Aujourd'hui, la mer conserve son importance et fait de la Nouvelle-Écosse le grand pêcheur de l'Atlantique Nord, dépassant ses plus proches concurrents, Terre-Neuve et la Nouvelle-Angleterre. Son littoral dentelé de 7579 km offre aux touristes des caps escarpés, des havres tranquilles et des plages très attrayantes. L'une de ses 3809 îles côtières, l'ÎLE DE SABLE - à 193 km au large des côtes et jadis considérée comme le « cimetière de l'Atlantique » - recèle dans ses fonds environnants de riches gisements de pétrole et de gaz naturel. Durant les deux dernières décennies, des étrangers ont acquis plusieurs îles et terrains côtiers. Autrefois considérée comme un coin perdu, la Nouvelle-Écosse est de plus en plus perçue comme un endroit où il fait bon vivre, même avec un revenu par habitant inférieur à la moyenne nationale. Les Néo-Écossais se plaisent à dire que le progrès matériel ne nuit pas à leur agréable façon de vivre.
Territoire et ressources
Régions principales
Entre les deux chaînes s'allongent les vallées fertiles des rivières Annapolis et Cornwallis, région bien connue pour ses vergers de pommes. La troisième région comprend les hautes-terres de Cobequid aux sommets plats, qui s'élèvent à 300 m et s'étendent sur 120 km à travers le comté de Cumberland. La quatrième prend son origine dans les hautes-terres de l'Est du comté de Pictou et s'étend en un long et étroit territoire à travers le comté d'Antigonish jusqu'au cap George. La cinquième région, au Nord de l'ÎLE DU CAP-BRETON, est un plateau boisé, sauvage, dont le point culminant s'élève à plus de 550 m au-dessus du niveau de la mer. On y retrouve vraiment tous les aspects pittoresques du PARC NATIONAL DES HAUTES-TERRES-DU-CAP-BRETON, surtout quand on peut l'admirer de la piste Cabot qui la traverse. Par contraste, la partie sud de l'île du Cap-Breton est essentiellement constituée de basses-terres.
Géologie
Les profonds ravins de drainage creusés à travers les hautes-terres ont mis à découvert les assises des montagnes et dénudé des roches qui sont parmi les plus vieilles de l'écorce terrestre et qui témoignent des diverses époques géologiques. La péninsule de la Nouvelle-Écosse est constituée d'une couche paléozoïque, traversée par une arête granitique laquelle, parce qu'elle est extrêmement résistante, se retrouve en altitude.
Végétation
Seulement 10 % (environ 538 000 ha) du sol de la Nouvelle-Écosse est propice à l'agriculture. Le plus grand potentiel agricole est celui des basses-terres où le sol s'est formé sur une épaisse couche de till, alors que, dans l'ensemble, les sols des hautes-terres sont pierreux et pauvres. Les basses-terres les plus vastes et les plus riches longent la baie de Fundy et le détroit de Northumberland. Les très hautes marées de la baie de Fundy ont créé de grandes régions de marais, lesquels, grâce aux digues érigées au temps des Acadiens, ont été converties en d'excellentes terres agricoles.
On trouve partout dans la province des plantes herbacées telles que les clintonies, les canneberges, les bleuets et diverses variétés de verges d'or. La cardamine des prés européenne s'est répandue dans les BASSES-TERRES D'ANNAPOLIS, ainsi que la jacobée sur l'Est de la Nouvelle-Écosse.
Hydrographie
Plus de 3000 lacs ont été retenus par le relief accidenté du terrain, particulièrement dans la région des hautes-terres méridionales, pendant que des centaines de ruisseaux et de rivières ont creusé leur lit. En raison de la direction générale des bassins hydrographiques, les rivières ne sont pas longues. Pourtant, grâce aux précipitations régulières, on ne connaît généralement pas de pénurie d'eau.

Même si elles sont courtes, les rivières ont joué un rôle historique et économique considérable. Les rivières Sackville et Shubenacadie, sur lesquelles les autochtones ont beaucoup navigué, ont été d'importantes voies de transport dans les premiers temps. Quelques-unes, comme la Mersey, continuent de jouer un rôle considérable pour les industries du bois de construction et de la papeterie. D'autres, comme la Margaree et la St. Mary, sont bien connues comme rivières à saumon. On a également construit des petites usines hydroélectriques sur certaines d'entre elles.
Les hautes marées de la baie de Fundy sont un phénomène remarquable. La baie, d'une largeur de 77 km à l'embouchure, se rétrécit et ne mesure plus que 56 km à l'endroit où elle se divise pour former le bassin des Mines et la baie de Chignectou. Sur environ 240 km, l'eau est refoulée vers le fond et atteint alors, aux extrémités les plus étroites, une hauteur dépassant 16 m au-dessus du niveau de la marée basse. Les marées hautes facilitent le chargement du gypse, du bois et de toutes sortes de produits dans les cargos qui reposent sur les fonds plats et boueux à marée basse.
Climat
Même si les masses d'air qui se déplacent de l'intérieur du continent vers l'est influencent le climat, elles ne sont qu'une partie du processus complexe qui donne parfois des cauchemars aux météorologistes. Ces masses d'air réagissent souvent contre des systèmes de basse pression qui viennent du sud et se déplacent vers le nord-est le long de la côte. L'ensemble est affecté par la proximité des courants du Labrador et du Gulf Stream. Dans l'ensemble, l'eau a une influence modératrice sur la température, surtout le long de la côte atlantique où la température moyenne en janvier est d'environ - 4°C et modérément douce en été.
L'influence de la mer se fait aussi sentir autrement. Les glaces charriées par le courant du Labrador retardent le printemps que caractérisent les vents froids, la pluie et le brouillard. En été, surtout en juin et en juillet, la rencontre de la chaleur du Gulf Stream et du froid du Labrador produit du brouillard de mer, qui s'abat parfois sur les régions côtières. L'automne est uniformément beau, clair et long.
Les régions côtières sont à la fois plus douces et plus humides que celles de l'intérieur. Yarmouth connaît environ 160 jours sans gel par année comparativement à 100 jours pour les régions intérieures. La pluie peut varier de 140 mm dans les régions côtières à 100 mm à l'intérieur. Les chute de neige atteignent une épaisseur globale allant de 200 cm à 300 cm.
Ressources
Les ressources naturelles sont quelque peu limitées. Celles qui ont fait vivre les premiers colons demeurent vitales pour l'économie de la province. La PÊCHE est toujours la plus importante. La province est une importante réserve de CHARBON pour le chauffage et la métallurgie, qui bénéficie depuis peu de la priorité dans la stratégie générale de l'énergie de la province. La capacité de production de PÉTROLE ET DE GAZ NATUREL au large de la côte sud demeure inconnue, mais en 1987, il est apparu que le gisement au large de l'île de Sable était suffisamment important pour justifier son exploitation. Deux autres champs pétrolifères de moindre importance (Cohasset et Panuke) ont commencé à être exploités en 1992.
Conservation
Le ministère provincial des Ressources naturelles dirige d'importantes initiatives de conservation. Il a la responsabilité globale en matière de développement, de gestion, de conservation et de protection des ressources énergétiques, des forêts, des ressources minérales, des parcs, des zones protégées et de la faune.
Il fait porter son effort principal vers la protection et la régénération des forêts. Il veille à améliorer constamment ses méthodes de gestion forestière. Depuis son quartier général pour la protection des forêts, à Shubenacadie, il coordonne la lutte contre les incendies et contre les insectes qui détruisent les cultures. Le ministère fournit aussi des plants qui sont transplantés sur les terres de la Couronne. Il en fournit également à des personnes et à des entreprises pour le reboisement privé.
Afin de protéger et de promouvoir la pêche intérieure au saumon et à la truite, la province se charge de la gestion des eaux, du repeuplement des lacs et de la recherche. Le territoire compte plus de 100 parcs provinciaux, dont la plupart sont petits. Les plus grandes zones protégées sont les PARCS NATIONAUX (HAUTES-TERRES-DU-CAP-BRETON et KEJIMKUJIK), les refuges de gibier et l'aire de protection de la faune de Tobeatic.
Population
Peuplement et immigration
De 1760 à 1768, les colons arrivent, jusqu'à 8000 ressortissants de la Nouvelle-Angleterre, des « préloyalistes », et plusieurs centaines d'immigrants d'Irlande du Nord. Environ 1000 ressortissants du comté d'York s'établissent, de 1772 à 1774, dans l'isthme de Chignectou. Les premiers Écossais accostent à PICTOU en 1773 à bord du HECTOR. La GUERRE DE L'INDÉPENDANCE AMÉRICAINE apporte environ 20 000 LOYALISTES, des soldats démobilisés et des RÉFUGIÉS de façon permanente en Nouvelle-Écosse.
Des NOIRS arrivent avec les « préloyalistes » et les loyalistes, et quelques-uns viennent de la Jamaïque en 1796. Beaucoup ne restent pas, mais quelques centaines s'établissent et sont rejoints par 2000 compatriotes après la GUERRE DE 1812. De 1815 à 1851, environ 55 000 Écossais, Irlandais, Anglais et Gallois s'établissent de leur propre chef dans la province. Après l'essor des industries de l'acier et du charbon qui commence dans les années 1890, les nouveaux venus des îles britanniques et du continent européen se fixent surtout au Cap-Breton.
Ethnies, langues maternelles et religions
En 1996, la population est de 899 970 habitants, dont environ 23 % de la population est de descendance britannique et environ 4 % de descendance française, sans compter les 7 % de Néo-Écossais qui ont au moins un Anglais ou un Français parmi leurs aïeux. Le reste de la population est d'origine européenne, amérindienne ou canadienne.
L'anglais est la langue maternelle de 93 % d'entre eux, et le français, de 4 %. La plupart des Acadiens habitent les comtés de Digby et d'Yarmouth sur la péninsule et ceux de Richmond et d'Inverness sur l'île du Cap-Breton. Cependant, de nombreux Acadiens se sont installés ailleurs, surtout à Halifax, et ont ainsi rapidement perdu l'usage de leur langue maternelle. La loi votée en 1981 prévoit que les enfants acadiens ont droit à l'enseignement en français partout où leur nombre le permet, mais la plupart des parents acadiens désirent que leurs enfants s'expriment couramment en anglais comme en français.
En 1991, 37,2 % de la population est catholique romaine. Parmi les protestants, les adeptes de l'Église unie représentent 17,2 %; les anglicans, 14,4 %; les baptistes, 11,1 %; les presbytériens, 3,5 %; et les luthériens, 1,3 %.
Main-d'oeuvre
En 2001, le nombre total des travailleurs s'élève à 468 900, ce qui constitue un taux d'activité de 62,4 %. Par ailleurs, 9,7 % sont sans emploi. Bien que les ressources naturelles soient la principale source économique, le secteur des services demeure le plus gros employeur en offrant les trois quarts des emplois.
Depuis quelques années, contrairement au passé, le pourcentage de chômeurs se situe en général tout juste au-dessus de la moyenne nationale, parfois seulement un peu plus bas. De 1989 à 1995, le taux de chômage est supérieur de 2 % à la moyenne nationale. En 1993, il atteint son taux le plus élevé, soit de 14,7 %, mais redescend à 9,7 % en 2000. Le problème qui subsiste dans le domaine de l'emploi en Nouvelle-Écosse concerne les salaires, qui sont généralement inférieurs à la moyenne canadienne. En 1996, le revenu moyen personnel est de 21 552 dollars, comparé au revenu canadien qui est de 23 196 dollars. En 2000, le revenu moyen en Nouvelle-Écosse était de 22 384 dollars.
Vie rurale, vie urbaine
Depuis quelques décennies, comme dans le reste du Canada, il se produit un déplacement marqué de la population de la campagne vers la ville. De 1941 à 1961, la proportion des habitants ruraux passe de 54,6 % à 43,4 % et celle des citadins augmente proportionnellement. Cependant, à la fin des années 1960, le mouvement ralentit. En 1971, le pourcentage d'habitants ruraux n'est descendu qu'à 42 %, et vers 1991, le mouvement est renversé. On compte alors 46,5 % de ruraux. En 2001, la Nouvelle-Écosse compte 908 007 habitants.
En 2001, le tiers de la population habite le comté de Halifax, alors que le Halifax métropolitain, plus grand centre urbain du Canada atlantique, compte 276 221 habitants , tandis que Yarmouth en compte 66 722. Le second plus grand centre urbain, SYDNEY, et les villes avoisinantes (GLACE BAY, New Waterford, SYDNEY MINES, Dominion et North Sydney) comptent environ 109 330 habitants en 2001. La troisième région urbaine, NEW GLASGOW, comprenant les villes du comté de Pictou (Stellarton, Trenton et WESTVILLE), a une population de 36 735 habitants en 2001.
Économie
Le revenu par habitant des Néo-Écossais a rarement atteint la moyenne nationale. Les ressources naturelles limitées et l'éloignement du Canada central en sont partiellement les causes, mais la critique porte surtout sur la politique nationale du transport et plus particulièrement sur le tarif préférentiel ou la POLITIQUE NATIONALE. Les quelques industries favorisées par la politique nationale se sont dernièrement détériorées, et plusieurs des anciennes industries secondaires ont disparu, incapables de concurrencer celles du Canada central. En conséquence, la Nouvelle-Écosse doit surtout compter sur les industries primaires.
Agriculture
Au XVIe siècle, alors que les Micmacs s'adonnent à la chasse pour s'alimenter, il est probable que les capitaines de pêche cultivent des légumes pour nourrir leurs équipages. À la même époque, les Français récoltent le grain à Port-Royal et, en 1609, ils construisent le premier moulin à eau de l'Amérique du Nord. Pour avoir du sel pour la salaison du poisson, ils bâtissent des digues le long des marécages formés par les marées. Plus tard, ils utilisent ces digues pour la culture. Beaucoup plus récemment, le ministère de l'Agriculture a protégé et étendu ce système de digues.
Environ 538 000 ha, soit 10 % du territoire, sont propres à l'agriculture. On trouve les plus grandes régions agricoles dans la vallée d'Annapolis et dans quelques secteurs du Nord de la Nouvelle-Écosse. Cependant, la recherche du minimum vital à partir des fermes familiales est un phénomène courant à travers de vastes régions de la province.
Près des côtes, la ferme et la pêche sont souvent associées, comme le sont la ferme et la forêt à l'intérieur des terres. Ces dernières années, on constate une tendance vers des fermes plus grandes, moins nombreuses, en même temps qu'une diminution de la surface totale cultivée et de la population agricole.
En 1999, on estime à 396 millions de dollars l'apport total de l'agriculture dans l'économie provinciale. En revanche, le revenu net annuel de l'agriculture varie selon les secteurs agricoles, allant de 29 millions de dollars pour les entreprises de naissage-finition de porcs à 50 millions pour l'élevage laitier.
L'ÉLEVAGE LAITIER est le plus important de ces secteurs et fournit le lait pour la consommation domestique aussi bien que pour les manufactures de produits laitier. Toujours en 1999, la production de l'industrie laitière s'évalue à 89 millions de dollars. La production des oeufs, des poulets et des dindes a prospéré durant les dernières années. En fait, les produits laitiers et avicoles rapportent plus que la production de fruits, de légumes et de produits de la serre pour laquelle la province est connue.
La production de porc et de boeuf est un autre secteur en pleine expansion. Elle rapporte environ 30 millions de dollars par an. La foire de comté est une institution importante. Celle de Windsor, instituée en 1765, est la plus ancienne du genre en Amérique du Nord.
Industrie
En 1999, la Nouvelle-Écosse possède plus de 760 industries qui emploient environ 45 000 personnes (10 % des travailleurs). Relativement petites pour la plupart, elles fondent leurs assises sur les produits primaires comme le bois de papeterie, les fruits, les légumes et les produits laitiers. Plus de 60 industries ont été créées depuis les années 1960, grâce surtout aux encouragements prodigués par les gouvernements fédéral et provincial.
Au moins la moitié des produits manufacturés est destinée à l'exportation, dont 80 % aux États-Unis. De nombreuses industries, parmi les plus récentes, ont vu le jour grâce à des investissements des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de l'Allemagne. Quelques-unes n'emploient aucune ressource naturelle de la Nouvelle-Écosse. Parmi ces dernières, Michelin du Canada dirige avec succès des fabriques de pneus à Granton, à Bridgewater et à Waterville, utilisant largement la main-d'oeuvre néo-écossaise.
Tourisme
Province aux ressources culturelles et récréatives abondantes et possédant plus de lieux historiques que toute autre, à part le Québec, la Nouvelle-Écosse est devenue la terre de prédilection des touristes de juin à octobre. Bien qu'en 1975 le nombre de touristes ait atteint 1,1 million, la valeur brute de l'industrie a augmenté de plus de 100 % durant chacune des deux dernières décennies. En 1992, les touristes y dépensent pour la première fois plus de 800 millions de dollars. En 2001, cette somme s'élève à 1,2 milliard. L'industrie touristique emploie environ 33 500 personnes.
Mines
La valeur de la production minière n'a cessé d'augmenter et a atteint plus de 385 millions de dollars en 1999. La charbon, le SEL, le GYPSE, ainsi que d'autres minéraux industriels sont les principaux produits de cette industrie qui emploie environ 2300 personnes.
Le charbon est de loin le plus important minéral, mais son histoire en Nouvelle-Écosse est plutôt mouvementée. La croissance rapide de sa production due à la création du Whitney Syndicate et au développement de l'aciérie est la principale cause de la prospérité de la province au début du XXe siècle. Après la Première Guerre mondiale, les régions carbonifères connaissent des temps troublés. À la fin des années 1950, le marché se rétrécit à cause de la concurrence des produits pétroliers et du gaz naturel. La production passe de 6,6 millions de tonnes en 1950 à environ 2 millions de tonnes en 1971.
Le charbon fait cependant une remontée impressionnante au cours des années 1990. À la suite des sérieuses augmentations des prix du pétrole par les pays de l'OPEP, la province s'efforce de réduire sa dépendance au pétrole étranger en le remplaçant par le charbon thermique. En 1999, la production s'élève à plus de 1,5 millions de tonnes, soit une valeur excédant 100 millions de dollars.
Dès 1991, le charbon thermique répond à 72 % des besoins en électricité, ce qui constitue une hausse importante par rapport à 1980, alors qu'elle n'en comblait que 23 %. Vu l'épuisement prochain des anciennes mines des comtés de Cumberland, de Pictou et d'Inverness, presque tout le charbon proviendra dorénavant du Cap-Breton. En 1992, la mine Westray, près de Plymouth, doit fermer à la suite d'une explosion souterraine qui, le 9 mai, tue 26 mineurs.
Après le charbon, le gypse et le sel sont les minéraux le plus profitables. On en trouve en grande quantité dans les comtés de Hants, d'Inverness et de Cumberland. Le gypse, extrait en Nouvelle-Écosse plus que dans toute autre province, est expédié aux États-Unis pour la transformation. Par ailleurs, la Nouvelle-Écosse possède les plus importants dépôts de BARYTINE du Canada, ainsi que de grands dépôts de sable, de gravier et d'autres matériaux de construction. La seule mine de métal en Nouvelle-Écosse est la mine d'or ouverte récemment et située près de Sheet Harbour.
Foresterie
L'exploitation forestière a toujours été importante pour l'économie de la Nouvelle-Écosse (voir BOIS, HISTOIRE DU COMMERCE DU). Au XIXe siècle, la prospérité vient surtout des navires en bois qui transportent outre-mer planches, madriers et autres produits forestiers. Aujourd'hui, quelque 3,9 millions d'hectares, environ 70 % de la superficie de la province, sont encore en forêt, et 69 % de cette superficie appartiennent à des propriétaires forestiers privés.
L'industrie du bois de sciage constitue la plus importante activité du secteur forestier de la Nouvelle-Écosse. En 1995, le bois de sciage représente plus du tiers de la valeur totale des produits d'exportation forestière. Le bois tendre le plus répandu est l'épinette. Le sapin baumier est employé non seulement pour le bois de papeterie, mais aussi dans une industrie secondaire : l'exportation d'arbres de Noël.
Les bois durs les plus importants pour le commerce sont l'érable rouge, l'érable à sucre et le bouleau jaune. L'érable à sucres, surtout dans le Nord, est également exploité par l'industrie de production du sirop d'érable et de ses dérivés.
Pêches
La Nouvelle-Écosse vient au second rang, après la Colombie-Britannique, pour la valeur des pêcheries, qui ont jadis attiré les Européens sur ses côtes. Il fut un temps où le poisson salé et séché, exporté en Amérique latine, constituait le principal marché, mais le poisson en filets et surgelé domine entièrement le marché moderne.
Depuis la Deuxième Guerre mondiale, les goélettes et les doris ont cédé la place aux chalutiers qui pêchent toute l'année. En 1999, 13 953 pêcheurs et environ 6500 travailleurs sur terre participent aux pêches. Près de 5000 bateaux de pêche, grands et petits, fournissent les usines de transformation de la province. Il s'agit d'une baisse depuis une dizaine d'années.
Dans une industrie très diversifiée, les pêcheurs côtiers comptent pour environ 70 %. Les mollusques et les crustacés, comme les pétoncles, les homards et les corégones de l'Atlantique sont plus rentables que les poissons de fond, comme l'aiglefin et la morue. Les poissons de fond sont pêchés à la fois par les chalutiers, par les bateaux côtiers et par les palangriers.
Les homards sont capturés surtout près de la côte par des bateaux de Cape-Island; les pétoncles, par des chalutiers côtiers ou de haute mer; et les harengs, par des senneurs. En 1971, on cesse la pêche à l'espadon, craignant qu'il soit contaminé au MERCURE.
En accord avec les autres pays qui pratiquent la pêche, le Canada instaure, en 1977, une limite de pêche à 200 milles (370 km) de ses côtes, se réservant le droit de réglementer les bancs de pêche de son plateau continental afin de permettre aux poissons de se régénérer et, surtout, de mettre fin à l'épuisement des bancs causé par les grands navires-usines étrangers. Même si la valeur des prises atteint 650 millions de dollars en 2000, l'industrie connaît des problèmes. Les pêcheurs de haute mer se plaignent longtemps que les pêcheurs côtiers, appuyés par un lobby puissant et un ministre sympathique à leur cause, soient favorisés à leurs dépens. Tous les pêcheurs s'élèvent contre la trop grande réglementation fédérale, particulièrement contre un récent projet d'administration sectorielle qui manque de souplesse.
La nouvelle limite de pêche attire des centaines de nouveaux venus qui sont déçus. Obligés de travailler selon un système de quota, les grandes usines et les chalutiers, qui ont de lourds frais généraux, trouvent coûteux de diminuer leur capacité de production. Les pêcheurs côtiers vendent parfois leur pêche aux chalutiers étrangers, ce qui met l'industrie de transformation en difficulté. Pendant la crise surgit un autre problème, on doit parfois vendre à un prix trop élevé un produit dont la qualité est parfois inférieure.
Un différend de longue date entre le Canada et les États-Unis au sujet de la propriété du banc Georges, l'une des zones de pêche les plus riches du monde, est réglé par la Cour internationale de justice, en 1984. Le Canada ne reçoit qu'un sixième du territoire convoité, mais c'est la partie la plus riche, et les pêcheurs de la Nouvelle-Écosse se sentent moins lésés que ceux de la Nouvelle-Angleterre.
Transports
Au tout début, l'eau était la seule voie de communication, mais à la fin des années 1760, on commence à construire des routes. Aujourd'hui, environ 26 000 km de routes (dont 14 000 km sont pavés) relient toutes les communautés de la province.
À la fin du XIXe siècle, on construit surtout des lignes de chemin de fer. La plus grande partie des 1900 km de chemin de fer de la province l'a été entre 1854 et 1914. Cependant, à compter des années 1950, les services du rail connaissent un déclin constant, au point qu'il ne reste plus que 678 km de rail sur la ligne principale. Depuis un certain temps, le transport ferroviaire gagne en popularité.
Le CN, le principal transporteur, a construit à Halifax une grande gare et instauré un service de conteneurs gerbés entre Halifax et ses principaux marchés intérieurs de Montréal, de Toronto et de Chicago. De même, depuis peu, la province compte deux autres compagnies privées de chemins de fer secondaires : le Cape Breton & Central Nova Scotia Railway, qui fait la liaison entre Truro et Sydney, et le Windsor & Hantsport Railway, qui relie Halifax à Kentville.
VIA Rail, le train de voyageurs continental de l'Est, fait six fois par semaine le voyage de Halifax à Montréal. À l'intérieur de la province, le transport routier est assuré par Acadian Lines, MacKenzie Bus Lines et d'autres compagnies d'autobus plus petites.
Le port de Halifax, qui est libre de glaces et dont les eaux sont profondes, se trouve plus près de l'Europe que tout autre port continental en Amérique; cette journée de voyage en moins lui permet de demeurer compétitif au niveau du transport maritime à l'échelle internationale. C'est le second plus important port naturel du monde. Il a deux terminus pour conteneurs gérés par des entreprises privées : Halterm, situé à l'extrémité sud de Halifax, et Fairview Cove/Ceres, à la limite nord du bassin de Bedford. Halifax est aussi dotée d'un vaste autoport situé à Eastern Passage.
Étant donné l'ouverture récente du tunnel du CN pour conteneurs gerbés, à St. Clair, le port commercial agrandit son territoire traditionnel qui était constitué de l'arrière-pays du Canada central en annexant celui de Chicago, qui connaît une bonne croissance depuis deux ans. Le port à conteneurs de Halifax se classe au 75e rang dans le monde, et au 3e au Canada.
Récemment, l'activité s'est intensifiée au superport du détroit de Canso à Port Hawkesbury/Point Tupper. En 1995, l'augmentation de la circulation y est la plus importante parmi les 10 principaux ports du Canada. Les marchandises en vrac qui y circulent sont du pétrole brut et des produits pétroliers, qui sont dirigés vers les marchés nord-américains, ainsi que du charbon et des agrégats.
Des traversiers, propres à la navigation maritime, relient le Sud-Ouest de la Nouvelle-Écosse à la Nouvelle-Angleterre (de Yarmouth à Bar Harbor, dans le Maine; et de Yarmouth à Portland, dans le Maine) et au Nouveau-Brunswick (de Digby à Saint-Jean). De plus, des traversiers viennent de Terre-Neuve (à partir de North Sydney jusqu'à Port-aux-Basques, et de North Sydney jusqu'à Argentia) et de l'Île-du-Prince-Édouard (à partir de Caribou jusqu'à Wood Islands).
L'aéroport international de Halifax, le septième en importance au Canada et le pivot dans la région atlantique, est relié aux grands centres canadiens et internationaux par les services des principaux transporteurs aériens canadiens. L'aéroport de Sydney est desservi par Air Nova et Air Atlantique, tandis que celui de Yarmouth jouit d'une liaison directe avec Halifax et Boston par Air Nova.
Énergie
Avant 1973, la production de l'énergie électrique dépend de la Nova Scotia Power Commission, un organisme public fondé en 1919, et de la Nova Scotia Light and Power Company, un service privé. En 1973, ces deux organismes fusionnent en une seule société publique : la Nova Scotia Power Corp. Celle-ci est privatisée en 1992 et aujourd'hui, elle est constituée en corporation.
En 1979, afin de mettre au point une stratégie énergétique, on fonde l'Energy Planning Board sous l'autorité du nouveau ministère des Mines et de l'Énergie. Cette stratégie vise le développement des quelques réserves hydroélectriques inexploitées; l'ouverture de nouvelles mines de charbon et l'expansion de celles qui existent déjà, de façon à éliminer graduellement le pétrole comme carburant industriel; et enfin, l'achèvement, en 1984, sur la rivière Annapolis, de la première usine marémotrice d'Amérique du Nord, utilisant la plus grande turbine jamais construite pour l'hydroélectricité. Cette stratégie connaît un succès tel qu'en 1995, le pétrole ne constitue plus que 13 % de l'énergie provinciale, alors que le charbon en constitue désormais 72 %. La quantité d'énergie hydroélectrique produite est négligeable.
La recherche de sources d'énergie mène à l'exploration en haute mer du pétrole et du gaz, surtout sur la plate-forme néo-écossaise dans la région de l'île de Sable, où l'on découvre d'importantes quantités de gaz. En mars 1982, le premier ministre John BUCHANAN conclut avec le gouvernement fédéral une entente sur 42 ans qui accorde à la Nouvelle-Écosse des droits sur ses réserves marines équivalents à ceux de l'Alberta sur ses réserves industrielles de pétrole et de gaz.
Administration et politique
Structure fondamentale
Depuis 1838, le pouvoir législatif est exercé par une assemblée générale formée d'un lieutenant-gouverneur, d'un Conseil législatif et d'une Assemblée législative. En 1928, cependant, la Nouvelle-Écosse supprime le Conseil législatif. Seul le Québec conserve le bicaméralisme jusqu'en 1968. Les 52 membres de la 52e Législature de 1981 sont élus pour la première fois à raison d'un député par circonscription électorale. En 1920, hommes et femmes de plus de 21 ans ont droit de vote. En 1970, l'âge minimal est abaissé à 19 ans et, en 1973, à 18 ans.
La Cour suprême de la Nouvelle-Écosse est le plus haut tribunal de la province et ses juges sont nommés par le Cabinet fédéral. Au début des années 1960, il est divisé en deux : la division de première instance et la division d'appel. En 1987, la division d'appel est formée du juge en chef de la division d'appel et de 6 autres juges, et la division de première instance, du juge en chef de la Nouvelle-Écosse et de 11 autres juges. Jusqu'en 1981, la cour de comté, constituée de la même façon, comprend huit juges, mais la législation cette année-là prévoit la nomination de deux juges supplémentaires et d'un juge en chef qui devra exercer le pouvoir général de surveillance.
Parce que la plupart des causes criminelles, excluant les délits les plus graves, sont traitées à la Cour provinciale (anciennement la Cour du magistrat provincial), une cour de nature strictement provinciale, le nombre de ses juges a substantiellement augmenté ces dernières années. Depuis 1980, l'un d'eux exerce des pouvoirs de surveillance à titre de juge en chef.
Gouvernement municipal
Le gouvernement local est exercé dans les municipalités régionales, les cités, les villes et les municipalités rurales. Ces dernières ont généralement les mêmes limites que les comtés, mais six d'entre eux comptent deux municipalités chacun. Malgré diverses tentatives pour fusionner ou changer ces unités, elles demeurent pratiquement inchangées depuis 1879. Les seuls changements notables dans leur statut, depuis 1923, sont la constitution de Dartmouth en cité en 1961 et celle de Bedford en ville en 1980, ainsi que le retour à leurs constitutions de municipalités rurales des villes de Port Hood, de Wedgeport, de Joggins et d'Inverness. Le changement le plus important apporté à la structure municipale est la création de deux municipalités régionales : la municipalité régionale du Cap-Breton, créée dans le but d'harmoniser les services offerts partout dans l'île, et la municipalité régionale de Halifax, qui rassemble Halifax, Dartmouth, Bedford et le comté de Halifax, afin de constituer la grande région de Halifax qui est autogérée.
Les plus petites localités peuvent s'entendre, en vertu du Village Service Act, pour s'assurer des services qui ne sont pas fournis par leur municipalité rurale. Pendant les trois ou quatre dernières décennies, les municipalités ont remis plusieurs de leurs responsabilités au gouvernement provincial, mais ce dernier est parfaitement conscient des préjudices que pourrait engendrer cette situation.
Représentation fédérale
Comme le prévoyait la Constitution de 1867, la Nouvelle-Écosse a droit à 10 sénateurs, mais sa représentation à la Chambre des communes, qui était de 21 députés dans les années 1870, n'est plus que de 11, ce qui diminue le poids de la province dans les décisions de politique fédérale. Par ailleurs, on prétend parfois que la propension des électeurs à appuyer fidèlement les partis traditionnels a nui à la capacité de négociation de la province. On émet parfois l'idée, qui est fermement niée par certains, que l'avantage de la Nouvelle-Écosse serait substantiellement plus grand au sein d'une union des PROVINCES MARITIMES.
Finances publiques
Jusqu'à la Confédération, le gros des revenus du gouvernement provient des droits d'importation (voir DOUANES ET ACCISE) qui peuvent être facilement ajustés selon les besoins. Après 1867, les contributions venant d'Ottawa deviennent de loin la principale source de revenus. Ce n'est que vers le tournant du siècle que le budget de la province atteint un million de dollars et que les redevances sur le charbon viennent en tête des subventions fédérales comme source majeure de revenu. La décennie qui précède la Première Guerre mondiale est la seule période, depuis la Confédération, durant laquelle les finances provinciales sont saines, surtout grâce à l'essor de l'industrie carbonifère et de l'aciérie.
Depuis 1918, la province est presque toujours à court d'argent et, de concert avec les autres provinces pauvres, doit multiplier les demandes au Trésor fédéral. Durant les années 1960, la Nouvelle-Écosse prend la tête des provinces afin d'obtenir des autorités fédérales qu'elles établissent la pleine péréquation.
Santé
Le ministère de la Santé publique gère un vaste programme grâce à ses divisions de santé dentaire, de services infirmiers, d'organisation de santé publique, de nutrition, de lutte contre la tuberculose, d'hôpitaux et d'écoles de formation infirmière, de santé infantile et maternelle, de contrôle des maladies contagieuses, de maladies industrielles et de services d'urgence. En 1959, la province adhère au plan national d'assurance-hospitalisation et, en 1968, au plan d'assurance-maladie. Afin d'assurer une plus grande efficacité administrative, les deux plans fusionnent, en 1973, sous la responsabilité de la Health Services and Insurance Commission (commission d'assurance et de services de santé. Aux services gratuits déjà fournis, elle ajoute, en 1974, les soins dentaires pour les enfants jusqu'à 7 ans (jusqu'à 16 ans aujourd'hui) et, peu après, les médicaments délivrés sous ordonnance pour les personnes de 65 ans et plus.
La part provinciale des coûts est couverte essentiellement par la taxe de vente de 15 %. Il s'agit d'une taxe prélevée sur la vente au détail harmonisée depuis avril 1997 avec la TPS, la taxe provinciale sur les services de santé et une redevance sur les certificats de mariage, de naissance et de décès. La recherche médicale est poursuivie essentiellement par la faculté de médecine de l'UNIVERSITÉ DALHOUSIE qui, pour pallier l'insuffisance des fonds fournis par les organismes nationaux, a créé la Research and Development Foundation (fondation pour la recherche et le développement).
Politique
Les premiers véritables partis politiques apparaissent lors de l'élection de 1836 alors que les tories (conservateurs) battent les reformers (libéraux), rassemblés à la dernière minute par Joseph HOWE. Jusqu'en 1867, les partis luttent à armes égales, mais la question de la Confédération retourne la situation en faveur des libéraux qui s'y opposent.
Jusqu'en 1956, les conservateurs gagnent seulement 3 élections et détiennent le pouvoir pendant seulement 12 des 89 dernières années. Depuis la Deuxième Guerre mondiale, un recul marqué du vote traditionnel, auquel viennent s'ajouter les luttes intestines qui déchirent le Parti libéral et l'influence de John DIEFENBAKER et de Robert STANFIELD, a sérieusement diminué l'écart électoral entre les deux partis et ainsi renforcé la concurrence.
Il est très difficile de supplanter les premiers ministres néo-écossais bien enracinés, et W.S. FIELDING, George Murray, Angus L. MACDONALD et Robert Stanfield gardent leur ascendant politique pendant de longues périodes. Toutefois, qualifier le conservateur Stanfield de moins libéral ou de plus conservateur que les libéraux Fielding, Murray et Macdonald serait trompeur, car les partis traditionnels fondent avec pragmatisme leurs programmes sur les besoins des électeurs et non sur des vues idéologiques.
Le traditionalisme politique complique la vie des tiers partis. En 1920, les facteurs inhérents à la Première Guerre mondiale permettent au mouvement agraire-ouvrier de faire la meilleure percée qu'un tiers parti ait jamais réalisée en faisant élire 11 députés avec 30,9 % du vote populaire contre 3 députés conservateurs avec 24,7 % des voix. Depuis 1941, le CCF-NPD fait parfois élire un député fédéral et a même obtenu jusqu'à quatre députés provinciaux. En 1945, les conservateurs n'ayant aucun élu, les deux députés CCF-NPD constituent l'opposition officielle de l'Assemblée.
Avant 1981, le CCF-NPD a remporté toutes ses victoires dans la partie urbaine du comté de Cap-Breton, mais, cette année-là, le leader NPD gagne un siège dans le Halifax métropolitain, dont le vote total du parti égale presque celui des libéraux. Cette même année, il recueille 18,1 % de l'ensemble des voix de la province, ce qui constitue un record. En 1984, le premier ministre John Buchanan remporte sa troisième victoire, la plus décisive, alors que les conservateurs s'assurent 42 sièges, les libéraux, 6, le NPD, 3 et le Parti travailliste du Cap-Breton, 1.
Buchanan obtient un autre mandat en 1988, mais avec une majorité réduite. Après 13 ans au pouvoir, conscient de l'antipathie grandissante envers son régime, il démissionne. C'est sous le gouvernement de son successeur, Donald Cameron, que le Parti conservateur connaît une situation exceptionnelle : durant deux années, il ne se produit que de très rares dissensions à l'Assemblée. En 1993, Cameron perd l'élection générale au profit des libéraux de John Savage. Ce dernier accède au pouvoir, bien déterminé à instaurer des mesures sévères en vue de contrôler les dépenses publiques. John Hamm est élu en 1999 et a l'intention de créer un gouvernement plus ouvert et plus responsable.
Dernièrement, avec l'extension des limites de Halifax et la consolidation des écoles due à la baisse des inscriptions, le système séparé a été sérieusement fragilisé à Halifax. De 1864 à 1950, un conseil de l'instruction publique, en somme le Cabinet provincial, s'occupe de l'éducation. En 1950, la province se dote de son premier ministère de l'Éducation.
En plus de la consolidation scolaire, deux autres changements essentiels ont été effectués dans le système public depuis la Deuxième Guerre mondiale. À la suite du rapport Pottier, en 1954, une loi crée un programme de dotation, prévoyant un niveau de base des services éducatifs, financé en partie par le gouvernement provincial et en partie par des taxes municipales uniformément redistribuées dans la province.
À la suite du rapport Walker sur le financement de l'éducation publique, une loi de 1982 prévoit la réduction du nombre des commissions scolaires de 85 à 22, en espérant que ce changement provoquera une situation administrative où le nombre d'élèves, les fonds, le personnel professionnel et la compétence de spécialistes permettront un enseignement plus riche et très élargi.
L'un des 22 conseils scolaires est de langue française. À l'heure actuelle, on pense encore réduire le nombre des conseils scolaires, et la province mène une étude sur les systèmes de gestion dans huit écoles. Le ministère de l'Éducation et de la Culture crée aussi des projets de partenariat avec le secteur privé dans le but de construire et d'organiser des écoles de haute technologie. Le niveau primaire comprend le préscolaire et les classes de la première année à la sixième année et le secondaire réunit les classes de la septième année à la douzième année. Le système scolaire public est non confessionnel.
La population acadienne a ses propres écoles qui dispensent l'enseignement en français au niveau primaire, puis en français et en anglais au secondaire. Il existe aussi quelques écoles francophones qui offrent le programme en français avec des cours d'anglais langue seconde.
Établissements d'enseignement
Très tôt, les diverses confessions religieuses stimulent l'éducation supérieure et, au XIXe siècle, il est un temps où, des sept collèges, seul Dalhousie est non confessionnel. On a prétendu que la province souffrait du trop grand nombre d'universités, mais le fort sentiment religieux, à tout le moins, a empêché une certaine fusion. Pine Hill Divinity Hall, à l'origine institution presbytérienne devenue une institution de l'Église unie, fait exception en devenant, en 1971, l'Atlantic School of Theology, premier collège oecuménique du pays, où se côtoient trois religions : la religion catholique romaine, la religion anglicane et l'Église unie.
L'enseignement postsecondaire est dispensé par des universités et des collèges qui attribuent des grades universitaires et par le Nova Scotia Community College et les écoles de métiers privées. Les établissements qui dispensent un enseignement universitaire régulier à Halifax et à Dalhousie sont l'UNIVERSITÉ ST. MARY, l'UNIVERSITÉ MOUNT SAINT VINCENT et l'UNIVERSITÉ DE KING'S COLLEGE. À l'extérieur de Halifax, on trouve l'UNIVERSITÉ ACADIA à Wolfville, l'UNIVERSITÉ ST. FRANCIS XAVIER à Antigonish et l'UNIVERSITY COLLEGE OF CAPE BRETON à Sydney. L'UNIVERSITÉ SAINTE-ANNE à Church Point est le seul établissement universitaire francophone de la province.
Les établissements qui donnent une formation spécialisée à Halifax sont la DALTECH(Technical University of Nova Scotia) et le NOVA SCOTIA COLLEGE OF ART AND DESIGN et à Truro, le NOVA SCOTIA AGRICULTURAL COLLEGE. Le NOVA SCOTIA NAUTICAL INSTITUTE et le collège de la GARDE CÔTIÈRE CANADIENNE de Sydney donnent une formation technique aux marins.
Le Nova Scotia Community College compte 18 campus répartis dans toute la province. Le Collège de l'Acadie dispense l'enseignement en langue française. Il a recours au système d'enseignement à distance auquel sont rattachés des centres d'apprentissage dans les régions de populations francophones. Le ministère de l'Éducation et de la Culture dirige aussi le programme provincial d'apprentissage. En 1999-2000, les écoles primaires et secondaires comptent 157 877 élèves, et les collèges et les universités, 37 291 étudiants. La même année, la province consacre plus de 800 millions de dollars à l'éducation.
Vie culturelle
Jusqu'à ces dernières décennies, sa situation géographique a tenu la Nouvelle-Écosse à l'écart de quelques-uns des principaux courants de la vie nationale. Cependant, les améliorations apportées au transport et l'impact puissant des COMMUNICATIONS à l'échelle nationale ont modifié quelques traits de la vie traditionnelle et l'ont modernisée.
Arts
La vie culturelle est florissante en Nouvelle-Écosse. La communauté artistique dynamique et les récents progrès au niveau des réalisations cinématographiques et de l'enregistrement sonore se traduisent par des avantages culturels de plus en plus importants pour la province.
Depuis les années 1970, le gouvernement prend des mesures pour appuyer des activités culturelles et artistiques. En 1975, il fonde la Galerie d'art de la Nouvelle-Écosse, instituée comme service public pour l'acquisition, la conservation et l'exposition d'oeuvres d'art. En 1988, la galerie déménage dans les locaux rénovés de l'édifice historique du dominion, dans le centre-ville de Halifax. Trois ans plus tard, la Fondation culturelle voit le jour. Elle a pour but d'accepter, de recueillir et de gérer des fonds pour la promotion des affaires culturelles.
En 1991, on met sur pied le Centre for Craft and Design, un centre de promotion de l'industrie de l'artisanat et du graphisme évoluant dans un contexte culturel, éducatif et économique. Le centre informe les adeptes de ces métiers sur la vente en gros et la vente au détail des produits. Il leur donne aussi la possibilité d'exposer leurs oeuvres et d'apprendre. Les artistes en arts visuels organisent des « visites d'ateliers » qui donnent l'occasion au public de faire la connaissance de nombreux artistes et artisans.
Symphony Nova Scotia, le seul orchestre symphonique professionnel à l'est de Québec, et un bon nombre de troupes de théâtre professionnelles résident à Halifax. Parmi ces dernières se trouvent le NEPTUNE THEATRE, qui en est actuellement à sa 34e saison, le Mermaid Theatre et quelques autres. Les représentations annuelles et les festivals attirent de très nombreux visiteurs, qu'ils viennent de l'extérieur ou de la région. Parmi les activités, notons le populaire Cape Breton Summertime Revue, Jazz East, Musique Royale, et le Scotia Festival of Music, qui présente, en juin, une semaine entière de MUSIQUE DE CHAMBRE.
La production cinématographique a progressé à grands pas depuis 1992 avec l'avènement de la Nova Scotia Film Development Corp., une société de la Couronne fondée par le gouvernement provincial. Plusieurs réalisateurs de Hollywood ont réalisé des films importants qui mettent en scène les paysages pittoresques et les sites historiques de la Nouvelle-Écosse. En 1994, la forteresse de Louisbourg sert de toile de fond pour le film Squanto: The Indian Warrior, de la Disney Corp. Parmi les productions locales des dernières années, mentionnons The Bruce Curtis Story, Life with Billy, Mary Silliman's War, et The Sound and the Silence.
L'industrie de l'enregistrement sonore connaît une période faste depuis quelques années grâce à la promotion d'artistes populaires tels que RITA MACNEIL, les RANKINS et le groupe rock grunge Sloan. En 1993, l'enregistrement de « Celtic Mass for the Sea » fait l'objet d'éloges sur la scène internationale. Il s'agit d'une composition de Scott Macmillan et de la librettiste Jennyfer Brickenden, qui met en valeur des artistes du chant classique et du chant choral et des artistes celtiques. La mise sur pied des compagnies de distribution Groundswell Records et Atlantica/EMI/Duckworth, basées en Nouvelle-Écosse, contribuent également à ce succès.
Communications
Le quotidien du matin le plus largement diffusé dans la province est le Chronicle-Herald de Halifax. Son édition de l'après-midi, le Mail-Star, se limite à la région de Halifax. Le quotidien Cape Breton Post dessert le Cap-Breton. Quatre autres quotidiens desservent diverses autres régions, et les hebdomadaires de comté sont nombreux.
La Société Radio-Canada (SRC) et plusieurs stations privées fournissent le service radio, alors que le service de télévision est assuré par la SRC, les stations du réseau Atlantic Television (ATV, affilié à CTV) et MITV. La SRC de Halifax et des producteurs indépendants produisent une quantité considérable d'émissions pour la radio et la télévision.
Conservation du passé
Grâce aux efforts des gouvernements fédéral et provincial et des nombreuses sociétés locales d'histoire et du patrimoine, le public peut prendre connaissance du passé historique de la province de diverses façons.
Le gouvernement provincial, par le biais du Nova Scotia Museums Complex, a restauré de nombreuses demeures anciennes, témoins de l'histoire, et tout particulièrement la demeure de Richard John UNIACKE, près de Halifax, celle de Simeon PERKINS, Perkin's House, à Liverpool, et celle de Thomas Chandler HALIBURTON, « Clifton », à Windsor.
En 1980, le gouvernement provincial adopte la loi sur les biens à valeur patrimoniale, la Heritage Property Act. La loi a pour objet l'identification, la désignation, la conservation, la protection et la rénovation de bâtiments, d'ouvrages, de paysages de rues, de zones et de quartiers qui présentent un intérêt historique, architectural ou culturel dans les régions urbaines et rurales, en plus d'en encourager l'utilisation continue.
Sur la recommandation de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada et de la Royal Nova Scotia Historical Society, on dote un grand nombre de LIEUX HISTORIQUES de plaques commémoratives. Le musée de la Nouvelle-Écosse offre des représentations sur l'histoire de la province. L'édifice des archives de la Nouvelle-Écosse, inauguré en 1980, est unique au Canada. Il renferme un véritable trésor de peintures, de documents et de manuscrits.
Histoire
Découverte et première colonisation
Il est probable que des Scandinaves aient atteint la Nouvelle-Écosse longtemps avant que Jean CABOT n'ait mis pied à terre en 1497 (probablement au Cap-Breton) (voir EXPÉDITIONS VIKINGS). De nombreux autres explorateurs et pêcheurs ont navigué sur ses côtes avant que de MONTS et CHAMPLAIN fondent Port-Royal en 1605. Première colonie agricole européenne sur une terre qui est aujourd'hui canadienne et berceau de l'Acadie. En 1621, Jacques 1<sup>er</sup> d'Angleterre accorde la Nouvelle-Écosse (dite Nova Scotia dans sa charte en latin) à sir William ALEXANDER. En 1626, il dote la province d'armoiries et de l'Ordre des Baronnets. Trois ans plus tard, les Écossais fondent deux colonies qui ne connaissent aucun avenir.
À trois reprises au cours du XVIIe siècle (avec Samuel Argall en 1613, Robert Sedgwick en 1654 et sir William PHIPS en 1690), les Anglais s'emparent des colonies françaises, qu'ils doivent rendre chaque fois. Les quelques colons français qui restent après la conquête de 1613, les 300 que la Compagnie de la Nouvelle-France y installe en 1632 et les 60 que fait venir Grandfontaine en 1671 constituent la souche des Acadiens d'aujourd'hui. La quatrième prise de Port-Royal (ANNAPOLIS ROYAL), par Francis Nicholson en 1710, est la dernière puisque, par le TRAITÉ D'UTRECHT (1713), l'Acadie est cédée à l'Angleterre, mais l'île Royale (île du Cap-Breton) et l'île Saint-Jean (Île-du-Prince-Édouard) restent aux mains des Français.
Jusqu'en 1749, l'Angleterre n'exerce qu'une « fausse suzeraineté » (voir NOUVELLE-ÉCOSSE, NOUVELLE-ÉCOSSE DE 1714 À 1784). La fondation de Halifax, cette année-là, suivie de l'arrivée des « préloyalistes » et, plus tard, d'environ 20 000 loyalistes (y compris quelque 3000 Noirs) et d'hommes de troupes licenciés, marquent les débuts de la Nouvelle-Écosse britannique dont le résultat immédiat (1784) est la formation des nouvelles colonies du Nouveau-Brunswick et du Cap-Breton dans des territoires qui font partie de la Nouvelle-Écosse depuis le TRAITÉ DE PARIS, en 1763.

XIXe siècle
De nombreux loyalistes ont été des hommes riches et influents. Compte tenu de leurs sacrifices, ils s'attendent à un traitement privilégié. Même s'il ne leur est pas défavorable au début, le gouverneur John PARR prend ses distances, par la suite, devant leurs incessantes demandes de services et leurs fréquents conflits avec les « préloyalistes ». Le temps joue en leur faveur, car le successeur de Parr, le loyaliste John Wentworth, emploie ses 16 années au gouvernement (1792-1808) à placer des descendants de loyalistes aux plus hauts échelons administratifs. Les loyalistes ne ressentent donc plus le besoin de faire valoir aussi vigoureusement leurs réclamations et, en partie à cause des mariages mixtes, leur influence particulière s'évanouit en peu de temps.
Les GUERRES NAPOLÉONIENNES apportent la prospérité à la Nouvelle-Écosse, surtout dans les industries du bois et de la CONSTRUCTION NAVALE . La Guerre de 1812 accroît le bien-être de la population. En fait, plus d'une fortune à Halifax se construit pendant ces années grâce à la GUERRE DE COURSE. Cependant, la paix et plusieurs années de mauvaises récoltes entraînent la récession. La reprise se fait sentir seulement au milieu des années 1820, grâce aux lois sur le commerce de William Huskisson, en 1825.
Néanmoins, une nouvelle vague d'IMMIGRANTS, environ 55 000, arrive après la guerre, dont quelque 2000 Noirs et, en 1818-1819, environ 200 GALLOIS. Les immigrants sont surtout des Irlandais et des Écossais; les premiers se fixent à Halifax et les seconds dans l'île du Cap-Breton et dans le Nord-Est de la péninsule. Depuis le début du siècle, un réveil intellectuel lent, mais régulier, se fait sentir, d'abord dans le commerce, ensuite dans les activités littéraires pour enfin atteindre son apogée en politique dans les années 1830.
L'une de ces manifestations est la célèbre Brandy Dispute de 1830, au cours de laquelle presque toute la province se retourne contre le Conseil des Douze qui a osé revendiquer un pouvoir sur les projets de lois concernant les finances qui sont restés longtemps suspendus.
Le mouvement en faveur du GOUVERNEMENT RESPONSABLE acquiert une sérieuse notoriété en 1836 lorsque, grâce aux efforts de Joseph Howe et de son Novascotian, une majorité de réformistes sont élus à la législature. Ils se battent contre l'oligarchie, formée des marchands et des fonctionnaires, surtout de Halifax, qui, avec le Conseil des Douze, domine la vie religieuse, politique et les affaires. Le groupe de Halifax, encore plus que celui du Haut-Canada, est un vrai pacte de famille (voir PACTE DE FAMILLE).
Howe est un réformiste conservateur et ses partisans font écho à ses paroles. Ils atteignent leurs buts sans coup férir. Howe fait preuve de modération lorsqu'il consent à faire partie d'une coalition risquée avec les tories, de 1840 à 1843, dans l'espoir d'atteindre graduellement ses objectifs.
Les réformistes parviennent enfin au succès quand, aux élections de 1847, ils obtiennent 29 sièges contre 22 pour leurs opposants. Le 9 février 1848, James B. Uniacke devient premier ministre, avec Howe comme secrétaire provincial, et forme le premier gouvernement responsable de l'Empire britannique.
Les 17 années suivantes sont marquées par deux réalisations positives. Sous la direction de Howe, la Nouvelle-Écosse entre dans l'ère du chemin de fer et, vers 1858, le Nova Scotia Railway, propriété du gouvernement, administre des lignes de Halifax à Windsor et Truro.
Ensuite, Charles TUPPER prend l'initiative dans l'entrée en vigueur des lois scolaires de 1864 et 1865, lesquelles exigent l'ouverture d'écoles gratuites et établissent l'impôt obligatoire, qui, même s'il est impopulaire, permet de mettre en place cette structure scolaire. Quant au reste, ce sont des années de politique partisane peu productives. À la suite d'un conflit acerbe entre Howe et les Irlandais, les catholiques quittent les libéraux. Il s'ensuit un sectarisme politique qui prévaut pendant une courte période après 1857, seul cas de cette nature dans l'histoire de la Nouvelle-Écosse.
À partir de 1864, la question de la CONFÉDÉRATION déchire la province. Contrairement à l'opinion générale, Howe n'est pas l'instigateur du mouvement contre les Résolutions de Québec. Au contraire, ce mouvement commence dans l'Ouest de la Nouvelle-Écosse et parmi les marchands de Halifax, pour des raisons économiques. La population qui mise sur le trafic maritime vers l'est et le sud n'est pas enthousiaste à l'idée d'établir des liens nouveaux avec l'intérieur inconnu et lointain.
Pour Howe, il semble évident que l'union coloniale doive au moins attendre jusqu'à ce que la communication par chemin de fer soit réalisée avec la PROVINCE DU CANADA , et il trouve monstrueux qu'elle doive s'accomplir à partir d'une résolution adoptée par une assemblée, élue trois ans plus tôt, alors que l'union n'était pas discutée. La délégation qu'il dirige ne peut empêcher l'adoption de l'ACTE DE L'AMÉRIQUE DU NORD BRITANNIQUE. Et en septembre 1867, la Nouvelle-Écosse élit 18 anti-confédérés sur 19 députés à la Chambre des communes et 36 sur 38 députés à l'Assemblée provinciale (voir MOUVEMENT SÉCESSIONNISTE). Enfin, convaincu que l'abrogation est impossible, Howe accepte des « conditions améliorées » et entre dans le Cabinet fédéral en janvier 1869.
Jusqu'à sa mort en 1873, il tente d'empêcher l'éruption du « volcan endormi » de la Nouvelle-Écosse. Ce n'est qu'à l'élection fédérale de 1874 et à l'arrivée de deux libéraux néo-écossais dans le cabinet d'Alexander MACKENZIE que les anti-confédérés « acceptent la situation ». Le temps est venu pour eux de devenir l'aile provinciale d'un parti national. L'amertume ne s'efface pas facilement et, jusqu'en 1927, des Néo-Écossais mettent leurs drapeaux en berne le 1er juillet.
De toute évidence, Tupper mésestime les besoins financiers de la Nouvelle-Écosse lors des négociations qui accompagnent son entrée dans la Confédération et, même avec les conditions améliorées obtenues par Howe, la province peut difficilement maintenir ses services, encore moins assurer l'expansion du chemin de fer. En 1867, la section de Truro à Pictou est construite à titre d'entreprise publique et, en 1876, le gouvernement fédéral achève le CHEMIN DE FER INTERCOLONIAL , ce qui représente son apport pour la Confédération.
Ayant reçu, en 1873, des subventions accrues pour la dette de la province, le gouvernement provincial accorde des subventions pour la construction de Western Counties Railway, allant d'Annapolis à Yarmouth, de Nictaux and Atlantic, allant de Middleton à Lunenburg, d'Eastern Extension, reliant New Glasgow au détroit de Canso, ainsi que de plusieurs lignes sur l'île du Cap-Breton. En raison des difficultés financières de la province, les projets traînent en longueur.
De nombreuses demandes d'aide au fédéral ayant été rejetées ou étant demeurées sans réponse, le premier ministre W.S. Fielding fait campagne en faveur de l'abrogation de la Confédération, lors de l'élection de 1886, et remporte 29 des 38 sièges. L'année suivante, tout est réduit à néant quand les conservateurs gagnent 14 des 21 sièges fédéraux de la Nouvelle-Écosse.
Néanmoins, Fielding, financier avisé, met rapidement ses espoirs dans la politique provinciale. En 1893, il persuade Henry M. Whitney, de Boston, d'investir dans les mines de charbon du Cap-Breton. Peu après, le Whitney Syndicate jette les bases d'une importante industrie d'acier et de charbon. En 1896, George Murray succède à Fielding, dans des circonstances si heureuses qu'il reste au pouvoir pendant 26 ans.
XXe siècle
Les redevances de plus en plus importantes sur le charbon et l'augmentation des subventions fédérales en 1907 aident la Nouvelle-Écosse à surmonter ses difficultés financières, pour la première fois depuis la Confédération. Elles permettent à Murray de terminer facilement la dernière ligne ferroviaire de la province, la Halifax and Southwestern qui relie Halifax à Yarmouth, et de tenter un prudent mouvement vers les services sociaux publics.
Pendant la Première Guerre mondiale, l'économie de la Nouvelle-Écosse est stimulée par une demande accrue pour le fer, l'acier, le poisson et le bois, mais l'après-guerre amène une récession qui dure longtemps après que la reprise se soit fait sentir à l'extérieur des Maritimes. Le fait que les agraires-travaillistes aient remporté 11 sièges dans la Nouvelle-Écosse conservatrice, lors de l'élection provinciale de 1920, montre l'importance du malaise.
Jusqu'ici, les principales demandes auprès d'Ottawa ont pour but d'alléger le fardeau financier du gouvernement provincial. Au début des années 1920, on réalise que les effets nuisibles des politiques économiques nationales dans le transport et les tarifs empêchent la Nouvelle-Écosse de profiter pleinement des avantages de la Confédération. Les conservateurs s'approprient rapidement le MOUVEMENT DES DROITS DES MARITIMES, né en 1922, et s'en servent pour renverser, en 1925, le gouvernement libéral, au pouvoir depuis 43 ans.
Une commission royale d'enquête, dirigée par sir Andrew Rae Duncan, recommande l'application de tarifs de transport plus favorables et l'accroissement des subventions fédérales pour les Maritimes. Le rapport néglige cependant d'étudier le grief le plus important : le tarif préférentiel. En 1933, le nouveau premier ministre libéral, Angus L. Macdonald, crée la commission Jones pour corriger cette omission.
Macdonald, l'un des trois plus importants leaders politiques de la Nouvelle-Écosse depuis la Confédération, dirige l'un des Cabinets les plus forts de la Nouvelle-Écosse et un gouvernement très progressiste avant d'entrer au Cabinet fédéral en 1940. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, la Nouvelle-Écosse connaît de nouveau la prospérité, et Halifax devient le principal port d'embarquement des munitions et du ravitaillement pour l'Europe occidentale.
Revenu à la politique provinciale, Macdonald adopte une attitude plus conservatrice que celle d'avant-guerre. En 1956, après sa mort, les électeurs de la Nouvelle-Écosse poursuivent une évolution politique modérée en élisant les conservateurs pour la première fois depuis la Confédération dans des conditions économiques normales. Robert Stanfield devient alors le quatrième premier ministre à établir son pouvoir politique sur la province.
Depuis le milieu des années 1950, le développement économique est au coeur des préoccupations des politiciens provinciaux. L'outil de prédilection du gouvernement Stanfield est l'Industrial Estates Limited, fondé en 1957. Ses premières réussites amènent à croire, au début des années 1960, que la Nouvelle-Écosse s'en sortira, mais les pertes sérieuses encourues par Clairtone et Deuterium of Canada jettent une note de pessimisme. La même période est marquée par de graves difficultés dans les industries de l'acier et de charbon, qui constituent les seuls secteurs ayant réellement bénéficié du tarif préférentiel.
L'effondrement apparemment définitif du marché du charbon entraîne, en 1967, la création de la Cape Breton Development Corporation (Devco), une SOCIÉTÉ DE LA COURONNE fédérale avec des intérêts provinciaux, créée afin de trouver des débouchés pour les mineurs dont les emplois sont progressivement éliminés.
Avec ses deux mines, Devco est maintenant la plus grosse productrice de charbon de l'Est du Canada, et son objectif est de devenir une entreprise rentable, sans subvention publique, d'ici quelques années. Voulant empêcher la fermeture de l'aciérie Dosco à Sydney, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse la nationalise en 1967. Elle devient la Sydney Steel Corporation (Sysco). Au cours des années 1970 et 1980, la Sysco encourt d'importantes pertes d'exploitation que la province finance au moyen d'octrois provinciaux et de marges de crédit. En 1989, l'usine fait l'objet de travaux de rénovation et de modernisation. Ces travaux, ainsi que la prise en charge de la créance par la province, ont pour but de permettre à la Sysco de devenir une entité autonome capable de produire des rails en fer de meilleure qualité et de lui donner l'occasion de diversifier sa ligne de produits.
En novembre 1994, elle conclut avec la China National Metals and Mineral Import and Export Corporation (Minmetals) une entente de production conjointe de trois ans. Par cette entente, Minmetals s'engage à faire l'acquisition de la Sysco trois ans plus tard, soit au début de 1998, la remettant ainsi entre les mains du secteur privé.
Dernièrement, deux philosophies s'affrontent en matière de développement provincial. Doit-on se confiner aux industries qui utilisent les ressources naturelles de la province ou, malgré les échecs du passé, poursuivre les efforts pour établir des industries secondaires sans aucun lien avec ces ressources? Peu importe le choix, les Néo-Écossais insistent de plus en plus pour que leur mode de vie agréable ne soit pas sacrifié à des considérations matérielles.
Auteur J. MURRAY BECK
Bibliographie
J. Murray Beck, The Government of Nova Scotia (1957) et The Evolution of Municipal Government in Nova Scotia, 1749-1973 (1973); J.B. Brebner, New England's Outpost (1927) et The Neutral Yankees of Nova Scotia (1937); D. Campbell et R.A. MacLean, Beyond the Atlantic Roar (1974); G.G. Campbell, The History of Nova Scotia (1949); R.E. George, A Leader and a Laggard (1970); J.F. Graham, Fiscal Adjustment and Economic Development: A Case Study of Nova Scotia (1963); J. Leefe et P. McCreath, History of Early Nova Scotia (1982); W.S. MacNutt, The Atlantic Provinces , (1965); B. Moody, The Acadians (1981); B. Murdoch, A History of Nova Scotia or Acadie, 3 vol. (1865, 1866, 1867); T.H. Raddall, Halifax: Warden of the North (1948).
Liens supplémentaires
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Les symboles du Canada peuvent non seulement nous aider à mieux comprendre notre pays, mais également nous inciter à nous réjouir du privilège d'être Canadiens et Canadiennes. Voir aussi les "Jours fériés et autres dates importantes." Par le Ministère du Patrimoine canadien.
Nouvelle-Écosse
Site officiel de Destination : Nouvelle-Écosse.
Bibliothèque et Archives Canada
Accès à la vaste base de données bibliographique en ligne de la Bibliothèque nationale du Canada et aux expositions numérisées sur l’histoire et la culture canadiennes.
L'île de Sable : Une histoire de survivance
Apprenez tout ce que vous voulez savoir sur l’île de Sable et ses épaves. Par le Musée d’histoire naturelle de la Nouvelle-Écosse.
Cartes de référence
Site de l’Atlas du Canada. Utilisez le moteur de recherche ou cliquez sur «Cartes de référence» pour trouver une carte du Canada, d'une province ou d'un territoire.
Thomas Chandler Haliburton
Biographie de Thomas Chandler Haliburton, homme politique, juge et écrivain. Par le Dictionnaire biographique du Canada en ligne.
Site officiel de recherche sur la Forteresse-de-Louisbourg
Ce site fouillé s’intéresse à la forteresse de Louisbourg.
Lieu historique national du Canada du Fort-Edward
Ce site de Parcs Canada est consacré au fort Edward (1750-1812) à Windsor, en Nouvelle-Écosse. Il s'agit du plus ancien blockhaus canadien encore debout.
Lieu historique national du Canada de l'Île-Georges
Ce site de Parcs Canada est consacré à l'Île-Georges qui fait partie du réseau d’ouvrages de défense du port d'Halifax et où se situe le fort Charlotte.
Toponymie du Canada
Utilisez cette page afin de localiser une carte du SNRC en faisant une recherche dans la Base de données toponymiques du Canada (BDTC). Tapez le nom d'une ville, d'un village, d'un lac ou de toute autre entité géographique, spécifiez le type d'entité que vous cherchez ainsi que la province ou le territoire où se trouve l'entité. Par Ressources naturelles Canada.
Lunenburg-sur-mer
Cette base de documentation détaillée relative à l'histoire de Lunenburg comporte une collection d'images historiques, de photographies, de documents, de cartes et d'objets d’art divers. Par les Archives de la Nouvelle-Écosse, et avec l'aide du Patrimoine canadien, des Archives nationales du Canada et du Conseil canadien des archives.
Nouvelle-Écosse
Une vue d'ensemble des principaux enjeux et événements ayant motivé l'adhésion de la Nouvelle-Écosse à la Confédération. Le site propose des biographies des personnalités de premier plan, d'anciennes photos et des documents d’archives connexes. Site de Bibliothèque et Archives Canada.
Recensement
Le recensement constitue la seule source fiable de données détaillées sur de petits groupes, notamment les familles monoparentales, les groupes ethniques, l'industrie, les catégories professionnelles et les immigrants. Le recensement permet aussi d'avoir accès aux données sur des régions aussi petites que des quartiers ou sur le pays lui-même. Par le site Web Statistique Canada.
Société nationale de l'Acadie
Précieuse source de renseignements sur l’histoire et la culture acadiennes.
Les Acadiens et leur histoire
Ce site consacrés à l'histoire des Acadiens de la Nouvelle-Ecosse. Par la Province de la Nouvelle-Écosse.
Les Afro-Néo-Écossais à l'époque de l'esclavage et de l'abolition
À travers des récits, documents et images, un remarquable aperçu de la vie personnelle des premiers Afro-Néo-Écossais.
Les noms géographiques autochtones
Des exemples d'appellations géographiques autochtones. Par le site web du ministère des Affaires autochtones et du développement du Nord canadien.
Nova Scotia Archives and Records Management
Ce site Web multimédia très détaillé présente plusieurs expositions virtuelles en ligne consacrées au patrimoine maritime de la Nouvelle-Écosse.
William Alexander, comte de Stirling
Biographie de William Alexander, comte de Stirling. Par le "Dictionnaire biographique du Canada en ligne."
Archives Canada
Archives Canada se veut un point d’accès vers les ressources archivistiques que l’on retrouve dans plus de 800 dépôts à travers le Canada. Visionner des photographies, des cartes ou d’autres documents numérisés ainsi que des expositions virtuelles, le tout centré sur l'histoire du Canada.
L'inventaire national des mémoriaux militaires canadiens
Rechercher un mémorial dans l'Inventaire national des monuments commémoratifs militaires canadiens. Un site Web de la Direction - Histoire et patrimoine.
Les noms des provinces et territoires
Abréviations et symboles pour les noms des provinces et territoires. Par Ressources naturelles Canada.
Canada's Ocean Playground
Lieutenant-gouverneur
Par le site Web du Lieutenante-gouverneure de la Nouvelle-Écosse.
George Prevost
Une biographie de George Prevost. Par le site Web du Dictionnaire biographique du Canada en ligne.
John Coape Sherbrooke
Biographie de John Coape Sherbrooke, officier et administrateur colonial. Par le site Web du Dictionnaire biographique du Canada.


Shawnadithit est de plus en plus anxieuse alors qu’elle attend le retour de son oncle, Longnon, au camp dressé, au fin fond de Terre-Neuve, à l’embranchement du ruisseau Badger et de la rivière des Exploits...
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