Le terme Iroquois désigne une confédération de cinq tribus habitant à l'origine la partie nord de l'État de New York et se composant des SÉNÉCAS, des CAYUGAS, des ONEIDAS, des ONONDAGAS et des MOHAWKS. La confédération était aussi connue sous le nom des Cinq-Nations ou de la Ligue des Iroquois. Lorsque les Tuscaroras a adhéré à la confédération au début du XVIIIe siècle, elle a pris le nom des SIX-NATIONS. Les cinq peuples de la Ligue des Iroquois occupaient un territoire allant de la rivière Genesee à l'ouest, au fleuve Hudson à l'est, en passant par la région des lacs Finger. Ils utilisaient la métaphore de la MAISON LONGUE pour décrire leur alliance politique. Ainsi, les Sénécas, qui habitaient le plus à l'ouest, étaient connus comme les « gardiens de la porte de l'Ouest » et les Mohawks étaient appelés « les gardiens de la porte de l'Est ». On estime de façon très approximative que la population iroquoise au moment du contact avec les Européens oscillait entre 10 000 et 15 000 personnes.

Langue

Les Iroquois avaient des liens linguistiques avec les groupes voisins comme les HURONS, les PÉTUNS et les NEUTRES, et avec des tribus plus éloignées comme les Cherokees et les Tuscaroras. On croit qu'il y aurait des rapports anciens avec les familles linguistiques des Sioux et des Caddos des Prairies américaines.
Maison longue iroquoise
Maison longue iroquoise
Les activités de fête à l'intérieur d'une maison longue iroquoise comprenaient des danses, des jeux de hasard et des contes (avec la permission de Lazare and Parker).
Maison longue iroquoise, intérieur d'une
Maison longue iroquoise, intérieur d'une
Intérieur de maison longue iroquoise (oeuvre de Lewis Parker).
Iroquois, massue de guerre
Iroquois, massue de guerre
Massue de guerre des Iroquois, vers 1847-1854 (avec la permission du Glenbow Museum/collection des National Museums of Scotland).


Ancêtres des Iroquois
L'origine des Iroquois, selon des fouilles archéologiques faites dans l'État de New York, remonterait au moins à l'an 500 avant J.-C., voire même à l'an 4000 avant J.-C. La culture propre aux Iroquois semble s'être développée vers l'an 1000 de notre ère. Les fouilles montrent que, lors du XVe siècle, des villages individuels se sont unis pour former les cinq tribus d'origine, et que ce processus s'est poursuivi au XVIe siècle par la formation de la Ligue des Iroquois. Avec le début de la TRAITE DES FOURRURES au cours de cette période, les Cinq-Nations sont entrées en guerre pour assujettir ou disperser les groupes voisins. Les Hurons ont été forcés d'abandonner leur territoire suite à la destruction de deux de leurs villages, en 1649. Les Pétuns, les Neutres et les Ériés ont tous été victimes des Iroquois pendant la décennie suivante. La réputation militaire des Iroquois imposait le respect dans des territoires aussi lointains que les Maritimes ou les Grands Lacs de l'Ouest.

Les Français entretenaient des alliances commerciales et militaires avec bon nombre des ennemis des Iroquois. Ainsi, l'Iroquoisie et la NOUVELLE-FRANCE étaient souvent en guerre (voir GUERRES IROQUOISES). En temps de paix, quelques Iroquois, convertis au catholicisme et ont été persuadés de s'établir le long du Saint-Laurent. Les Iroquois sont demeurés fermement attachés au commerce avec Albany (New York), et les rivalités entre la colonie française et celles des Hollandais et des Anglais dans cette ville, empêchaient toute paix durable entre la Nouvelle-France et les Iroquois. Ils attaquaient souvent les établissements français sur les rives du Saint-Laurent et ont envoyé de nombreux guerriers attaquer Long-Sault en 1660 et Lachine en 1689. La France a riposté avec succès en attaquant des villages iroquois en 1666, en 1687, en 1693 et en 1696.

Les traités conclus avec les Français et les Anglais en 1701 ont marqué un virage dans la politique de neutralité des Iroquois à l'égard des représentants des pouvoirs européens en Amérique du Nord. À cette époque, la population de la Ligue était décimée par la maladie et les guerres, même si les Iroquois avaient assimilé un grand nombre de prisonniers de guerre et de réfugiés. Malgré leur neutralité officielle, les Mohawks, sous l'influence de sir William JOHNSON, s'alliaient à l'occasion aux Anglais, et les Sénécas combattaient parfois aux côtés des Français, comme au moment de la défaite du général Braddock en 1755.

Mis à part les Oneidas, qui combattaient pour la cause américaine, les Iroquois ont appuyé les LOYALISTES et les Britanniques pendant la guerre de l'Indépendance américaine, et se sont joints au conflit en 1777. Les Mohawks ont perdu leurs habitations au profit des colons rebelles voisins, et la majorité des villages des Sénécas, Onondagas et Cayugas ont été brûlés en 1779. À leur tour, les Iroquois et leurs alliés, sous le commandement de Joseph BRANT et d'autres, ont attaqué à maintes reprises et brûlé les forts et les établissements des rebelles, repoussant la frontière est jusqu'à Schenectady (New York). Après la guerre, de nombreux Iroquois ont suivi Brant et se sont établis sur une terre octroyée par le gouverneur Frederick HALDIMAND sur la rivière Grand, et d'autres se sont installés à la baie de Quinte.


Vie sociale et politique
Avant que leur culture ne soit perturbée par les événements de cette période, les Iroquois étaient agriculteurs, vivant toute l'année dans des villages entourés de palissades et comptant plusieurs centaines de personnes. La structure sociale était fondée sur le matriarcat. La cellule de base était matrilinéaire, se composant des descendants, par les femmes, d'une seule d'entre elles. Les femmes vivaient avec leur mari (qui appartenait à une autre cellule matriarcale) dans une seule longue maison. Un village pouvait ne contenir que quelques petites habitations de ce type ou en compter jusqu'à 50. Plusieurs matriarcats formaient le clan matriarcal qui, en dehors de son importance symbolique et cérémoniale, servait à fixer les règles du mariage. Il était interdit de se marier entre membres d'un clan. Les Mohawks et les Oneidas comptaient trois de ces clans, les autres nations iroquoises en avaient de huit à dix. Pour la plupart, ces clans portaient des noms d'animaux (Ours, Loup, Tortue, Aigle, etc.). La ligue était gouvernée par un conseil de 50 sachems, et chacune des nations fondatrices de la confédération était représentée par une délégation de 8 à 14 membres. Le titre de sachem était transmis par la mère. Les tribus et villages individuels étaient gouvernés par leur propre conseil de sachems et de chefs.

Six-Nations, chef des
Six-Nations, chef des
Dans les années 1860 (photographe inconnu, avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/C-84932).
Selon le recensement de 1996, quelque 50 000 Iroquois vivaient dispersés dans plusieurs réserves au Canada. Les plus fortes concentrations d'Iroquois au pays se trouvent dans la réserve des Six-Nations près de Brantford, (Ontario), chez les Mohawks d'Akwesasne, près de Cornwall (Ontario) et à Kahnawake en banlieue de Montréal.

Voir aussi AUTOCHTONES : LES FORÊTS DE L'ESTet des articles généraux à la rubriqueAUTOCHTONES.

Auteur PETER G. RAMSDEN


Bibliographie
L.H. Morgan, League of the Ho-dé-no-sau-nee or Iroquois (1861, réimpr. League of the Iroquois, 1962); A.A. Shimony, Conservatism among the Iroquois at the Six Nations Reserve (1961); B.G. Trigger (dir), Handbook of North American Indians, vol. 15: Northeast (1978).


Liens supplémentaires
L'Institut Historica-Dominion
Le site Web de l'Institut Historica-Dominion, organisme de tutelle de l'Encyclopédie canadienne et l'Encyclopédie de la musique au Canada. Consultez leur guerre multimédia de 1812 option et beaucoup d'autres ressources interactives concernant l'histoire et la culture canadiennes.

Le Concours canadien de rédaction pour Autochtones
Site Web du Concours canadien de rédaction & d’arts pour Autochtones. Par l'Institut Historica-Dominion.

Le Gardien de la Paix
Une Minute du patrimoine de la légende de la grande Peacemmaker, qui a créé la Ligue des Six Nations. Voir aussi liées les ressources d'apprentissage.

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Des dramatiques d’une minute sur l’histoire canadienne

L'exploration, le commerce de la fourrure et Compagnie de la Baie d'Hudson
Ce site traite du commerce de la fourrure au Canada et comment ce commerce a entraîné l'exploration du pays et la formation de la compagnie la plus ancienne et la plus importante de l'histoire du Canada : Compagnie de la Baie d'Hudson.

Lieu historique national du Canada Cartier-Brébeuf
Le lieu historique national du Canada Cartier-Brébeuf commémore l'hivernage de Jacques Cartier et de ses compagnons en 1535-1536, à proximité du village iroquoien de Stadaconé. Il témoigne aussi de l'établissement, en 1625-1626, de la première résidence des missionnaires jésuites à Québec.

Four Directions Teachings
Les aînés et les enseignants de la culture et de la tradition représentant différents peuples des Premières-Nations, soit les Pieds-Noirs, Cris, Ojibwés, Mohawks et Mi'kmaqs partagent leurs connaissances à propos de leur culture. Des graphiques virtuels donnent vie à la tradition orale. Ce site offre de plus les biographies des participants, leurs transcrits et des ressources exhaustives d'apprentissage pour les enseignants et les élèves. En anglais, avec sous-titres français.

Chambre forte virtuelle : Les Quatre rois indiens
Les quatre rois indiens se sont rendus à Londres en 1710 pour rencontrer la reine Anne à titre de délégués de la Confédération iroquoise dans le but de conclure une alliance avec les Britanniques. La reine Anne a tellement été impressionnée par ses visiteurs qu'elle a demandé au peintre de la cour, John Verelst, de peindre leurs portraits. On croit que ces portraits représentent les plus anciens portraits à l'huile de l'art européen sur la vie des Autochtones de l'Amérique du Nord. Par Bibliothèque et Archives Canada.

Danses Indigènes
Le projet internet Danses Indigènes est un vaste dialogue sur la culture, l'histoire et les connaissances traditionnelles des Autochtones.

Site Droulers-Tsiionhiakwatha
On y retrouve les vestiges du plus important village iroquoien jamais mis au jour au Québec. Vers 1450, environ cinq cents Iroquoiens du Saint-Laurent ont aménagé un village le long de la rivière La Guerre dans l'actuelle municipalité de Saint-Anicet.

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