Bien qu'il ait été scénarisé, réalisé et largement reçu par le public et la critique comme une comédie érotique désopilante, Le déclin est aussi un film à thèse. Arcand annonce son intention dans une déclaration préliminaire. Historienne supérieure, Dominique (Dominique Michel) explique, lors d'une entrevue à Radio-Canada, que l'obsession du bonheur personnel dans une civilisation est symptomatique de son déclin. Elle donne l'exemple de Rome, de la France de l'Ancien Régime au XVIIIe siècle ou, aujourd'hui, de l'« empire américain ». Dans la suite du film, Arcand montre avec humour comment cette élite universitaire est elle-même obsédée par cette recherche du bonheur personnel, et Le déclin consiste en une critique sociale perspicace et satirique. La critique a vu dans le film une réflexion sur les conséquences sociales et politiques de l'échec du référendum de 1980 et de René Lévesque comme chef du Parti Québécois. (Arcand a réalisé en 1981 un documentaire à ce sujet, Le confort et l'indifférence).
Le déclin remporte un grand succès, tant auprès du public que de la critique. Il reçoit le prix de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, neuf prix Génie et est mis en nomination pour l'Oscar du meilleur film étranger. Film canadien le plus populaire jamais présenté aux États-Unis, son succès arrive à une époque où les oeuvres cinématographiques sous-titrées en anglais ne sont que très rarement projetés dans les salles de cinéma américaines. Arcand est par la suite engagé pour réaliser un remake hollywoodien, qui ne verra jamais le jour. Après Le déclin, il réalise, en 1989, JÉSUS DE MONTRÉAL, qui remporte un succès similaire.
Voir aussi LONG MÉTRAGE canadien.
Auteur BART TESTA
Bibliographie
André Loiselle et Brian McIlroy, Auteur/provocateur : The Films of Denys Arcand (1995).


Le récit de la fondation de Montréal est peut-être unique dans l'histoire....
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