Le Parti québécois (PQ) est une formation politique nationaliste du Québec établie en 1968 par la fusion du Mouvement SOUVERAINETÉ-ASSOCIATION (MSA) et du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN). Le MSA avait déjà lui-même était fusionné avec les forces du Ralliement national (RN), dirigé par l'ex-député créditiste fédéral Gilles Grégoire.

Le MSA est créé en 1967, alors que des militants libéraux, dans la foulée d'un congrès d'orientation du Parti libéral du Québec durant lequel ils n'ont pas pu faire accepter leur programme intitulé Pour un Québec souverain dans une fédération canadienne, décident de quitter le parti de Jean Lesage. René LÉVESQUE, ex-ministre des Ressources naturelles, dirige le mouvement.

Le RIN crée vraisemblablement ce qu'il convient d'appeler le vocabulaire de l'indépendance pour le Québec, mais c'est le PQ qui le fait accepter par une bonne partie de l'électorat québécois. Pour le RIN, la seule option acceptable est l'indépendance totale. Après la dissolution, en 1968, du RIN dirigé par Pierre Bourgault, le PQ devient le point de rassemblement de pratiquement tous les mouvements et associations nationalistes du Québec. Il se dote d'un effectif, d'une infrastructure et d'un réseau de partisans qui croissent tous rapidement. Parmi ces appuis figurent notamment la Société Saint-Jean-Baptiste et le Mouvement national des Québécois.

Après des défaites à ses deux premières élections (en 1970, avec 23,5 % du vote populaire et seulement sept sièges à l'Assemblée nationale, et en 1973, avec seulement six députés, malgré ses 30,8 % du vote populaire), le PQ sort vainqueur de l'élection de 1976 (41 % du vote, 71 sièges à l'Assemblée nationale), aux dépens des libéraux de Robert Bourassa qui, en 1973, avaient fait élire 102 députés sur un total possible de 110. Cette victoire est attribuable en bonne partie à une manoeuvre électorale judicieuse orchestrée par Claude MORIN, qui consiste à promettre que le PQ tiendra un référendum sur la souveraineté-association durant son premier mandat. Une des lois les plus importantes édictées par le PQ est la LOI 101, qui fait du français l'unique langue officielle du Québec (voir POLITIQUE LINGUISTIQUE). La loi 125 sur l'aménagement et l'urbanisme s'insère en complément à la Loi sur la protection du territoire agricole ayant pour but de protéger la terre au Québec. La Loi sur l'assurance automobile établit un régime d'assurance contre les dommages et sans égard à la faute géré par l'état. Le projet de loi 89 établit un nouveau CODE CIVIL et une réforme du DROIT DE LA FAMILLE.

Le gouvernement du PQ se distingue notamment par sa tentative, par l'entremise de sommets de concertation, d'établir la confiance au sein des différents groupes sociaux. Le premier sommet se tient à Pointe-au-pic en 1977, suivi de celui de Montebello, en 1979. Ils réunissent des intervenants de différents secteurs dans le but d'élaborer des politiques et d'établir des consensus sur le développement futur du Québec. Un des principaux résultats concrets de ces sommets est la création de l'OSE (Opération solidarité économique), un programme de stimulation de l'économie et de soutien à l'emploi.


Lévesque, René (extrait vidéo 2)
À propos du séparatisme (avec la permission de la Société Radio-Canada).
René Lévesque
René Lévesque
Lévesque a fondé le Parti Québécois, parti dont le principal objectif était la souveraineté (avec la permission de la Presse canadienne).


RÉFÉRENDUM DE 1980
Le référendum promis par le PQ durant la campagne électorale de 1976 a lieu en mai 1980. De nombreuses réunions publiques font suite à un débat télévisé initial sur le référendum à l'Assemblée nationale. Les opposants aux négociations sur la souveraineté-association l'emportent par une marge de 20 % (60 % contre 40 %). Malgré cela, le parti est réélu en 1981, remportant 82 sièges. En plus de la souveraineté-association, l'idéologie péquiste repose sur deux tendances parfois contradictoires : l'une basée sur la consultation et l'autre, sur le leadership politique. Ce conflit entraîne d'importantes dissensions au sein du parti en 1984, dans la foulée du congrès annuel durant lequel il est convenu que le PQ, une fois réélu, pourra de lui-même négocier la souveraineté-association.

À la suite d'une consultation de type référendaire des membres du parti, René Lévesque dirige un parti ayant perdu l'appui d'un groupe de dissidents qui refuse d'accepter le résultat d'un vote permettant au PQ de mettre temporairement en veilleuse le concept de la souveraineté-association. Fin 1984, le gouvernement péquiste est frappé par la démission d'un groupe de ministres indépendantistes dont fait partie Jacques PARIZEAU. René Lévesque démissionne de son poste de chef du parti pour être remplacé par Pierre-Marc JOHNSON. Confronté à un retour en force des libéraux de Robert Bourassa, le Parti québécois connaît une défaite fracassante aux élections de décembre 1985, ne conservant que 24 sièges. En novembre 1987, une semaine après la mort de René Lévesque, Pierre-Marc Johnson annonce sa démission. Jacques Parizeau, dont les convictions sont plus indépendantistes, devient le principal aspirant au poste de chef du PQ.


BASE ÉLECTORALE DU PQ
Aux élections de 1970 et 1981, le Parti québécois obtient l'appui de la plupart des électeurs de moins de 30 ans, des nationalistes, des dirigeants syndicaux et des membres de la classe ouvrière des régions du Sagnenay-Lac-Saint-Jean et de l'Est de Montréal. Cette base électorale, le fruit de petites discussions de groupe et des efforts d'associations étudiantes, commence à s'effriter en 1982-1983. Des grèves illégales dans la fonction publique se traduisent par un malaise au sein de la population. Les jeunes ne s'intéressent plus à la politique en général. Le gouvernement péquiste doit faire appel à des lois (lois 68, 70 et 72, de juin 1983) pour forcer les fonctionnaires provinciaux à accepter des compressions salariales et, du même coup, perd la majorité de ses appuis syndicaux. L'engagement mitigé du parti envers la souveraineté-association et son idéologie sociale-démocrate entraînent également la perte de nombreux membres.


LE DILEMME DU PQ
Tant à titre de gouvernement que d'opposition officielle, de 1985 à 1994, le PQ fait preuve d'une certaine ambiguïté. Le parti doit attaquer le système fédéral dont il espère se séparer, tout en tentant d'en tirer le plus d'avantages possible. La position du PQ durant les négociations constitutionnelles fédérales-provinciales à l'automne 1981 sur le rapatriement de la constitution (voir CONSTITUTION, RAPATRIEMENT DE LA) en est un bon exemple. Le Québec se joint à sept autres provinces dissidentes opposées à l'intention du gouvernement de Pierre Trudeau, dans un premier temps, de rapatrier la constitution, puis d'en arriver à un nouvel accord à ce sujet. Les autres provinces dissidentes acceptent toutefois un nouvel accord constitutionnel et le Québec se retrouve isolé. Même sous le gouvernement libéral, en 1987, le Québec refuse d'entériner l'accord constitutionnel avant d'obtenir de nouvelles concessions.

En 1994, le PQ est reporté au pouvoir, sous la direction de Jacques Parizeau, fervent indépendantiste dont les troupes subissent une très mince défaite au référendum de 1995. Une des raisons de cette défaite est le refus de Jacques Parizeau de définir ce que signifierait exactement l'indépendance pour le Québec. Jacques Parizeau démissionne dans l'amertume et Lucien BOUCHARD devient premier ministre le 29 janvier 1996. Il établit l'économie comme priorité du parti, avant l'indépendance, à l'encontre des politiques des années précédentes qui avaient mis le Québec en sérieuse difficulté économique.

Estimant qu'un autre référendum peu après celui de 1995 serait voué à l'échec, Lucien Bouchard choisit d'orienter ses efforts vers la bonification de l'économie québécoise en imposant des compressions massives des dépenses en santé et dans les programmes sociaux, dans le but d'éliminer le déficit budgétaire de la province. Dans l'ensemble, les politiques fiscales du PQ arrivent à remettre l'économie québécoise dans le droit chemin, et le PQ est réélu en 1998. Lucien Bouchard est premier ministre pendant encore trois ans, mais, déçu du manque d'enthousiasme envers la cause séparatiste au Québec durant son mandat, il démissionne en 2001.

Bernard LANDRY, ministre des Finances du gouvernement Bouchard, succède à ce dernier à titre de chef du parti et de premier ministre le 8 mars 2001. En 2002, les sondages indiquent une importante baisse de popularité du PQ, en réponse au succès du Parti libéral de Jean CHAREST et de l'Action démocratique du Québec (ADQ), le nouveau parti du jeune et dynamique Mario Dumont. Le soutien au PQ augmente cependant une fois que les Québécois prennent connaissance des positions plus conservatrices de l'ADQ. Qui plus est, des lois plus à gauche telles que la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale, provoquent la remontée du PQ. Ces mesures ne sont toutefois pas suffisantes, et le PQ est défait par les libéraux de Jean Charest aux élections de 2003.

Après cette défaite, certains membres du PQ commencent à remettre en cause le leadership de Bernard Landry. Au congrès du parti de 2005, ce dernier annonce sa décision de démissionner s'il ne recueille pas l'appui d'au moins 80 % des membres du parti. Les résultats ne lui accordant que 76,2 % des appuis, il tire sa révérence. Louise Harel devient la chef intérimaire du parti le 6 juin 2005.

Le 15 novembre 2005, André Boisclair, ancien ministre des cabinets de Bouchard et Landry, devient le sixième chef du Parti Québécois, devant Pauline Marois, candidate à la direction du parti et Richard Legendre, ancien ministre du cabinet du PQ. Boisclair mène plus loin la position du parti sur le séparatisme en dénonçant la Loi sur la clarté, affirmant que la souveraineté constitue une décision politique et non juridique. Il déclare que, aux prochaines élections provinciales, il cherchera à obtenir un mandat pour pouvoir tenir un référendum sur la souveraineté. Au moment de l'élection de Boisclair, les sondages donnent le PQ en avance sur les libéraux, mais, d'après les sondages suivants, le soutien au PQ commence à s'affaiblir.

Sous la direction de Boisclair, le PQ perd du terrain en 2007. Les élections du 26 mars montrent une montée de la popularité de l'ADQ. Créé en 1994, son programme électoral, basé sur le conservatisme libéral, gagne la faveur d'un nombre croissant de Québécois qui ne veulent pas d'un autre référendum. Le nombre de sièges du PQ tombe à 36 alors que l'ADQ lui succède comme opposition officielle dans un gouvernement libéral minoritaire. Pour la première fois en plus de 30 ans, le PQ ne forme ni le gouvernement ni l'opposition officielle au Québec. En mai, Boisclair annonce sa décision de démissionner de son poste de chef du parti. Le 27 juin 2007, après un retour en politique, madame Pauline Marois est élue chef du Parti Québécois par acclamation, première femme à occuper ce poste.

Le 4 septembre 2012, le PQ défait le gouvernement Charest qui était au pouvoir depuis neuf ans et forme un gouvernement minoritaire avec comme première ministre, Pauline Marois, première femme à accéder à ce poste.

Auteur Robert Comeau


Liens supplémentaires
Assemblée nationale du Québec
Site Web de l'Assemblée nationale du Québec.

René Lévesque : « Un parti à fonder, un pays à bâtir »
Les archives de Radio-Canada consacrent un vaste dossier de presse multimédia aux enjeux et événements politiques auxquels ont été associés René Lévesque et le Parti québécois.

L'héritage de René Lévesque
Un article sur l'héritage politique laissé par René Lévesque, fondateur du Parti québécois et premier ministre du Québec, du 25 novembre 1976 au 3 octobre, 1985. Site de l'Université de Montréal.

Revue du XXe siècle
La revue du XXe siècle est un inventaire des faits marquants qui se sont produits au Québec au siècle dernier. Par le gouvernement du Québec.

Parti Québécois
Le site Web du Parti Québécois.

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