Des Groseilliers est probablement arrivé au Canada en 1641. En 1645-1646, il travaille pour les jésuites à Sainte-Marie, en Huronie. La dernière phase des GUERRES IROQUOISES (1648-1653) coupe les colonies du Saint-Laurent de leurs fournisseurs de fourrures, mais le rétablissement de la paix avec les Iroquois au début de 1654 et l'arrivée d'un contingent de Hurons outaouais donnent à Des Groseilliers la possibilité d'explorer l'Ouest du lac Huron. Il part le 6 août 1654 et revient en août 1656, accompagné de 250 autochtones dans 50 canots, en provenance de la région de Green Bay (Wisc.) et de la rive Sud-Ouest du lac Supérieur, chargé de fourrures qui valent une fortune. Au cours de cette expédition, il entend parler de contrées riches en fourrures, situées au nord et au nord-ouest du lac Supérieur et qui, selon les dires, se trouvent à seulement sept jours de la baie d'Hudson en canot.
En août 1659, Des Groseilliers, accompagné cette fois de son beau-frère Radisson, entreprend une deuxième expédition jusqu'à la rive Sud du lac Supérieur, à Chequamegon, dans la région des Mille Lacs (Wisc.), puis, au printemps 1660, jusqu'à la rive Nord du lac Supérieur, près de la rivière Pigeon. À son retour à Trois-Rivières, le 24 août 1660, rapportant à bord de 60 canots une autre fortune en fourrures, le groupe est arrêté pour commerce illégal, et leurs peaux sont confisquées. De nouveaux démêlés avec les autorités françaises incitent les deux associés à partir pour Boston en 1662, où ils demandent l'aide des Anglais afin de tenter une expédition qui les mènerait directement à la baie d'Hudson.
Après avoir raté une expédition à partir de la Nouvelle-Angleterre, on convainc Des Groseilliers d'aller exposer son projet en Angleterre (1665). Trois ans plus tard (1668), avec le soutien du prince Rupert et de marchands londoniens, Des Groseilliers fait voile de Londres jusqu'à l'embouchure de la rivière Rupert à bord du NONSUCH, ketch de 45 t, commandé par Zachariah Gillam. Il passe l'hiver à cet endroit et fait la traite de fourrures. L'année suivante, le Nonsuch retourne en Angleterre, prouvant ainsi qu'il est possible de faire de la traite à partir de la baie d'Hudson, ce qui donne raison à Des Groseilliers. Le succès de ce voyage conduit à la fondation de la Compagnie de la Baie d'Hudson, le 2 mai 1670.
Au cours des cinq années suivantes, Des Groseilliers s'affaire à établir des postes pour la Compagnie dans la baie James. Persuadé par le père ALBANEL de revenir avec les Français, il retourne au Canada en 1676. En 1682, il entre à la COMPAGNIE DU NORD et bâtit un poste français à l'embouchure de la rivière Hayes. Des plaintes des Anglais au sujet de la destruction de leurs postes par Des Groseilliers et ses compagnons, ainsi que le non-paiement de taxes françaises sur les fourrures le mettent à nouveau dans une mauvaise situation. Après avoir plaidé sa cause à Paris (1684), il regagne la Nouvelle-France et semble s'y être retiré.
Auteur C.E. HEIDENREICH
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