La cérémonie du mariage est célébrée lors d'une cérémonie religieuse par un membre du clergé ou lors d'une cérémonie civile. À l'aube du 21e siècle, 76 p. 100 des mariages sont célébrés lors de cérémonies religieuses qui sont très courantes en Ontario (98,5 p. 100) alors qu'en Colombie-Britannique, plus de la moitié des mariages sont célébrés au cours de cérémonies civiles. Il existe toutefois une autre forme de mariage de plus en plus populaire au Canada, que l'on appelle communément union de fait et qui n'exige aucune cérémonie légale. Il s'agit d'une forme de cohabitation qui finit par conférer aux participants des droits et des obligations comparables à ceux que confère le mariage légal. Le fait de vivre à deux et, le cas échéant, d'avoir un enfant donne au couple ces droits et obligations.
Le recensement de 2000 indique une légère hausse du taux de nuptialité alors que 5 Canadiens sur 1000, vivant en couple, ont décidé de se marier à l'aube du nouveau millénaire pour ensuite tomber à 4,7 mariages par 1000 personnes (comparé à 10,9 dans les années 40) poursuivant la tendance à la baisse du taux de nuptialité.
Âge lors du premier mariage
Le nombre de jeunes gens qui se marient est en baisse alors que l'âge moyen des hommes et des femmes lors du premier mariage s'élève progressivement. Dans les années 1950, l'âge moyen lors d'un premier mariage était de 28,5 ans chez les hommes et de 25,9 ans chez les femmes. Cinquante ans plus tard, l'âge moyen lors d'un premier mariage est de 30 ans chez les hommes et de 28 ans chez les femmes, ce qui représente un report important par rapport aux années antérieures. Le facteur qui est demeuré constant est le fait que l'homme est en général de deux ans l'aîné de la femme. Cette situation a des conséquences à la fois sur le mariage et sur les dernières années de celui-ci. Les femmes vivent en moyenne plus longtemps que les hommes (par exemple, en 2004, l'espérance de vie d'une femme est de 82,6 ans et celle d'un homme est de 77,8 ans). C'est pourquoi il est très probable qu'une femme meure veuve et qu'un homme s'éteigne durant son mariage.
Unions de fait
Au Canada et dans la plupart des autres pays industrialisés, le taux de nuptialité est en baisse et le nombre de familles vivant en union de fait est à la hausse. Bien que les unions de fait conduisent souvent au mariage, elles durent généralement moins longtemps et se dissolvent plus fréquemment que les mariages. Des études démontrent que les femmes qui sont financièrement autonomes et qui vivent une union de fait sont moins susceptibles d'épouser leur partenaire. Dans chaque province ou territoire, les lois varient au niveau de leur façon de reconnaître et de gérer les unions de fait. Sous le Code civil du Québec, les unions de fait ne sont pas reconnues de la même manière que les mariages : on les traite comme étant des unions de facto et les époux ont les mêmes droits et responsabilités que les couples mariés ou vivant une union civile sans égard au nombre d'années de vie commune du couple.
Le recensement de 1981 est le premier recensement canadien à tenir compte des unions de fait : à cette date, environ 6 p. 100 des couples vivent en union de fait. Vingt ans plus tard, le taux a plus que doublé (14 p. 100). Une récente Enquête sociale générale de Statistique Canada rapporte que les couples canadiens qui choisissent l'union de fait comme leur première union conjugale sont plus susceptibles de voir leur union se terminer par une séparation, qu'ils se soient finalement mariés par la suite ou non. L'étude rapporte également que 13 p. 100 des enfants de moins de 14 ans vivent dans une famille dont les parents vivent en union de fait, ce qui représente une augmentation de 25 p. 100 sur les données du recensement de 1981, impliquant un changement de la perception voulant que les enfants ne soient élevés que par des couples mariés.
Les unions de fait sont généralement moins stables que les mariages : plus de 60 p. 100 des gens qui choisissent l'union de fait comme première union conjugale sont susceptibles de se séparer. Le Québec compte le plus grand nombre d'unions de fait (30 p. 100) comparé à 8,2 p. 100 pour le reste du Canada. Ce pourcentage est similaire à celui de la Suède qui compte le plus fort taux d'unions hors mariage alors que le taux au Québec est presque trois fois plus élevé que celui des unions de fait aux États-Unis (11,7 p. 100).
Répartition du travail au sein du mariage
Bien que l'écart entre les hommes et les femmes au niveau des tâches comme les travaux domestiques existe encore, il se rétrécit lentement. Ceci dit, une étude de 2005 démontre que la majorité des travaux non rémunérés comme les travaux domestiques continuent, dans l'ensemble, d'incomber surtout à la femme.
Droit de la famille et obligations familiales
Divorce
Le taux de divorce est en augmentation constante. À la suite des premières modifications apportées à la Loi sur le divorce en 1968, on constate une brusque hausse du phénomène, le nombre de divorces passant de 54,8 pour 100 000 habitants en 1968, à 124,2 pour 100 000 en 1969. Cette tendance se poursuit à un rythme accéléré, pour atteindre un autre sommet à la fin des années 1980, après la dernière modification de la Loi sur le divorce.
Au début du 21e siècle, une étude démontre que le plus faible risque de divorce se situe durant la première année du mariage et que le risque augmente et atteint un sommet autour de la quatrième année, après quoi le risque diminue lentement. Une proportion importante de couples divorcent finalement, et la majorité (60 p. 100) des couples qui divorcent auront été mariés moins de 15 ans. En 2003, près de 40 p. 100 des mariages se terminent par un divorce avant le 30e anniversaire de mariage et la durée moyenne d'un mariage est de 14,2 ans. Un récent recensement démontre que le divorce est plus courant au Québec (47,6 p. 100) et moins courant à Terre-Neuve-et-Labrador (21,8 p. 100).
Rupture du mariage
Une étude récente rapporte trois facteurs importants reliés au risque de rupture du mariage : l'âge des époux, la durée du mariage et la vigueur de l'engagement individuel envers le mariage. L'engagement envers le mariage en tant que source de bonheur constitue un facteur important relié à l'échec conjugal. Les personnes qui croient que le mariage n'est pas important pour leur bonheur sont trois fois plus susceptibles de dissoudre leur mariage. De plus, les Canadiens qui se sont remariés sont beaucoup moins portés à affirmer que le mariage est, pour eux, une importante source de bonheur. L'étude montre également que plus les mariés sont jeunes, plus grand est le risque de rupture. Le taux de mariages entre adolescents dissous est deux fois supérieur au taux relié aux mariages entre époux âgés entre 25 et 29 ans alors que les personnes qui se marient dans la trentaine ont 43 p. 100 moins de chances de divorcer.
Plus les couples sont mariés depuis longtemps, plus le risque de divorce est élevé. En ce 21e siècle, une étude démontre que chez les couples qui sont mariés depuis un an, il y a eu 5,1 divorces par 1000 mariages; le risque atteint un sommet autour de la quatrième année avec 25,5 divorces par 1000 mariages. On rapporte également que les personnes qui se marient pour une seconde fois sont plus susceptibles de connaître un autre divorce.
Familles monoparentales
On compile des statistiques sur la garde conjointe depuis 1986. Cette année-là, la garde conjointe est accordée dans 1,2 p. 100 des cas. En 2002, ce chiffre atteint les 41,8 p. 100. La garde conjointe ne signifie pas pour autant que les enfants passent la moitié du temps avec un des deux parents, mais plutôt que les deux parents ont un droit égal à la prise des décisions concernant la vie de leur enfant. Une grande majorité des enfants à charge continuent de vivre avec la mère le plus clair du temps et 81 p. 100 des familles monoparentales sont dirigées par une femme.
Au Canada, le revenu moyen d'une famille en couple est de 64 800 $ (2004) mais, pour ce qui est des familles monoparentales, il est de 29 500 $.
Remariage
Ce n'est que récemment que les familles formées par suite d'un remariage et comprenant des enfants à charge dont les deux parents sont encore vivants mais non unis a pris de l'ampleur. On n'a pas encore défini socialement les questions de chevauchement et de concurrence des responsabilités et des droits des parents par alliance par rapport à ceux des parents biologiques qui ne font pas partie du ménage. On appelle familles par alliance les familles dans lesquelles au moins un des enfants au foyer vient d'une relation précédente d'un des parents. En 2001, 12 p. 100 des familles canadiennes sont des familles par alliance qui comprennent des enfants issus de relations précédentes des parents. Le terme « famille reconstituée » est également utilisé pour décrire une famille qui comprend des enfants issus d'une relation précédente d'un des deux époux et un ou des enfants issus de la relation actuelle. Près de la moitié des familles canadiennes sont « reconstituées » et plus de 81 p. 100 de ces familles ont des enfants issus de l'union actuelle.
Unions homosexuelles
Depuis 2003, année où l'Ontario et la Colombie-Britannique deviennent les deux premières provinces à légaliser les mariages de même sexe, la plupart des provinces et un territoire ont reconnu les mariages de même sexe. En 2005, la Loi sur le mariage civil est adoptée par le gouvernement fédéral rendant légaux les mariages de même sexe partout au Canada. Cette modification requiert que les définitions de mari et femme soient amendées pour utiliser le terme « époux » et qu'on utilise l'expression « enfant à charge » pour protéger les époux de même sexe et leurs enfants. La Loi de l'impôt sur le revenu a remplacé le terme « parent naturel » par « parent légal » pour s'assurer que, en cas de divorce, le paiement de la pension alimentaire puisse inclure les enfants de couples de sexe opposé et ceux des couples de même sexe. La Cour suprême stipule également que selon la Charte canadienne des droits et libertés, un membre du clergé ne peut être forcé à célébrer un mariage entre personnes de même sexe si cette pratique s'avère contraire à ses croyances religieuses; toutefois, le gouvernement a l'obligation d'offrir l'accès à un mariage civil aux couples de même sexe qui désirent se marier.
Il est difficile de déterminer le nombre de mariages de même sexe étant donné que certaines des provinces ne précisent pas si le mariage unit deux personnes de sexes opposés, deux personnes de sexe masculin, deux personnes de sexe féminin ou même le sexe de la personne qui se marie. Pendant la première année suivant la légalisation du mariage de couples de même sexe en Colombie-Britannique, 3,5 p. 100 des mariages étaient des mariages de même sexe et 54,5 p. 100 de ces derniers impliquaient des couples de sexe féminin. Plus d'un quart (27,6 p. 100) des femmes qui se mariaient à une autre femme avaient déjà été mariées alors que 14,2 p. 100 des hommes qui se mariaient à un autre homme avaient été mariés précédemment. En 2003, le Canada était le seul pays au monde à permettre les mariages de même sexe entre deux personnes qui ne sont pas des résidants du Canada. Durant cette même année, 56 p. 100 des mariages de même sexe impliquaient des non-résidents même si la grande majorité d'entre eux (95 p. 100) vivaient au Canada.
Tendances démographiques des familles canadiennes
Familles contemporaines
Voir également HISTOIRE DU MARIAGE ET DU DIVORCE
Auteur M. EICHLER
Bibliographie
B. Bradbury, Working Families (1993); J. Dumas et A. Bélanger, Rapport sur la situation démographique au Canada 1995 (1996); M. Eichler, Families in Canada Today (1988); J.G. Snell, In the Shadow of the Law. Divorce in Canada 1900-1939 (1991); Vanier Institute of the Family, Profiling Canada's Families (1994); Simon Fodden, Family Law (1999); Julien D. Payne & Marilyn A. Payne, Canadian Family Law, 4th ed. (2011).
Liens supplémentaires
L'Institut Historica-Dominion
Le site Web de l'Institut Historica-Dominion, organisme de tutelle de l'Encyclopédie canadienne et l'Encyclopédie de la musique au Canada. Consultez leur guerre multimédia de 1812 option et beaucoup d'autres ressources interactives concernant l'histoire et la culture canadiennes.


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