Pendant 200 ans, l'activité économique de la région connue sous le nom de Terre de Rupert se résume à la TRAITE DES FOURRURES. Finalement, des colons venant principalement de l'Est du Canada et de l'Europe de l'Est établissent des colonies agricoles prospères. Après la guerre, une volonté politique et des efforts de développement économique entraînent une diversification de l'industrie et une mise en valeur des ressources primaires, tout en conservant une agriculture florissante.
Territoire et ressources
Les régions qui forment le Manitoba sont étroitement liées à la topographie des lieux. Depuis la fonte de la calotte glaciaire continentale, il y a environ 8000 ans, nombre de forces physiques ont façonné sa surface en quatre grandes régions géographiques : les basses-terres de la baie d'Hudson, les hauts-plateaux du précambrien, les basses-terres du lac Agassiz et les hauts-plateaux des Prairies.
Le Manitoba forme un corridor pour les rivières Rouge, Assiniboine, Saskatchewan et Churchill, de même que pour le fleuve Nelson. Trois grands plans d'eau, les lacs Winnipeg, Winnipegosis et Manitoba recouvrent les basses-terres du lac Agassiz (voir AGASSIZ, LAC) et constituent les vestiges de ce lac qui submergeait le centre-sud de la province au cours de la dernière période glaciaire. La très longue présence de cette ancienne mer intérieure a aplani environ un cinquième de la superficie du Manitoba, car de 18 à 30 m de sédiments recouvraient sa surface plate préglaciaire.
Les premiers cours d'eau, dont les rivières Assiniboine, Valley et Swan, sculptent le Sud-Ouest de la province (hauts-plateaux des Prairies) en bas-plateaux aux reliefs variés qui, avec les basses-terres du lac Agassiz, constituent la plupart des terres arables du Manitoba. Les hauts-plateaux du précambrien se composent de granit dur et de roches cristallines fortement érodées par les glaces pendant la période glaciaire. Le sol pauvre où les roches affleurent et les innombrables lacs aux fonds rocheux rendent cette région impropre à l'agriculture, mais favorisent les installations hydroélectriques, la pêche en eau douce, l'exploitation minière et la sylviculture.
Des roches sédimentaires plates forment l'assise des basses-terres de la baie d'Hudson et le climat y est extrêmement froid. On compte peu de colonies ou de développements ailleurs qu'à CHURCHILL, le seul port d'eau salée de la province. Une ligne partant du Sud-Est du Manitoba jusqu'à Flin Flon, sur la frontière occidentale, sépare les terres arables et peuplées du Sud et de l'Ouest, des territoires situés au nord et à l'est, déserts et sauvages, qui couvrent environ les deux tiers de la superficie de la province.
Géologie
Le substrat rocheux qui forme la base de la province est constitué soit d'anciennes roches précambriennes (archéennes), soit de jeunes roches sédimentaires de la période tertiaire. Les roches précambriennes datent de 2,7 milliards d'années et comptent parmi les plus vieilles au monde. Elles font partie du Bouclier canadien qui s'étend en demi-cercle, le long de la baie d'Hudson. Elles sont composées principalement de granit et de gneiss granitiques, en contact avec des roches volcaniques et d'anciennes roches sédimentaires métamorphiques. Les zones de contact contiennent souvent des métaux précieux ou semi-précieux comme le nickel, le plomb, le zinc, le cuivre, l'or et l'argent, tous extraits des mines du Manitoba.
À l'Ouest des basses-terres du lac Agassiz, se dresse un escarpement de roches du crétacé constituant la formation de surface des hauts-plateaux. Pendant longtemps, l'escarpement a formé la rive occidentale du lac glaciaire Agassiz. La calotte glaciaire, en fondant, a dérivé. L'eau de ces glaciers est venue grossir les rivières coulant vers l'est, comme l'Assiniboine, la Valley et la Swan, creusant les profondes vallées (déversoirs) qui débouchaient dans le lac Agassiz. Anciennement, le fond du lac Agassiz et le lit de ses affluents étaient recouverts d'une mince couche de limon et d'argile. On y trouve actuellement les sols les plus fertiles de l'Ouest du Canada.
Les plus belles terres agricoles du Manitoba se situent dans les hauts-plateaux de l'Ouest et dans le lit du lac Agassiz. Au Sud-Ouest, les formations géologiques du bassin de Williston, dans le Dakota du Nord, s'étendent jusqu'au Manitoba et on y trouve du pétrole en petite quantité. Une vaste plaine reposant sur les inébranlables sédiments paléozoïques s'étend entre les roches précambriennes du Nord du Manitoba et la baie d'Hudson. Le climat hostile, l'isolement et les marécages rendent cette région impropre à l'agriculture.
Sol
La fonte du glacier Wisconsin, à la fin de la dernière période glaciaire, a formé les particularités secondaires du sol du Manitoba. Les roches du Bouclier, sérieusement érodées, laissent alors une surface marécageuse et spongieuse, sillonnée de centaines de lacs, de cours d'eau et de tourbières. Le relief est ondulant ou vallonné.
La plus grande partie des basses-terres du lac Agassiz, la plaine lacustre la plus étendue en Amérique du Nord (286 000 km2), se prête bien à l'irrigation. Cette plaine étant en grande partie très plate, elle nécessite un important système de drainage. Elle est aussi bordée de dunes escarpées. Les hauts-plateaux de l'Ouest sont maintenant recouverts de sédiments glaciaires. La moraine à fond ondulant, entrecoupée par endroits de moraines plus accidentées, favorise généralement une culture intensive du sol.
Hydrographie
Le niveau du sol dans le Sud du Manitoba étant plus bas que celui des régions de l'Est, de l'Ouest et du Nord, les principaux cours d'eau de l'Ouest du Canada y affluent. Avec leurs bassins hydrographiques, ces cours d'eau sont : les rivières Saskatchewan (334 100 km2), Rouge (138 600 km2), Assiniboine (160 600 km2) et Winnipeg (106 500 km2) (voir SASKATCHEWAN, RIVIÈRE; ASSINIBOINE, RIVIÈRE; WINNIPEG, RIVIÈRE). Ils se jettent dans les lacs Winnipeg, Manitoba et Winnipegosis, qui se déversent ensuite dans la baie d'Hudson par l'intermédiaire du fleuve Nelson (voir NELSON, FLEUVE). Ces cours d'eau, en plus des rivières Churchill et Hayes (voir CHURCHILL, RIVIÈRE; HAYES, RIVIÈRE), entre autres, fournissent un potentiel hydroélectrique de 8360 mégawatts.
Climat, végétation et sol
Situé à des latitudes moyennes élevées (49° à 60° de latitude Nord.) et au centre d'une masse continentale, le Manitoba connaît de grands écarts de température : hivers très froids et étés modérément chauds. En hiver, les masses d'air arctique froid et sec et maritime polaire se dirigent vers le sud. Elles sont suivies en été par une masse d'air tropical maritime, doux et humide. Les pluies, qui surviennent pendant les six mois d'été, représentent près des deux tiers des précipitations annuelles; le tiers restant tombe en neige. La période pendant laquelle le sol n'est pas gelé varie selon les conditions locales, mais la région qui s'étend de Flin Flon jusqu'à l'angle de la province au sud-est connaît généralement une moyenne de 100 jours sans gel.
Le printemps débute dans la vallée de la rivière Rouge, qui enregistre une période sans gel d'environ 120 jours. Il progresse ensuite vers le nord et l'ouest. Par conséquent, le nombre moyen de degrés-jours de croissance (supérieurs à 5°C) varie de 2000 à 3000 dans les limites définies. Les chutes de neige sont plus abondantes à l'est qu'à l'ouest. Winnipeg et les environs reçoivent en moyenne 126 cm de neige par année. Heureusement, 60 p. 100 des précipitations annuelles de pluie surviennent en mai, en juin et en juillet, pendant la période de croissance des céréales. La fin d'août et le début de septembre sont des périodes sèches, favorables à la récolte.
Le Nord du Manitoba connaît surtout des conditions subarctiques. En raison de la position qu'il occupe dans la baie d'Hudson, le port de Churchill enregistre des étés anormalement froids dus à la température de la mer. Le climat du Manitoba s'explique par les masses d'air. En hiver, les températures basses et l'humidité sont dues aux masses d'air continental polaire et continental pacifique. Au printemps, de brusques variations climatiques entraînent une masse d'air maritime tropical très chaud et instable, venant du sud. L'alternance habituelle de températures basses et élevées à une latitude moyenne provoque souvent des variations quotidiennes de température. Ainsi, une partie de l'air continental pacifique se déplace vers l'est et adoucit, de temps à autre, les froids extrêmes de l'hiver.
La végétation du Manitoba est très variée. Au sud, elle comprend des prairies et des trembles; au centre, des forêts mixtes; au nord, des forêts boréales et près de la baie d'Hudson s'étend la toundra. Dans le Sud, une évaporation élevée nuit à la croissance des arbres, qui cèdent la place à des prairies. Avant que ces territoires ne soient colonisés, on y trouvait de nombreuses différentes espèces d'herbes longues et des prairies mixtes. L'orme, le frêne et l'érable du Manitoba poussent le long des cours d'eau et le chêne croît dans des endroits secs. Plus au nord, où l'évaporation est moindre, la forêt composée de différents feuillus remplace la prairie.
La moitié du Nord de la province est composée d'une forêt boréale d'épinettes blanches et noires, de pins gris, de mélèzes d'Amérique, de trembles et de bouleaux.
Les arbres se raréfient aux abords des rives de la baie d'Hudson, qui connaissent des étés froids et une brève période de croissance. On n'y trouve que des épinettes et des saules rachitiques, de la mousse, du lichen et du carex de toundra. L'épinette, le sapin et le pin sont utilisés pour le bois de construction ainsi que pour les pâtes et papiers. De grosses usines sont établies à Pine Falls (papier journal), à The Pas (bois de construction et pâtes et papiers) et à Swan River (panneaux).
Règle générale, les types de sols du Manitoba correspondent étroitement à la répartition de la végétation naturelle. Les descriptions qui suivent observent un ordre décroissant selon la valeur agricole. Le sol noir (sol chernozémique) est le plus fertile; on le trouve dans les pâturages, autrefois prédominants, de la vallée de la rivière Rouge, où sa texture est fine, et dans le Sud-Ouest. du Manitoba, où sa texture est moyenne. Il présente une texture grossière dans l'ancien delta formé par l'Assiniboine, qui s'étend de Portage la Prairie à Brandon, ainsi qu'à Souris Valley. On trouve d'importantes dunes de sable par endroits.
Dans les zones forestières de transition, on trouve surtout un sol noir dégradé et un sol gris boisé, notamment entre Minnedosa et Russell, au sud du mont Riding. On qualifie les sols de grandes étendues, jadis recouvertes par le lac Agassiz et mal drainées, de « renzina dégradée », étant donné la grande accumulation de calcaire. Les sols qui reposent sur des roches de granit dur et d'autres formations rocheuses du Bouclier canadien sont recouverts de forêts typiques de conifères et ce sont des sols gris forestiers, des podzols et de la tourbe, tous impropres à l'agriculture.

Ressources
L'eau douce est la principale ressource du Manitoba qui, avec ses 101 590 km2 de lacs et de rivières (1/6 de sa superficie totale), se classe la troisième province la plus riche en eau au Canada. Les lacs Winnipeg (24 387 km2), Winnipegosis (5 374 km2) et Manitoba (4 624 km2) sont les plus grands (voir WINNIPEG, LAC; WINNIPEGOSIS, LAC; MANITOBA, LAC). Ils sont suivis par d'autres lacs de plus de 400 km2 : Southern Indian (voir SOUTHERN INDIAN, LAC), Moose, Cedar, Island, Gods, Cross, Playgreen, Dauphin, Granville, Sipiwesk et Oxford. Les principaux cours d'eau sont le fleuve Nelson (qui draine le lac Winnipeg), ainsi que les rivières Rouge, Assiniboine, Winnipeg, Churchill et Hayes. Seul le lac Winnipeg est utilisé de nos jours pour le transport maritime, mais à l'époque du commerce des fourrures et au début de la colonisation, d'autres voies d'eau navigables ont aussi joué un rôle important à cet égard : les rivières Hayes, Winnipeg, Rouge et Assiniboine ainsi que le fleuve Nelson.
Le réseau de cours d'eau et de lacs possède un potentiel d'exploitation hydroélectrique considérable et les installations actuelles peuvent générer jusqu'à 4498 MW. Détenteur de 70 p. 100 du potentiel hydroélectrique des Prairies, le Manitoba pourrait devenir le principal fournisseur d'hydroélectricité au sein d'un réseau desservant la Saskatchewan, l'Alberta et les États américains voisins.
Les inondations de la rivière Rouge et de ses principaux affluents, l'Assiniboine et la Souris, ont causé des dégâts dans les villes et dans une grande partie des terres cultivées. On a mis en oeuvre d'importants programmes de contrôle des inondations, à commencer par le canal de dérivation de la rivière Rouge, dont la construction a été achevée en 1968. Un canal long de 48 km protège la ville de Winnipeg contre les inondations périodiques. Un canal semblable a été aménagé en amont de Portage la Prairie, entre l'Assiniboine et le lac Manitoba. Les barrages de Shellmouth et de Fairford font partie de l'ensemble des installations de contrôle des inondations. Par ailleurs, les villes situées le long de la rivière Rouge sont protégées par un système de digues.
L'agriculture est la deuxième richesse du Manitoba. Les cultures s'étendent sur plus de quatre millions d'hectares, sans compter les terres utilisées pour le pâturage et le foin. En se basant sur la « valeur ajoutée recensée », l'agriculture est de loin le plus important secteur d'exploitation des ressources naturelles. L'hydroélectricité se classe au deuxième rang, suivie par l'exploitation minière. Le nickel, le cuivre, le zinc et l'or comptent pour environ 75 p. 100 de la valeur de toute la production minérale. Viennent ensuite les combustibles, surtout le pétrole brut, suivis du ciment, des pierres de construction, du sable et du gravier. Au chapitre des produits non métalliques se trouvent la tourbe et le quartz.
La plus grande partie des forêts exploitables du Manitoba appartient à la Couronne. On coupe environ 1 600 000 m3 de bois par année, avec lequel on produit du bois de construction, du contreplaqué ainsi que des pâtes et du papier. Les lacs du Manitoba regorgent de poissons. Les espèces les plus pêchées pour leur valeur commerciale sont le doré jaune, le corégone, la perche et le doré noir. Un grand nombre d'autochtones vivent de la chasse et du commerce des fourrures.
La conservation des ressources est axée d'abord sur la faune. La protection des animaux à fourrure est assurée par l'établissement de saisons de chasse, l'obligation pour les trappeurs de détenir un permis de piégeage et l'enregistrement des sentiers de piégeage. La Loi sur la faune régit la chasse et elle a fait l'objet de nombreuses révisions depuis 1870. La Loi sur les espèces en voie de disparition (1990) élargit la protection à un plus grand nombre d'espèces.
En 1961 sont établies des zones de gestion de la faune; on dénombre actuellement 73 terres de la Couronne, d'une superficie globale de 32 000 km2, qui servent à assurer la protection et le maintien de la biodiversité manitobaine. Le Manitoba se trouve sur la route migratoire nord-américaine de certains oiseaux et ces zones de gestion assurent la protection de leur habitat.
La chasse au gibier est sévèrement contrôlée. Dans ce cas-ci également, des zones de gestion spéciales ont été prévues pour assurer une protection accrue de certaines variétés de gibiers, d'autres animaux sauvages, d'espèces en voie de disparition et de leur habitat menacé. La chasse et la pêche sont aussi étroitement surveillées dans les parcs provinciaux et les réserves forestières.
La conservation des forêts comprend la lutte contre les incendies, le contrôle des insectes ainsi que la réglementation sur l'abattage des arbres et le reboisement. La surveillance aérienne du territoire forestier et la mise en place de nombreuses tours de guet réduisent considérablement la fréquence et l'étendue des incendies. On détruit les insectes et les parasites en procédant à la vaporisation aérienne d'insecticides, à l'éclaircissement la forêt et à des brûlages sélectifs. Parmi les insectes qui causent le plus de dégâts, mentionnons la tordeuse des bourgeons d'épinette, la tordeuse du pin gris et du peuplier, la livrée des forêts et le scolyte brun du bouleau. Winnipeg tente désespérément d'enrayer le champignon parasite de l'orme.
En vue d'une REFORESTATION, on plante chaque année des millions de jeunes plants, surtout des pins gris, des pins rouges et des épinettes blanches. Pour assurer de futures réserves de bois commercial, les exploitants doivent s'en tenir à des quotas de coupe annuels dans des aires désignées, en fonction d'un rendement constant.
Le PARC NATIONAL DU MONT-RIDING, situé sur l'escarpement du Manitoba, était le seul parc national de la province jusqu'à ce qu'on ouvre, en 1996, celui de Wapusk, près de Churchill. Le Manitoba compte plus de 100 parcs provinciaux de toutes sortes. Les parcs naturels et les parcs récréatifs sont les plus achalandés, notamment le parc provincial Whiteshell (voir WHITESHELL, PARC PROVINCIAL), situé dans l'Ouest de la province et le parc provincial du mont Duck, dans l'Est. Le premier parc à l'état naturel de la province, l'Atikaki, a été inauguré en 1985; c'est le plus grand parc du Manitoba.
Le programme d'amélioration des pêches du Manitoba (Manitoba Fisheries Enhancement Initiative) a été lancé en 1993 pour financer des projets destinés à protéger ou à accroître les stocks de poissons et à améliorer la qualité de leur habitat. Ces projets visent l'aménagement de rapides et de hauts-fonds artificiels (pour le doré) favorisant le frai ainsi que de passes migratoires, la protection des berges et l'amélioration des habitats. Dans le cadre de ce programme, la collaboration d'autres organismes gouvernementaux ou non gouvernementaux fait en sorte que les intérêts des pêcheries sont pris en compte dans d'autres secteurs, comme l'agriculture, les forêts et les autoroutes.
Population
Entre 1682, lors de la construction de YORK FACTORY à l'embouchure de la rivière Hayes, et 1812, à l'arrivée des premiers colons de Selkirk sur la rivière Rouge, la colonisation se limitait aux postes de traite des pelleteries établis par la COMPAGNIE DE LA BAIE D'HUDSON (CBH), la COMPAGNIE DU NORD-OUEST et plusieurs commerçants indépendants. La COLONIE DE LA RIVIÈRE ROUGE est formée lorsque l'agriculture s'intensifie le long de ce cours d'eau et de l'Assiniboine. En 1870, le gouvernement britannique verse 1,5 million de dollars à la CBH pour s'approprier l'immense territoire de la TERRE DE RUPERT, ce qui permet au nouveau Dominion du Canada de créer la première des trois provinces des Prairies. En 1870, le Manitoba ne déborde pas beaucoup des limites de la vallée de la rivière Rouge mais, en 1912, les frontières sont établies définitivement. La colonisation de la nouvelle province commence après l'arpentage des terres du Canada et la mise en branle du projet du chemin de fer national. En vertu de la Loi sur les terres fédérales de 1872, les terres disponibles lors de la constitution de la province sont distribuées aux colons en quarts de section à des fins d'établissement.
Le reste du territoire du Manitoba actuel fait alors partie des Territoires du Nord-Ouest. Après 1878, les colons peuvent obtenir des quarts de section de terre dans les secteurs désignés, à condition qu'ils la mettent en valeur. En 1910, la plus grande partie du Sud du Manitoba et de la région des lacs est colonisée. Les lignes de chemin de fer transportent la majorité des colons à moins de 48 km d'un point de chargement d'où le grain est expédié vers les marchés mondiaux. En 1941, la population rurale atteint un sommet, mais elle décline sans cesse par la suite : les petites propriétés fusionnent en de grosses entreprises agricoles, les habitants abandonnent les terres situées aux frontières, difficiles à cultiver en raison des longs hivers froids et de la pauvreté du sol, et ils vont vivre dans les grandes villes plus attirantes, particulièrement à Winnipeg.
La surpopulation des terres pauvres de la région des lacs et le long des terres qui bordent le Bouclier au sud-est pousse nombre de cultivateurs à migrer vers les villes. Les petites localités et les villages rapetissent ou disparaissent complètement. Les grands centres d'approvisionnement sont plus facilement accessibles grâce aux véhicules automobiles et les enfants sont transportés par autobus dans les écoles des villes ou des grands villages. De plus, plusieurs communautés sont privées de services après l'abandon de certaines lignes de chemin de fer peu rentables.
La population du Manitoba est répartie inégalement entre le Nord et le Sud. Partant du Nord de The Pas, 54o de latitude Nord, jusqu'à l'angle sud-est de la province, une ligne imaginaire sépare avec précision le territoire colonisé, où vivent 95 p. 100 des habitants, d'avec le Nord peu peuplé. La colonisation du Nord se limite aux postes de pêche isolés, aux villes minières, aux réserves autochtones dispersées et au centre de transbordement de Churchill, situé loin au nord sur les rives de la baie d'Hudson.
Centres urbains
Jusqu'en 1941, la population rurale est supérieure à la population urbaine, mais elle décline ensuite, en termes absolus et en termes relatifs, pour atteindre, en 2001, 28 p. 100 de la population totale. On entend par population rurale les gens qui vivent sur des fermes et dans des villages ou localités comptant moins de 1000 habitants.
Aujourd'hui, 72 p. 100 de la population vit dans les centres considérés comme urbains (plus de 1000). Près de 77 p. 100 des citadins résident à Winnipeg qui, avec Selkirk, sa ville satellite, réunit près de 60 p.100 de toute la population du Manitoba.
WINNIPEG est née dans l'ombre d'Upper Fort Garry. Dans les années 1860, des commerçants indépendants s'y installent et, défiant le monopole de la CBH, y font la traite des fourrures. Après 1870, le minuscule village de Winnipeg devient rapidement un centre commercial pour la colonie de la rivière Rouge. Situé à l'embranchement de la rivière Rouge et de l'Assiniboine, le village contrôle l'accès aux cours d'eau et aux routes vers l'ouest, le sud et le nord. C'est également là que s'implante en 1878 le terminus nordique du chemin de fer en provenance de St. Paul, dans le Minnesota.
Lorsque le CANADIEN PACIFIQUE (CP) décide d'enjamber la rivière Rouge à Winnipeg en 1881, la ville se retrouve à l'extrémité nord d'un réseau triangulaire de lignes ferroviaires qui attire le commerce de l'Alberta vers l'est et qui deviendra un carrefour est-ouest de navigation aérienne. Depuis la Deuxième Guerre mondiale, Winnipeg s'est peu développée et le commerce s'est stabilisé dans certains secteurs. C'est le centre provincial des arts, de l'éducation, du commerce, de la finance, des transports et du gouvernement.
Bien que la suprématie de Winnipeg soit indiscutable, certains centres urbains occupent une position dominante dans le commerce local. BRANDON, deuxième ville du Manitoba, est un centre de distribution et de fabrication pour le Sud-Ouest, tandis que PORTAGE LA PRAIRIE, de dimension plus modeste, joue un rôle semblable dans une des régions agricoles les plus prospères de la province, celle des Plaines du Portage. Au nord, THOMPSON et FLIN FLON sont d'abord des villes minières.
Les grandes villes de SELKIRK, DAUPHIN et THE PAS, autrefois des forts servant au commerce des fourrures, sont aujourd'hui des centres de distribution pour les communautés avoisinantes. LYNN LAKE, LEAF RAPIDS et Bissett sont de petites villes minières du Nord.
Un réseau de petites villes situées dans le Sud-Ouest du Manitoba constitue en quelque sorte le centre de la province, modifié par les tracés linéaires des chemins de fer partant de Winnipeg. Des silos à grains parsemés à tous les 48 km environ se retrouvent au coeur de plusieurs villages et municipalités. Cependant, avec l'avènement du transport motorisé, des lignes de chemin de fer secondaires sont abandonnées et de nombreuses petites localités abritant des communautés prospères disparaissent elles aussi. Aujourd'hui, un ensemble hiérarchisé de centres (villages ou centres régionaux) rivalisent pour approvisionner une population agricole décroissante.
Tendances démographiques
Depuis 1961, la population du Manitoba a augmenté lentement mais régulièrement, passant de 921 686 à 1 119 583 habitants en 2001, malgré un accroissement naturel constant de l'ordre de 6 000 à 7 000 personnes par année. La migration demeure le facteur le plus influent en matière de croissance de la population au cours de cette période. Lorsque l'économie va bien, les Manitobains sont moins portés à émigrer et certains reviennent même dans leur province d'origine, tandis qu'en périodes de vaches maigres, ils ont tendance à émigrer, surtout vers l'Ontario et les autres provinces de l'Ouest.
Ces cycles économiques, d'une durée habituelle de trois à cinq ans, ralentissent ou accentuent la croissance naturelle de la population, donnant ainsi lieu à de courtes périodes de croissance suivies de courtes périodes de recul. Il en résulte donc une croissance démographique globale très lente.
Main-d'oeuvre
Les hommes sont plus nombreux (74,9 p. 100) que les femmes (62,2 p. 100) sur le marché du travail (moyenne quinquennale entre 2000 et 2004), même si le pourcentage des femmes s'est accru constamment au cours de la dernière partie du XXe siècle. Le taux de chômage est également plus élevé chez les hommes (5,3 p. 100) que chez les femmes (4,8 p. 100). Pris isolément, le taux de chômage de Winnipeg est légèrement supérieur (5,3 p. 100) à celui des régions rurales (4,6 p. 100) et à la moyenne provinciale (5,1 p. 100). Comparativement aux autres provinces canadiennes, le Manitoba affiche un des taux de chômage les plus bas au cours des 25 dernières années.
Au Manitoba, l'industrie du commerce emploie le plus grand nombre de travailleurs (85 200), suivie par le secteur manufacturier (69 100) et le secteur des soins de santé et des services sociaux (78 000). En 2001, le revenu annuel moyen du particulier se chiffre à 28 400 $, soit environ 90 p. 100 de la moyenne nationale (31 900 $).
Langues
En 2001, la principale langue maternelle parlée au Manitoba est l'anglais (76 p. 100). Les autres langues les plus parlées sont l'allemand, le français, l'ukrainien et les langues autochtones. Les anglophones se concentrent davantage en milieu urbain plutôt que rural. L'inverse est vrai pour les personnes dont la langue maternelle est le français, l'ukrainien ou l'allemand (cette dernière en raison de la grande population agricole MENNONITE). En 1870, l'Acte du Manitoba accorde au français et à l'anglais un statut égal devant les tribunaux et la législature. Vingt ans plus tard, une loi provinciale fait de l'anglais la seule langue officielle du Manitoba. En 1979, cette loi est déclarée ultra vires et en 1984, le gouvernement du Manitoba redonne à l'anglais et au français un statut égal.
Dans les écoles, les Franco-Manitobains reçoivent un enseignement entièrement en français grâce au programme prévu à cet effet. Ceux qui parlent une autre langue maternelle peuvent s'inscrire à un programme d'immersion en français. Certaines écoles dispensent l'enseignement de la majorité des matières dans une langue minoritaire, comme le polonais, l'ukrainien ou l'allemand.
Les langues maternelles des peuples autochtones sont le ojibwé, le cri, le déné et le dakota. La plupart des Autochtones du Sud parlent le ojibwé, mais la majorité d'entre eux s'expriment le plus souvent en anglais.
Composition ethnique
Le Manitoba compte une grande diversité ethnique. Les ancêtres de la plupart des Manitobains ont une des origines suivantes : britanniques, canadiens, ALLEMANDS, autochtones, UKRAINIENS et FRANÇAIS. Depuis 1921, la population d'origine britannique a diminué proportionnellement; en nombre, elle est plus élevée dans les régions urbaines, tandis que dans les régions rurales, les minorités prédominent. La répartition des groupes ethniques les plus importants, particulièrement en milieu rural, est liée à l'histoire de la colonisation. Lors du recensement de 2001, environ 8 p. 100 de la population déclare être uniquement d'origine autochtone. Il existe également un nombre important d'habitants dont les ancêtres sont d'origine polonaise, NÉERLANDAISE, PHILIPPINE, RUSSE et islandaise.
Les Mennonites (allemands et néerlandais) se concentrent au sud de la vallée de la rivière Rouge, autour d'ALTONA, de STEINBACH et de WINKLER. Les Ukrainiens et les POLONAISvivent dans la région des lacs et le long des frontières. Plusieurs francophones habitent au sud de Winnipeg, près de la rivière Rouge. Les habitants d'origine ISLANDAISE sont regroupés au sud-ouest du lac Winnipeg, près des rives. La population philippine se retrouve principalement à Winnipeg. Les Autochtones des PREMIÈRES NATIONS sont établis dans des réserves disséminées, principalement au centre et au nord du Manitoba, bien que certains d'entre eux aient modifié considérablement leur style de vie et habitent Winnipeg.
Religions
Les religions reflètent en quelque sorte les différentes ethnies. Trois groupes religieux réunissent environ la moitié de la population (recensement de 2001) : l'ÉGLISE UNIE DU CANADA (16 p. 100), les CATHOLIQUES romains (26,5 p. 100) et les ANGLICANS (7,8 p. 100). La plupart des Ukrainiens font partie de l'Église catholique ukrainienne (2,7 p. 100) ou orthodoxe (1 p. 100), tandis que les gens d'ascendance allemande et scandinave pratiquent surtout la religion luthérienne (4,6 p. 100) et que 4,7 p. 100 sont des Mennonites. Près de 19 p.100 de la population déclare ne pratiquer aucune religion.
Économie
La chasse et la traite des fourrures constituent la plus ancienne industrie du Manitoba. Elle est aujourd'hui celle qui a le moins d'importance. Pendant 200 ans, le commerce des fourrures est le monopole de la CBH, dans l'Ouest jusqu'aux Rocheuses. Parallèlement à cette activité, la chasse au bison devient la principale source de revenu des plaines : les Amérindiens, les métis et les voyageurs font le commerce de la viande, des peaux et du PEMMICAN, devenu un aliment de base dans la région.
À la suite du prolongement vers l'ouest de la principale ligne de chemin de fer du Canadien Pacifique au cours des années 1880, les fermiers et les marchands de grains peuvent écouler leurs produits sur le marché international. Un flux d'échanges commerciaux est-ouest débute et Winnipeg en devient le centre de transit. Pendant les 20 années qui suivent, l'économie essentiellement agricole de la province se consolide. L'exploitation forestière, nécessaire à la colonisation, diminue tandis que les moulins à farine se multiplient.
De 1897 à 1910, années de prospérité, on assiste à un vaste essor économique et industriel, particulièrement à Winnipeg, et l'agriculture commence à se diversifier. Avec les décennies de crise, de sécheresse et de conflits ouvriers qui suivent, sans oublier les deux guerres mondiales, on prend conscience de la nécessité de diversifier encore davantage l'économie pour survivre. Depuis la Deuxième Guerre mondiale, la croissance économique et la stabilité commerciale demeurent modérées.
Aujourd'hui, l'industrie manufacturière vient en tête, suivie de l'agriculture, de l'hydroélectricité et de l'exploitation minière Le secteur primaire (comprenant l'hydroélectricité) représente environ la moitié du revenu total provenant de toutes les entreprises productrices de biens. L'industrie manufacturière et le bâtiment représentent le reste.
Agriculture
L'agriculture tient un rôle important dans l'économie de la province, autant pour les emplois qu'elle crée (43 000) que pour la valeur ajoutée des industries productrices de biens (20 p. 100). Elle engendre différentes sources de revenus. En 1993, les cultures ont généré 1,04 milliard de dollars et l'élevage, 854 millions de dollars. La culture du blé rapporte cinq fois plus que celles de l'orge et de l'avoine combinées. L'orge occupe la deuxième place. Viennent ensuite le CANOLA (colza), les graines de lin et le seigle. L'importance du foin est justifiée par l'accent mis sur l'élevage du bétail.
Le boeuf (294,8 millions de dollars en 1992) représente, de loin, la principale source de revenu dérivée de l'élevage du bétail. Il est suivi du porc (255 millions de dollars), des produits laitiers, de la volaille et des oeufs. Le blé est cultivé dans tout le Sud du Manitoba, surtout dans le Sud-Ouest où la texture du sol noir est fine ou moyenne. L'orge, à titre de nourriture de base pour le bétail, peut croître dans différentes conditions climatiques, mais elle fait l'objet d'une culture intensive au sud et au nord du mont Riding, ainsi que dans la vallée de la rivière Swan. Quant à l'orge destinée surtout à la fabrication du malt, les sols des bois et les températures plus fraîches lui conviennent mieux. La culture de l'avoine, généralisée et concentrée dans les secteurs d'élevage du bétail, s'accomode souvent de sols moins fertiles. Le lin pousse surtout dans les sols noirs du Sud-Ouest, tandis que le canola est cultivé principalement sur les terres froides situées à la limite des zones agricoles.
Les cultures spécialisées, dont la betterave à sucre, le tournesol, le maïs (à la fois pour les grains et l'ensilage) et les légumes destinés à la mise en conserve, sont concentrées dans la vallée de la rivière Rouge où les jours de chaleur sont nombreux et les sols de texture moyenne. L'élevage des bovins est pratiqué dans la plupart des fermes de l'Ouest du Manitoba, mais il est plus rare dans la vallée de la rivière Rouge.
Les troupeaux laitiers prédominent dans les terres peu productives et froides qui forment un vaste croissant s'étendant du Sud-Est à la vallée de la rivière Swan. L'élevage des volailles se concentre surtout dans la vallée de la rivière Rouge, alors que celui des porcs se fait sur un plus vaste territoire en raison d'un surplus d'orge et de lait frais. On pratique la culture maraîchère dans la bonne terre alluviale autour de Winnipeg et de la rivière Rouge, qui assure l'irrigation nécessaire pendant les périodes sèches.
Les fermiers se sont regroupés en coopératives dont la taille et la vocation varient, allant de l'achat de terres et de machinerie agricole en commun au traitement et à la commercialisation des produits de leurs membres. La Manitoba Pool Elevators et la United Grain Growers, deux importantes coopératives, d'abord créées pour l'exploitation céréalière, s'occupent maintenant du bétail et des graines oléagineuses. Elles procurent aussi à leurs membres du matériel agricole à un bon prix. Les huit organismes de commercialisation du Manitoba sont des offices de producteurs qui contrôlent les activités de commercialisation de certains produits. Le blé, l'avoine et l'orge destinés à l'exportation doivent être vendus à la COMMISSION CANADIENNE DU BLÉ.
L'agriculture ne pourra probablement jamais se développer au-delà des limites qu'imposent la courte période de culture (moins de 90 jours sans gel) et les sols pauvres du Bouclier canadien. On étudie présentement un projet d'irrigation du secteur sud-ouest de la vallée de la rivière Rouge, désigné sous le nom de triangle de Pembina. L'inondation périodique du cours supérieur de la rivière Rouge (au sud de Winnipeg) a endommagé des ouvrages importants et a fait baisser les revenus. Environ 880 000 hectares de terres cultivées sont drainées, principalement dans la vallée de la rivière Rouge et dans la région des lacs. La Loi sur le rétablissement agricole des Prairies favorise la conservation de l'eau au moyen de barrages submersibles et d'étangs artificiels.
Exploitation minière
En 1994, l'exploitation minière a injecté 775 millions de dollars dans l'économie de la province. Plus de 80 p. 100 des revenus de la production minérale du Manitoba vient des métaux, principalement le nickel, le cuivre, le zinc, le cobalt et l'or, et d'une petite quantité de métaux précieux. Tous les gisements se trouvent dans l'immense étendue du Bouclier canadien.
Une quantité décroissante de pétrole est extraite des roches sédimentaires du mississippien dans le Sud-Ouest de la province, près de Tilston et de Virden. Les minéraux industriels, surtout les pierres extraites des carrières, le gravier et le sable, comptent pour 8 p. 100. Près de Winnipeg, il existe des carrières de calcaire dolomitique dont on tire la fameuse pierre de Tyndall, distribuée partout au Canada. Du gypse est produit dans la région des lacs près de Gypsumville et dans la région de Westlake, près d'Amaranth. Le sable silicieux est extrait de l'île Black, dans le lac Winnipeg.
Les mines les plus productives du Manitoba se concentrent à Thompson, qui possède la plus importante exploitation intégrée (exploitation minière, fonderie et raffinage) en Amérique du Nord et qui est essentiellement l'unique producteur de nickel du Manitoba. La mine la plus ancienne, datant de 1930, se trouve à Flin Flon. Avec ses installations satellites de Snow Lake, cette mine produit une grande quantité de cuivre et de zinc ainsi que de l'or et de l'argent en petites quantités. Parmi les autres centres d'exploitation minière importants, mentionnons Lynn Lake, où le cuivre et le nickel extraits jusqu'en 1989 ont été remplacés par l'or, et Leaf Rapids, producteur de nickel et de cuivre.
Énergie
À l'exception d'une petite quantité de pétrole, les ressources énergétiques du Manitoba proviennent de l'hydroélectricité. Les centrales thermiques dépendent surtout du charbon de qualité inférieure importé d'Estevan en Saskatchewan et du carburant diesel. Manitoba Hydro, une société de la Couronne, est responsable de la production, de l'exploitation et de la distribution de l'électricité dans tout le Manitoba, à l'exception de Winnipeg, ville desservie par Winnipeg Hydro, une corporation civile. Les premières centrales hydrauliques ont été construites le long de la rivière Winnipeg et six d'entre elles fonctionnent encore.
La possibilité d'obtenir de l'électricité à peu de frais à moins de 100 km de Winnipeg attire les industries dans la ville depuis nombre d'années. Depuis 1955, l'exploitation des ressources hydroélectriques se fait dans le Nord. En 1960, on construit une centrale à Kelsey, sur le fleuve Nelson, et, en 1968, on aménage la centrale de Grand Rapids, près de l'embouchure de la rivière Saskatchewan. En raison d'une demande croissante sont venues s'ajouter quatre centrales supplémentaires sur le fleuve Nelson : Jenpeg, Kettle Rapids, Long Spruce et Limestone En aval, à Limestone, on inaugure la centrale la plus importante du Manitoba en 1992; elle peut générer 1330 MW. De plus, deux centrales thermiques alimentées en charbon provenant d'Estevan, situées à Brandon et à Selkirk, sont en plus utilisées pendant les périodes de pointe.
En 1994, les installations existantes pouvaient générer 4912 MW, auxquels s'ajoutait un autre potentiel hydroélectrique de 5260 MW. Le Manitoba vend ses surplus d'énergie, surtout pendant l'été, à l'Ontario, à la Saskatchewan, au Minnesota et au Dakota du Nord. Son réseau de transmission et de distribution s'étend sur plus de 76 000 km. Manitoba Hydro dessert plus de 400 000 clients, tandis que Winnipeg Hydro en alimente 90 000 autres, pour une consommation totale de 27 102 GWh en 1993. Le gaz naturel importé de l'Alberta, qui sert surtout au chauffage industriel et commercial, satisfait un tiers des besoins énergétiques du Manitoba.
Exploitation forestière
Le stade primaire de la FORESTERIE, l'abattage, ne représente que 0,5 p. 100 de la valeur ajoutée des industries productrices de biens. La région forestière dont le rendement est le plus élevé s'étend du Nord de la zone agricole jusqu'au 57° de latitude Nord. Au nord et à l'est de cette limite, le peuplement forestier est éparpillé et les arbres sont rabougris jusqu'à se confondre à la toundra aux abords des côtes de la baie d'Hudson. La limite méridionale est définie par la progression septentrionale des exploitations agricoles. D'après les inventaires forestiers, on estime que 40 p. 100 des terres du Manitoba sont productives, que 29 p. 100 sont improductives et que plus de 30 p. 100 ne sont pas des régions forestières.
Des 152 000 km2 de territoires forestiers productifs, 94 p. 100. appartiennent au gouvernement provincial. De 1870 à 1930, les terres et les forêts relèvent de la responsabilité du gouvernement fédéral, puis, après le transfert des ressources naturelles, la gestion en incombe à la province. En 1930, on compte cinq réserves forestières. Aujourd'hui, 15 forêts « provinciales » couvrent une superficie de plus de 22 000 km2.
Les espèces d'arbres les plus reconnues pour leur valeur commerciale sont, par ordre décroissant : l'épinette noire, le pin gris, le peuplier faux-tremble, l'épinette blanche, le peuplier baumier et le bouleau blanc. Viennent s'ajouter le sapin baumier, le mélèze, le cèdre, le chêne à gros glands, l'orme blanc, le frêne vert, l'érable du Manitoba, le pin rouge et le pin blanc.
L'abattage des arbres est limité près des routes, des lacs et des cours d'eau. Le gouvernement manitobain propose des quotas de coupe annuels pour chaque aire de gestion en fonction d'un rendement constant. En plus de son propre programme de reboisement, le gouvernement fournit des stocks de plants à des propriétaires fonciers qui veulent ériger des coupe-vents boisés et faire l'exploitation des arbres de Noël.
Pêche
La pêche commerciale existe depuis plus de cent ans au Manitoba. L'eau recouvre 16 p. 100 de la superficie totale du Manitoba et les pêcheurs professionnels en exploitent environ 57 000 km2. Les trois grands lacs (Winnipeg, Manitoba et Winnipegosis) fournissent les deux tiers des prises; le reste provient des innombrables petits lacs du nord. Pour la période 1994-1995, la valeur totale des prises se chiffre à 20,2 millions de dollars; près de 3200 pêcheurs étaient alors employés par cette industrie. Le poisson fraîchement pêché est acheminé vers les 70 stations d'entreposage disséminées le long des lacs. De là, il est ensuite expédié à l'usine centrale de transformation de l'Office de commercialisation du poisson d'eau douce, située à Winnipeg, où est traité tout le poisson de la province destiné à être écoulé sur les divers marchés. On exporte 44 p. 100 de la production aux États-Unis, 30 p. 100 en Europe et le reste, 26 p. 100, est vendu au Canada.
Parmi les 13 espèces commerciales, parées et transformées en filets, figurent le corégone, le brochet, le doré et le doré noir. Ces trois derniers ainsi que la truite et la barbue sont les espèces les plus populaires auprès des pêcheurs sportifs. Le ministère des Ressources naturelles du Manitoba maintient des écloseries pour l'ensemencement du doré jaune, du corégone et de la truite.
Industries
Les secteurs de la fabrication et de la transformation sont aujourd'hui solidement établis au Manitoba, comme le prouve la valeur de la production : en 1994, 11 000 établissements emploient plus de 50 000 personnes et la valeur des biens produits atteint plus de 7 milliards de dollars, soit environ 40 p. 100 de la valeur ajoutée des industries productrices de biens. Comptant pour environ les deux tiers de la production industrielle, les principales industries sont celles de la transformation alimentaire, des distilleries, de la fabrication de machinerie (surtout agricole); de l'irrigation et des pompes; de la transformation primaire des métaux (comprenant la fonte du nickel et du minerai de cuivre), de la fabrication de produits métalliques et des fonderies; de la fabrication de pièces d'avion et de l'assemblage d'autobus, de la fabrication de roues et de l'entretien du matériel roulant (trains); du matériel électrique; des ordinateurs et des fibres optiques.
On compte également des industries traditionnelles : le conditionnement des viandes, la minoterie, le raffinage du pétrole, la mise en conserve des légumes, le bois d'oeuvre, les pâtes et papiers, l'imprimerie et le vêtement. Soixante-quinze pour cent des produits sont manufacturés à Winnipeg. La moitié des produits manufacturés est exportée, dont un tiers vers les marchés étrangers.
Transports
Le site même de Winnipeg constitue depuis toujours son meilleur atout. Au centre du Canada et au sommet du triangle population-transport de l'Ouest du Canada, la ville relie historiquement tous les moyens de transport de l'est à l'ouest.
Les barges d'York (voir YORK, BARGE D'), qui servaient au commerce des fourrures, et les CHARRETTES DE LA RIVIÈRE ROUGE, qu'utilisaient les premiers colons, font place tout d'abord aux bateaux à vapeur sillonnant la rivière Rouge et, par la suite, aux grandes lignes ferroviaires construites au cours du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Par la suite, Winnipeg offre des installations de service à toutes les entreprises de transport aérien et routier reliant l'Est à l'Ouest. Aujourd'hui, le train et les routes se rendent jusqu'aux principaux centres d'exploitation minière du Nord du Manitoba. Les innombrables lacs reliés les uns aux autres offrent un réseau de routes d'hiver. Les principaux centres du Nord sont raccordés au Sud par de grandes voies nationales. Le ministère de la Voirie gère plus de 73 000 km de routes principales et 10 700 km de routes secondaires (surtout recouvertes de gravier).
Depuis 1926, les avions de brousse (voir AVIATION DE BROUSSE) permettent d'atteindre les régions éloignées et de nombreux petits transporteurs desservent la majeure partie des communautés du Nord. Les routes transcontinentales d'Air Canada et de Canadien International s'arrêtent à Winnipeg, tandis que depuis 1996 Greyhound Air assure un service entre Ottawa et Vancouver, avec escale à Winnipeg pendant l'été. Northwest Territorial relie Winnipeg à Yellowknife et Rankin Inlet dans les Territoires du Nord-Ouest. Canadien International, avec le concours de son associé CALM Air, dessert le Nord du Manitoba, tout comme la société Perimeter Airlines.
Par ailleurs, Air Canada organise des vols quotidiens à destination de Chicago (Illinois), conjointement avec le réseau américain United Airlines, tandis que Northwest Airlines assure la liaison avec St. Paul dans le Minnesota. Canadien International, Air Canada et des transporteurs spécialisés dans les vols nolisés, Canadian 300 et Royal, offrent des vols directs entre Winnipeg et de nombreuses destinations européennes ainsi que différentes stations balnéaires tropicales recherchées par les vacanciers hivernaux.
Winnipeg étant le principal centre ferroviaire du centre du pays, autant le CN que le CP y ont d'importantes installations destinées à la réparation du matériel ainsi que des gares de triage dans la ville et les environs. Le blé constitue le principal article de fret, mais d'autres biens, allant des produits pétroliers et chimiques aux automobiles et au bois, sont transportés par rail. Le CN possède la gare de triage Symington Yards, l'une des plus grandes et des plus modernes au monde, tandis que ses ateliers de réparation et d'entretien du matériel ferroviaire et des locomotives se trouvent à Transcona. Le centre national de formation des employés du CN, quant à lui, est situé à GIMLI. Le CP, en plus d'ateliers de réparation et de gares de triage, possède un terminus à capacités multiples : Weston est l'un des trois ateliers de réparation du réseau transcanadien de CP et 2500 personnes y travaillent.
Via Rail exploite un service de passagers transcanadien, utilisant les lignes des deux principaux chemins de fer, et relie Vancouver à Halifax et à St. John's (Terre-Neuve).
En 1929, la HUDSON BAY RAILWAY, maintenant intégrée au CN, est complétée jusqu'au port de Churchill où on trouve aujourd'hui d'importantes installations de transbordement qui traitent chaque année, entre le 20 juillet et le 31 octobre, environ 290 000 tonnes de céréales. Ancienne base militaire, Churchill est devenu un centre de recherche et un centre de ravitaillement pour les communautés arctiques de l'Est.
Gouvernement et politique
Le 15 mars 1871, l'Assemblée législative du Manitoba se réunit pour la première fois. Elle comprend alors 12 députés élus dans des circonscriptions anglophones et autant dans des circonscriptions francophones, un conseil législatif et un conseil exécutif nommés pour assister le chef du gouvernement, le lieutenant-gouverneur Adams G. ARCHIBALD. Quand la session parlementaire prend fin, les députés ont mis sur pied un système judiciaire et un réseau scolaire, en plus d'avoir promulgué des dispositions législatives inspirées des modèles britannique, ontarien et néo-écossais. Le Conseil législatif est aboli cinq ans plus tard.
Depuis 1871, la province est passée d'une représentation électorale de type communal à une représentation électorale axée sur la répartition de la population, et d'un gouvernement non partisan à un gouvernement constitué par un parti politique élu. Aujourd'hui, le LIEUTENANT-GOUVERNEUR est toujours le dirigeant officiel de la législature de la province et représente la Reine. Le gouvernement est dirigé par le PREMIER MINISTRE PROVINCIAL qui choisit un CABINET dont les membres sont assermentés à titre de ministres de la Couronne. Le parti politique qui obtient le deuxième plus grand nombre de sièges lors d'une élection forme l'opposition officielle. Les lois sont adoptées par une assemblée législative de 57 membres élus, réunis dans une seule Chambre.
Le système judiciaire comprend la Cour supérieure, où les juges sont nommés par le gouvernement fédéral, et divers tribunaux de moindre importance, présidés par des juges nommés par le gouvernement provincial. La Gendarmerie royale du Canada offre un service de police provincial, et municipal à certains endroits. La loi de la province oblige les grandes et petites villes à employer suffisamment de policiers pour maintenir la loi et l'ordre. Du côté fédéral, le Manitoba est représenté par 14 députés et 6 sénateurs. (Voir aussi PREMIERS MINISTRES DU MANITOBA : TABLE; LIEUTENANTS-GOUVERNEURS DU MANITOBA : TABLE.)
Gouvernement local
Un ensemble de municipalités assurent les services gouvernementaux au niveau local. La province compte 5 grandes villes (Winnipeg, Brandon, Selkirk, Portage la Prairie et Thompson), 35 villes de taille plus modeste et 40 villages, toutes et tous dûment constitués (une municipalité constituée est beaucoup plus autonome, surtout en ce qui concerne les taxes et les emprunts). Il y a plus de 100 municipalités rurales comprenant de 4 à 22 CANTONS, dont plusieurs renferment des villes ou villages non constitués. Des conseils élus localement sont responsables de l'administration des services et de l'application des règlements.
Dans les régions éloignées où la population est dispersée, le gouvernement a mis sur pied 17 districts gouvernementaux locaux dotés d'un administrateur nommé et d'un conseil consultatif élu. Le ministère des Affaires du Nord a juridiction sur les régions éloignées et confère aux conseils locaux le statut d'organismes consultatifs. Les conseils locaux sont élus, surtout dans les villages métis, par l'entremise desquels le gouvernent accorde des subsides. Chaque conseil comprend un « coordonnateur » qui représente le gouvernement.
Finances publiques
Pour l'année financière se terminant le 31 mars 1995, les revenus de la province du Manitoba se sont chiffrés à 5,2 milliards de dollars et les dépenses à 5,1 milliards. La province a donc enregistré un surplus net de 113 millions, le premier depuis 1972-1973. Les impôts sur le revenu ont rapporté 1,3 milliard de dollars et les autres taxes, dont la taxe de vente de 5 p. 100, ainsi que les taxes sur l'essence et les ressources naturelles, ont totalisé 1,9 milliard. Les paiements de transfert (inconditionnels) fédéraux ainsi que les programmes à frais partagés, destinés à l'éducation, à la santé et à l'expansion économique, se sont élevés à 1,8 milliard de dollars. Plus de la moitié des dépenses de la province sont consacrées à l'éducation, à la santé et aux services sociaux.
Santé et services sociaux
Par l'entremise de la Commission des services de santé du Manitoba, et avec l'aide généreuse d'Ottawa, les habitants de la province bénéficient d'un régime d'assurance-maladie exempt de primes. De plus, un régime d'assurance-médicaments prescrits couvre 80 p. 100 des frais excédant 75 dollars (50 dollars pour les personnes âgées). La province et Winnipeg ont chacune un programme de soins dentaires gratuits pour tous les enfants fréquentant l'école primaire.
Santé Manitoba ainsi que les services de Santé mentale et communautaire du ministère et les Services correctionnels du ministère de la Justice régissent les secteurs de la santé publique et mentale, des services sociaux, des centres de détention et de l'attribution des libertés conditionnelles. Le gouvernement est responsable des établissements correctionnels et des centres de détention et, par l'entremise de la Fondation manitobaine de lutte contre les dépendances, il s'occupe de centres de traitement de l'alcoolisme et des toxicomanies.
Le Manitoba finance plus de 80 hôpitaux, dont 10 sont situés à Winnipeg, une centaine d'établissements pour personnes nécessitant des soins spéciaux et des résidences pour personnes âgées. Winnipeg est un centre de recherche médicale important et son Centre des sciences de la santé comprend les principaux hôpitaux d'orientation de la province et un certain nombre d'institutions spécialisées, dont le Children's Centre et le Manitoba Cancer Treatment and Research Foundation.
Politique
Alors que le concept de GOUVERNEMENT RESPONSABLE fait son chemin pendant les années 1870, la loyauté des commettants va plutôt à leurs collectivités respectives qu'à des partis politiques. Cependant, au cours des années 1880, une forte opposition libérale au gouvernement non partisan de John NORQUAY voit le jour sous la gouverne de Thomas GREENWAY. Lors de l'élection de 1888, les libéraux de Greenway forment le premier gouvernement partisan du Manitoba, jusqu'à ce qu'ils soient défaits en 1899 (à cause de dépenses extravagantes et d'une politique ferroviaire jugée faible) par un Parti conservateur en grande forme dirigé par Hugh John MACDONALD. Lorsque ce dernier démissionne en 1900, dans l'espoir d'un retour sur la scène fédérale, Rodmond Palen ROBLIN devient premier ministre. Il conserve le poste jusqu'en 1915, alors qu'un scandale à propos de l'attribution de contrats pour la construction des nouveaux édifices parlementaires fait tomber le gouvernement, qui en était à son cinquième mandat.
En 1920, en opposition au gouvernement libéral de Tobias Crawford NORRIS, les fermiers unis du Manitoba (United Farmers of Manitoba) se lancent dans l'arène politique et font élire 12 députés à l'assemblée législative, signalant le début d'une nouvelle ère de politique non partisane. Leurs efforts portent fruit en 1922 lorsque la UFM remporte l'élection avec une mince majorité et forme le nouveau gouvernement. Le Manitoba revient ainsi à ses racines, réaffirmant les vertus rurales de l'économie, de la sobriété et du travail pour contrebalancer le progrès rapide, la crise économique et les conséquences de la guerre.
À la tête de leur parti, les fermiers nomment John BRACKEN, qui demeure premier ministre jusqu'en 1943, même si la UFM se désiste de la politique en 1928. Bracken forme ensuite un gouvernement de coalition, les libéraux-progressistes, qui remporte une majorité en 1932, mais n'obtient qu'une pluralité de sièges à l'élection de 1936, grâce à l'appui du Crédit social. Aux élections de 1940, pendant la guerre, Bracken demeure à la tête d'un gouvernement de coalition comprenant des conservateurs, des libéraux-progressistes, des députés du CCF et du Crédit social.
Trois ans plus tard, Stuart S. Garson succède à Bracken au poste de premier ministre lorsque ce dernier démissionne pour devenir chef du Parti conservateur fédéral. En 1945, le CCF se retire de la coalition. En 1950, c'est au tour des conservateurs, tandis que le Crédit social finit par disparaître tout simplement. À partir de 1948, le premier ministre Douglas Lloyd CAMPBELL devient le chef de la coalition, bien qu'après 1950 le gouvernement soit majoritairement libéral.
À partir de 1958, les conservateurs, avec Dufferin ROBLIN à leur tête, dirigent la province jusqu'à la victoire, en 1969, d'Edward Richard SCHREYER, du Nouveau Parti Démocratique (NPD), qui gagne avec une faible majorité. Les néo-démocrates restent au pouvoir pendant deux mandats : un grand nombre de réformes sociales sont alors adoptées et la présence du gouvernement dans le secteur privé s'accroît.
En 1977, Sterling Rufus LYON conduit le Parti conservateur à la victoire en promettant de réduire la dette de la province et de favoriser la libre entreprise. Son gouvernement ne dure que le temps d'un mandat. En 1981, le NPD, sous la direction d'Howard Russell PAWLEY, remporte les élections et il est réélu en 1985. En fait, le gouvernement de Lyon est le seul dans l'histoire du Manitoba à n'avoir assumé qu'un mandat. La tradition politique de la province a toujours été remarquable pour la stabilité de ses gouvernements, particulièrement à l'époque de la UFM et des gouvernements de coalition qui ont suivi.
Les néo-démocrates de Pawley sont chassés du pouvoir en 1988 par la victoire serrée des conservateurs de Gary FILMON qui forment un gouvernement minoritaire, et fragile, devant l'opposition libérale véhémente à l'ACCORD DU LAC MEECH (voir ACCORD DU LAC MEECH : DOCUMENT). L'accord domine alors l'ordre du jour parlementaire et il est finalement torpillé par des tactiques procédurières mises en branle par le député néo-démocrate d'origine autochtone Elijah HARPER. Filmon déclenche une élection immédiatement après le rejet de l'accord du lac Meech en 1990. Il en ressort avec une mince majorité qui lui permet de finalement imposer ses priorités législatives et de commencer à concentrer les efforts de son gouvernement sur le contrôle de la dette provinciale, qui grossit sans cesse. Sa réussite dans ce domaine lui vaut de se faire réélire avec une plus grande majorité en avril 1995.
Enseignement
Le système des écoles confessionnelles, garanti par l'Acte du Manitoba de 1870, est établi en 1871 par une loi provinciale régissant les écoles, en vertu de laquelle on peut bâtir des écoles locales, protestantes ou catholiques, à la suite d'une initiative locale. La loi prévoit en outre que ces écoles relèvent d'administrateurs locaux supervisés par la section protestante ou catholique du conseil scolaire provincial. Indépendant du gouvernement, le conseil scolaire reçoit néanmoins des subventions de celui-ci, que les sections divisent entre leurs écoles. Jusqu'en 1875, les crédits sont répartis également, mais à partir de 1876, la disparité de la population et l'opposition consécutive des protestants à l'égard de la dualité du système scolaire obligent les autorités à distribuer les subventions en fonction du nombre d'inscriptions par section.
Après 1876, les anglophones (majoritairement protestants) et les francophones (catholiques) coexistent pacifiquement et séparément jusqu'à ce qu'une campagne contre le présumé pouvoir politique grandissant du clergé catholique se répande à l'Ouest du Québec en 1889. Un mouvement populaire visant à abolir le système dualiste et l'utilisation officielle du français culmine en 1890, avec l'adoption de deux projets de lois provinciaux. L'anglais devient la seule langue officielle et la Loi sur les écoles publiques est modifiée. Les catholiques ont le droit d'avoir des écoles privées, lesquelles subsistent grâce à des dons et des frais de scolarité, mais un nouveau ministère de l'Éducation, qui vient abolir les fonctions d'administrateurs locaux, assure la direction des écoles non confessionnelles.
L'opposition des catholiques francophones à la violation de leurs droits constitutionnels est ignorée par la majorité ontarienne protestante qui envisage un réseau scolaire national comme un creuset favorable à la constitution d'un Manitoba essentiellement britannique. En 1897, grâce à l'intervention des tribunaux et du gouvernement fédéral, on en arrive à un compromis : il sera possible d'embaucher des enseignants catholiques à condition qu'il y ait au moins 40 élèves catholiques en milieu urbain ou 10 en milieu rural. De plus, lorsqu'au moins 10 élèves parlent une autre langue que l'anglais, les cours peuvent être donnés dans cette langue. Finalement, la scolarité n'est pas obligatoire puisque les catholiques ne font pas encore partie du réseau provincial.
En 1916, après 20 ans de chaos linguistique et de qualité décroissante, la Loi sur les écoles publiques est modifiée. Les dispositions relatives au bilinguisme sont supprimées et la nouvelle Public Schools Act rend la scolarité obligatoire autant pour les catholiques que pour les protestants, que ce soit dans les écoles publiques ou privées.
Depuis 1970, les Franco-Manitobains peuvent bénéficier d'un enseignement complet en français, grâce au programme de français. De leur côté, les non-francophones peuvent participer à un programme d'immersion dans lequel toutes les matières sont enseignées en français. Dans certains établissements scolaires, la majorité des cours sont donnés dans une langue minoritaire. Les écoles du Manitoba, francophones comme anglophones, sont regroupées en 48 divisions scolaires, dont chacun est administré par une commission scolaire élue relevant du ministère de l'Éducation.
Afin d'honorer les obligations constitutionnelles du Manitoba et de répondre aux besoins linguistiques et culturels des Franco-Manitobains, on a créé une Division scolaire franco-manitobaine qui a été mise en place pour l'année scolaire 1994-1995.
On compte 14 districts scolaires, dont 6, comprenant des écoles privées, sont financés principalement par le gouvernement fédéral et des organismes religieux, et non par des subventions provinciales ou des impôts. Les commissions scolaires doivent entretenir et équiper les écoles, embaucher les enseignants, subvenir aux besoins du personnel et négocier les salaires. La fédération des enseignants du Manitoba (Manitoba Teachers Federation) négocie avec les commissions scolaires.
Institutions scolaires
En 1994, 221 610 élèves sont inscrits dans les écoles publiques primaires et secondaires de la province, qui emploient 14 500 enseignants, dont 12 675 à temps plein. L'enseignement primaire comprend un programme de maternelle et se poursuit de la 1re à la 8e année. L'enseignement secondaire, de la 9e à la 12e année, propose un programme d'études varié, incluant des cours obligatoires et plusieurs cours offerts en option.
Des cours de formation professionnelle sont offerts dans 35 écoles et des cours de formation commerciale dans 106 écoles. Des services spéciaux sont prévus pour les handicapés, les aveugles, les sourds et les personnes qui ont des problèmes d'apprentissage.
Les COLLÈGES COMMUNAUTAIRES dispensent aux adultes une vaste gamme de cours généraux et spécialisés, offerts le jour, le soir, à temps plein ou à temps partiel, dans plus de 120 localités. Le collège communautaire Assiniboine dessert la population étudiante à l'intérieur et à l'extérieur de Brandon et assume l'entière responsabilité de la formation en agriculture dispensée dans les collèges communautaires de la province. Il offre 16 programmes de certificat et 11 programmes d'études supérieures. Le collège communautaire Keewatin propose 16 programmes de certificat d'un an ou moins, ainsi que 4 programmes d'études supérieures, surtout dans le Nord du Manitoba. De son côté, le collège Red River, situé à Winnipeg, offre 33 programmes de certificat et 28 programmes d'études supérieures, dont des cours en arts appliqués, en administration des affaires, dans le domaine des services de santé ainsi que des cours orientés vers les métiers et les technologies.
Les collèges communautaires comptaient 3900 étudiants inscrits à temps plein et 1646 étudiants à temps partiel pour l'année scolaire 1993-1994. Autrefois gérés par le gouvernement provincial, ils ont été constitués et dotés de conseils des gouverneurs nommés en avril 1993. Les collèges communautaires sont maintenant financés par une subvention annuelle du gouvernement manitobain, qui leur a consacré 54 millions de dollars en 1993-1994.
En 1877, les collèges de St Boniface (catholique et francophone), de St. John's (anglican) et du Manitoba (presbytérien) se regroupent pour former l'UNIVERSITÉ DU MANITOBA. Plus tard, d'autres collèges s'y affilient, mais en 1967, une réorganisation des constituantes entraîne la création de trois universités distinctes. L'U. du Manitoba est l'une des plus grandes au Canada. Elle comprend plusieurs facultés et quatre collèges affiliés qui dispensent des cours en français : St. John's, St. Paul's (catholique), St. Andrew's (ukrainien orthodoxe) et St Boniface, qui est le seul à offrir tous ses cours en français. En 1994-1995, l'U. du Manitoba a enregistré 17 905 étudiants inscrits à temps plein et 6 062 étudiants à temps partiel.
L'UNIVERSITÉ DE BRANDON propose des programmes de premier cycle en arts, en sciences, en pédagogie et en musique ainsi que des programmes de maîtrise en pédagogie et en musique; 1541 étudiants y étaient inscrits à temps plein et 1956 à temps partiel pour l'année 1994-1995. L'UNIVERSITÉ DE WINNIPEG, située au centre de Winnipeg, offre surtout des programmes de premier cycle ainsi que des programmes de pédagogie et de théologie. L'Université comptait 2679 étudiants à temps plein et 7387 à temps partiel pour l'année 1994-1995. Les enseignants sont formés aux universités du Manitoba, de Brandon et de Winnipeg, ainsi qu'au collège communautaire de Red River.
Vie culturelle
Les activités culturelles et les institutions du Manitoba reflètent au plus haut point la variété des différents groupes ethniques qui composent son tissu social. Le gouvernement du Manitoba, par l'entremise du ministère de la Culture, du Patrimoine et de la Citoyenneté, subventionne un grand nombre d'activités culturelles. De nombreux FESTIVALS annuels célèbrent les coutumes et l'histoire des différentes ethnies. Mentionnons notamment le Festival islandais de Gimli, le Winnipeg Folk Festival, le Festival national ukrainien de Dauphin, la fête autochtone Opasquiak et le festival des trappeurs du Nord du Manitoba à The Pas, les journées des pionniers à Steinbach, la fête franco-manitobaine à la Broquerie, le Festival (hivernal) du voyageur à St Boniface et Folklorama, le Festival des nations, subventionné par le Community Folk Art Council de Winnipeg.
Le passé historique du Manitoba est préservé et présenté en divers lieux : le Musée de l'homme et de la nature à Winnipeg, considéré comme un des plus beaux centres d'interprétation au Canada; le Living Prairie Museum, réserve naturelle de 12 hectares; le Musée de St Boniface, qui possède beaucoup d'objets fabriqués par les colons de la rivière Rouge ainsi que les archives provinciales et les archives de la Compagnie de la baie d'Hudson, situées toutes deux à Winnipeg. Le planétarium est l'un des plus beaux en Amérique du Nord et le jardin zoologique Assiniboine compte plus de 1000 animaux.
Arts
Le Conseil des Arts du Manitoba favorise l'étude, l'appréciation, la production et l'exécution d'oeuvres d'art. Il encourage les organismes qui contribuent à l'épanouissement culturel en offrant subventions, prêts et bourses pour l'étude et la recherche et en décernant des prix. L'Orchestre symphonique de Winnipeg, le ROYAL WINNIPEG BALLET, le Manitoba Theatre Centre, le Cercle Molière, le Manitoba Opera Association, les Manitoba Contemporary Dancers et le Rainbow Stage font de Winnipeg un centre national des arts de la scène.
Parmi les écrivains connus et respectés du Manitoba figurent Margaret LAURENCE et Gabrielle ROY, romancières, Georges WOODCOCK, essayiste, historien et poète ainsi que Barry Broadfoot, historien très populaire. La Winnipeg Art Gallery présente, outre des oeuvres traditionnelles et contemporaines, la plus importante collection d'art inuit au monde.
Lieux historiques
Parmi les sites historiques commémorant l'époque de la colonisation de l'Ouest figure le LOWER FORT GARRY, construit en 1832 par la CBH, à 32 km au nord-est de Winnipeg, sur la rivière Rouge. Il s'agit du plus ancien fort de pierre encore intact dans l'Ouest du pays. Le décor reflète l'ambiance du temps des colons de la rivière Rouge. La Fourche, à la fois lieu de réaménagement d'un secteur riverain et LIEU HISTORIQUE national, est à l'origine de Winnipeg. Situé à la jonction des rivières Rouge et Assiniboine, c'est un lieu d'échanges et de rencontres depuis plus de 6000 ans. De nos jours, l'endroit est redevenu un lieu d'activités récréatives, culturelles, commerciales et historiques qui rassemble les gens. La porte d'entrée du UPPER FORT GARRY, seul vestige d'un autre fort de la CBH, est située non loin de là.
Parmi les nombreuses maisons historiques du Manitoba, signalons la Maison Riel, résidence de la famille du même nom. Le fort de York Factory, situé à l'embouchure du Nelson et construit en 1682, était un lieu de transbordement des fourrures. Situé à l'embouchure de la rivière Churchill, le FORT PRINCE-DE-GALLES, construit en 1731 par la CBH et détruit en 1782 par les Français, est en partie restauré. Il vaut également la peine de visiter, pour leur intérêt historique, la basilique de St Boniface, la plus vieille cathédrale de l'Ouest du Canada, le tombeau de Louis RIEL, la Maison Macdonald, domicile de sir H.J. MACDONALD, de même que Fort Douglas, Ross House, Seven Oaks House et le Living Prairie Museum.
Communications
Cinq quotidiens sont publiés au Manitoba : le Winnipeg Free Press, le Winnipeg Sun, le Brandon Sun, le Portage la Prairie Daily Graphic et le Flin Flon Daily Reminder. On compte 62 périodiques, hebdomadaires ou bimensuels, destinés aux populations banlieusardes de Winnipeg ou rurales, et principalement axés sur l'agriculture. Il existe en outre de nombreux périodiques spécialisés sur le commerce et les affaires. La Liberté, hebdomadaire de langue française, est publié à St Boniface. Winnipeg est aussi le plus important centre de publication de journaux en langues étrangères au Canada.
Le Manitoba compte 20 stations de radio AM (toutes indépendantes, sauf 4) dont CKSB, de langue française, et 7 stations de radio FM. Le réseau anglais de la Société Radio-Canada comprend 28 rediffuseurs de langue anglaise et de langue française. On trouve quatre stations de télévision à Winnipeg et une à Brandon, et la CÂBLODISTRIBUTION dessert la plupart des villes. La Société de téléphone du Manitoba, société de la Couronne et premier réseau étatisé en Amérique du Nord, acquis en 1908 par le gouvernement de la province auprès de Bell Téléphone, en raison du coût excessif et de l'inefficacité du système, fournit aujourd'hui des services de télécommunications à toute la province.
Des postes de traite des pelleteries sont mis en place le long des rives de la baie d'Hudson : Fort Hayes (1682), Fort York (1648), Fort Churchill (1718) et Fort Prince-de-Galles (1731). Dans les années 1690-1692, un employé de la CBH, Henry KELSEY, explore le Sud-Ouest en traversant les Prairies. Quelque temps après, la famille La Vérendrye (voir LA VÉRENDRYE, Pierre Gaultier de; LA VÉRENDRYE, Louis-Joseph de; LA VÉRENDRYE, Jean-Baptiste de) explore l'Ouest en passant par les Grands Lacs et construit le Fort Maurepas (1734), sur la rivière Rouge, ainsi que quatre autres postes sur le territoire actuel du Manitoba. Par la suite, des commerçants indépendants envahissent les terres accordées à la CBH, ce qui suscite dans le milieu de la traite des fourrures une grande concurrence qui ne prend fin qu'en en 1821, avec la fusion de la CBH et de la Compagnie du Nord-Ouest. Une vingtaine de forts ont été construits à différentes époques au sud du 54e degré de latitude Nord, mais il reste très peu de vestiges permanents du passage des premiers explorateurs.
Colonisation
La colonisation agricole débute en 1812, avec l'arrivée des colons de lord Selkirk (voir SELKIRK, Thomas Douglas) à Point Douglas, maintenant inclus dans les limites de Winnipeg. Pendant les 45 années qui suivent, la grêle, le gel, les inondations, les invasions de sauterelles, les escarmouches avec les représentants de la Compagnie du Nord-Ouest et le monopole de la CBH mettent à rude épreuve la colonie de la rivière Rouge, établie à Assiniboia. Le Minnesota et le Haut-Canada nourrissent des visées expansionnistes qui les amènent à contester la domination de la CBH dans le Nord-Ouest et sur la colonie de la rivière Rouge.
En 1857, le gouvernement britannique parraine une expédition afin d'évaluer le potentiel agricole de la Terre de Rupert. L'EXPÉDITION PALLISER signale un croissant de terre fertile et cultivable, situé au nord-ouest de la vallée de la rivière Rouge. Au cours de la même année, le gouvernement canadien charge Henry Youle d'une mission semblable. Le conflit latent mettant en cause l'expansion de l'agriculture et les droits des Métis finira par éclater et entraîner deux grandes périodes de troubles (voir RÉBELLION DE LA RIVIÈRE ROUGE; RÉBELLION DU NORD-OUEST).
Finalement, la souveraineté de la CBH prend fin en vertu de l'Acte du Manitoba, voté en 1870, et les Territoires du Nord-Ouest sont annexées au nouveau Dominion du Canada. Des terres, réparties en quarts de section, sont alors ouvertes à la colonisation. Il est bientôt évident que la minuscule province doit prendre de l'expansion. Les colons s'établissent en effet de plus en plus dans le Nord-Ouest et même au-delà des frontières établies.
En 1881, après plusieurs années de conflit politique avec le gouvernement fédéral, les frontières sont redessinées : elles sont repoussées à l'ouest jusqu'à leurs limites actuelles, puis jusqu'à 53° de latitude Nord et plus loin vers l'est. Entre 1876 et 1881, 40 000 immigrants, surtout des Ontariens d'origine britannique, s'installent dans l'Ouest avec l'espoir d'y cultiver le blé à profit, grâce aux nouvelles machines agricoles et aux nouveaux procédés de mouture des grains.
Des Mennonites et des Islandais arrivent dans les années 1870, les premiers s'établissant autour de Steinbach et de Winkler et les deuxièmes, près de Gimli et d'Hecla. L'immigration ralentit ensuite jusque vers la fin du siècle, période pendant laquelle elle se limite surtout à de petits groupes d'Européens.
Entre 1897 et 1910, années de prospérité et de développement, des colons venant de l'Est du Canada, d'Angleterre, des États-Unis et d'Europe orientale, surtout d'Ukraine, envahissent la province et les terres voisines. C'est la plus forte période d'immigration enregistrée au Manitoba.
Développement
De 1897 à 1910, le Manitoba connaît une prospérité sans précédent. Le coût du transport diminue et le prix du blé augmente. La culture des céréales prédomine, cependant les fermes mixtes prospèrent et les éleveurs de bétail et les agriculteurs qui recherchent la qualité se font avantageusement connaître.
Le Canadien Pacifique et le Canadian Northern Railway (aujourd'hui le CN) établissent des gares de triage à Winnipeg, qui devient le centre d'un vaste réseau de chemins de fer allant dans toutes les directions. En 1906, on commence à produire de l'électricité à PINAWA sur la rivière Winnipeg et la création de la société Winnipeg Hydro, le 28 juin de la même année, garantit aux entreprises et aux particuliers un approvisionnement hydroélectrique à un coût modeste.
La crise économique de 1913 met fin à la prospérité. Le coût du transport augmente, le prix des terrains et du blé chute et l'apport des capitaux étrangers tarit. L'ouverture du canal de Panama en 1914 détrône Winnipeg au royaume du transport, les voies d'eau s'avérant plus économiques que les routes pour le transport des marchandises entre l'Est et l'Ouest.
Pendant la Première Guerre mondiale, le recrutement, la fabrication de matériel de guerre et l'arrêt de l'immigration entraînent une hausse des salaires et des prix. Dès 1918, l'inflation semble incontrôlable et le chômage est élevé. Les salaires s'effondrent, les conditions de travail se détériorent et de nouveaux mouvements radicaux font leur apparition chez les fermiers et les ouvriers urbains, entraînant la GRÈVE GÉNÉRALE DE WINNIPEG en mai 1919.
Une crise économique suivie d'un essor industriel vers la fin des années 20 font de nouveau osciller la balance économique. Jusqu'en 1928, la valeur de la production industrielle est supérieure à celle du milieu agricole qui traverse une longue crise jusqu'en 1930, aggravée par la sécheresse, les insectes et les bas prix du blé sur les marchés mondiaux. La population, délaissant les fermes, migre de plus en plus vers les villes, où la situation n'est pas meilleure : l'industrie s'affaiblit et le chômage sévit.
Pour échapper au traditionnel cycle expansion-dépression, on s'efforce de diversifier l'économie et, depuis 1911, l'essor continu de l'exploitation minière vient confirmer l'avantage d'une telle stratégie. Les exigences de la Deuxième Guerre mondiale rendent le Manitoba encore plus dépendant de l'agriculture et du secteur primaire, mais le boom d'après-guerre lui permet de capitaliser sur ses industries primaires et secondaires et de diversifier son économie.
Depuis la Deuxième Guerre, l'économie manitobaine s'est caractérisée par une croissance rapide dans le Nord, où la mise en valeur de riches gisements de nickel par la société Inco a entraîné la création de la ville de Thompson, dont la prospérité et le ralentissement ont reflété les fluctuations des prix des produits de base sur les marchés internationaux. Cette partie du territoire a fait l'objet de nombreux « mégaprojets », dont la création de la Société des ressources forestières du Manitoba à The Pas, et la construction de l'énorme centrale hydroélectrique de Limestone sur le fleuve Nelson. L'avenir économique du Manitoba sera donc mixte, c'est-à-dire un marché agricole en perte de vitesse, compensé par la croissance dans les secteurs de l'industrie légère, de l'édition, du vêtement ainsi que de l'exportation d'électricité aux États-Unis.
Les deux décennies qui se sont écoulées de 1970 à 1990 ont été témoin d'un réaménagement majeur de la politique provinciale avec la disparition, pour ainsi dire, du Parti libéral provincial et l'arrivée au pouvoir du NPD sous la direction d'Edward Schreyer et d'Howard Pawley. Parmi les initiatives dignes d'un gouvernement social-démocrate, on peut citer l'implantation d'un régime public d'assurance-automobile et le plan d'achat de la société Inter-City Gas en 1987. Les projets du gouvernement d'offrir des services bilingues plus complets ont ouvert de vieilles plaies, et ceux-ci ont été abandonnés. Au cours des années 90, le gouvernement conservateur de Gary Filmon a dû faire face aux mêmes problèmes de contrôle de la dette publique et de relance économique que le reste du Canada.
Auteur T.R. WEIR
Bibliographie
J. Brown, Strangers in Blood (1980); K. Coates et F. McGuinness, Manitoba, The Province & The People (1987); W. L. Morton, Manitoba: A History (2e édition, 1967); G. Friesen, Prairie West (1984); X. McWilliams, Manitoba Milestones (1928); Alan Artibise, Winnipeg: An Illustrated History (1977).
Liens supplémentaires
L'Institut Historica-Dominion
Le site Web de l'Institut Historica-Dominion, organisme de tutelle de l'Encyclopédie canadienne et l'Encyclopédie de la musique au Canada. Consultez leur guerre multimédia de 1812 option et beaucoup d'autres ressources interactives concernant l'histoire et la culture canadiennes.
Gouvernement du Manitoba
Le site Web du gouvernement du Manitoba.
Symboles nationaux
Les symboles du Canada peuvent non seulement nous aider à mieux comprendre notre pays, mais également nous inciter à nous réjouir du privilège d'être Canadiens et Canadiennes. Voir aussi les "Jours fériés et autres dates importantes." Par le Ministère du Patrimoine canadien.
Bibliothèque et Archives Canada
Accès à la vaste base de données bibliographique en ligne de la Bibliothèque nationale du Canada et aux expositions numérisées sur l’histoire et la culture canadiennes.
Festivals de la vie et de la mort dans les Amériques
Cette exposition présente l’histoire et la culture d’importants festivals canadiens comme le Carnaval d’hiver de Québec ainsi que d’autres festivités partout en Amérique.
Géodynamique
Information sur le Programme de géodynamique de la Commission géologique du Canada.
Cartes de référence
Site de l’Atlas du Canada. Utilisez le moteur de recherche ou cliquez sur «Cartes de référence» pour trouver une carte du Canada, d'une province ou d'un territoire.
Les racines des tiers partis du Canada dans les Prairies
Ce site analyse la nature des tiers partis, propre aux Prairies. Site de l'Université Mount Allison, Centre for Canadian Studies, Nouveau-Brunswick.
Archives de la Compagnie de la Baie d’Hudson
Site consacré à l'histoire de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Un site Web du gouvernement du Manitoba.
Toponymie du Canada
Utilisez cette page afin de localiser une carte du SNRC en faisant une recherche dans la Base de données toponymiques du Canada (BDTC). Tapez le nom d'une ville, d'un village, d'un lac ou de toute autre entité géographique, spécifiez le type d'entité que vous cherchez ainsi que la province ou le territoire où se trouve l'entité. Par Ressources naturelles Canada.
Manitoba
Une vue d'ensemble des principaux enjeux et événements ayant motivé l'adhésion du Manitoba à la Confédération. Le site propose des biographies des personnalités de premier plan, d'anciennes photos et des documents d’archives connexes. Site de Bibliothèque et Archives Canada.
La Société historique de Saint-Boniface
Le Centre du patrimoine a pour mission de conserver et de diffuser les documents et ressources à valeur culturelle, patrimoniale, juridique ou historique, fruits de la présence des francophones dans l'Ouest canadien et au Manitoba depuis plus de 250 ans.
Voyage Manitoba
Site Web de Voyage Manitoba.
Recensement
Le recensement constitue la seule source fiable de données détaillées sur de petits groupes, notamment les familles monoparentales, les groupes ethniques, l'industrie, les catégories professionnelles et les immigrants. Le recensement permet aussi d'avoir accès aux données sur des régions aussi petites que des quartiers ou sur le pays lui-même. Par le site Web Statistique Canada.
Ressources Historiques
Les noms géographiques autochtones
Des exemples d'appellations géographiques autochtones. Par le site web du ministère des Affaires autochtones et du développement du Nord canadien.
Archives Canada
Archives Canada se veut un point d’accès vers les ressources archivistiques que l’on retrouve dans plus de 800 dépôts à travers le Canada. Visionner des photographies, des cartes ou d’autres documents numérisés ainsi que des expositions virtuelles, le tout centré sur l'histoire du Canada.
Four Directions Teachings
Les aînés et les enseignants de la culture et de la tradition représentant différents peuples des Premières-Nations, soit les Pieds-Noirs, Cris, Ojibwés, Mohawks et Mi'kmaqs partagent leurs connaissances à propos de leur culture. Des graphiques virtuels donnent vie à la tradition orale. Ce site offre de plus les biographies des participants, leurs transcrits et des ressources exhaustives d'apprentissage pour les enseignants et les élèves. En anglais, avec sous-titres français.
L'inventaire national des mémoriaux militaires canadiens
Rechercher un mémorial dans l'Inventaire national des monuments commémoratifs militaires canadiens. Un site Web de la Direction - Histoire et patrimoine.
Société franco-manitobaine
La Société franco-manitobaine œuvre à sauvegarder les acquis de la collectivité, travaille avec et pour les personnes qui s'intéressent à la vie en français afin de promouvoir et normaliser le fait français au Manitoba.
Les noms des provinces et territoires
Abréviations et symboles pour les noms des provinces et territoires. Par Ressources naturelles Canada.
Journée Louis Riel
Une source d'information pour la toute nouvelle journée Louis Riel. Par le site Web du gouvernement du Manitoba.
Duff Roblin n'est plus
Nécrologie de Duff Roblin, l'ancien premier ministre du Manitoba. Par Radio-Canada.ca.


Le récit de la fondation de Montréal est peut-être unique dans l'histoire....
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