aussi riche que le Canada? La pauvreté est traditionnellement perçue comme un fait individuel et non comme un problème social. Autrement dit, les démunis sont responsables de leur état. Donc, ce n'est pas la richesse du pays qui est remise en question, mais la façon dont le pays la distribue. À cet égard, une société peut opter pour une économie de « laissez-faire » ou de libre entreprise selon laquelle les gens sont censés retirer du marché ce qu'ils y ont investi. En d'autres termes, ceux qui contribuent très peu ou pas du tout n'obtiennent que peu ou rien en retour. Conformément à ce système, ceux qui travaillent au foyer leur vie durant ne reçoivent rien directement. Théoriquement, une société peut aussi distribuer ses richesses selon un système collectif ou socialiste voulant que les fruits de la production économique soient distribués en fonction des besoins.
Le système économique canadien a évolué et évolue encore à partir des principes du capitalisme établis au XIXe siècle, bien que, dans la distribution du revenu, le gouvernement s'engage à venir en aide aux personnes nécessiteuses. C'est pourquoi le système canadien est généralement qualifié de mixte. La plupart des richesses sont distribuées selon une économie de marché, en vertu de laquelle la propriété de biens et les emplois bien rémunérés donnent droit à une bonne part des profits nationaux. Ceux qui sont incapables de se faire une place décente dans ce système de marché (personnes handicapées, autochtones et travailleurs sans qualification) doivent se rabattre sur une combinaison quelconque de formes d'assistance familiale, sociale ou gouvernementale, mais comme ces personnes sont tenues responsables de leur incapacité à bénéficier du système économique, le faible soutien financier qu'elles reçoivent est généralement offert à contrecoeur.
C'était un fait accepté de tout temps que les femmes demeurent au foyer sans être rémunérées pour leur travail. Bien que les mentalités évoluent, il n'en demeure pas moins que si un homme, chef de famille, vient à quitter le domicile conjugal ou à mourir, sa femme est particulièrement vulnérable si elle a la responsabilité de jeunes enfants. Les femmes séparées, divorcées ou veuves sont toujours des candidates de premier choix à la pauvreté. En outre, lesFEMMES DANS LA POPULATION ACTIVE sont confrontées à de nombreux obstacles sur le marché du travail. Les femmes qui travaillent à temps plein gagnent en moyenne 73 p. 100 du revenu des travailleurs masculins à temps plein, parce qu'elles n'ont pas eu les mêmes possibilités de formation et d'avancement. Elles occupent des postes moins bien rémunérés qui requièrent moins d'aptitudes et, pour un même emploi, elles touchent souvent un salaire inférieur à celui des hommes. Par conséquent, bon nombre de femmes au travail vivent dans la pauvreté, spécialement si elles sont chef de famille monoparentale.
Voir Conseil canadien de développement social, le site Web officiel du Conseil canadien de développement social à l'adresse http://www.ccsd.ca Voir Cinquante-deux organisations canadiennes à but non lucratif sont réunies sous la bannière Enfant & famille Canada dans le but de fournir de l'information de qualité et des ressources crédibles sur les enfants et les familles. http://www.cfc-efc.ca
Auteur Auteurs : DAVID P. ROSS ET CLARENCE LOCHHEAD Révision : KATHERINE SCOTT
Bibliographie
Lectures suggérées : David P. Ross, Katherine Scott et Peter SmithThe Canadian Fact Book on Poverty, 2000 (2000).
Liens supplémentaires
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Shawnadithit est de plus en plus anxieuse alors qu’elle attend le retour de son oncle, Longnon, au camp dressé, au fin fond de Terre-Neuve, à l’embranchement du ruisseau Badger et de la rivière des Exploits...
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