Les Nishgas (Nisga'a) sont les premiers occupants de la vallée de la rivière Nass dans le Nord-Ouest de la Colombie-Britannique. La moitié des 5500 Nishgas vivent toujours le long de la Nass, dont leur nom est dérivé, soit dans quatre villages : New Aiyansh, Kincolith, Greenville et Canyon City.

Leur langue, le nass-gitksan (dont trois formes sont vivantes : le nishga, le GITKSAN de l'Est et le gitksan de l'Ouest) est proche du TSIMSHIAN de la côte qui fait partie de la famille linguistique tsimshian. On considère que les Nishgas sont aussi parents éloignés des Penutians de l'Oregon et de la Californie.

Leur vie sont des modèles de raffinements culturels de la CÔTE DU NORD-OUEST, avec leurs monumentales sculptures en cèdre (TOTEMS et autres grandes figures, maisons en planches, canots, etc.), leur dépendance équilibrée aux produits de la chasse, de la pêche et de la cueillette ainsi que l'apparat du POTLATCH, fête sociale d'une grande complexité. Cette vie traditionnelle perdure sous divers aspects, bien qu'elle se soit adaptée aux occupations et à la technologie de l'économie canadienne contemporaine. Chaque Nishga est un descendant d'un même groupe d'ancêtres ou d'une phratrie, un aspect de l'identité de l'individu qui, comme les droits aux noms, aux chants et aux danses, est un héritage de la lignée maternelle. Dans l'usage quotidien, la langue nishga a fait place à l'anglais, mais elle fait maintenant partie des matières enseignées dans les écoles de district. La sculpture traditionnelle, autrefois presque complètement abandonnée, a été ressuscitée, et on trouve maintenant des mâts totémiques nishgas à Chicago, à Phoenix et à Vancouver, ainsi que sur les rives de la rivière Nass (surtout des oeuvres du sculpteur nishga Norman Tait et de ses associés).

En 1912, les Nishgas sont le premier groupe autochtone à présenter une REVENDICATION TERRITORIALE légalement constituée contre le gouvernement canadien. Les Nishgas ont toujours été le fer de lance du mouvement des revendications territoriales. Revendiquant des droits ancestraux existants sur leur territoire traditionnel, ils se pourvoient en justice en 1969 (voir CALDER, AFFAIRE; 1973) pour déclarer que leur titre n'a jamais été cédé par traité et qu'il est toujours valide. Rejetée par les tribunaux de la Colombie-Britannique, leur revendication est finalement portée devant la Cour suprême du Canada, qui appuie la notion de droit ancestral, mais n'arrive pas à trancher sur la façon de l'évaluer ou de l'invalider.

Le 15 février 1996, après des années de négociations, une entente de principe historique entre le Canada et la Colombie-Britannique est signée par le Conseil tribal des Nishgas et par les représentants des gouvernements du Canada et de la Colombie-Britannique. L'entente de principe de 214 pages constitue les fondements d'un premier traité moderne en Colombie-Britannique. Les éléments clés de cette entente prévoient le versement d'une somme de 190 millions de dollars aux Nishgas répartie sur un certain nombre d'années, l'établissement d'un gouvernement autonome nishga et la reconnaissance de leurs droits de propriété commune et d'administration autonome d'un territoire d'environ 2000 km2 dans la vallée de la rivière Nass. L'entente reconnaît que les ressources de ce territoire appartiennent aux Nishgas et décrit en détail leurs droits d'exploiter les stocks de saumon et les ressources fauniques. Au moment où l'entente a été signée, aucun accord sur leurs controversés droits de pêche n'avait été conclu.

Auteur J.V. POWELL et VICKIE D. JENSEN


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