L'Ontario constitue la province la plus riche, la plus peuplée et la seconde en superficie du Canada; elle s'étend de l'île Middle dans le lac Érié au sud (41° 40' de latitude nord) à la frontière du Manitoba sur la baie d'Hudson au nord (56° 51' de latitude nord) et des rives du fleuve Saint-Laurent à l'est (74° 20' de longitude ouest) à la frontière du Manitoba à l'ouest (95° 9' de longitude ouest). Les lignes frontalières traversent surtout les lacs et rivières du réseau des GRANDS LACS au sud et le long de la rivière des Outaouais à l'est; seules les frontières au nord-est et au nord-ouest ne correspondent pas à des éléments géographiques.

Le nom Ontario est un mot iroquoien que l'on traduit parfois par « beau lac » ou « belle eau », ce qui dépeint très bien la réalité, puisque ses eaux intérieures occupent près du sixième de la province, soit un peu plus d'un million de km2. C'est en 1641 que l'on utilise ce mot pour la première fois pour désigner l'extrémité est des Grands Lacs. Par ailleurs, « Old Ontario »a déjà été utilisé pour désigner la partie sud des terres entourant ces lacs. En 1867, on étend cette désignation à l'ensemble de la province.


Ontario, carte de l'
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fiche de renseignements


Terres et ressources
De toutes les provinces canadiennes, l'Ontario possède le paysage naturel le plus diversifié. Les deux tiers de la province font partie du BOUCLIER canadien, lequel couvre en grande partie le nord, à l'exclusion des basses terres de la baie d'Hudson. De la BAIE GEORGIENNE, à l'ouest, et des environs de Renfrew, à l'est, le bouclier forme un triangle dont le sommet pointe près de Brockville sur le fleuve Saint-Laurent. À l'est se trouve la plaine de l'Ontario oriental entre la rivière des Outaouais et le fleuve Saint-Laurent. À l'ouest, à partir de Kingston, une succession de collines s'étend jusqu'aux plaines de l'extrême sud-ouest ontarien. L'ESCARPEMENT DU NIAGARA, qui traverse la région comprise entre le Niagara et Tobermory en passant par l'ÎLE MANITOULIN, dans la baie Georgienne, constitue une remarquable attraction.

On divise souvent l'Ontario en deux régions bien distinctes : au sud du bouclier, la région où se trouve concentrée la majeure partie de la population et de l'activité agricole; le nord de la province, qui représente 90 % du territoire et n'abrite que 10 % de la population. Toutefois, la géologie, le climat, le sol, la végétation, et d'autres facteurs créent des régions distinctes à l'intérieur même de ces deux régions.


Ontario, topographie de l'
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Ontario, topographie du Nord de l'
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Ontario, topographie du Sud de l'
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Géologie
Les roches du bouclier sont parmi les plus vieilles de la terre et remontent au précambrien ancien et au précambrien récent. Les plus anciennes datent de 2000 millions d'années et les plus jeunes, de 900 millions d'années. Ces formations contiennent d'immenses réserves métallifères fort profitables à l'économie du nord de la province.

Les roches calcaires sédimentaires, les schistes et les grès du sous-sol du sud de la province sont plus récents et datent de l'ère paléozoïque, des périodes ordovicienne, silurienne et dévonienne surtout. Les affleurements rocheux de cette nature sont rares, sauf là où les différentes couches de l'escarpement du Niagara ont été exposées à l'érosion.

Tout l'Ontario a déjà été recouvert par les glaces, à un moment ou l'autre. La dernière couche de glace recouvrant la province est disparue il y a environ 10 000 ans, formant plusieurs des lacs du nord de la province et les Grand Lacs le long de ses frontières sud et ouest. Les premiers Grands Lacs étaient considérablement plus étendus que ceux d'aujourd'hui. Tout au cours de leur évolution, ils ont laissé une base sablonneuse le long de laquelle ont été tracés les premiers chemins de la province. Les rivières qui les drainaient alors coulent maintenant au fond de larges vallées dont celle de la rivière Grand.

La glaciation a laissé des traces. On trouve partout dans le sud de l'Ontario des blocs rocheux laissés par les glaciers, et dans toute la province, des traces de moraines successives, restes du passage de glaciers. La moraine d'Oak Ridge, qui a modelé le relief entre le lac Ontario et la baie Georgienne, est la plus remarquable. Les Horseshoe Moraines longent la rive est du lac Huron jusqu'à la base de la PÉNINSULE BRUCE et au sud-est, elles longent l'escarpement vers le lac Érié au sud-ouest. D'autres dépôts, les drumlins, sont assez répandus dans la région de Peterborough.


fiche topographique
Ontario, régions naturelles de l'
Ontario, régions naturelles de l'


Sols et végétation
La plus grande partie du bouclier canadien ne permet pas l'agriculture. Les sols podzoliques du nord sont extrêmement minces et peu fertiles, mais suffisent à la FORÊT BORÉALE. Seulement quelques régions, comme les ceintures argileuses du nord-Est ou la rivière à la Pluie dans le nord-ouest, présentent suffisamment de terres cultivées pour donner l'impression d'un territoire agricole. La forêt qui couvre le nord n'est pas homogène. Dans l'extrême nord, de minuscules saules et des épinettes noires croissent péniblement dans les tourbières. Plus au sud, les épinettes, trembles et pins gris dominent la partie nord du bouclier. Encore plus au sud, à l'est et à l'ouest du lac Supérieur, la forêt mixte couvre le territoire. Cette région est connue sous le nom de région forestière du Saint-Laurent et des Grands Lacs.

Forêt mixte
Forêt mixte
La forêt mixte est caractéristique de la région des basses-terres du Saint-Laurent (photo de Tim Fitzharris).
Au début du XIXe siècle, on y trouvait de vastes étendues de pins blancs, base même de l'industrie forestière du Canada central, et des érables à sucre.

Les sols luvisoliques podzols (brun-gris) du sud, qui se sont développés sous la végétation forestière à partir des dépôts glaciaires, sont relativement fertiles. Les deltas, autres vestiges de l'ÉPOQUE GLACIAIRE, ont formé des plaines sablonneuses, en particulier au nord du lac Érié.


Hydrographie
Les Grands Lacs couvrent près de la moitiéde la surface totale des quelque 177 390 km2 d'eaux intérieures. Le FLEUVE SAINT-LAURENT et les Grands Lacs ont attiré les explorateurs, commerçants, soldats et colons au coeur du continent. Plus récemment, les nombreux lacs et rivières de l'Ontario permettent l'exploitation de l'énergie hydroélectrique et une plus grande industrialisation.

Les cours d'eau ontariens sont alimentés par d'abondantes pluies et, dans la plupart des régions de la province, par les chutes de neige. Les précipitations sont assez régulières dans le sud et le centre, où les variations entre l'hiver et l'été ou entre le printemps et l'automne ne sont pas particulièrement remarquables. Toutefois, les précipitations hivernales et printanières sont plus faibles dans le nord et le nord-ouest.

Le bassin des Grands Lacs draine la majeure partie des eaux de la moitié sud de la province le long de la frontière méridionale, représentant un flot mensuel de 5750 m3/s d'eau vers la RIVIÈRE NIAGARA.

Contrairement aux rivières qui relient les Grands Lacs et dont le volume d'eau ne subit pas de grandes variations au fil des mois, les rivières intérieures voient le leur augmenter à la fonte des neiges et risquent de provoquer des inondations à chaque année. Ainsi, le volume d'eau de la RIVIÈRE DES OUTAOUAIS triple parfois en mai pour atteindre 2150 m3/s et redescend à son plus bas niveau en août, à 735 m3/s. Un exemple encore plus frappant reste celui de la rivière Thames, au sud-ouest de l'Ontario, dont le flot moyen de 143 m3/s en mars est plus de onze fois supérieur à celui des 12,9 m3/s d'eau enregistrés en août.


Climat
Le climat ontarien est très diversifié. Au nord, il est subarctique avec des températures moyennes de 12 à 15°C en juillet et de - 22 à - 25°C en janvier près de la baie d'Hudson. Les températures hivernales les plus élevées se retrouvent le long des Grands Lacs dans le sud-ouest et sous l'escarpement du Niagara, avec des moyennes qui varient en janvier de - 3°C près de Windsor à - 6°C près de Toronto. En juillet, la région située entre Chatham et Windsor est plus chaude (22°C). Les hivers sont rigoureux et la neige abondante dans la majeure partie de la province. Les régions exposées aux vents d'ouest des Grands Lacs sont souvent désignées comme faisant partie de la « ceinture de neige ». Les régions au sud d'Owen Sound, autour de Parry Sound et à l'ouest de Sault Ste. Marie reçoivent des chutes de neige dépassant les 250 cm.


information sur le climat
Les régions environnant Toronto et Hamilton se trouvent en partie à l'intérieur du « parapluie » de l'escarpement du Niagara et reçoivent moins de 150 cm de neige chaque année. Sans être importantes, les variations topographiques exercent une influence notable sur le climat. Les hautes terres du comté de Grey, la région du parc provincial Algonquin et les hautes terres du lac Supérieur sont nettement plus fraîches. La baie d'Hudson est couverte de glaces en hiver, ce qui abaisse davantage les températures septentrionales. Les Grands Lacs, au contraire, adoucissent les températures hivernales.

Le climat ontarien influence grandement le rendement agricole. La plupart des cultures spécialisées, comme celles du maïs, du soja et de la betterave à sucre, sont concentrées dans le sud-ouest où on enregistre de 2000 à 2600 degrés-jours de culture. Les fruits sont surtout cultivés dans la péninsule du Niagara, et le tabac, dans le comté de Norfolk. Le nord de la région des Clay Belts, avec environ 1480 à 1500 degrés-jours de culture, se prête à un nombre plus restreint de cultures, comme le maïs fourrager, le foin, l'orge et la pomme de terre. Après la première semaine de mai, le gel est peu fréquent dans le sud, mais dans le nord, il peut persister jusqu'en juin.

Malgré de fréquentes précipitations de pluie ou de neige, la province est généralement ensoleillée. Ainsi, Sault Ste. Marie connaît à peu près autant d'ensoleillement en juillet que la ville de Victoria.

Comptant plus de terres agricoles de première classe que toute autre province, l'Ontario possède aussi de nombreuses rivières fournissant de l'énergie hydroélectrique. En outre, on découvre en 1883 les gisements de NICKEL et de CUIVRE les plus importants au monde ainsi que du plomb, du zinc, de l'argent et du platine dans la région de Sudbury. Un gisement d'argent à haute teneur est découvert près de Cobalt en 1903. On découvre les dépots d'OR les plus importants d'Amérique du Nord près des villes de Porcupine et de KIRKLAND LAKE entre 1905 et 1912, de Red Lake en 1925 et, plus récemment, près d'Hemlo en 1981. En 1953, on découvre à ELLIOT LAKE l'un des plus importants gisements d'uranium au monde. De vastes gisements de cuivre, de zinc et d'argent sont découverts près de Timmins en 1964. On trouve des mines de MINERAI DE FER dans le district d'Algoma au nord du lac Supérieur.

Le sud de l'Ontario possède de moins grandes quantités de minerais, mais on trouve du fer près de Marmora, de l'uranium près de Bancroft et des gisements de pétrole et de gaz de moindre importance dans le sud-ouest. Dans de nombreuses régions du sud, les sols contiennent du calcaire, du sable et du gravier, des résidus de dépôts glaciaires. Quelque 422 000 km2 des forêts ontariennes sont exploitables. La province arrive au troisième rang dans le domaine de l'industrie forestière.


Conservation
La majorité des forêts appartiennent à l'État, mais sont exploitées en association avec le ministère des Richesses naturelles, soit par des entreprises forestières dotées de permis les engageant à la conservation de la ressource, soit par des propriétaires privés. En 1991, le gouvernement de l'Ontario instaure un programme de développement durable des forêts qui entraîne la promulgation d'une nouvelle législation : Loi sur la conservation de la forêt domaniale (Crown Forest Sustainability Act) (1995). Grâce à cette loi, le financement pour la régénération complète des régions où le bois a été coupé est garanti par le Fonds de reboisement. Cette loi englobe la protection de la faune, les végétaux, les ÉCOSYSTÈMES et la BIODIVERSITÉ ainsi que l'engagement du public dans la planification de l'aménagement des forêts.

La prise de conscience de la valeur de la nature a suscité l'établissement d'un réseau de parcs provinciaux, à commencer par le PARC PROVINCIAL ALGONQUIN (7723 km2) en 1893. Il existe actuellement 265 parcs provinciaux, du PARC PROVINCIAL RONDEAU sur le lac Érié au sud jusqu'à la baie d'Hudson, mais le parc provincial Polar Bear, véritable réserve faunique, est pratiquement inaccessible. Parmi les PARCS NATIONAUX, on trouve le PARC NATIONAL DES ÎLES-DE-LA-BAIE-GEORGIENNE, le PARC NATIONAL DE LA POINTE-PELÉE, le PARC NATIONAL DU PUKASKWA, le PARC NATIONAL DES ÎLES-DU-SAINT-LAURENT, le PARC NATIONAL DE LA PÉNINSULE-BRUCE et le PARC MARIN NATIONAL FATHOM FIVE.

Le gouvernement encourage la mise sur pied de centres locaux de conservation et propose divers modes de canalisation et de régulation du débit des eaux. Sa réglementation sur les terres est la plus étendue et la plus complexe au Canada. La perte des terres agricoles préoccupe aussi beaucoup. Il s'agit d'une question politique controversée qui a fait l'objet de nombreuses études et de planification de la part du gouvernement.

Des régions d'une grande beauté naturelle, comme l'escarpement du Niagara, suscitent l'intérêt des environnementalistes et des hommes politiques. En 1984, les deux groupes sont parvenus à une entente puisque, à la suite des pressions populaires, on a annoncé un audacieux plan de conservation. Depuis, on a créé 1 parc national, 1 parc marin national et 15 parcs provinciaux. On a aussi reconnu l'escarpement comme une réserve de la biosphère des Nations Unies en 1990.

On a consacré de grands efforts à la recherche dans le but de renverser la tendance qui prévaut dans l'industrie de la pêche sur les Grands Lacs. Depuis les années 1920, on tente de repeupler les lacs de poissons, pour ensuite tenter d'exterminer la LAMPROIE qui, parce qu'elle se nourrit d'autres poissons, contribue au dépeuplement des lacs.

Les gouvernements s'efforcent également d'améliorer, parfois avec succès, la qualité de l'eau le long des rives des lacs. Cette réussite, combinée à des mesures rigoureuses concernant la pêche commerciale et sportive, a grandement contribué à améliorer les stocks de poissons dans les Grands Lacs. Toutefois, la question des PLUIES ACIDES (dans sa dimension canado-américaine) ne sert guère les chances de succès d'une telle entreprise. Cependant, des études menées en Ontario démontrent que certaines espèces peuvent survivre malgré les pluies acides et peuvent bien se comporter dans des lacs où la qualité de l'eau est améliorée.

Raton laveur au bord de l'eau
Raton laveur au bord de l'eau
Le Raton laveur manipule sa nourriture, mais ne la lave pas. Son sens du toucher est très développé et il utilise ses pattes pour fouiller (Corel Professional Photos).
Pukaskwa, parc national
Pukaskwa, parc national
Parc national Pukaskwa (Barrett & MacKay/avec la permission du Service canadien des parcs).
Quetico, parc provincial de
Quetico, parc provincial de
Région typique du bouclier boréal dans le Nord de l'Ontario (photo de Brian Milne/First Light).


Population
Le peuplement en Ontario remonte à la préhistoire. Lors de l'arrivée des Européens au XVIIe siècle, la population amérindienne se divise en deux groupes : les tribus de chasseurs nomades algonquiens au nord et au nord-ouest, et les tribus iroquoiennes au sud, dont les NEUTRES, les HURONS et les Ériés. Après l'éclatement de la HURONIE, les Hurons se dispersent pendant les GUERRES IROQUOISES des années 1640. Les guerre forcent également l'abandon de la mission jésuite SAINTE-MARIE-DES-HURONS (1649), le premier établissement européen de l'Ontario.

La colonisation sur une vaste échelle ne commence pas avant les années 1780. Il y avait bien des colonies françaises parsemées ici et là, en particulier autour de Détroit; toutefois, ce sont les LOYALISTES, réfugiés de la Révolution américaine, qui constituent le premier flot d'immigrants.

Ils donnent à la province son cachet anglo-saxon plus tard renforcé par les vagues d'immigrants en provenance des États-Unis, puis, pendant le XIXe siècle et le début du XXe siècle, des îles Britanniques. Vers la fin du XIXe siècle, des Québécois s'établissent dans l'est et le nord-est de l'Ontario, ce qui crée une enclave francophone le long de la frontière ontarienne. Même si le Nord accueille des immigrants d'outre-mer au début du XXe siècle, ce n'est pas avant 1945 que l'immigration en provenance d'Europe continentale, des Antilles et de l'Asie orientale se fait sentir dans les régions les plus populeuses de la province.

La province est d'abord peuplée par des fermiers. Cependant, au milieu du XIXe siècle, la population commence à s'établir dans les villes et devient majoritairement urbaine à l'époque de la Première Guerre mondiale. Malgré l'attrait des États-Unis, l'Ontario reste depuis 1867 la province la plus peuplée au Canada et, selon le recensement de 1991, sa population a augmenté de 983 200 personnes en cinq ans, soit 49 % de la croissance nationale, atteignant un total de 10 084 885 habitants. En 2001, la population était de 11 410 046 personnes.


Centres urbains
L'Ontario est la province la plus urbanisée du Canada : en 2001, 84,7 % de la population habitent les centres urbains. Ce qui frappe dans la composition du tissu urbain, c'est la conurbation au centre-sud, autour de l'extrémité ouest du lac Ontario (le fameux « Golden Horseshoe »), où se trouvent les villes de ST. CATHARINES (agglomération : 299 935 habitants), d'HAMILTON (agglomération : 618 820 habitants) et de TORONTO (agglomération : 4 366 508 habitants). Près de la moitié de la population ontarienne habite ces quatre villes ou à proximité. Toronto est la plus grande ville du Canada et joue un rôle important dans l'économie de l'Ontario. Hamilton, qui occupe la neuvième place au Canada en ce qui a trait à la population, se classe troisième dans l'industrie manufacturière.

Niagara, région de (image-satellite)
Niagara, région de (image-satellite)
Cette image-satellite montre la région la plus peuplée et la plus industrialisée du Canada. Le développement urbain apparaît sous forme de taches bleu pâle. Toronto se trouve en haut, à gauche, et Hamilton, en bas, à gauche. Les zones roses et vertes sont des terres agricoles (avec la permission du Centre canadien de télédétection).
Les centres urbains du sud-ouest de l'Ontario entourant l'axe KITCHENER-WATERLOO (387 319 habitants) et LONDON (337 318 habitants) sont tous des centres manufacturiers, de services et de transport. WINDSOR (208 402 habitants), depuis longtemps le siège de l'INDUSTRIE DE l'AUTOMOBILE, fait géographiquement partie de l'agglomération urbaine de Détroit. À l'exception de KINGSTON, la plus grande ville à l'extrémité est du lac Ontario, et d'OTTAWA, dont une importante partie de la population active est à l'emploi de la fonction publique fédérale, l'est ontarien ne compte pas de grandes concentrations urbaines.

Les villes du nord de la province s'assemblent le long de la ligne de chemin de fer dont la plupart tirent leur origine. NORTH BAY est toujours un centre de transport; SUDBURY se trouve au coeur de la plus grande région minière du Canada; SAULT STE. MARIE est la seconde ville productrice d'acier au Canada; et Thunder Bay est un important port de transbordement. À l'exception de THUNDER BAY, sur le lac Supérieur, et de Windsor, sur la rivière Détroit, les rives des autres Grands Lacs ne comptent pas de grands centres urbains au Canada.

La population tend à s'établir dans les banlieues; des villes comme Toronto, Ottawa et Hamilton en sont un exemple, elles ont tendance à perdre leur population au profit des banlieues. Ainsi, dans la région de Toronto, Scarborough et Mississauga connaissent des taux d'accroissement élevés, alors que des banlieues plus anciennes comme North York ont pratiquement cessé leur poussée démographique dans les années 1970. Contrairement aux grandes villes américaines, le noyau central des villes ontariennes est demeuré largement résidentiel. Il n'existe pratiquement pas de terrains vagues.


Main-d'oeuvre
L'Ontario avait autrefois une vocation surtout agricole. Toutefois, sur 6,3 millions de travailleurs, ceux qui oeuvrent dans l'agriculture et dans les activités connexes ne totalisent plus que 83 000. Pour ceux qui considèrent toujours l'Ontario comme une province en majorité industrielle, il y a une autre surprise en réserve. L'industrie manufacturière, qui emploie environ un million de personnes, dépasse largement celle de l'agriculture. Cependant, le secteur en croissance est celui des services, qui emploie 4,3 millions de personnes.

De nombreux emplois ont été perdus dans l'industrie au cours de la récession du début des années 1980 et 1990, comme le démontre le déclin spectaculaire du jadis très puissant syndicat des métallurgistes. Les syndicats les plus puissants et les mieux établis de l'Ontario sont ceux de la fonction publique et des sociétés d'État.

Le chômage chez les jeunes, qu'on retrouve partout au pays, constitue le problème crucial des années 1990. Toutefois, la proportion de jeunes chômeurs ontariens se compare avantageusement au taux national, et ceci depuis des dizaines d'années. Au cours de la même période, le taux de chômage s'est maintenu de façon constante au-dessous de la moyenne nationale.


Langues et ethnies
En 1991, plus des trois quarts (75,1 %) des 10 millions d'Ontariens sont de langue maternelle anglaise. Parmi le reste de la population, 4,6 % sont francophones et 17,2 % parlent une autre langue. Ces données ne rendent toutefois pas totalement compte de la réalité. Près de 217 565 personnes parlent au moins l'une des deux langues officielles plus une ou deux autres langues. Par exemple, 211 870 personnes parlent anglais et au moins une autre langue à part le français. En outre, 70 860 personnes parlent anglais et français. La plupart des autres personnes parlent l'anglais, le français et une ou deux autres langues.

Approximativement 527 600 Ontariens se déclarent de souche française. Même si la communauté franco-ontarienne reste forte et se concentre surtout dans l'est et le nord-est de la province, elle semble décliner lentement, déclin en partie attribuable à la facilité d'accès des francophones de la région d'Ottawa aux villes de banlieue situées au Québec. Les francophones de la fonction publique fédérale ont ainsi la possibilité de s'établir dans un milieu francophone. La tendance, en plus de refléter le déclin de l'agriculture et des autres industries primaires, reflète aussi l'exode rural.

Si les Ontariens de souche française ont diminué, il en a été de même pour ceux de souche britannique (ce qui comprend ici les IRLANDAIS). Massivement britannique à ses débuts, l'Ontario ne l'est plus maintenant qu'à 25 % (recens. 1991, réponse simple). Les Ontariens descendant de Français (5,2 %) et d'ITALIENS (4.9 %) sont les deux autres groupes les plus importants. On trouve 289 420 personnes dont les ancêtres sont ALLEMANDS. L'arrivée des PORTUGAIS est plus récente : seulement 60 000 sont nés au Canada, les 116 300 autres étant nés au Portugal. Le recensement de 1996 indique la présence de 69 385 autochtones.

L'immigration en provenance des Antilles, du sous-continent indien et de l'Asie orientale a également contribué à l'augmentation démographique. Néanmoins, l'apport le plus important provient encore de la Grande-Bretagne, dont près de 409 000 ressortissants sont nés à l'extérieur de la province.

L'anglais est la seule langue officielle de l'Ontario, même si en pratique, et dans une moindre mesure en principe, son usage est moins exclusif. Le gouvernement provincial a progressivement accru les droits des francophones dans les domaines de la justice, de l'enseignement et de la fonction publique et a même envisagé de faire du français une langue officielle.

Par divers programmes de MULTICULTURALISME, on encourage l'utilisation d'autres langues dans des chaires d'études universitaires ukrainiennes, baltes et hongroises, pendant que les responsables scolaires font l'expérience de l'enseignement dans les « langues d'origine » dans les écoles de Toronto. L'enseignement du français au niveau élémentaire s'est accru, mais la mollesse des programmes n'incite pas les élèves ontariens à poursuivre leurs études dans un cheminement qui offre certaines difficultés et est par ailleurs facultatif au niveau secondaire. Les études françaises à l'université suscitent pour leur part de moins en moins d'intérêt, un sort que connaissent également les autres langues modernes. Bien qu'ils soient préoccupants, les effets de ce désintérêt ne sont pas encore apparents.


Religions
La population ontarienne est toujours divisée selon les confessions religieuses traditionnellement les plus répandues. La plus importante est le catholicisme, très répandu chez les communautés française, irlandaise et italienne, avec plus de 3,5 millions de fidèles (rencens. 1991). Viennent ensuite l'ÉGLISE UNIE, avec 1,4 million de fidèles et les ANGLICANS, avec 1,1 million, tandis que les presbytériens qui n'ont pas rejoint les rangs de l'Église Unie représentent 422 200 fidèles. Les autres groupes les plus importants sont les BAPTISTES (264 600), les LUTHÉRIENS (227 900) et les Grecs de rite ORTHODOXE (167 200). Les JUIFS sont au nombre de 175 600; l'ISLAM compte 145 600 adeptes et l'hindouisme, 106 700. Dans la plupart des religions organisées, les femmes sont majoritaires. Le nombre de personnes qui ne se déclarent d'aucune croyance religieuse (696 300 hommes et 551 300 femmes) et l'assistance peu nombreuse aux offices religieux démontrent le changement radical dans les affiliations religieuses depuis le début du XXe siècle.


Économie
Au début, l'économie ontarienne repose sur la chasse et le piégeage. Le développement économique s'accentue après l'arrivée des colons et, jusque vers la fin du XIXe siècle, son économie surtout rurale se base sur l'agriculture. Au début du XXe siècle, la construction du chemin de fer dans le nord de la province permet l'accès aux ressources minières, comme à COBALT et à TIMMINS.

Le développement de l'énergie hydroélectrique et l'expansion des exportations au tournant du siècle engendrent un essor de l'industrie et des villes, grandes ou petites. L'Ontario est à prédominance urbaine depuis 1911 et l'agriculture s'est adaptée à la réalité nouvelle, passant d'une culture de céréales mélangées et de l'élevage du bétail aux cultures régionales spécialisées et destinées aux vastes marchés urbains : produits laitiers, maïs d'engraissement, fruits, légumes et tabac.

L'Ontario exporte une majeure partie de sa production, dont les automobiles. Son marché principal reste depuis toujours les régions densément peuplées du centre du pays. Les ventes dans l'ouest du pays et dans les Maritimes sont plutôt marginales.

Comme dans d'autres régions du pays, le développement de ces dernières années s'est fait dans le secteur des services, pendant que l'industrie lourde, plus vieille, tend à décliner. L'ensemble de la production en Ontario ayant connu un taux de croissance inférieur à la moyenne canadienne pendant les années 1970, son économie connaît un renouveau au milieu des années 1980. En 1987, la province enregistre le taux de chômage le plus bas, la dette la moins élevée par habitant et le taux de croissance le plus élevé. Cependant, l'Ontario a subi les effets de la récession de 1991 plus durement que les autres régions du Canada, et la reprise est très lente.


Agriculture
L'Ontario possède la proportion la plus large des « meilleures » terres agricoles au Canada, soit près de 50 % de toutes les terres de première classe. De 1986 à 1994, l'Ontario s'est classée première en rentrée de fonds pour les produits de la ferme. L'agriculture est surtout concentrée dans le sud, bien qu'on trouve des grappes de fermes à l'intérieur du bouclier qui desservent les marchés laitiers locaux. La culture des fourrages est la plus importante, mais on cultive aussi du MAÏS, des céréales mélangées, du blé d'hiver et de l'ORGE. La province est par conséquent en mesure de desservir les marchés, les fermes bovines et laitières. En ce qui a trait au nombre de fermes laitières, elle se classe deuxième, derrière le Québec. On les trouve surtout dans la région de London-Woodstock, dans la péninsule de Bruce et dans l'est de la province.

Ferme près de Stittsville, Ontario
Ferme près de Stittsville, Ontario
C'est en Ontario que l'on trouve les meilleures terres agricoles du pays, avec un peu plus de 50 p. 100 du total des terres de classe 1 du Canada (Corel Professional Photos).
Seule la production laitière du Québec dépasse celle de l'Ontario. Les recettes totales de la province se chiffrent à 1,1 milliard de dollars en 1994. Malgré une réglementation sévère des gouvernements fédéral et provincial, quatre grandes entreprises transforment près de 90 % de la production laitière de la province. L'une d'elles, la brasserie Labatt (sous les noms de Silverwood et de Sealtest), fournit le septième de la production laitière canadienne.

Par une très forte marge, l'Ontario arrive au premier rang au Canada pour le nombre de fermes prospères, c'est-à-dire celles qui produisent pour 100 000 dollars et plus par année. Il y a aussi un grand nombre de fermes qui se retrouvent au bas de l'échelle, et même si les gouvernements fédéral et provincial encouragent l'abandon des terres semi-marginales, le processus est encore en cours. Les revenus les plus bas de la province se retrouvent dans les comtés qui comptent le plus grand nombre de terres marginales ou semi-marginales encore en culture le long de la baie Georgienne, du lac Huron ou dans d'autres parties de l'est ontarien.

Comme dans d'autres secteurs, les fermiers ontariens ont gardé l'habitude de vendre leurs produits par le truchement d'offices de commercialisation établis depuis les années 1930. Ces derniers ne font pas l'unanimité, même chez les fermiers, mais ils permettent de maintenir une certaine stabilité des marchés et de trouver de nouveaux débouchés aux produits agricoles. Les conditions économiques qui prévalent à la fin des années 1970 et 1980 engendrent des protestations chez les « petits » fermiers désavantagés par le système, lesquels font face à l'endettement et aux taux d'intérêt élevés.


Industries
L'Ontario est depuis toujours la province manufacturière la plus importante du Canada. C'était déjà le cas à l'époque de la Confédération et cette tendance a depuis favorisé l'essor industriel de la province, avantagée par son réseau de transport, d'abondantes richesses naturelles et l'accessibilité au marché américain.

La proximité de l'industrie automobile américaine y favorise l'implantation d'usines. L'établissement en Ontario de Ford, de General Motors et de Chrysler a donné naissance à un grand nombre d'industries connexes disséminées dans le sud de la province. De l'équipement de transport de toutes sortes, aérien et ferroviaire entre autres, provient 1 dollar pour chaque 5 dollars de production à la valeur ajoutée.

L'Ontario produit plus de la moitié du PIB des industries manufacturières au Canada, soit 87 milliards de dollars, grâce à plus de 12 000 établissements manufacturiers. La communauté urbaine de Toronto possède la moitié des industries manufacturières, suivie d'Hamilton, de Windsor, de St. Catharines-Niagara et de London. Durant la fin des années 1970, Ottawa, souvent perçue comme l'austère capitale entièrement dépendante des largesses du gouvernement fédéral, a confondu ses détracteurs en devenant l'équivalent canadien de la Silicon Valley californienne, centre industriel de HAUTE TECHNOLOGIE, et produisant des ordinateurs, de la technologie de communications et des logiciels. La province compte près de 60 % des industries de pointe du Canada, mais reste tout de même (à l'instar du reste du Canada) importatrice de technologie.

Au début des années 1980, l'apparition de cette entreprise nouvelle et prometteuse fait taire les critiques lorsqu'une récession dans l'industrie de l'automobile semble démontrer une faille dans la structure économique devenue désuète justement dans les secteurs névralgiques de la province où sont concentrés les investissements. En même temps, la faiblesse de la génération précédente des industries de pointe, comme la compagnie d'aéronef DE HAVILLAND LIMITÉE près de Toronto, connaît un ralentissement. Par conséquent, certaines compagnies ontariennes bien en vue sont devenues le point de mire des efforts gouvernementaux visant la relance, à grand renfort de publicité, de Chrysler, MASSEY-FERGUSON (maintenant Varity Corporation) et de Havilland (vendu par Boeing à Bombardier).


Mines
Le développement de l'industrie minière est lié de près à l'expansion de Toronto comme centre financier de l'Ontario et du Canada. Au début du siècle, l'exploitation des richesses naturelles du nord de la province fait d'abord de Toronto un concurrent, puis le vainqueur d'une longue rivalité avec Montréal.

Or, mine d'
Or, mine d'
La mine de Hemlo dans le Nord de l'Ontario (photo de Brian Milne/First Light).
Le nickel favorise la prospérité de la région de Sudbury. Au début du siècle, l'argent, le plomb et le zinc attirent les prospecteurs à Cobalt, et l'or contribue à relancer l'activité économique de la province (et du pays dans une certaine mesure) durant les années 1930. Dans les années 1950, la découverte d'un gisement d'uranium fabuleusement riche à Elliot Lake stimule de nouveau l'économie ontarienne.

Les mines ont toujours joué un rôle majeur dans l'économie de la province, même si cette industrie a connu des jours sombres dans les années 1980 et le début des années 1990, au moment où le marché international enregistre une baisse dans tous les secteurs miniers. Malgré tout, en 2000, la production de nickel est évaluée à 1,4 milliard de dollars; les métaux de mine de platine, à 430 millions de dollars; le cuivre, à 551 millions de dollars; l'or, à 96 millions de dollars; et le zinc, à 143 millions de dollars.


Forêts
Les forêts couvrent 580 000 km2 de la superficie de l'Ontario, dont moins de la moitié peut se prêter à l'exploitation. La plus grande partie (88 %) appartient à la province; les sociétés forestières doivent donc obtenir l'autorisation du gouvernement avant d'entreprendre toute exploitation. En 1998, les recettes provenant de cette industrie se chiffrent à 15 milliards de dollars. Plus de 90 % de la production de pâtes et papiers est destinée au marché américain.


Pêche
Autrefois prospère, l'industrie de la pêche au corégone, au brochet et à la truite dans les Grands Lacs a connu un déclin considérable. En effet, les prises excessives et la détérioration de la qualité de l'eau dans le lac Érié, entre autres, ont ébranlé ce secteur.

Dans les années 1920, environ 10 000 personnes dépendent de ce secteur. En raison de ce déclin, cette industrie n'apporte qu'une modeste contribution à l'économie de la province, même si elle est encore importante dans les collectivités du nord. La modeste pêche commerciale de l'Ontario a été victime de la POLLUTION qui affecte aussi l'industrie touristique de la pêche sportive, surtout dans le nord de la province; néanmoins, cette dernière activité a engendré des dépenses globales de centaines de millions de dollars, grâce surtout aux techniques d'empoissonnement améliorées.


Finances
Le quartier de la rue Bay à Toronto constitue le coeur du monde canadien de la finance. Les sièges sociaux de toutes les grandes banques à charte canadiennes et de maintes grandes sociétés et entreprises de courtage se trouvent à Toronto en pratique, sinon officiellement. La Bourse de Toronto, installée dans de luxueux locaux, est la plus vaste du pays. L'immeuble First Canadian Place, rempli d'avocats, de comptables et d'administrateurs, est le plus élevé au pays (290 m). La TOUR DU CN, 533 m de haut, autre monument commercial, représente le bâtiment non encastré le plus haut du monde.

Toronto, les tours de
Toronto, les tours de
Les tours des banques attestent de l'activité financière concentrée à Toronto (photo de J. Kraulis).
Au Canada, l'ACTIVITÉ BANCAIRE est une affaire nationale, mais aucune étude ne démontre que l'Ontario tire un bénéfice quantifiable de l'implantation des banques dans sa capitale provinciale, si ce n'est la joie de vivre que les banquiers et leur personnel insufflent à la collectivité. Dans leur désir d'ériger des gratte-ciel toujours plus hauts, les banques influent toutefois de façon tangible sur l'architecture de la ville qu'elles ornent de leurs ziggourats, nouveau symbole bancaire remplaçant les basiliques d'autrefois. (voir ARCHITECTURE DES BANQUES).

En 1993, les banques canadiennes possèdent 3200 succursales en Ontario. Le nombre de succursales démontre clairement la préférence des Ontariens pour la BANQUE CANADIENNE IMPÉRIALE DE COMMERCE, dotée d'une longue histoire dans la province. Un nombre considérable de personnes, seulement surpassé par le Québec, préfère les COOPÉRATIVES DE CRÉDIT aux banques à charte.

Principal centre de virement des chèques encaissés au Canada, Toronto reçoit la grande majorité des chèques encaissés dans la province et plus de la moitié des chèques écoulés dans tout le pays. En outre, Toronto abrite le siège social de plusieurs grandes sociétés d'assurance et bénéficie des retombées financières connexes. D'autres villes comme Kitchener-Waterloo, et surtout London, abritent aussi les sièges sociaux de sociétés d'assurance.


Transport
L'Ontario possède 13 436 km de voies ferrées et plus de 21 000 km de routes revêtues. Les routes jalonnent la majeure partie de la province au sud de la ligne de partage des eaux entre la baie d'Hudson et les Grands Lacs. Au nord de cette ligne, les routes se font rares, et l'on doit recourir au transport aérien ou maritime. En 1994, la vente d'essence atteint 12,7 milliards de litres et celle de carburant diesel, 2,91 milliards de litres. Elle alimente une industrie automobile croissante ainsi qu'une énorme flotte de véhicules privés.

Ces dernières années, on s'est beaucoup interrogé sur le meilleur moyen de transport, ou le plus économique. En guise de réponse, le gouvernement ontarien a construit et continue à étendre un réseau d'autoroutes sillonnant de Montréal à Windsor la bordure méridionale de la province (il est pourtant toujours impossible d'aller directement de Toronto à Ottawa par autoroute à quatre voies sans passer par Montréal). Il a aussi créé un service de trains de banlieue, le GO (Government of Ontario) Transit qui dessert le corridor Hamilton-Oshawa le long du lac Ontario, et participe au développement des transports municipaux par le biais de sa société de développement du transport urbain.

Le long de sa frontière méridionale, l'Ontario gère une grande voie navigable, la VOIE MARITIME DU SAINT-LAURENT. Le CANAL WELLAND, important maillon de la voie maritime, relie les lacs Érié et Ontario. L'aménagement de la voie maritime et l'utilisation subséquente de « conteneurs » pour le fret déchargé dans les ports de l'est ont beaucoup nui au transport ontarien par bateau. Le port de Toronto, très touché, a vu ses expéditions et le nombre de ses employés diminuer de façon marquée au profit de Montréal, de Saint-Jean et d'Halifax. Deux autres ports de l'Ontario, Hamilton et Thunder Bay, se classent parmi les dix premiers au Canada pour la marchandise. Les activités portuaires de Thunder Bay se rapportent surtout au charbon, au blé et au canola, tandis que celles d'Hamilton, comme on pouvait s'y attendre, au minerai de fer, au fer, à l'acier, aux alliages et au charbon.


Énergie
L'Ontario a toujours importé de l'ÉNERGIE. Au temps des pionniers, la forêt répondait aux besoins de combustible, mais avec la croissance urbaine et industrielle, l'Ontario a dû faire appel au CHARBON des mines voisines de l'Ohio, de la Pennsylvanie et de l'ouest de la Virginie, meilleur et moins coûteux à expédier que celui de la Nouvelle-Écosse. Près de la baie James, la province possède des gisements de charbon, dont l'exploitation a jusqu'ici été jugée peu économique. Dans le domaine du pétrole et du gaz, l'Ontario bénéficie au départ d'un léger avantage : en effet, on a exploité le pétrole découvert près de Petrolia dès la fin des années 1850. Pour sa part, le gaz naturel a été découvert un peu après et pendant longtemps, l'Ontario était le premier producteur de ces produits au Canada. Toutefois cet apport ne représente maintenant qu'une faible part de la production globale d'énergie.

Niagara, chutes
Niagara, chutes
Vue des chutes canadiennes en forme de fer à cheval et des environs, à Niagara Falls, en Ontario (avec la permission de la Niagara Parks Commission).
On doit donc aussi importer le pétrole et le gaz des États-Unis, par les ports de la côte Est. Cette importation s'est parfois révélée précaire lorsque les pénuries de pétrole, de gaz et de charbon aux États-Unis ont gravement menacé le chauffage en Ontario. Au cours des années 1950, les gouvernement fédéral et provincial ont absolument tenu à relier la province aux gisements de gaz et de pétrole de l'ouest du pays. Le pétrole arrive le premier, puis le gaz, acheminé par le pipeline transcanadien achevé en 1958.

Les progrès techniques des années 1880 et 1890 apportent à l'Ontario sa première source d'énergie issue de la province même, l'HYDROÉLECTRIClTÉ. L'Ontario est abondamment pourvue de cours d'eau, de rapides et de chutes. Ces dernières servent d'abord pour les SCIERIES, puis pour la production d'électricité. Une fois mises en valeur, les CHUTES NIAGARA, qui sont l'une des grandes chutes du monde en même temps qu'une des principales attractions touristiques de la province, donnent au sud de la province un net avantage sur les régions industrielles concurrentes. En 1906, on nationalise la majeure partie de l'électricité sous l'autorité d'Hydro-Electric Power Commission of Ontario, maintenant HYDRO ONTARIO, et de son dynamique fondateur, sir Adam BECK. (Il subsiste une source privée d'électricité, la Great Lakes Power). En 2002, Hydro Ontario est restructurée en cinq entités, et le marché de l'électricité est privatisé.

Depuis, la société Hydro Ontario s'est étendue au réseau fluvial de l'Outaouais, puis du Saint-Laurent. Très tôt pourtant, elle a importé de l'électricité du Québec, soulignant qu'il restait peu de sources d'électricité inexploitées en Ontario. Toutefois, les gestionnaires d'Hydro préfèrent de loin l'autosuffisance.

Lors de cette prise de conscience, au début des années 1950, la province a dû choisir entre la construction de centrales thermiques au charbon ou au mazout (en se servant de combustibles importés) et une nouvelle orientation. Elle a choisi les deux voies. Pendant les années 1950 et 1960, on construit des centrales thermiques qui augmentent la proportion d'électricité d'origine thermique, quasi inexistante en 1960, à plus du tiers de la production globale en 1970.

Au même moment, de concert avec la société Énergie atomique du Canada limitée, bras droit du gouvernement fédéral dans ce domaine, Hydro Ontario entreprend la construction de centrales nucléaires. La première centrale de grande envergure s'ouvre à Douglas Point en 1966, suivie de celles de Pickering et de Bruce. La vente d'électricité aux États-Unis, d'une valeur de 233 millions de dollars en 1995, devrait continuer à représenter quelque 10 % de la production.

En 1994, le charbon (15 %), l'hydroélectricité (25 %) et l'énergie nucléaire (60 %) représentent presque toute l'électricité produite par l'Ontario, l'énergie nucléaire en étant la principale source depuis 1981. Les ventes d'électricité aux États-Unis comptent pour 233 millions de dollars en 1995 et devraient continuer d'augmenter pour atteindre environ 10 % de la production.


Gouvernement et politique
L'Ontario possède une structure gouvernementale analogue à celle des autres provinces canadiennes. Le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, nommé par le gouvernement fédéral, dirige symboliquement l'administration, avec l'aide d'un conseil des ministres ou d'un cabinet dirigé par un PREMIER MINISTRE PROVINCIAL. Le cabinet gouverne tant qu'il conserve la confiance de l'Assemblée législative ou du Parlement provincial, formant une seule chambre de 130 députés élus pour cinq ans. Cependant, si des circonstances exceptionnelles l'exigent, son mandat peut être prolongé par décision législative. Tout citoyen canadien résidant en Ontario et âgé de18 ans ou plus a droit de vote. (Voir aussi PREMIERS MINISTRES DE L'ONTARIO : TABLE; LIEUTENANTS-GOUVERNEURS DE L'ONTARIO : TABLE.)

Ontario, parlement d'
Ontario, parlement d'
Les édifices du parlement de l'Ontario, à Toronto, illustrent bien le renouveau de l'art roman tardif des années 1890 (avec la permission d'Environnement Canada, Services des parcs/Relevés des richesses du patrimoine).
Comme dans le reste du pays, la province nomme seulement les représentants du pouvoir judiciaire placés aux échelons inférieurs, à savoir les « juges provinciaux », autrefois nommés magistrats. Le gouvernement fédéral nomme les juges de tous les autres paliers. Ottawa paie le traitement de ces juges, tandis que la province assume les autres coûts liés aux tribunaux.


Administration locale
Pendant longtemps, l'ADMINISTRATION LOCALE ontarienne reposait sur la structure prévue par la Loi de 1849 sur la régularisation du statut des municipalités, promulguée par Robert BALDWIN. Cette loi divisait le sud de la province en COMTÉS, citées, villes et villages. Toutefois, la croissance de la population urbaine au XXe siècle fait pression sur les juridictions traditionnelles. Plutôt que de laisser les villes s'étendre à l'infini dans les banlieues et les campagnes environnantes, le gouvernement provincial envisage la création d'agglomérations administrées à l'échelle régionale et englobant plusieurs juridictions.

La première, créée le 1er janvier 1953, est la municipalité du Toronto métropolitain, fédération de la ville et de ses banlieues, découpée dans la moitié méridionale du comté de York. Les années 1960 et 1970 voient la création de diverses « municipalités régionales » basées sur le modèle de Toronto, parfois au grand déplaisir des citoyens et des personnages politiques locaux.

Depuis 1996, la restructuration a réduit le nombre de municipalités de la province de 800 à 600. Le 1er janvier 1998, les sept gouvernements locaux du Toronto métropolitain - Metro Toronto, East York, Toronto, Etobicoke, North York, Scarborough et York - sont rassemblés pour former une ville unifiée, Toronto.

La plupart des municipalités de la province, y compris toutes les cités, villes, villages et cantons, conservent le pouvoir de fixer les impôts fonciers locaux. Il existe par ailleurs des districts en voie d'organisation et des villages partiellement autonomes dénués de pouvoirs d'imposition. Toutes les municipalités ontariennes relèvent de la Commission des affaires municipales de l'Ontario, qui approuve tous les règlements municipaux susceptibles d'entraîner une dette et qui joue le rôle de dernière instance lors d'appels portés contre les municipalités.


Représentation au palier fédéral
L'Ontario est représentée par 103 députés à la Chambre des communes et 22 sénateurs. La communauté urbaine de Toronto et ses environs possèdent plus de députés que toute autre ville à l'extérieur du Québec et de l'Ontario. Pour imaginer le « tissu » politique de la province, il faut se représenter l'Ontario comme un ensemble de sous-régions votant rarement à l'unisson aux élections fédérales ou provinciales.

À la différence d'Alexander Mackenzie il y a plus d'un siècle, aucun homme ou femme politique actuel, élu au fédéral, ne peut affirmer qu'il ou elle « représente » l'Ontario à Ottawa. Mackenzie King, de son côté, a constitué la plupart de ses cabinets de 1921 à 1930 et de 1935 à 1948, sans avoir vraiment de représentant de Toronto, sa ville d'origine. Toutefois, depuis, les premiers ministres fédéraux ont formé leur cabinet avec un nombre convenable de représentants de Toronto et des régions ontariennes. Des tiers partis reçoivent un certain appui lors de diverses élections fédérales, mais conservent une lointaine troisième place quant au nombre de députés à Ottawa.


Finances publiques
Au cours de son histoire, l'Ontario a surtout cherché à soutirer au gouvernement fédéral des ressources fiscales « suffisantes ». Cette rivalité traditionnelle a considérablement diminué après 1948 lorsque le premier ministre George DREW a quitté la politique provinciale pour la scène fédérale. Depuis, malgré des tensions occasionnelles, on préfère la négociation et les mots doux aux invectives chères à maints gouvernements antérieurs.

L'Ontario tire des revenus importants des taxes sur les boissons alcoolisées et les cigarettes (beaucoup plus élevées qu'auparavant) ainsi que de l'impôt sur le revenu. Le gouvernement fédéral perçoit l'impôt sur le revenu des particuliers et des sociétés dans le cadre de son système national d'imposition et en remet le produit à la province.


Santé
Les services de santé de l'Ontario ainsi que les moyens qui les soutiennent ressemblent à ceux des autres provinces. Les lois fédérales de 1958 et 1966 ont instauré la première assurance-hospitalisation payée par la population sous forme de primes obligatoires, puis un programme complet d'assurance-maladie. Ces lois sont fédérales-provinciales par nature, tout comme la collaboration nécessaire pour les mettre en oeuvre. Pourtant cette dernière connaît souvent des tensions politiques, comme en 1986, lorsqu'à la suite de la Loi canadienne sur la santé, l'Ontario interdit la surfacturation aux médecins. Les montants incombant à chaque palier de gouvernement et les façons de les dépenser sont fréquemment l'objet de discussion.

L'Assurance-santé de l'Ontario (OHIP), maintenant global et défrayé par les cotisations des citoyens solvables soutient, grâce à des subventions, les personnes incapables de verser des cotisations, même partielles.


Politique
Trois partis politiques importants sont représentés à l'Assemblée législative. Deux d'entre eux, le PARTI CONSERVATEUR (Tories) et le PARTI LIBÉRAL (Grits) existaient déjà avant la Confédération; le troisième, le NOUVEAU PARTI DÉMOCRATIQUE (NPD), est issu de la CO-OPERATIVE COMMONWEALTH FEDERATION. Jusqu'à 1905, les libéraux sont presque toujours restés au pouvoir, puis les conservateurs n'ont pour ainsi dire plus cédé la place.

Nouveau Parti Démocratique, victoire du
Nouveau Parti Démocratique, victoire du
Le nouveau premier ministre, Bob Rae, au lendemain de la victoire du Nouveau Parti Démocratique en Ontario, en 1990 (avec la permission du « Globe and Mail »).
En Ontario, le Parti conservateur est au pouvoir de 1943 à 1985. Ce succès durable s'explique en partie par le côté impétueux et le manque relatif de sérieux du gouvernement précédent dirigé par le libéral Mitchell HEPBURN (1934-1942) et par la fragmentation de l'opposition partagée entre les libéraux et le FCC/ NPD.

Depuis, le Parti conservateur a toujours su attirer des groupes nettement différents qui lui ont apporté un soutien solide et constant, tel le bastion conservateur de l'est de l'Ontario. Le parti possède une énorme organisation politique, la « Big Blue Machine », renforcée sous le gouvernement des premiers ministres Leslie FROST (1949-1961), John ROBARTS (1961-1971) et William DAVIS (1971-1985). Le récent débat sur les droits linguistiques des francophones montre bien la souplesse et la perspicacité du gouvernement Davis qui a concédé, avec précaution et de façon progressive, l'essence du BILINGUISME : enseignement en langue française ou droit de subir son procès dans cette langue n'importe où dans la province, sans céder sur le principe. Les conservateurs ont toujours refusé de reconnaître la langue française ou de la protéger dans la constitution ou d'en faire une langue officielle. Cette attitude a permis aux francophones d'utiliser leur langue sans attirer la défaveur des électeurs hostiles au français et elle a empêché les libéraux favorables au bilinguisme de brandir la bannière de la langue française.

Par suite de la démission de Davis en 1985, le nouveau chef conservateur, Frank MILLER, opte pour des politiques beaucoup moins conservatrices, et le Parti libéral, sous la direction de David PETERSON, se révèle être le successeur de la tradition conservatrice de la politique d'entre-deux. En 1985, il l'emporte sur les conservateurs et forme un gouvernement minoritaire, mettant ainsi fin à 40 ans de pouvoir conservateur. En 1987, les conservateurs essaient d'exploiter la question du bilinguisme durant les élections provinciales, mais en vain, puisque Peterson, grâce à sa politique d'entre-deux, l'emporte par une immense majorité en septembre. Le Parti conservateur, essentiellement sans chef, se classe troisième pour le vote populaire et le nombre de sièges, tandis que les libéraux se retrouvent avec le plus grand nombre de parlementaires de toute l'histoire politique de l'Ontario.

Le gouvernement de Peterson se heurte à une très forte opposition dans ses tentatives pour essayer de contrôler les dépenses du gouvernement. Une élection surprise déclenchée à peine trois ans après l'élection est perçue de façon cynique de la part des électeurs ontariens. Un grand nombre d'entre eux s'opposent à l'appui non équivoque de Peterson à l'accord du lac Meech. Peterson est défait dans sa propre circonscription, et son parti subit une défaite cuisante aux mains du NPD, sous la direction de Bob Rae, qui s'approprie 74 des 130 sièges avec seulement 37,6 % du vote populaire.

Le NPD forme le gouvernement de l'Ontario pour la première fois. Malheureusement pour le parti, le régime de Rae coïncide avec une récession qui frappe très durement l'Ontario. On s'attendait à l'opposition du monde des affaires aux politiques du NPD, mais Rae s'aliène même ses alliés naturels du mouvement syndical avec ses tentatives pour réduire les dépenses gouvernementales par le biais d'un « contrat social ». L'échec du NPD lui fait perdre les élections au printemps de 1995. Au cours d'une campagne électorale dramatique, Mike Harris fait appel aux sentiments conservateurs de l'électorat, ce qui permet d'élire un premier gouvernement conservateur majoritaire depuis 1985. La « révolution du gros bon sens » menée par Harris a un peu perdu la faveur du public, mais son gouvernement garde néanmoins le pouvoir à l'élection de 1999, remportant 59 des 103 sièges, mais seulement 45,1 % des votes.


Éducation
En Ontario, jusqu'en 1998, l'éducation est une responsabilité provinciale et locale conjointe. Le gouvernement provincial fixe les objectifs, applique les normes et élabore les lignes directrices. Cette anné-là, le gouvernement Harris présente le Bill 160 qui vise à restructurer le système d'éducation de l'Ontario. Par sa mise en vigueur, le gouvernement provincial s'arroge la plus grande partie des responsabilités liées à l'éducation. Les administrateurs des conseils scolaires, auparavant à temps plein, salariés et élus localement, reçoivent désormais des honoraires de 5000 $, tandis que les lignes directrices et programmes d'éducation sont conçus par le gouvernement provincial government. Pour atteindre les objectifs de réduction des coûts du gouvernement, le nombre de conseils scolaires (voir COMMISSIONS SCOLAIRES) est réduit et plusieurs écoles risquent la fermeture. Au lieu d'être responsable des programmes d'éducation et du partage du financement, les conseils scolaires se battent maintenant pour compenser le vent de coupures dévastateur de Queen's Park.

Le système se divise ensuite en deux genres d'écoles publiques : publiques au sens propre du terme ou non confessionnelles, et « séparées » ou catholiques. À l'intérieur de chacun de ces systèmes, on trouve les conseils scolaires francophones ou des sections francophones. Chaque système est administré par des conseils élus par les bénéficiaires qui choisissent de le soutenir en versant des impôts. Cette organisation résulte du compromis conclu à l'époque de la Confédération, où l'on a troqué les droits des catholiques ontariens contre ceux des protestants du Québec.

Depuis 1899, la province fournit des fonds publics pour appuyer l'éducation dans les écoles catholiques séparées jusqu'à la fin de la 10e année. Malheureusement pour les catholiques, l'entente n'incluait pas le soutien financier entier des écoles séparées, ce qui suscita à l'occasion des protestations et des mesures politiques, en particulier lors de l'élection provinciale de 1934.

Dans les années 1960, le gouvernement décide d'étendre aux 9e et 10e années son soutien financier entier aux écoles séparées, mais, pendant des années, il refuse résolument d'aller plus loin. En 1984, le premier ministre Davis surprend tout le monde en annonçant que son gouvernement couvrira tous les frais d'études des autres années dans les écoles séparées. Cette politique est instaurée de 1985 à 1987.

L'Ontario possède un système d'éducation à deux paliers, primaire et secondaire. En général, les écoles primaires offrent des programmes aux enfants de la pré-maternelle à la 8e année. Depuis septembre 1994, on exige des conseils scolaires qu'ils offrent des programmes de pré-maternelle et de maternelle. Avec l'arrivée du Bill 160, cependant, l'avenir des classes de maternelle est remis en question. Les écoles secondaires offrent des programmes aux élèves de la 9e à la 12e année. Les élèves désireux de poursuivre des études postsecondaires doivent terminer un minimum de six cours de matières scolaires établis par la province.

Les écoles privées ont un droit d'exploitation conformément à la Loi sur l'éducation, mais elles ne reçoivent aucune subvention. Les parents peuvent aussi obtenir la permission des conseils scolaires d'éduquer leurs enfants d'âge scolaire à la maison.

Environ 5 % des élèves ontariens sont francophones. Bien que des écoles de langue française existaient bien avant 1968 dans l'est et le nord de la province, les conseils scolaires peuvent depuis ouvrir des écoles françaises là « où le nombre d'élèves le justifie » (voir ÉCOLES SÉPARÉES). L'interprétation de cette expression a suscité bien des controverses dans certaines parties de la province, notamment à Penetanguishene.

En 1984, la Cour d'appel de la province a décidé que tout étudiant francophone (et anglophone) de la province a le droit de faire ses études dans sa langue maternelle et a souligné qu'on doit garantir aux minorités linguistiques des représentants aux conseils scolaires de même qu'un pouvoir d'intervention dans l'éducation en langue minoritaire. Le gouvernement a immédiatement pris les mesures nécessaires à l'application de cette décision de la Cour, fondée sur la Charte des droits et libertés.

À l'école secondaire succède l'enseignement postsecondaire dispensé, dans 17 UNIVERSITÉS, d'Ottawa à Windsor et à Thunder Bay; deux institutions de niveau universitaire (Ontario College of Arts; Ontario Institute for Studies in Education); et 25 collèges d'arts appliqués et de technologie (deux d'entre eux sont des nouveaux collèges de langue française).

Le système postsecondaire connaît une expansion considérable dans les années 1960, quand les hommes politiques accordent une grande importance à l'éducation et la considèrent comme un moteur de la croissance économique.

Au cours de la récession des années 1980 et 1990, les revenus décroissants du gouvernement et le déficit à la hausse ont rendu nécessaire la diminution du financement des services éducatifs. Néanmoins, l'Ontario consacre une grande partie de son budget à l'éducation. En 1993-1994, on a consacré 21,3 milliards de dollars à l'éducation de plus de 2 millions d'élèves du primaire et du secondaire, et de 352 000 étudiants de niveau postsecondaire.


Vie culturelle
Les formes d'art autochtones ont peu survécu même si les premiers Ontariens ont laissé derrière eux de considérables vestiges culturels, depuis les TUMULUS DU SERPENT près de Peterborough aux travaux ultérieurs, plus perfectionnés, de sculpture et de poterie. Plus tard, les colons importent leur propre patrimoine culturel, inspiré des modèles européens. Les formes d'art du milieu du XIXe siècle, insérées des oeuvres d'artisanat contemporaines, sont restées très populaires auprès des touristes à la recherche du passé. En général, les artistes ontariens suivent les styles internationaux, que ce soit en littérature, en art ou en architecture, et on devrait juger leur art selon les meilleures normes internationales, ce qui arrive parfois. Les efforts artistiques et culturels se voient encouragés par diverses subventions gouvernementales fédérales ou provinciales, offertes entre autres par le Conseil des arts de l'Ontario, fondé en 1963, organisme indépendant qui accorde des subventions aux particuliers et aux organismes.

Toujours pratique, le gouvernement souligne que les arts créent des emplois : la documentation du Conseil des arts rappelle en effet au contribuable que tout dollar de subvention aux orchestres engendre directement presque 7 dollars en salaires, cotisations et dépenses d'exploitation.

L'Ontario compte des orchestres symphoniques à Toronto (l'ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE TORONTO), à Ottawa, à Hamilton et à Kitchener-Waterloo, un grand festival annuel shakespearien (le FESTIVAL DE STRATFORD, institué en 1953) ainsi que le Musée des beaux-arts de l'Ontario et le MUSÉE ROYAL DE L'ONTARIO, tous deux installés à Toronto.


Communications
Les villes ontariennes ont chacune un journal de langue anglaise, et ces quotidiens (voir JOURNAUX) appartiennent presque toujours à la même entreprise. Toronto fait exception, avec ses trois quotidiens très différents. C'est par ailleurs à Toronto que se publie la grande majorité des principales revues du pays (Maclean's, Canadian Business et Saturday Night) et que se trouve le siège social des grandes entreprises d'édition du pays (MCCLELLAND AND STEWART et les presses de l'UNIVERSITÉ DE TORONTO).

Les principales installations du réseau anglais de la SOCIÉTÉ RADIO-CANADA et le réseau privé de CTV se trouvent à Toronto. Outre les médias anglophones, l'Ontario compte trois stations de télévision de langue française ainsi que de nombreux relais et stations de radio, sans compter les stations émettant en diverses autres langues. La télévision de service publique, TVOntario, émet dans les deux langues. La majeure partie de la province n'est toutefois pas limitée à la télévision canadienne : les Ontariens peuvent en effet capter les grands réseaux américains. Le sud de l'Ontario jouit ainsi d'un des choix les plus vastes d'émissions télévisées au monde.


Lieux historiques
Depuis longtemps, l'Ontario bénéficie d'un programme de conservation des LIEUX HISTORIQUES , et rares sont les cantons sans plaque ou cairn commémorant un événement. La législation provinciale autorise la désignation de biens culturels, ce qui a permis la préservation de nombreux bâtiments de plus ou moins grande valeur.

Remontant au milieu du XVIIe siècle, les missions des JÉSUITES en Huronie figurent parmi les lieux historiques les plus intéressants. Après son soutien des recherches liées à ce domaine depuis 1890, le gouvernement ontarien entreprend en 1964 la restauration de SAINTE-MARIE-DES-HURONS, près de Midland, et ouvre le site au public en 1967. Des forts pittoresques, vestiges des tensions vécues pendant un siège à la frontière Canada-États-Unis depuis le début de la guerre d'Indépendance, parsèment la bordure méridionale de la province. Le FORT HENRY de Kingston, dont les murs de pierre remontent aux années 1830, est sans doute le plus connu. Grâce à certains travaux de restauration, le fort George et le FORT ERIE sur la FRONTIÈRE HISTORIQUE DU NIAGARA, le fort Wellington (Prescott), le fort York (Toronto) et le fort Malden (AMHERSTBURG) retrouvent tous l'aspect qu'ils avaient à l'époque des crises et des conflits internationaux de la première partie du XIXe siècle.

Des villages reconstitués comme l'UPPER CANADA VILLAGE près de Morrisburg et le BLACK CREEK PIONEER VILLAGE au nord-ouest de Toronto renseignent sur la vie des pionniers. En 1973, le gouvernement entreprend à Thunder Bay la restauration du FORT WILLIAM, poste de traite de fourrures établi par la COMPAGNIE DU NORD-OUEST en 1803. Les adeptes du canotage disposent de deux canaux du XIXe siècle : le CANAL RIDEAU, construit de 1826 à 1832 par les ingénieurs royaux pour le transport des troupes et des approvisionnements militaires,et le canal Trent, qui date de 1833.


Historique
Les premiers immigrants semblent avoir atteint l'Ontario pendant la dernière période glaciaire, il y a environ 10 000 ans. Lorsque la glace se retire, les habitants paléoindiens se dirigent vers le nord de la province. Les peuplades vivent longtemps, semble-t-il, de chasse et de pêche : cerfs, chevreuils, ours et castors dans le sud, caribous dans le nord. Vers 1000 av. J.-C., on fabrique de la poterie, et les sites archéologiques révèlent l'existence d'un vaste réseau de commerce dont les importations venaient d'aussi loin que le golfe du Mexique. Vers l'année 100 de notre ère, la population de la province est selon toute vraisemblance constituée par les tribus algonquiennes (OJIBWÉS, CRIS et ALGONQUINS découverts par les explorateurs) et les tribus iroquoiennes du sud (Iroquois, Hurons, Petun, Neutres, Ériés et Susquehannock).


Exploration
Les premiers Européens parvenus aux limites actuelles de l'Ontario sont à notre connaissance l'infortuné Henry HUDSON, naufragé au large de la côte nord, Étienne BRULÉ et Samuel de CHAMPLAIN qui, navigant le long de la rivière des Outaouais en 1613, atteignent le centre de la province en 1615. Brûlé arrive probablement le premier aux lacs Érié et Ontario. Champlain fait des Hurons les alliés des Français. Après la dispersion des Hurons à la fin des années 1640, les OUTAOUAIS endossent le rôle d'intermédiaires dans le commerce des fourrures.

La Confédération iroquoise installée de l'autre côté des lacs Ontario et Érié, soit l'emplacement actuel de l'état de New York, domine la région sans vraiment la coloniser. Malgré l'hostilité des Iroquois, les Français pénètrent toujours plus avant dans la région des Grands Lacs, en utilisant l'itinéraire rivière des Outaouais - rivière des Français  - lac Huron vers l'ouest et le couloir Saint-Laurent - Grands Lacs.

L'aventurier LA SALLE construit le GRIFFON à bord duquel il sillonne les lacs, et la région de l'Ontario devient un lien vital entre les établissements français du Québec et leurs postes de traite de fourrures du Mississippi. Au XVIIIe siècle, les principaux postes français de la région des Grands Lacs sont FORT FRONTENAC (Kingston), FORT NIAGARA, fort Detroit et FORT MICHILIMACKINAC.

Les Britanniques, rivaux de la France, ne réussissent pas à pénétrer dans la région avant 1758-1759, années où ils incendient fort Frontenac et prennent fort Niagara. L'occupation britannique est menacée jusqu'à la défaite des alliés indiens des Français à la suite d'un soulèvement en 1763-1764. La région des Grands Lacs sert aussi de base militaire à l'armée britannique (régulière et loyaliste) pendant la guerre d'Indépendance. Une série de campagnes et d'incursions sanglantes ne parvient pas à secouer l'emprise britannique sur les forts des Grands Lacs, mais y amène des réfugiés loyalistes et iroquois chassés de la zone frontalière américaine. Le TRAITÉ DE PARIS (1783) divise en leur milieu les Grands Lacs et crée la frontière méridionale de l'Ontario actuel.


Colonisation
La colonisation moderne de l'Ontario commence avec l'arrivée d'environ 6000 à 10 000 Loyalistes, pendant et après la guerre d'Indépendance. Puis s'installent d'autres Américains attirés par le faible prix des terres de la Couronne, que l'on peut alors acquérir pour six pence l'âcre, en plus des frais d'arpentage et d'un serment d'allégeance. L'ACTE CONSTITUTIONNEL DE 1791 divise l'ancienne PROVINCE DE QUÉBEC et crée le HAUT-CANADA.

Par cet acte, on établit un gouvernement colonial, doté d'un lieutenant-gouverneur, d'une assemblée législative élue et de conseils exécutif et législatif nommés. Le premier lieutenant-gouverneur, John Graves SIMCOE, ancien combattant anglais de la guerre d'Indépendance, tente de faire du Haut-Canada un bastion de la Couronne britannique au coeur du continent. Il n'y réussit qu'à demi.

Le Haut-Canada demeure la limite nord de la frontière américaine mais, en 1812, environ 80 % des quelque 100 000 colons du sud de l'Ontario sont d'origine américaine. Lorsque éclate la GUERRE DE 18l2 contre les États-Unis, certains groupes ontariens adoptent une attitude nettement ambivalente et quelques habitants du Haut-Canada se rangent du côté des envahisseurs.

Avec l'aide des Indiens et de la milice locale, l'armée britannique parvient à défendre la majeure partie de la province et repousse les incursions américaines le long de la frontière du Niagara en 1812 (QUEENSTON HEIGHTS) et en 1813 (BEAVER DAMS et STONEY CREEK). Toutefois, la même année, les Américains réussissent à pénétrer dans le sud-ouest de l'Ontario et prennent d'assaut York (Toronto), la capitale provinciale, dont ils incendient les édifices gouvernementaux. Après plusieurs autres batailles sanglantes, la guerre prend fin en 1814. À l'annonce de la paix, chaque camp rend ce qu'il a conquis et la frontière reste la même.

De 1825 à 1842, la population du Haut-Canada triple pour atteindre 450 000 habitants, puis double encore jusqu'à 1851. Parmi les immigrants, pour la plupart en provenance des îles Britanniques, on compte approximativement 20 % d'Anglais, 20 % d'Écossais et 60 % d'Irlandais. La colonisation se fait en général du sud vers le nord, s'éloignant des lacs à mesure que leurs rives se peuplent. L'accès aux terres intérieures dépend des routes, en général abominables, souvent construites par les colons eux-mêmes.

Une vive spéculation foncière contribue aussi de façon notoire à l'irrégulière répartition des premiers établissements. Les terres fertiles du sud sont largement occupées dès 1855, moment où la forme de gouvernement change de nouveau. À la suite des RÉBELLIONS DE 1837 menées dans le Haut-Canada par le dynamique Torontois William Lyon MACKENZIE, le gouvernement britannique réunit le Haut et le Bas-Canada pour former la PROVINCE DU CANADA.

La décennie suivante, marquée par les hargnes politiques, aboutit en 1848-1849 à l'instauration d'un GOUVERNEMENT RESPONSABLE en même temps qu'une forte immigration, combinée à un taux de natalité élevé, amène la population du Haut-Canada (952 004 hab. en 1851) à dépasser de 60 000 âmes celle de son partenaire, le BAS-Canada. L'agitation dirigée par George BROWN en vue de la REPRÉSENTATION PROPORTIONNELLE (« Rep by Pop ») et de l'attribution au Haut-Canada d'un nombre supplémentaire de représentants à l'Assemblée législative, paralyse de plus en plus le régime politique de la province. La crise n'est résolue qu'en 1864 avec la formation d'un régime de coalition (voir GRANDE COALITION) chargé d'encourager l'union des colonies de l'Amérique du Nord britannique. L'union est signée en 1867 (voir CONFÉDÉRATION ), et l'Ontario devient une province du nouveau Dominion du Canada.


Développement
Dans les années 1850, l'économie ontarienne est avant tout agricole et axée sur le blé. Puis la balance penche vers les produits laitiers, la culture des fruits et des légumes. Parallèlement, on note une migration des régions agricoles vers les États-Unis, l'ouest canadien et les villes. Des années 1850 à la fin des années 1860, on assiste au rapide essor des villes et de l'industrie pour ce qui est des textiles, de la métallurgie, du matériel et des machines agricoles. Cette croissance touche surtout Toronto, centre ferroviaire et industriel en même temps que capitale provinciale.

Les gouvernements ultérieurs entreprennent la mise en valeur des ressources naturelles de la province : bois de charpente, mines, plus tard hydroélectricité, ce qui engendre une longue série de querelles avec le gouvernement fédéral au sujet du népotisme, de l'énergie hydraulique et des FRONTIÈRES septentrionales de la province. Cette dernière question se règle en 1889 aux dépens du Manitoba, par la décision de laisser la limite occidentale de l'Ontario au LAC DES BOIS. La limite définitive est tracée en 1912.

C'est sous le gouvernement libéral de sir Oliver MOWAT (1872-1896) que l'Ontario montre le chemin aux autres provinces en soutenant les droits des provinces contre les pouvoirs excessifs du gouvernement fédéral dirigé par sir John A. MACDONALD. Le gouvernement étend aussi les services gouvernementaux de la province devenue florissante grâce à l'agriculture intensive, à l'élargissement des activités liées aux ressources et à son avance industrielle au sein du plus riche marché intérieur canadien. Toutefois, le règne libéral décline vers la fin des années 1890 et se termine par une série de scandales en 1905.

Le gouvernement conservateur qui suit, dirigé par sir James WHITNEY (1905-1914), procède à l'importante création de la Hydro-Electric Power Commission. Le successeur de Whitney, sir William HEARST, est renversé par la révolution politique des agriculteurs de la province qui, avec le soutien des travailleurs, prennent le pouvoir en 1919 sous le nom de FERMIERS UNIS DE L'ONTARIO (FUO). Même s'il réprime certaines bizarreries de son prédécesseur, le gouvernement des FUO, politiquement fragile, succombe rapidement à la force renouvelée du Parti conservateur dirigé par Howard FERGUSON (1923-1930), homme politique déterminé, compétent et astucieux. Il met à profit le désir des Ontariens d'augmenter les revenus de la province en créant la Régie des alcools de l'Ontario, afin de promouvoir le MOUVEMENT POUR LA TEMPÉRANCE et d'augmenter les revenus. Il désamorce une vieille controverse avec la population francophone de la province en réinstituant officiellement des classes françaises dans les écoles et, comme ses prédécesseurs, il poursuit la mise en valeur des ressources, y compris la délicate colonisation du nord de la province.

Son successeur, George HENRY, doit affronter la Crise des années 1930 et les attaques du Parti libéral provincial, revigoré et dirigé par Mitchell Hepburn. Ce dernier fait tomber le gouvernement Henry en 1934 par des promesses de réformes et de mesures économiques, mais son gouvernement n'atteint vraiment aucun de ces objectifs, même s'il réussit à instaurer la pasteurisation du lait en Ontario en dépit des vigoureuses protestations des producteurs laitiers.

Hepburn combat le syndicalisme industriel inspiré par les États-Unis et parvient en 1937 à remporter la victoire aux élections provinciales axées sur cette question. On se rappelle surtout ses violentes attaques contre son collègue libéral, le premier ministre Mackenzie King, et l'obstruction qu'il opposa aux tentatives de solution aux difficultés constitutionnelles du Canada. Il démissionne en 1942, et son parti est défait aux élections de 1943, permettant aux conservateurs dirigés par George Drew de former le gouvernement et à la FCC socialiste de devenir l'opposition officielle.

Le gouvernement de Drew encourage vivement l'immigration de ressortissants britanniques ainsi qu'une série de réformes attendues depuis longtemps. Comme Hepbum, Drew s'oppose à Ottawa et à ses projets « centralisateurs ». C'est seulement après son départ en 1948 que le premier ministre Leslie Frost adopte une attitude plus discrète et coopère avec le gouvernement central, changement important dans la politique ontarienne. En matière de développement, Frost partage les objectifs des ministres libéraux d'Ottawa comme C.D. HOWE, et les deux gouvernements collaborent à de grands projets comme la voie maritime du Saint-Laurent, le pipeline transcanadien et le développement de l'énergie nucléaire.

Les successeurs de Frost, John Robarts et William Davis, ont la même attitude discrète et pragmatique et s'efforcent de réduire au minimum les conflits entre l'Ontario conservateur et le gouvernement fédéral, le plus souvent libéral. Par le biais de sa Conférence sur la Confédération de demain (1967), Robarts tente d'accommoder le Québec et de le garder dans la Confédération. En 1981-1982, Davis s'avère le plus fort appui de Pierre Trudeau dans le débat sur le rapatriement et la réforme de la constitution canadienne. Les relations de David Peterson avec Brian Mulroney ne sont pas aussi harmonieuses. Partisan à contrecoeur de l'ACCORD DU LAC MEECH préconisé par Mulroney en 1987, Peterson s'oppose fortement au projet de LIBRE-ÉCHANGE avec les États-Unis mis de l'avant par le fédéral la même année. Peterson perd ensuite les élections et cède la place à Bob RAE, qui forme alors le premier gouvernement provincial NPD de l'histoire de l'Ontario. À la fin de son mandat, Rae perd au profit de Mike Harris, qui mène les libéraux d'une victoire à l'autre en 1995 et en 1999.

Les autres provinces perçoivent souvent l'Ontario comme une masse monolithique au centre du pays, mais elle constitue en réalité un conglomérat de sous-régions nettement différentes : à cet égard, il suffit d'opposer la vaste région du nord, basée sur les ressources primaires, et la région du sud, industrialisée et urbaine. Malgré sa prospérité, l'Ontario souffre de disparités régionales, et les régions périphériques se croient victimes d'une discrimination à l'avantage du noyau urbanisé et de l'agglomération torontoise en particulier.

Les tentatives de classification (comme celle de l'Ontario Economic and Social Aspects Survey du gouvernement ontarien en 1961, qui distingue 10 régions économiques) échouent en raison de la complexité des facteurs. La province connaît nombre des problèmes parfois évoqués à l'échelle nationale : pauvreté des campagnes, forte concentration de l'industrie dans un petit nombre de régions, vie précaire des collectivités fondée sur une seule activité économique, disparité des revenus et de la croissance économique.

Pourtant, l'Ontario garde certains traits distinctifs : conservatisme politique démontré par la longévité de ses gouvernements; réelle faculté d'adaptation souvent prouvée par les décisions de ses gouvernants; vive conscience d'une présence américaine renforçant certains liens, mais engendrant aussi de vives réactions à une menaçante puissance américaine.

Auteur ROBERT BOTHWELL et NORMAN HILLMER


Bibliographie
C. Armstrong, The Politics of Federalism (1982); Robert Bothwell, A Short History of Ontario (1986); G.P. de T. Glazebrook, Life of Ontario: A Social History (1975); D.C. MacDonald (dir.), Government and Politics of Ontario (éd. révisée en 1980); H.V. Nelles, The Politics of Development (1974); F.F. Schindeler, Responsible Government in Ontario (1973); J. Schull, Ontario since 1867; J.D. Wood (dir.), Perspectives on Landscape and Settlement in Nineteenth Century Ontario (1975).


Liens supplémentaires
L'Institut Historica-Dominion
Le site Web de l'Institut Historica-Dominion, organisme de tutelle de l'Encyclopédie canadienne et l'Encyclopédie de la musique au Canada. Consultez leur guerre multimédia de 1812 option et beaucoup d'autres ressources interactives concernant l'histoire et la culture canadiennes.

Gouvernement de l'Ontario
Le site Web officiel du gouvernement de l'Ontario.

Symboles nationaux
Les symboles du Canada peuvent non seulement nous aider à mieux comprendre notre pays, mais également nous inciter à nous réjouir du privilège d'être Canadiens et Canadiennes. Voir aussi les "Jours fériés et autres dates importantes." Par le Ministère du Patrimoine canadien.

Fiducie du patrimoine ontarien
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Bibliothèque et Archives Canada
Accès à la vaste base de données bibliographique en ligne de la Bibliothèque nationale du Canada et aux expositions numérisées sur l’histoire et la culture canadiennes.

Lieu historique national du Canada de l'Établissement-Buxton
Page d'information sur les caractéristiques patrimoniales des établissement Buxton Lieu historique national du Canada, un arrêt sur la portion ontarienne du chemin de fer clandestin. Chercher dans ce site pour d'autres endroits sur cette route historique à la liberté pour les anciens esclaves des États-Unis. De Parcs Canada.

Cartes de référence
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Glossaire de termes parlementaires


Toponymie du Canada
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Les noms géographiques autochtones
Des exemples d'appellations géographiques autochtones. Par le site web du ministère des Affaires autochtones et du développement du Nord canadien.

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