La culture des Kwakiutls est semblable à celle de leurs voisins du Nord, les Bella Bellas et le peuple de Rivers Inlet. Des sentiers traversant l'île de Vancouver leur permettent de commercer avec les villages nootkas de la côte ouest. Des fouilles archéologiques prouvent que la région où l'on parle le kwakwal est habitée depuis au moins 8000 ans. Avant leurs contacts avec les Européens, les Kwakiutls vivaient de la pêche, de la chasse et de la cueillette, selon les saisons, ce qui leur assurait d'abondantes réserves de nourriture et leur permettait de séjourner dans leurs villages d'hiver où ils se consacraient à plusieurs mois d'intenses activités cérémonielles et artistiques.
En 1792, les explorateurs espagnols Dionisio Alcalá-Galiano et Cayetano Valdés ainsi que le capitaine GeorgeVANCOUVER rencontrent la plupart des groupes kwakiutls du Sud, et Vancouver en rédige des descriptions détaillées. Plus au nord, laCOMPAGNIE DE LA BAIE D'HUDSON établit Fort Rupert en 1849, poste qui reste en opération jusqu'en 1877, année où il est vendu à Robert Hunt, dernier facteur de la Compagnie. GeorgeHUNT, fils de Robert, devient l'assistant de l'anthropologue FranzBOAS's , avec lequel il rédige une importante documentation sur la langue et la culture des Kwakiutls.
Une loi fédérale de 1884 prohibant lePOTLATCHmenace de détruire l'âme même de leur culture. En 1921, un grand potlatch tenu à Village Island se termine par l'arrestation de 45 personnes, dont 22 sont emprisonnées, et par la confiscation de leurs objets rituels. Considérant que ces masques et autres objets rituels leur ont été enlevés à tort, les Kwakwaka'wakws entreprennent, en 1967, de les recouvrer. Les Musées nationaux du Canada consentent à leur rendre cette partie de la collection duMUSÉE CANADIEN DES CIVILISATIONSà la condition que deux musées soient construits, le Musée Kwakiutl, à Cape Mudge, et le Centre culturel U'mista, à Alert Bay (voir AUTOCHTONE DE LA CÔTE DU NORD-OUEST, ART).
Aujourd'hui, l'anglais est la langue maternelle de la majorité des enfants kwakiutls et plusieurs écoles de la région parrainent des cours donnés en kwakwala et encouragent la danse et l'art traditionnels. Traditionnellement pêcheurs, les Kwakwaka'wakws continuent de pratiquer la pêche commerciale dans une industrie hautement concurrentielle. Les chefs héréditaires transmettent toujours leurs droits et privilèges au cours des potlatchs, mais l'administration locale est assurée par des conseillers élus.
Un certain nombre des premiers villages ont été abandonnés, leurs habitants s'étant installés à Alert Bay, à Campbell River et à Port Hardy pour se rapprocher des écoles et des hôpitaux. Aujourd'hui, seulement 9 villages sont habités et la région compte une population totale d'environ 5700 personnes (recens. 1996).
Voir aussi AUTOCHTONES : LA CÔTE DU NORD-OUESTet les articles généraux sous la rubriqueAUTOCHTONES.
Auteur GLORIA CRANMER WEBSTER
Bibliographie
F. Boas, « The Social Organization and the Secret Societies of the Kwakiutl Indians, »dans Smithsonian Institution Annual Report for 1895 (1897); H. Codere (dir.), Kwakiutl Ethnography (1966); Aldona Jonaitis (dir.), Chiefly Feasts: The Enduring Kwakiutl Potlach (1991).
Liens supplémentaires
Le Concours canadien de rédaction pour Autochtones
Site Web du Concours canadien de rédaction & d’arts pour Autochtones. Par l'Institut Historica-Dominion.


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