Jean-Omer Marchand

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Marchand, Jean-Omer
Jean-Omer Marchand, architecte (Montréal, 28 déc. 1873 - Montréal, 11 juil. 1936). Il fait ses études au Collège de Montréal. Après son apprentissage chez Perrault et Mesnard complété par des cours du soir à l'École des arts et manufactures, il quitte le Québec pour étudier à l'École des Beaux-Arts de Paris. Après une absence de neuf ans, il revient en 1902 dans sa ville natale pour y ouvrir un cabinet d'architecte.

Son premier associé est Samuel Stevens Haskell, un Américain, qui a également été formé à Paris. Ensemble, ils conçoivent un certain nombre d'importants édifices à Montréal, dont la Chapelle du Grand Séminaire des prêtres de Saint Sulpice (1902-1907), la maison mère des sœurs de la Congrégation de Notre-Dame (1904-1906), qui abrite aujourd'hui le collège Dawson, et l'église paroissiale Sainte-Cunégonde (1904-1906). Le cabinet conçoit aussi la cathédrale de Saint-Boniface (en grande partie détruite par un incendie en 1969), à Saint-Boniface, au Manitoba.

Leur clientèle ne se limite pas à l'Église catholique et à ses communautés religieuses. Sir Rodolphe Forget leur commande une vaste résidence, sur ce qui porte aujourd'hui le nom de l'avenue du Musée, à Montréal. Les gouvernements municipal et provincial confient à Marchand et Haskell plusieurs projets de rénovation. La thèse de fin d'études de Marchand portant sur la conception d'une clinique d'ophtalmologiste, les conseils d'administration de plusieurs hôpitaux leur confient aussi des mandats.

Après le décès prématuré d'Haskell en 1913, Marchand, plutôt que de s'associer à long terme avec un autre architecte, s'engage dans divers partenariats ponctuels. En collaboration avec R.A. Brassard, il conçoit la prison de Bordeaux (1905), avec Joseph Venne, l'église Saint-Pierre-Claver (1915) et, avec Ernest CORMIER, l'École des Beaux-Arts de la rue Saint-Urbain (1922).

Il s'associe également avec un architecte de Toronto, John Pearson, pour redessiner l'édifice du Centre (détruit par un incendie en 1916) de la colline du Parlement, à Ottawa. Grâce à cette commande nationale, Marchand se fait connaître comme le principal architecte canadien-français de son époque. En cela, il succède à Charles BAILLARGÉ et est le précurseur d'Ernest Cormier.

Même si on se souvient surtout de Marchand pour son style néo-classique soucieux du détail, ses réalisations plus tardives - telles que le Bain Généreux de la rue Amherst à Montréal (1924-1927) ou la résidence de Léopold Fortier, avenue Sunnyside à Westmount (1930) - témoignent de sa maîtrise de l'Art déco. Dans ces deux bâtiments, tout comme dans le cas de la maison mère de la CND, le principal matériau est la brique jaune, et la pierre calcaire n'est utilisée que pour les parties ornementales des façades. Il dispose d'une habileté inégalée pour adapter les détails traditionnellement réservés à la pierre aux modules en brique de taille plus petite, sans en compromettre la qualité architecturale. Marchand adopte facilement les nouvelles technologies. La structure en béton de la maison mère coïncide avec les travaux innovateurs d'Auguste Perret, un ancien de l'École des Beaux-Arts qui y a étudié à la même époque que lui.

Actif dans de nombreuses associations professionnelles, il a été président de l'Association des architectes de la province du Québec en 1927. Il devient membre du Royal Institue of British Architects (RIBA), est nommé chevalier de la Légion d'honneur en France (1926) et président du Conseil Supérieur des Beaux-Arts du Québec. Marchand a vécu avec sa femme Éva Lebouthillier et sa fille Raymonde, avenue Wood à Westmount, dans une maison comprenant un atelier qu'il a conçue en 1923.

Auteur JULIA GERSOVITZ


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Jean-Omer Marchand
Une galerie d'images des bâtiments conçus par l'architecte Jean-Omer Marchand des Bibliothèques de l'Université de Montréal.

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