Sur le plan linguistique, le nootka est l'une des deux grandes familles du wakashan, l'autre étant le kwakiutl. Ses dialectes (et ses bandes) sont le nootka du Nord (Ch'i:qtlis'aths, Qa:'yo:kw'aths, 'I:hatis'aths, Noch'a:l-'aths, Mowachaths, Machl-'aths), le nootka du centre (Hucaubvrishkwi:'aths, Mano:his'aths, 'O:ts'o:s'aths, 'A:ho:s'aths, Qil-tsama'aths, Tla'o:kwi'aths, Yo:lo'il-'aths, T'ok-w'a:'aths, Hucaubvro:choqtlis'aths, Ts'isha:'-aths, Ho:pach'as'aths, Ho:'i:'aths), le nitinat (Di:ti:d'a:'tx, Tl-o:'o:ws'a:tx, Qwa:badow'a:'tx, P'a:chi:d'a:'tx), le makah (Q'widishch'a:'tx) et l'ozette ('Osi:l-'a:'tx). Les locuteurs du nitinat, du makah et de l'ozette peuvent comprendre le nootka du Nord et du centre, mais non pas le contraire.
Les Nootkas habitent leur région depuis au moins 4000 ans. Leurs territoires sont délimités par bande, mais, dans l'ensemble, ils s'étendent du cap Scott (dans le Nord de l'île de Vancouver) au lac Ozette (dans l'état de Washington), au sud. Les relations sont généralement amicales avec les KWAKIUTLS du Nord-Ouest, culturellement et linguistiquement apparentés, mais elles le sont moins avec des groupes étrangers comme les Salish de la côte, à l'est et au sud. Le commerce et les mariages mixtes ont cours avec toutes les bandes environnantes. Les premiers contacts avec les Blancs ont lieu en 1774 lors de la visite de Pérez Hernandez, avec qui les premiers rapports visent d'abord et avant tout le commerce de peaux de loutre de mer. L'acquisition d'armes à feu intensifie les guerres et des groupes bien armés, comme les Mowachaths, les 'A:ho:saths et les Tla'o:kwi'aths, éliminent presque complètement d'autres groupes, tels que les Machl-'aths, les 'O:ts'o:s'aths et les T'ok'wa:'aths.
Les maladies et l'alcool apportés par les Blancs réduisent et affaiblissent les Nootkas à tel point que, pendant la seconde moitié du XIXe siècle, la colonisation se fait presque sans opposition. La population, estimée à 30 000 lors de l'arrivée des Européens, baisse à environ 2 000 personnes dans les années 30. Le recensement de 1996 compte 6 792 Nootkas inscrits. Aucune terre n'est cédée dans l'île de Vancouver, mais, à la fin du XIXe siècle, on trace de petites RÉSERVES INDIENNES dont la superficie totale n'est que la moitié de celle de la réserve de cap Flattery, établie aux États-Unis en vertu d'un traité signé en 1855 (voir TRAITÉS INDIENS). La réduction de la chasse et de la pêche ainsi que l'interdiction de pêcher le saumon à la nasse privent les Nootkas de leur base économique traditionnelle très profitable.
Menuisiers accomplis, les Nootkas construisent de remarquables CANOTS D'ÉCORCE en cèdre et de grandes maisons multifamiliales (voir HABITATION; AUTOCHTONE DE LA CÔTE DU NORD-OUEST, ART). Leurs techniques et leur équipement de chasse et de pêche sont perfectionnés. Ils se nourrissent principalement de poissons (surtout de saumon et de flétan), de mammifères marins et de fruits de mer, et complètent leur régime alimentaire avec du gibier à plumes, du cerf, de l'orignal, de l'ours et des plantes. Par contre, leur habillement est simple. Dans leur migration saisonnière, ils quittent les campements d'hiver situés près de bras de mer protégés et gagnent, à bord de leurs grands canots, les camps d'été plus petits situés le long de la côte. La CHASSE À LA BALEINE, pratiquée au moyen de harpons et de flotteurs, est un aspect remarquable de la culture nootka. C'est là une activité qui, en plus d'avoir une grande importance économique, est porteuse de prestige. Ils croient que les esprits animent toutes choses et la recherche de pouvoirs est courante. Ils se préparent à toute entreprise par des cérémonies purificatrices secrètes qui comprennent un bain et un brossage en eaux froides.
Leur société possède une hiérarchie très solide, dont la gradation constante va des chefs aux roturiers ainsi qu'à une classe d'esclaves composée de prisonniers de guerre. La descendance est établie à la fois par la lignée paternelle et la lignée maternelle. Les droits de propriété sont jalousement conservés, y compris les choses intangibles comme les noms, les chants et les contes. Les chefs détiennent la plupart des droits et sont riches. Leur intense ritualisme donne lieu à de fréquentes festivités accompagnées de chants, de danses, de concours et de spectacles (voir POTLATCH). Le cycle du rituel du Loup, pratiqué par une société secrète, les rites de puberté des filles et le mariage sont des cérémonies particulièrement complexes. Il règne alors sur les côtes une rafraîchissante vision de la vie.
Au cours de l'histoire, les Mowachaths se retrouvent au centre de la CONTROVERSE DU DÉTROIT DE NOOTKA (1789-1794), leur chef MAQUINNA (en réalité, M'okwina) en étant le principal protagoniste. En 1811, le chef Wi:kinanish des Tla'o:kwi'aths s'empare du TONQUIN à la suite d'une provocation. En 1864, les Ahousats capturent la goélette Kingfisher et une expédition de représailles est lancée contre eux, soit l'expédition navale de Denman. De 1870 à 1911 environ, les Nootkas pratiquent la chasse au phoque dans la mer de Béring après s'y être rendus avec leurs canots. Aujourd'hui, ils vivent surtout de la pêche et de la coupe de bois. La langue et la culture traditionnelles se perdent, mais une forte identité autochtone persiste.
Voir aussi AUTOCHTONES : LA CÔTE DU NORD-OUEST et les articles généraux sous la rubrique AUTOCHTONES.
Auteur E.Y. ARIMA
Bibliographie
E.Y. Arima, The West Coast Nootka People (1983).
Liens supplémentaires
Le Concours canadien de rédaction pour Autochtones
Site Web du Concours canadien de rédaction & d’arts pour Autochtones. Par l'Institut Historica-Dominion.
Conseil tribal Nuu-chah-nulth
Le site Web du conseil tribal Nuu-chah-nulth.


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