Septième province du Canada et également la plus petite, l'Île-du-Prince-Édouard est appelée familièrement par ses habitants « l'Île ». Ses premiers habitants, les MICMACS, la nomment Abegweit, ce qui signifie « berceau dans les vagues ». Elle porte aussi d'autres noms qui évoquent son histoire et sa spécificité : « jardin du Golfe », « ferme d'un million d'hectares », « berceau de la Confédération » ou encore, de façon plus prosaïque, « l'Île aux Patates ».

Située dans le GOLFE DU SAINT-LAURENT et séparée de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick par le DÉTROIT DE NORTHUMBERLAND, peu profond, l'Île ressemble à un croissant de 224 km de long, dont la largeur varie de 4 à 60 km. Elle ne constitue que 0,1 % de la superficie terrestre totale du Canada et, bien que sa population ne représente que 0,5 % de celle du Canada, on y trouve le plus fort degré de concentration du pays, soit 23 habitants au kilomètre carré. Malgré sa forte densité, l'Île demeure la province la plus rurale du pays (après le Nunavut), puisque 44,8 % seulement des gens habitent en milieu urbain.

Le sol rougeâtre qui la caractérise a toujours représenté sa caractéristique la plus frappante et sa principale ressource. Depuis le début du XVIIIe siècle, son économie repose sur le sol et la mer. En 1534, Jacques CARTIER dit d'elle que c'est « la terre la plus belle que l'on puisse imaginer ». Les 15 km d'eau qui la séparent du continent contribuent à l'éclosion et au maintien, dans la province, d'un sentiment profond de spécificité. La population, bien qu'elle soit confrontée aux bouleversements troublants du XXe siècle, continue d'y chérir son passé rural.

Quoiqu'elles aient été conçues pour exprimer la confiance des insulaires vis-à-vis de la Grande-Bretagne, les armoiries de la province, trois petits chênes abrités sous un plus grand, et sa devise, Parva sub ingenti (« les grands protègent les petits »), illustrent aussi bien sa position au sein de la Confédération canadienne.


Île-du-Prince-Édouard, carte de l'
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fiche de renseignements
Île-du-Prince-Édouard
Île-du-Prince-Édouard
Les côtes sauvages de l'Île-du-Prince-Édouard surplombent le golfe du Saint-Laurent (avec la permission de Colour Libray Books Ltd).
Sol rouge (Île-du-Prince-Édouard)
Sol rouge (Île-du-Prince-Édouard)
La couleur rouge du sol en profondeur de l'Île-du-Prince-Édouard est provoquée par la forte concentration d'oxyde de fer dans la roche (photo de Freeman Patterson).
Long River (Île-du-Prince-Édouard)
Long River (Île-du-Prince-Édouard)
L'Île-du-Prince-Édouard est la province la plus rurale du Canada, puisque moins de 40 p. 100 du territoire est considéré comme urbain (photo de Sherman Hines).


Terres et ressources
Géologie

Mesuré en temps géologique, le passé de l'Île-du-Prince-Édouard, pour ce qui est de son statut d'insularité, est relativement récent. Sous l'actuel golfe du Saint-Laurent, les alluvions charriés par des cours d'eau douce, ayant drainé d'anciennes hautes terres, ont formé un immense bassin sédimentaire. Les origines de la géologie de surface de l'Île sont plus spectaculaires.

Les époques glaciaires ont laissé leurs empreintes sur la terre, particulièrement au cours du pléistocène tardif, il y a 75 000 à 10 000 ans. Lorsque les derniers glaciers se sont retirés, laissant à découvert ce qui est aujourd'hui l'Île, les débris glaciaires et l'action érosive des eaux ont imprimé leur marque sur la terre dénudée qui, peu à peu, a acquis son aspect actuel. En raison du lit océanique moins profond et des dépressions formées par le poids des glaciers, l'Île était reliée à la terre ferme par une plaine basse couvrant la presque totalité de l'actuel détroit de Northumberland. L'élévation du niveau de la mer due à la fonte des glaciers et le relèvement des terres ont donné, il y a environ 5 000 ans, la forme présente de l'Île, qui s'apparente à celle d'un croissant.


Île-du-Prince-Édouard, topographie de l'
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fiche topographique


Relief
Le relief actuel de l'Île est varié. Presque plate à l'Ouest, elle est vallonnée au centre et légèrement montagneuse à l'Est. Le sommet le plus élevé, à 142 m d'altitude, se situe au centre du comté de Queens.

Le sol principalement rougeâtre de l'Île, composé de sable et d'argile, est occasionnellement rompu par des affleurements de roche sédimentaire, formés la plupart du temps d'un grès de couleur rouge ou de schistes argileux. Les concentrations élevées d'oxyde de fer dans la roche et le sol donnent à la terre la coloration brun rougeâtre qui lui est propre.

Le littoral est fortement découpé par les marées. La côte nord de l'Île, face au golfe du Saint-Laurent, comporte de longues dunes de sable. Ces bancs de sable mouvants occasionnent des problèmes aux pêcheurs, en créant des bouchons à l'entrée des ports, mais procurent un havre de repos aux touristes durant l'été.

En général, le littoral est formé d'abruptes falaises de grès entrecoupées de très longues plages de sable. Plusieurs des ports de l'Île ont été formés à partir de l'érosion suscitée par le va-et-vient des marées et ne peuvent accueillir que des bateaux à faible tirant d'eau, comme ceux utilisés pour la pêche côtière. Quelques ports naturels, comme ceux de Summerside, Charlottetown, Georgetown et Souris, peuvent accueillir et abriter des embarcations plus imposantes.

Comme l'Île ne possèdent que de petits étangs, peu de rivières importantes et une altitude généralement faible, l'énergie hydraulique n'y est pas exploitée. Au siècle dernier, un grand nombre de moulins et de scieries ont fait appel aux ressources limitées disponibles, mais il n'en reste que très peu de nos jours. À cause de son potentiel limité d'énergie hydroélectrique, l'Île doit se résoudre à compter, pour ses besoins énergétiques, sur les combustibles fossiles et sur l'énergie électrique transmise par le Nouveau-Brunswick par câbles sous-marins.

Les forêts primaires de l'Île ont à peu près disparu. Sous l'effet combiné de trois siècles de défrichage, de construction navale, de même que des feux et de la maladie, le paysage s'est radicalement transformé. Il y a seulement 100 ans, les hautes terres de la province étaient couvertes de hêtres, de bouleaux jaunes, d'érables, de chênes et de pins blancs. Aujourd'hui, la plupart des forêts se sont appauvries et ne forment plus qu'un mélange d'épinettes, de sapins baumiers et d'érables rouges, couvrant une surface de plus de 290 000 ha.

Cavendish Beach (Île-du-Prince-Édouard)
Cavendish Beach (Île-du-Prince-Édouard)
La côte de l'Île-du-Prince-Édouard comporte une alternance d'avancées de falaises de grès escarpées et d'immenses plages de sable (photo de Richard Vroom).
Souris (Î.-P.-É.)
Souris (Î.-P.-É.)
Souris est l'un des principaux ports de l'Île-du-Prince-Édouard et une communauté qui dépend de la pêche (photo de Barret and MacKay).


Climat
Le climat de l'Île est tempéré. Les hivers y sont longs mais relativement doux, les printemps tardifs et frais, les étés frais et marqués par des vents dominants du sud-ouest. Les températures moyennes atteignent environ - 7°C en janvier et février et 18°C en juillet.


information sur le climat
Contrairement aux provinces voisines, le brouillard y est plutôt rare, et ce, tout au long de l'année. Les précipitations annuelles moyennes s'établissent à 122 cm, ce qui procure un approvisionnement adéquat en eau souterraine. Au cours de l'été, les eaux du golfe du Saint-Laurent et du détroit de Northumberland sont plus chaudes que les eaux littorales de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick, bien qu'en hiver elles soient figées par le gel et qu'il faille recourir aux BRISE-GLACE pour maintenir la circulation sur les routes maritimes. Aussi tardivement qu'à la fin de mai, on observe souvent des glaces flottantes dans les eaux de l'Île, ce qui nuit à la pêche et retarde l'arrivée du printemps.


Ressources
Les deux principales ressources de l'Île demeurent le sol et la mer. Aucune quantité exploitable de ressource minérale n'a encore été découverte. Toutefois, on note la présence, entre autres, de charbon, d'uranium et de vanadium. Depuis 1940, des forages ont permis de découvrir du gaz naturel sous le fond marin au large de la partie nord-est de l'Île, mais l'importance des gisements n'en justifie pas l'exploitation commerciale. Jusqu'à présent, l'industrie minière se résume à l'extraction à ciel ouvert de sable et de gravier, mais cette production s'avère de piètre qualité et elle est même insuffisante pour répondre aux besoins locaux.

Île-du-Prince-Édouard (image-satellite)
Île-du-Prince-Édouard (image-satellite)
Le contraste est net entre l'apparence brute de la côte sud, et les longues et étroites flèches sableuses littorales formées le long de la côte nord. Les taches vert clair et violacées représentent les exploitations agricoles (avec la permission du Centre canadien de télédétection).
L'agriculture, grâce à la richesse du sol et au climat tempéré que l'on trouve dans la province, représente l'industrie primaire la plus importante. Composé presque exclusivement d'un terreau sablo-argileux à texture grossière, à faible teneur en pierre, le sol est plus ou moins acide, et on y ajoute couramment de la chaux pour en réduire l'acidité.

Près de 50 % des terres de l'Île sont considérées comme très fertiles, et 90 % de sa superficie totale pourrait être affectée à l'agriculture. Bien que la surface des terres cultivées ait diminué depuis quelques années, on poursuit le défrichement, en particulier pour des cultures de grande valeur comme celles de la pomme de terre et du tabac. La pêche, notamment celle du homard et de la morue (avant l'instauration du moratoire au début des années 1990), est la deuxième industrie primaire en importance de l'Île. On se livre aussi à la pêche des crustacés, dont le pétoncle, l'huître, la palourde et, tout dernièrement, la moule.

Sur l'Île, les forêts sont relativement peu exploitées, étant donné leur pauvreté et le manque d'efficacité qui caractérise la gestion de ce qui en reste. Toutefois, certaines démarches ont été entreprises afin de revitaliser le manteau forestier. Depuis 1945, à la suite d'efforts pour promouvoir la splendeur des paysages bucoliques et des plages sablonneuses de l'Île-du-Prince-Édouard, le tourisme est devenu une industrie de première importance. Cependant, cela donne lieu à des résultats mitigés : ce développement s'effectue souvent de façon inopportune ou sans planification, entraîne la dépendance à l'égard d'emplois saisonniers mal rémunénérés et l'abandon de terres aux mains de gens qui n'y habitent pas.


Conservation
La conservation est devenue un enjeu majeur, tant pour le gouvernement que pour les groupes de défense de l'intérêt public dans la province. La surproduction agricole, la mécanisation grandissante, le recours aux engrais chimiques et l'enlèvement des haies a provoqué une érosion hydrique et éolienne progressive des meilleures terres de l'Île. Ainsi, on estime à 5 t/ha/an. la quantité de terre pouvant être érodée d'un champ labouré et non protégé. Cette érosion a également entraîné l'atterrissement marqué du réseau hydrographique, transformant de nombreux cours d'eau navigables au cours du siècle précédent en ruisseaux peu profonds et inutilisables.

L'achat de grandes étendues de terre par des étrangers, à des fins de villégiature ou de mise en valeur, et par d'importantes entreprises à intégration verticale, à des fins agricoles, constitue une autre source importante de préoccupation. Cette situation conduit à la mise sur pied de la commission royale sur l'utilisation et la propriété des terres et, par la suite, à la création de la Commission provinciale sur l'utilisation des terres (aujourd'hui intégrée à la « Island Regulatory and Appeals Commission »), qui régit les questions relatives au zonage, à la propriété et à l'exploitation.

Des groupements comme le Nature Trust de l'Île-du-Prince-Édouard tentent d'attirer l'attention de l'opinion publique sur plusieurs des sites naturels menacés de l'Île, mais la plupart des propriétés sont privées et donc susceptibles d'être victimes de mise en valeur inopportune, d'utilisation inappropriée ou de grossière négligence.


Population
Du point de vue culturel, l'Île-du-Prince-Édouard forme la province canadienne la plus homogène. Sa population est, d'une manière écrasante, d'origine britannique. Les descendants des Acadiens ou des Français comptent pour environ 9 % de la population. On y trouve également de petits groupes de Hollandais, de Libanais et de Micmacs.

Sites archéologiques des lagunes d'eau salée
Sites archéologiques des lagunes d'eau salée
Île-du-Prince-Édouard, il y a 2500 ans. De nombreux vestiges des milieux maritimes se trouvent sur les rivages des lagunes d'eau salée, offrant aux visiteurs une région riche en ressources animales marines et terrestres, en espèces de poissons et d'oiseaux (avec la permission du Musée canadien des civilisations).
Les Micmacs, de souche algonquienne, font remonter leurs origines ancestrales sur l'Île aussi loin qu'à 8000 à 10 000 ans, bien qu'ils n'aient mis pied sur l'Île il y a moins de 2000 ans. Même si on ne leur a laissé que des parcelles de mauvaise terre, que la maladie et le chômage sévissent parmi eux, leur nombre est demeuré relativement stable.

On peut retracer la généalogie de la plupart des Acadiens aux quelques centaines de colons qui, peu après la chute de LOUISBOURG en 1758, échappent à la déportation hors de l'Île ordonnée par les autorités d'occupation britanniques. Aujourd'hui, on compte environ 11 000 Acadiens, dont un grand nombre se partage quelques patronymes.

Des ANGLAIS, des ÉCOSSAIS et des IRLANDAIS arrivent vers la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe. En 1861, la population dépasse le nombre de 80 000 habitants. Par la suite, la croissance démographique ralentit et, après 1891, l'accroissement naturel de la population ne suffit pas à compenser les départs des insulaires, principalement vers la Nouvelle-Angleterre.

La plupart des autres groupes ethniques sont formés de gens qui ont immigré au cours des 40 dernières années. La population s'accroît peu au cours des années 1950 et 1960, car les habitants de la province continuent de quitter l'Île en quête d'une vie meilleure ailleurs. Durant la dernière décennie, un solde migratoire positif, associé à l'accroissement naturel, permet de porter la population en 1996 à 136 200 habitants, que l'on appelle Prince-Édouardiens. Toutefois, au sein de cette population, le pourcentage des gens de 65 ans et plus augmente de façon constante, et le gouvernement manifeste une certaine inquiétude devant cette tendance démographique.


Centres urbains
CHARLOTTETOWN, la capitale, est l'agglomération urbaine la plus populeuse de l'Île, avec une population de 38 114 habitants en 2001. C'est dans la banlieue de la région de la capitale que la croissance est le plus marquée.

Charlottetown est la seule cité constituée de la province. On y trouve la plupart des bureaux du gouvernement, l'université provinciale, le théâtre et la galerie d'art du Centre de la Confédération. La ville était jadis un port fort achalandé mais, au cours des dernières années, le nombre de navires y faisant escale n'a cessé de décroître. Néanmoins, grâce aux efforts conjugués de plusieurs organismes, on y attire maintenant régulièrement des paquebots de croisière en été. En 1984, le ministère fédéral des Anciens combattants déménage ses bureaux à Charlottetown, ce qui provoque une augmentation du nombre des fonctionnaires du gouvernement fédéral dans la région.

La deuxième ville en importance est SUMMERSIDE. Située dans l'Ouest de l'Île, elle compte, en 2001, une population de 14 654 habitants . Son économie repose principalement sur les services agricoles, des bureaux gouvernementaux et la Base des Forces canadiennes située à proximité.

Il y a d'autres petits centres urbains dans le comté de Prince, dont KENSINGTON (1385 habitants), ALBERTON (1115 habitants) et TIGNISH (831 habitants). MONTAGUE (1950 habitants), SOURIS (1248 habitants) et GEORGETOWN (721 habitants) sont les villes les plus importantes du comté de King. Tout comme ailleurs au Canada, les gens ont abandonné la campagne pour la ville, et bon nombre de petits villages ont vu leur population diminuer.


Main-d'oeuvre
En 2001, la population active de l'Île-du-Prince-Édouard atteint environ 74 700 Prince-Édouardiens. Le chômage y est endémique et, au cours des dernières années, le taux glisse rarement sous la barre des 10 %. En 1995, le taux de chômage s'y établit à 14,7 %, alors qu'à l'échelle du pays, la moyenne atteint 9,5 p 100. En 2001, il est de 11,9 %. Cependant, en 2000, le nombre d'emplois à l'Île-du-Prince-Édouard augmente de 5,2 %, le plus haut de tout le Canada. En plus, le taux d'activité atteint 66,9 %, un taux encore plus élevé que la moyenne nationale de cette année-là. Le taux de rémunération et le revenu par tête des insulaires sont plus bas qu'ailleurs au Canada.

Les problèmes de transport, le manque de ressources naturelles et les coûts très élevés de l'énergie rendent peu réjouissantes les perspectives du marché de la main d'oeuvre dans la province, en dépit des programmes de développement mis sur pied par les deux ordres de gouvernement.


Langue et appartenance ethnique
Au recensement de 1991, une majorité écrasante de la population, soit 93,8 %, indique l'anglais comme langue maternelle. Bien qu'environ 9,2 % de la population de l'Île soit d'origine française ou acadienne, seuls 4,2 % d'entre eux déclarent le français comme langue maternelle.

On tente toutefois de conserver et d'étendre l'usage du français. L'un des trois arrondissements scolaires régionaux est d'expression française, et la Société Saint-Thomas d'Aquin, un groupe culturel influent, met en valeur activement la langue et la culture acadiennes. La langue maternelle de la plupart des Écossais originaires des Highlands, venus s'établir dans l'Île aux XVIIIe et XIXe siècles, a connu un destin moins favorable. Le gaélique a en effet pratiquement disparu à cause de systèmes scolaires récompensant l'usage de l'anglais. Environ 44 % de la population de l'Île est d'origine britannique, surtout anglaise, mais aussi écossaise et irlandaise. Les Hollandais, les Allemands, les autochtones et les Libanais, ensemble, comptent pour 2 %, tandis que la population Micmac, restreinte mais rigoureuse, comptent 841 personne (1992) concentrées autour de l'île Lennox sur la côte nord et à Scotchfort sur la rivière Hillsborough.


Religion
À l'Île-du-Prince-Édouard, le nombre des catholiques (62 620 en 1991) et des protestants (62 000) est sensiblement le même. Ceux-ci appartiennent majoritairement à l'Église unie, suivie des Églises presbytérienne, anglicane et baptiste. De plus, un certain nombre de petits groupes d'évangélistes, très actifs, sont en plein essor. L'Île compte aussi une minuscule communauté juive. Jusqu'à tout récemment, la religion jouait un rôle prédominant dans la vie des insulaires. Des conflits profonds, portant sur des enjeux religieux et scolaires, ont perduré jusqu'à l'avènement de la Confédération.


Économie
L'histoire économique de l'Île-du-Prince-Édouard est dominée depuis toujours par la géographie. Aux XVIIIe et XIXe siècles, son insularité lui est favorable. Les biens produits et manufacturés ne voyagent que sur de courtes distances avant d'être chargés et expédiés, à peu de frais, par voie d'eau. Par ailleurs, les forêts de l'Île fournissent du bois en abondance pour la construction navale (voir CONSTRUCTION NAVALE ET RÉPARATION DE NAVIRES) qui, au milieu du XIXe siècle, devient une industrie très importante. Avec l'adoption du traité de RÉCIPROCITÉ en 1854, qui conduit à un accroissement des exportations de produits agricoles vers les États-Unis, l'Île connaît un nouvel élan de prospérité.

Au moment de la Confédération, de nombreux et vigoureux échanges commerciaux se multiplient le long de la côte de l'Atlantique et à destination du Royaume-Uni. Toutefois, après 1873, l'accentuation du rôle joué par le centre du Canada et le développement de l'Ouest, de même que l'évolution technologique, l'Île, jusque-là un partenaire économique relativement puissant au sein de la Confédération, se retrouve dans une position d'infériorité qui persiste toujours.

L'Île-du-Prince-Édouard était mal préparée pour affronter l'ère industrielle. Elle ne disposait ni de charbon ni de ressources hydrauliques, éléments essentiels du développement industriel. De plus, le coût élevé et la disponibilité d'infrastructures de transport demeure une difficulté qui n'a pas encore été entièrement surmontée. Les industries implantées dans l'Île ont rapidement été surpassées par les usines du centre du Canada, plus considérables et productives. De plus, à cette époque, la POLITIQUE NATIONALE n'offre ni protection ni marchés aux produits naturels de l'Île.

C'est dans l'industrie de la construction navale que les changements liés à l'évolution technologique se font le plus durement sentir. Avec l'arrivée des navires à vapeur en fer et en acier, qui remplacent les voiliers de bois, toute l'industrie s'éteint, ne disposant ni des matières premières ni des capitaux nécessaires pour s'adapter.

Il existe une activité économique où l'Île s'illustre avec succès : l'élevage du renard. Dès 1890, sous l'impulsion de deux pionniers de l'industrie, Charles Dalton et Robert Oulton, la province devient le centre d'une rentable industrie de la pelleterie du renard argenté. De nombreux fermiers de l'Île se lancent activement dans la reproduction du renard et, ce faisant, se procurent des sommes additionnelles qui viennent gonfler les maigres revenus qu'ils retirent de l'exploitation d'entreprises agricoles traditionnelles.

Vers la fin des années 1930, les nouvelles technologies, les changements dans le domaine de la mode ainsi que la CRISE DES ANNÉES 1930 sont à l'origine du déclin rapide que connaît cette industrie. Au cours de la période d'après-guerre, la plupart des renardières disparaissent. Bien qu'il s'agisse davantage d'une situation de stagnation économique que d'un réel déclin, au début des années 1950, le revenu par habitant est d'à peine plus de la moitié de la moyenne nationale, et les perspectives d'avenir sont plutôt sombres.

Après la Deuxième Guerre mondiale, la mise en place de mesures de développement, qu'on peut presque comparer à une nouvelle politique nationale, a une incidence déterminante sur l'économie de l'Île. Le mode de vie des insulaires est profondément modifié par les programmes de soutien du revenu, les services sociaux et la nouvelle politique fiscale fédérale-provinciale. Des initiatives visant à atténuer les disparités régionales en forçant la croissance économique occasionnent une révolution sociale. On assiste, de toute évidence, à une augmentation substantielle du niveau du revenu des particuliers et le réseau des établissements d'enseignement et de santé s'améliore. Le Plan d'ensemble de dveloppement fédéral-provincial, mis en vigueur en 1969, joue un rôle prépondérant dans cette évolution.

Cette nouvelle période de développement, caractérisée par l'intervention de l'État, n'a pas que des effets positifs. Une dépendance de plus en plus marquée en représente le coût principal. Déjà, en 1981, les dépenses fédérales totalisent 67 % du produit intérieur brut de l'Île-du-Prince-Édouard. Cette proportion atteint 87 % quand on ajoute le budget du gouvernement provincial pour prendre en considération les dépenses publiques totales. Pendant ce temps, le nombre de personnes employées dans le secteur primaire chute considérablement tandis que les emplois dans les secteurs public et parapublic se multiplient. Il est peu probable que la province, aux prises avec le lourd fardeau des frais fixes liés aux programmes sociaux et à la nouvelle infrastructure, soit en mesure de prendre des initiatives efficaces.


Agriculture
Au cours des 30 dernières années, l'agriculture de l'Île-du-Prince-Édouard a subi de profondes mutations. Jusqu'en 1951, plus de 90 % des fermiers se servaient de chevaux, dont le nombre s'élevait alors à 21 000. De nos jours, on n'en voit presque plus. Les champs qui étaient utilisés pour produire les énormes quantités de fourrage nécessaires à leur alimentation sont donc utilisés à d'autres fins.

Récolte de pommes de terres
Récolte de pommes de terres
Foxely River, Île-du-Prince-Édouard (John MacGregor/Corel Professional Photos).
Le nombre de fermes passe de 10 137 en 1951 à 2217 en 1996. Au cours de la même période, la superficie totale des terres agricoles chute de 39 %, bien que ces dernières années, le nombre d'étendues dévolues à la culture et aux pâturages soit demeuré relativement stable. La grandeur moyenne des fermes passe de 44 ha en 1951 à 119 ha en 1996, mais en raison des importants investissements en matériel que requièrent les grandes exploitations agricoles, la marge de profit des agriculteurs de l'Île est passée d'environ 50 % à 25 %. Par conséquent, un fermier doit écouler une production deux fois plus élevée pour obtenir le même revenu net.

En 2000, les revenus agricoles atteignent 317 millions de dollars. La POMME DE TERRE, qui rapporte à elle seule plus de 154 millions de dollars, occupe la première place dans ce tableau et constitue la principale production végétale. Le sol et les conditions climatiques de l'Île-du-Prince-Édouard conviennent parfaitement à la culture de la pomme de terre. Chaque année, plus de 45 000 ha sont ensemencés et le rendement moyen atteint 25 t/ha. Les pommes de terre de semence de première qualité, qui sont exportées dans plus de 15 pays, composent les trois quarts de cette récolte. Les pommes de terre de consommation sont vendues telles quelles dans l'Est du Canada et aux États-Unis ou transformées en pommes de terre frites et autres produits dérivés. On compte environ 330 fermes laitières dans la province, et le cheptel regroupe 16 000 vaches laitières ayant produit 90 millions de litres de lait en 1999-2000. Environ quatre-vingt pour cent de ce lait est transformé en sous-produits laitiers comme le lait évaporé, dont la presque totalité est exportée.

On pratique également l'élevage du boeuf de boucherie. Bien que les fluctuations du prix du boeuf aient influé récemment sur le volume de production, les fermiers de l'Île, entre 1978 et 1993, envoient annuellement environ 30 000 têtes à l'abattoir. En 2000, les recettes provenant de la vente de boeuf et de veau totalisent 26 millions de dollars, bien que la production ait baissé de 7 % depuis 1999. La production de porcs est presque aussi importante. Environ 175 fermes en font l'élevage commercial. Depuis 1959, on cultive le TABAC sur l'Île-du-Prince-Édouard. Malgré les coûts élevés de l'énergie qu'elle nécessite, les difficultés que supposent sa sensibilité aux conditions atmosphériques et ses besoins en main-d'oeuvre, cette culture s'avère rentable.

Les gouvernements provincial et fédéral mettent sur pied de nombreux programmes pour freiner l'exode des agriculteurs et augmenter leurs revenus. Ces programmes connaissent un certain succès, mais l'investissement requis pour s'établir sur une ferme demeure un problème de taille. Les deux gouvernements prennent une part active en recherche agronomique, et Agriculture Canada dispose de vastes installations de recherche à Charlottetown. Situé sur le campus de l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard, le « Atlantic Veterinary College », qui joue un rôle important en matière de recherche zootechnique et aquatique, devrait procurer d'intéressantes retombées à l'industrie de la pêche.


Industrie
Les principales industries de l'Île-du-Prince-Édouard sont le tourisme, la construction, les industries de fabrication liées aux ressources primaires et les services. Au cours des 20 dernières années, c'est le TOURISME qui connaît la plus forte croissance, laquelle semble maintenant s'être stabilisée. En 2000, l'île attire plus de 1,2 million de visiteurs qui y dépensent plus de 301 millions de dollars. Cette hausse est grandement attribuable à la construction du pont de la Confédération en 1997, car le nombre de touristes n'était que de 700 000 en 1996.

Brackley Beach (Île-du-Prince-Édouard)
Brackley Beach (Île-du-Prince-Édouard)
Le parc national de l'Île-du-Prince-Édouard est l'un des principaux points d'intérêt touristiques de l'île (photo de Barret and MacKay).
Depuis les années 1960, le gouvernement prend une part active dans la promotion de l'industrie et dans la construction et l'exploitation d'attractions et d'infrastructures d'hébergement. On s'efforce surtout d'attirer les touristes, qui affectionnent particulièrement le centre de l'Île, où est situé le PARC NATIONAL DE L'ÎLE-DU-PRINCE-ÉDOUARD, vers les extrémités est et ouest de la province, où la manne touristique est moins abondante. La saison excessivement courte, soit de 8 à 10 semaines en juillet et en août, désavantage considérablement l'industrie.

Le gouvernement axe ses efforts sur la promotion d'attractions et d'activités durant les autres saisons. Récemment, de nouveaux hôtels et centres de congrès ont été ouverts dans le cadre du programme visant à promouvoir le tourisme à longueur d'année. L'attrait principal de l'Île demeure sans contredit ses longues plages de sable fin, qui s'étendent sur 1107 km de littoral. Parmi les sports accessibles aux touristes, on note le golf, la pêche en haute mer et les courses de chevaux. Au cours de la dernière décennie, le gouvernement et l'entreprise privée ont mis en valeur un certain nombre d'attractions touristiques mettant l'accent sur le patrimoine, y compris des sites exploités par le « Prince Edward Island Museum and Heritage Foundation ».

Dans la province, l'industrie manufacturière se limite surtout à des usines de traitement de produits agricoles et du poisson. Jusqu'en 1979, ce secteur connaît une croissance rapide mais, depuis, on note un ralentissement car la diversification des gammes de produits ne suffit pas à compenser les pertes d'emplois qui accompagnent la fermeture de grandes usines. En 1997, quelque 4800 personnes y sont employées et, en 2000, la valeur des expéditions de l'ensemble des industries manufacturières se chiffre à 1,1 milliard de dollars. Dans le cadre de son Programme de développement global, l'une des stratégies poursuivies par le gouvernement concerne, notamment, la création d'usines de fabrication dans des parcs industriels. Toutefois, les nombreux essais visant à implanter des industries n'ayant pas trait à l'alimentation échouent. Au cours des 20 dernières années, l'emploi dans les services connaît une hausse notable. Les gouvernements, tant fédéral que provincial, sont des employeurs importants : en 1999, ils procurent du travail à 6000 personnes.


Foresterie
Même si, au XIXe siècle, l'industrie forestière jouait un rôle extrêmement considérable, elle a depuis connu un déclin rapide. Environ 50 % de la superficie de la province est couverte de forêts, et 92 % de ces terres sont des propriétés privées. La plupart des meilleures essences de bois ont été coupées au cours du XIXe siècle, et plus de 80 000 ha sont maintenant recouverts d'espèces sans grande valeur commerciale. Aujourd'hui, on perçoit de plus en plus la forêt comme une source de bois de chauffage et de bois d'oeuvre, afin de satisfaire aux besoins domestiques provinciaux. Dans l'Île, un grand nombre de maisons sont maintenant chauffées au bois, du moins en partie, et l'augmentation constante des coûts du mazout et de l'électricité laisse présager que cette tendance s'accentuera. En 2000, cette industrie procure de l'emploi à plus de 400 personnes et des revenus de plus de 55 millions de dollars.


Pêche
En 1994, la province compte un peu plus de 6500 pêcheurs et aides-pêcheurs (en hausse par rapport aux 3200 enregistrés en 1985). Ses 1500 navires sont presque tous de petits bateaux côtiers, dont la plupart servent à la pêche au homard. La pêche procure également 2000 emplois saisonniers dans les usines de transformation. En 2000, le poisson ramené au quai atteint une valeur de 139 millions de dollars. Le homard domine largement avec 2000 chargements totalisant plus de 8600 tonnes évaluées à 85 millions de dollars. D'autres crustacés, incluant les pétoncles et les réputées huîtres de Malpèque, procurent à l'industrie des revenus additionnels considérables depuis 10 années. Vers la fin de 1987, l'industrie des crustacés et des mollusques s'effondre lorsqu'une centaine de personnes tombent malades et que 2 d'entre elles meurent après avoir consommé des mollusques empoisonnés provenant de l'Île-du-Prince-Édouard. Une toxine, l'acide domoïque, est alors identifiée et enrayée. La pêche au thon rouge est devenue une activité importante qui attire des amateurs de pêche sportive du monde entier, mais cette espèce est aussi pêchée à des fins commerciales.

On capture dans les eaux de l'Île des poissons de fond, morue, merlu, plie, sébaste, et des poissons de haute mer, hareng et maquereau, évalués à 2,9 millions de dollars en 1999. Dans l'Ouest de l'Île, la récolte de la MOUSSE D'IRLANDE, une plante aquatique dont on tire la carraghénane, un agent émulsifiant et stabilisant utilisé dans plusieurs produits alimentaires, représente une industrie importante.


Transport
Le transport par mer entre l'Île et le continent est actuellement assuré par deux services de traversiers. Le CN (Marine Atlantique) exploite un service à l'année entre Borden (Île-du-Prince-Édouard) et Cap-Tourmentin (Nouveau-Brunswick), pour les passagers et les véhicules automobiles. En hiver, on utilise des traversiers brise-glace. La société privée Northumberland Ferries, largement subventionnée par le gouvernement fédéral, fait la navette entre Wood Islands (Île-du-Prince-Édouard) et Caribou (Nouvelle-Écosse), du mois de mai au mois de novembre. Elle interrompt le service lorsque les glaces et la température rendent la traversée trop difficile. La province est aussi reliée aux principales agglomérations du Canada par des services aériens quotidiens, exploités par Lignes aériennes Canadien International et par Air Canada.

Depuis de nombreuses années, on fait régulièrement état de l'établissement d'un lien permanent entre l'Île et le continent. Vers la fin du XIXe siècle, on suscite l'enthousiasme en proposant de creuser un tunnel sous le détroit de Northumberland. Plus récemment, au début des années 1960, on entreprend la construction d'une chaussée, mais les travaux sont interrompus au profit de la négociation du Programme de développement global.

En 1987, de nouvelles propositions, formulées par le gouvernement fédéral et des promoteurs privés, sont mises de l'avant pour la construction d'un lien permanent, qui prendrait la forme d'un pont ou d'un tunnel. En janvier 1988, le gouvernement provincial du premier ministre Joe GHIZ consulte la population au sujet de cette initiative. Au cours de ce référendum controversé, 59 % des gens se prononcent en faveur d'un raccordement permanent avec le continent alors que 41 % des participants s'y opposent. La construction de ce projet de plusieurs milliards de dollars débute en 1994. ??Le pont de la Confédération est ouvert à la circulation routière depuis le 31 mai 1997 et relie Borden-Carleton (Î.- P.-É.) à Cape Jourimain (N.-B.). Ses 12,9 km en font le pont le plus long du monde à traverser une étendue d'eau glacée. Il est sinueux pour garder les conducteurs alertes et ainsi prévenir les accidents. Son parcours dure en moyenne 10 minutes.

L'exploitation des lignes secondaires de chemin de fer devenant de plus en plus onéreuse, le CN réduit ses services sur l'Île. En 1990, le CN abandonne l'exploitation des lignes restantes et, depuis, l'Île ne dispose plus de desserte ferroviaire. Ces coupures font l'objet de vives contestations, surtout de la part des agriculteurs qui expédient leurs produits par chemin de fer.

Le réseau routier de la province s'améliore grandement, et presque toutes les routes principales et secondaires sont aujourd'hui asphaltées, ce qui accroît l'expédition par transport routier des produits manufacturés et du secteur primaire.

Borden-Carleton
Borden-Carleton
Pont de la Confédération
Pont de la Confédération
Pont de la Confédération (photo de John Sylvester).


Énergie
Un des problèmes les plus graves auquel doit faire face l'Île-du-Prince-Édouard est le coût de l'électricité : c'est l qu'elle y est le plus cher au Canada. Toute l'énergie est produite dans des centrales thermiques fonctionnant au mazout ou importée du Nouveau-Brunswick par câbles sous-marins. Étant donné qu'il n'existe aucune possibilité d'aménagement hydroélectrique à grande échelle, on étudie la possibilité de recourir à des sources d'énergie de substitution telles que des génératrices solaires, éoliennes et alimentées au bois. À ce jour, aucune de ces solutions ne semble cependant susceptible de générer l'énergie dont on aurait besoin, bien que des résultats satisfaisants soient obtenus sur une petite échelle.


Administration et politique
À l'Île-du-Prince-Édouard, le gouvernement est plus proche des gens que partout ailleurs au Canada. Sa population réduite dispose d'une gamme complète d'institutions fédérales, provinciales et municipales. Il s'ensuit que les circonscriptions électorales sont petites, les politiciens bien connus et que la vie politique se déroule à la bonne franquette. La structure de base du gouvernement provincial s'apparente à celle des autres provinces. Toutefois, la faible population de l'Île et son passé politique entraînent des différences importantes.

C'est en 1769, par l'entremise d'un décret, qu'on y établit un gouvernement. Toutefois, ce n'est qu'après la Confédération que la structure et les usages actuels du gouvernement font leur apparition. Un lieutenant-gouverneur, nommé par le gouverneur général, y exerce un mandat de 5 ans. Le Conseil exécutif, ou Cabinet, est habituellement formé de 10 députés responsables d'un ou de plusieurs ministères. Il est présidé par le premier ministre. L'Assemblée législative comptait 32 représentants, soit un conseiller et un député provenant de chacune des 16 circonscriptions électorales. Depuis l'élection du 18 novembre 1996, il y a un seul membre pour chacune des 27 circonscriptions électorales. Charlottetown y élit 5 députés et Summerside en compte 2. La plupart des circonscriptions sont rurales et de petite taille, ne comptant souvent pas plus de 2000 électeurs. (Voir aussi PREMIERS MINISTRES DE L'ÎLE-DU-PRINCE-ÉDOUARD : TABLE; LIEUTENANTS-GOUVERNEURS DE L'ÎLE-DU-PRINCE-ÉDOUARD : TABLE.)

L'appareil judiciaire comprend la Cour suprême, qui regroupe les chambres des biens immobiliers et de la famille ainsi qu'une section de première instance, qui entend les appels en assemblée plénière, les cours provinciales et le Tribunal des petites créances. La province ne compte aucune cour de comté.


Administration municipale
La province compte trois ordres de gouvernement municipal, soit ceux de la ville, de la municipalité et du village. Charlottetown (const. en 1855) est la seule ville de l'Île. Elle est dirigée par un maire et des conseillers, élus pour deux ans. Les huit municipalités sont Parkdale, Alberton, Borden, Georgetown, Kensington, Montague, Souris et Summerside, la plus grande et la plus ancienne. On dénombre aussi 89 villages constitués. Les municipalités sont administrées par un maire et des conseillers, et les villages par un commissaire élu.


Représentation fédérale
L'Île est représentée par quatre députés fédéraux, élus dans les circonscriptions d'Egmont, de Malpèque, de Hillsborough et de Cardigan, ainsi que par quatre sénateurs. Lorsque l'Île-du-Prince-Édouard se joint à la Confédération en 1873, on lui accorde six sièges à la Chambre des communes. Toutefois, comme la proportion de sa population par rapport à celle du reste du pays diminue, on ramène ce nombre à cinq en 1892 et à quatre en 1904. En 1911, elle n'a plus droit qu'à trois députés. À la suite de nombreuses protestations, en 1915 on amende l'Acte de l'Amérique du Nord britannique pour énoncer qu'aucune province ne dispose de moins de députés au Parlement qu'elle ne compte de sénateurs. L'Île-du-Prince-Édouard se voit donc dorénavant garantir quatre sièges.


Finances publiques
La dépendance de l'Île envers les fonds fédéraux est mise en évidence par le fait que les dépenses fédérales, y compris les paiements aux particuliers, équivalent à une fois et demie celles du budget provincial.


Santé
L'Île est relativement bien desservie pour ce qui est des hôpitaux et des établissements de santé, surtout depuis l'avènement d'un régime provincial d'assurance-maladie vers la fin des années 1960, qui fournit gratuitement aux usagers des services médicaux et hospitaliers. L'hôpital le plus important est le Queen Elizabeth de Charlottetown. La province compte également huit autres hôpitaux de taille plus modeste. Tout comme dans les autres provinces, les coûts associés aux soins de santé augmentent considérablement.


Politique
La stabilité qui caractérise généralement les partis politiques à l'Île-du-Prince-Édouard remonte aux années 1870. Depuis ce temps et jusqu'à aujourd'hui, le Parti libéral et le Parti conservateur dominent la scène électorale. Bien qu'on note l'existence d'une aile provinciale du NPD et que ce parti, et avant lui le CCF, ait présenté depuis les années 1940 des candidats aux élections tant fédérales que provinciales, les quelques voix qu'ils remportent sont loin de leur assurer un siège à l'Assemblée législative.

Lorsque l'Île-du-Prince-Édouard se joint à la Confédération, elle possède un système bicaméral : une Chambre haute, ou conseil, dont les membres sont élus par les propriétaires, et une assemblée, dont les députés sont élus par les citoyens de sexe masculin. Alors que les provinces s'engagent, à la fin du XIXe siècle, dans un mouvement d'abolition des chambres hautes, l'Île-du-Prince-Édouard est le théâtre d'un compromis exceptionnel. Une assemblée législative unique est créée en 1893, mais chaque circonscription y envoie un conseiller et un député. Les propriétaires élisent le conseiller, et les hommes en âge de voter, pour leur part, choisissent le député. Les gens qui possèdent une propriété dans plus d'une circonscription peuvent voter dans chacune d'elles. Ce système conduit inévitablement à toutes sortes d'abus évidents. Ce privilège dévolu aux propriétaires est maintenu jusqu'en 1963. L'élection d'un conseiller et d'un député dans chacune des circonscriptions a toujours cours aujourd'hui. Les femmes obtiennent le droit de vote en 1922.

À cause de la quasi-égalité du nombre de protestants et de catholiques au sein de la population, pendant longtemps l'usage veut que l'on s'assure, au cours d'une élection provinciale, d'opposer à un candidat un de ses coreligionnaires, mais, au cours des dernières années, cette tradition semble en voie de disparition. En raison de la petitesse des circonscriptions et du partage en groupes presque égaux des appartenances politiques de chacun, la victoire ne tient souvent qu'à quelques voix. Chaque vote est important. Aussi, les candidats restent-ils en contact étroit avec leurs électeurs, particulièrement lorsqu'il est question de distribuer des faveurs. L'avènement du scrutin secret en 1913 diminue l'incidence du patronage, sans toutefois y mettre fin.

Une grande discrétion tend à entourer les débats sur les enjeux politiques. Les changements de gouvernement s'effectuent souvent parce que le parti au pouvoir a fait son temps et « qu'il est temps de donner sa chance au parti adverse ». Depuis une dizaine d'années cependant, la politique est devenue une affaire un peu plus complexe. La publicité télévisée ainsi que l'importance grandissante de l'« image » sont des facteurs qui influencent l'Île-du-Prince-Édouard au même titre que les autres provinces.


Éducation
Le système d'écoles publiques naît lors de l'adoption, en 1852, de la Loi sur l'enseignement gratuit. Cette loi autorise la création de districts scolaires autonomes dans les localités. Chacun des 475 districts se voit accorder le droit d'y entretenir une école à classe unique, dispensant habituellement l'enseignement aux élèves de la 1er à la 10e année. Les districts scolaires sont administrés par des commissions locales qui prélèvent des taxes, engagent les professeurs et organisent les services de bénévolat. L'école, tout comme l'église et le magasin général, devient un pôle d'attraction dans chaque collectivité.

Au cours du XIXe et au début du XXe siècles, ce système répond bien aux besoins des insulaires. Pendant l'entre-deux-guerres, cependant, de sérieuses lacunes font surface. Des locaux inadéquats, la quasi-impossibilité de poursuivre des études au-delà de la 10e année (sauf pour les plus fortunés, qui peuvent se permettre de poursuivre leurs études à Charlottetown), les salaires dérisoires des professeurs et leur manque de formation sont autant d'éléments qui attirent l'attention de l'opinion publique. En 1956, les dépenses par habitant relatives à l'enseignement primaire et secondaire sont les plus faibles au Canada, soit 92 dollars comparativement à la moyenne canadienne de 279 dollars. Dans les années 1960, les écoles locales, bien qu'elles constituent toujours une facette essentielle de la vie communautaire, ne répondent plus aux normes canadiennes en matière d'éducation.

Le Programme de développement global, qui contient les éléments voulus pour la transformation du système d'éducation, en devient l'instrument privilégié. Dès 1972, on remplace les nombreux petits districts scolaires par cinq conseils régionaux. On amorce la fermeture des anciennes écoles et la construction de nouvelles écoles régionales. Alors qu'on compte 189 écoles en 1971, ce chiffre est réduit à 70 en 1994. On instaure de nouvelles normes qui imposent aux professeurs l'obtention d'un diplôme universitaire, et leur rémunération passe de 5724 dollars en moyenne, en 1971, à 41 199 dollars en 1994.

Grâce à ce processus de regroupement, les installations et les perspectives offertes aux élèves de l'Île s'améliorent de façon notable, mais ce résultat est obtenu au prix d'un affaiblissement considérable de l'étroitesse des liens entre l'école et le foyer et de la perte de cohésion des petites localités.

En 1999, 24 301 élèves fréquentent les écoles du réseau scolaire public, de la 1er à la 12e année. L'augmentation des dépenses relatives à l'enseignement primaire et secondaire est presque aussi spectaculaire que la diminution du nombre des écoles. En effet, de 30,6 millions de dollars en 1974, elles ont bondi à 124 millions en 1985, mais ce niveau est maintenu au début des années 1990. En 2000, ce sont 183 millions de dollars qui sont consacrés à l'enseignement primaire et secondaire. Les budgets, dont la gestion est assurée par le ministère de l'Éducation, sont alloués par le Programme des fondations.

Au début des années 1990, le système d'enseignement fait l'objet d'une réforme additionnelle. En 1994, on impose une nouvelle restructuration aux cinq conseils régionaux, dont le nombre passe à trois (deux pour les anglophones et un pour les francophones).

À l'Île-du-Prince-Édouard, l'enseignement supérieur remonte à la création, en 1834, du Collège Prince of Wales et de l'Université de St-Dunstan en 1855. Séparés en vertu de leur appartenance religieuse, ces deux établissements demeurent de taille modeste jusqu'à leur fusion en 1969 pour former une seule nouvelle entité : l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard.

En 2000-2001, 3064 étudiants y sont inscrits à temps plein ou à temps partiel. Le Collège Holland, fondé en 1969, offre pour sa part un grand nombre de programmes de formation professionnelle dans plusieurs municipalités à la grandeur de la province. Il compte 2383 étudiants à temps plein et 6750 à temps partiel en 2000-2001.


Vie culturelle
C'est en partie à cause de l'isolement relatif de la province que le riche patrimoine culturel de l'Île-du-Prince-Édouard, si étroitement associé à la vie communautaire, s'est bien conservé. Même au sein de la province, les communications entre les villages acadiens de l'Ouest et les villages majoritairement écossais du Sud-Est étaient peu fréquentes. Bien que l'on note une consolidation, au cours des dernières années, de la langue française et de la culture acadienne, le gaélique a pratiquement disparu. Devant les dangers qui menacent la vie culturelle de la province, de nombreux groupements se sont formés récemment pour maintenir vivant le patrimoine culturel de l'Île.

Le gouvernement provincial leur offre son appui financier et subventionne nombre d'activités. Par exemple, non seulement le « Prince Edward Island Museum and Heritage Foundation » administrent-il des sites historiques, mais en plus, il s'active à recueillir et à déchiffrer tout ce qui a trait à la culture matérielle de l'Île. Le Conseil des arts de l'Île-du-Prince-Édouard apporte également aide et encouragement aux initiatives locales d'épanouissement culturel. Tant le Collège Holland que l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard agissent à titre de bailleurs de fonds importants sur la scène de la vie culturelle contemporaine de l'Île.


Arts
Le Centre des arts de la Confédération est construit en 1964 pour rappeler le souvenir des PÈRES DE LA CONFÉDÉRATION afin de marquer le 100e anniversaire de la CONFÉRENCE DE CHARLOTTETOWN. Important complexe artistique, le Centre abrite trois théâtres, une galerie d'art ainsi qu'une bibliothèque publique. Outre sa très belle collection d'art canadien, la galerie expose de nombreuses oeuvres de Robert HARRIS, un portraitiste de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, dont le tableau le plus connu reste le portrait des PÈRES DE LA CONFÉDÉRATION. Le théâtre principal, pouvant recevoir 1100 personnes, accueille les comédies musicales canadiennes du FESTIVAL D'ÉTÉ DE CHARLOTTETOWN. À la grandeur de la province, on assiste ces dernières années à une floraison de productions théâtrales locales.

Actuellement, l'Île abrite une communauté artistique des plus actives. On compte, en plus de la galerie du Centre de la Confédération, plusieurs autres galeries privées et publiques. De nombreux écrivains canadiens voient le jour à l'Île-du-Prince-Édouard ou y habitent. La plus célèbre demeure sans doute Lucy Maud MONTGOMERY, l'auteure d'ANNE, LA MAISON AUX PIGNONS VERTS. La plupart des récits de L.M. Montgomery se déroulent dans l'Île et, chaque année, des milliers de visiteurs parcourent les lieux qu'elle a décrits et où elle a vécu.

L'ouverture officielle de l'édifice de la Guilde des arts de l'Île-du-Prince-Édouard remonte à 1994. On y trouve le siège social de nombreux organismes à vocation artistique de la province, y compris celui du Conseil des arts de l'Île-du-Prince-Édouard. Il abrite des studios, une salle à multiples usages pour des représentations, des expositions, des séances de lecture, etc. Enfin, on peut également y suivre des cours d'art.


Communications
En plus de disposer d'une station de la chaîne radiophonique anglaise de la Société Radio-Canada, y compris le réseau MF, les habitants de l'Île-du-Prince-Édouard peuvent écouter les émissions télévisées en anglais et en français de la Société d'État. Ils reçoivent également la chaîne de télévision CTV, qui ne produit toutefois pas d'émissions régionales. Charlottetown compte deux stations privées de radiodiffusion et Summerside, une. Des entreprises de télédiffusion par câble desservent tous les centres de population de l'Île, à qui elles offrent une gamme variée d'émissions, principalement en provenance des États-Unis.

Dans l'Île, trois quotidiens sont publiés : le Guardian (matin) et le Evening Patriot (soir) de Charlottetown et le Journal-Pioneer de Summerside. Les journaux les plus vivants sont les hebdomadaires Eastern Graphic, publié à Montague et West Prince Graphic d'Alberton. La Voix acadienne, hebdo de langue française, est publiée à Summerside.


Lieux historiques
Le plus connu des nombreux lieux historiques que recèle l'Île-du-Prince-Édouard est l'édifice PROVINCE HOUSE, où s'est tenue la Conférence de Charlottetown en 1864. Government House, la résidence officielle du lieutenant-gouverneur, est une exquise demeure du début du XIXe siècle, soigneusement restaurée. Il y a également lieu de mentionner Green Gables, la maison de L.M. Montgomery à Cavendish et les lieux historiques pris en charge par le « Prince Edward Island Museum and Heritage Foundation » à Charlottetown, Summerside, Elmira, Port Hill, Basin Head et Orwell Corner. Quant au visiteur qui souhaite admirer le patrimoine architectural de l'Île, il lui suffit de se promener dans les vieux quartiers de Charlottetown et de Summerside ou d'aller se balader en voiture sur les routes de campagne. Un grand nombre de bâtiments du siècle dernier, tant à la ville qu'à la campagne, sont toujours intacts et habités.

Province House, Charlottetown
Province House, Charlottetown
Siège de l'Assemblée législative de l'Île-du-Prince-Édouard (photo de John Sylvester).
Government House
Government House
La Government House est l'une des résidences majestueuses qui datent du XIXe siècle (avec la permission de la Commission canadienne du tourisme).


Historique
Les premiers habitants de l'Île-du-Prince-Édouard, prédécesseurs des Micmacs, auraient été des populations autochtones ayant occupé l'Île il y a 10 000 ans. Elles y seraient venues par un bras de terre maintenant recouvert par le détroit de Northumberland. Il est fort probable que, par la suite, l'Île ait été constamment habitée. Par ailleurs, des faits semblent indiquer que la chasse et la pêche auraient aussi donné lieu, sur l'Île, à des migrations saisonnières. Les Micmacs occupent la région depuis plus de 2000 ans.


Exploration
Le premier Européen à rendre compte de l'existence de l'Île est Jacques Cartier, qui y fait escale en plusieurs endroits de la côte Nord au cours de son exploration du golfe, à l'été de 1534. Bien qu'ils ne s'y soient pas établis de façon permanente pendant 200 ans, les pêcheurs français et BASQUES connaissent ses havres et ses baies. Toutefois, aucune trace de leur passage ne subsiste.


Peuplement
Le peuplement français sur l'Île, appelée à l'époque Île Saint-Jean, commence aux environs de 1720. Bien que la colonie soit placée sous la juridiction de l'Île Royale, une petite garnison y est installée tout près de ce qui est maintenant Charlottetown. Le peuplement est lent et, en 1748, la population atteint à peine 700 âmes. Cependant, à la suite de l'intensification des pressions exercées par les Anglais pour chasser les Acadiens de la Nouvelle-Écosse, lesquelles culminent avec la décision prise, en 1755, de les déporter, la population de l'Île connaît alors une forte augmentation. À la chute de LOUISBOURG en 1758, on trouve environ 4500 colons sur l'Île mais, hormis quelques centaines, les Anglais s'empressent de les forcer à partir, bien que la colonie ne leur soit cédée qu'en 1763, lors de la signature du TRAITÉ DE PARIS.

Sous la tutelle britannique, on anglicise le nom de l'Île, qui devient Island of Saint John. Elle est la première des nouvelles possessions visées par un plan dont le but consiste à arpenter l'ensemble du territoire en Amérique du Nord. Dès 1765, l'arpenteur en chef Samuel HOLLAND dresse un plan détaillé de l'Île, qui la divise en 67 cantons de 20 000 ha chacun. Presque tous ces lots sont attribués, en 1767 lors d'un tirage au sort, à des officiers de l'armée et à des gens que le gouvernement britannique tient à récompenser.

À l'exception de petites parcelles de terre entourant le territoire réservé aux villes, il n'y a pas de terres publiques. On demande aux propriétaires de respecter les modalités de la concession et de s'établir sur leur propriété, mais peu nombreux sont ceux qui s'y efforcent. En conséquence, l'Île regorge de vastes terres inexploitées. Pourtant, ceux qui désirent y créer des fermes doivent payer des loyers exorbitants ou acheter des droits.

Certains propriétaires s'objectent à la vente de la moindre parcelle de terre, et les colons se rendent compte que leur subsistance n'est pas plus assurée qu'en Angleterre ou en Écosse, où ils étaient métayers. De plus, il est prévu qu'un impôt foncier, versé par les propriétaires en fonction de la superficie de leur propriété, serve à couvrir les frais d'administration de l'Île. Souvent cet impôt est pratiquement impossible à prélever, et les efforts déployés sur place par le gouvernement local pour mettre en vigueur les modalités des concessions sont habituellement rejetés par le gouvernement anglais, influencé en cela par des propriétaires terriens qui, pour la plupart, n'ont jamais mis le pied au Canada.

Le problème des terres (voir ÎLE-DU-PRINCE-ÉDOUARD, PROBLÈME DES TERRES DE L') demeure le principal enjeu politique de 1767 à la Confédération. Des affrontements entre représentants des propriétaires et métayers tournent souvent à la violence. Toutes les tentatives visant à changer le système sont accueillies en Angleterre par une fin de non-recevoir. Au cours des années 1840, le gouvernement est en mesure de racheter quelques-unes de ces propriétés dans le but de les revendre aux métayers, mais les fonds affectés à cette initiative ont vite fait d'être épuisés.

Malgré ces difficultés, la population s'accroît, passant d'un peu plus de 4000 habitants en 1798 à 62 000 autour de 1850. Après la guerre de l'Indépendance américaine, il y a un certain afflux de LOYALISTES, mais la majorité des nouveaux venus sont originaires des îles Britanniques. Des propriétaires terriens, comme le capitaine John MacDonald et lord SELKIRK, font venir plusieurs groupes importants d'immigrants d'Écosse vers la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe. Vers le milieu du XIXe siècle, une proportion considérable des dernières vagues d'immigrants provient d'Irlande.


Gouvernement colonial
Après 1758, l'Île est administrée de la Nouvelle-Écosse, à laquelle elle est incorporée en 1763. Mais, en 1769, à la suite de doléances formulées par les propriétaires, on met sur pied une administration distincte comprenant un gouverneur, un lieutenant-gouverneur, un conseil et une assemblée. En 1799, l'Assemblée change le nom de la colonie. L'île est rebaptisée Île-du-Prince-Édouard en l'honneur d'un des fils du roi George III qui, à l'époque, est posté à la garnison militaire de Halifax.

Durant le deuxième quart du XIXe siècle, on assiste à une croissance rapide, qui suscite des revendications pour que l'assemblée élue soit dotée de pouvoirs plus efficaces afin de vaquer aux affaires de la colonie. Bien que la notion de gouvernement représentatif soit en vigueur depuis 1773, l'administration est encore dominée par le Conseil exécutif qui, lui, est nommé. En 1851, on accorde le statut de GOUVERNEMENT RESPONSABLE à la colonie et le premier gouvernement élu est dirigé par George COLES. Toutefois, l'instabilité politique règne : 12 gouvernements se succèdent en 22 ans. La question des terres n'est toujours pas résolue et, de plus, d'autres enjeux comme l'aide aux écoles confessionnelles divisent la population.


Confédération
Tenue dans la colonie, la Conférence de Charlottetown de 1864, première d'une série de rencontres qui débouchent sur l'avènement de la Confédération, marque le début d'une période de changements politiques profonds. Des discussions portant sur une alliance des colonies maritimes sont à l'ordre du jour de la rencontre, mais lorsque les représentants canadiens de passage entreprennent d'aborder le concept d'une union des provinces maritimes, cette proposition suscite un intérêt plutôt mitigé parmi les insulaires.

Au moment où les autres colonies de l'Amérique du Nord britannique forment une nouvelle fédération en 1867, rares sont les habitants de l'Île qui regrettent d'être restés à l'écart. Toutefois, il semble évident que cette attitude distante ne saurait perdurer. En 1873, le poids d'une dette énorme, contractée pour la construction d'un chemin de fer qui traverse l'Île d'un bout à l'autre, combinée aux pressions exercées par le gouvernement britannique et aux promesses formulées par le gouvernement du Canada, forcent l'entrée de l'Île dans la Confédération.

Parmi les engagements souscrits par les Canadiens pour faire pencher la balance en faveur de la Confédération, on trouve la prise en charge de la dette de la colonie, le maintien de communications à longueur d'année avec la portion continentale du pays et l'octroi de fonds permettant à la colonie de racheter les terres des grands propriétaires et de régler une fois pour toutes la question des terres. Bien que cela ne suscite chez eux que peu d'enthousiasme, la plupart des insulaires acceptent l'union comme un mariage de raison.


L'après-Confédération
Au cours de la période qui suit l'entrée de l'Île dans la Confédération, son économie et sa population périclitent. En effet, la combinaison de facteurs tels que les nouvelles technologies et la politique nationaleentre autres, portent sérieusement préjudice à sa prospérité. Bien qu'elle compte une population de 109 000 âmes en 1891, l'appât du gain qu'offrent les perspectives d'emploi dans l'Ouest canadien et au Canada central, de même qu'aux États-Unis, occasionne une importante chute démographique et, au moment de la CRISE DES ANNÉES 1930, l'Île ne compte plus que 88 000 habitants. Ses relations avec le Dominion occupent l'avant-plan de la scène politique, alors que l'Île s'efforce d'accroître le niveau d'aide financière du gouvernement fédéral, de maintenir l'importance de la représentation politique qu'elle a obtenue lors de son entrée dans la Confédération et d'établir des communications permanentes avec le reste du pays, selon les promesses formulées en 1873.

Au cours de la première moitié du XXe siècle, son économie se maintient. Sauf l'essor que connaît, entre 1890 et 1939, l'industrie de l'élevage du renard, peu de changements surviennent, tant en ce qui concerne l'agriculture que les pêches. Cependant, vers le milieu des années 1960, la situation se modifie considérablement. On constate une baisse du nombre d'agriculteurs et de pêcheurs, et l'économie, qui a pris du retard par rapport à celle du reste du Canada, fait face à de sérieux ennuis.

Si les insulaires doivent, tout au long du XXe siècle, renoncer peu à peu à l'indépendance dont ils étaient si fiers, la plupart d'entre eux jouissent, par ailleurs, d'un niveau de vie plus élevé. Il y a eu un prix à payer pour obtenir des programmes de soutien à l'enseignement, à la santé et aux services sociaux, des revenus plus élevés et une mobilité accrue, mais ce prix a semblé raisonnable à la majorité des insulaires. Les habitants de l'Île, bien qu'ils regardent le reste du monde « de loin », font bel et bien partie du Canada et ils tirent profit de la sécurité qu'il leur offre.

Auteur S. ANDREW ROBB et H.T. HOLMAN


Bibliographie
J.M. Bumstead, Land, Settlement and Politics on Eighteenth Century Prince Edward Island (1987).


Liens supplémentaires
L'Institut Historica-Dominion
Le site Web de l'Institut Historica-Dominion, organisme de tutelle de l'Encyclopédie canadienne et l'Encyclopédie de la musique au Canada. Consultez leur guerre multimédia de 1812 option et beaucoup d'autres ressources interactives concernant l'histoire et la culture canadiennes.

Île-du-Prince-Édouard
Le site web du Gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard.

Pont de la confédération
Le Pont de la Confédération relie les provinces de l’Ile-du-Prince-Edouard et du Nouveau-Brunswick.

Les phares de l'Île-du-Prince-Édouard
Site d'information sur les phares de l'Île-du-Prince-Édouard. Par le site Web du Musée virtuel du Canada.

Symboles nationaux
Les symboles du Canada peuvent non seulement nous aider à mieux comprendre notre pays, mais également nous inciter à nous réjouir du privilège d'être Canadiens et Canadiennes. Voir aussi les "Jours fériés et autres dates importantes." Par le Ministère du Patrimoine canadien.

Le Musée de la pomme de terre de canadien
Faites une visite du Musée à partir du présent site Web.

Bibliothèque et Archives Canada
Accès à la vaste base de données bibliographique en ligne de la Bibliothèque nationale du Canada et aux expositions numérisées sur l’histoire et la culture canadiennes.

L'institutrice rurale
Voir la Patrimoine Minute qui rend hommage aux institutrices et aux instituteurs des régions rurales du Canada. Par l'Institut Historica-Dominion. Voir aussi les ressources pédagogiques en ligne.

Cartes de référence
Site de l’Atlas du Canada. Utilisez le moteur de recherche ou cliquez sur «Cartes de référence» pour trouver une carte du Canada, d'une province ou d'un territoire.

Lieu historique national Ardgowan
Le lieu historique national Ardgowan, sur l'Île-du-Prince-Édouard, fut la résidence de William Henry Pope, l'un des Pères de la Confédération. Un site de Parcs Canada.

Lieu historique national de Port-la-Joye–Fort-Amherst
Ce site de Parcs Canada commémore la première colonie européenne permanente dans l'Île-du-Prince-Édouard, premier emplacement des fortifications françaises et britanniques.

Toponymie du Canada
Utilisez cette page afin de localiser une carte du SNRC en faisant une recherche dans la Base de données toponymiques du Canada (BDTC). Tapez le nom d'une ville, d'un village, d'un lac ou de toute autre entité géographique, spécifiez le type d'entité que vous cherchez ainsi que la province ou le territoire où se trouve l'entité. Par Ressources naturelles Canada.

George Coles
Le site web de La Confédération canadienne de la Bibliothèque nationale présente les personnes qui ont joué un rôle marquant dans la naissance du Canada. Découvrez-les à travers les notices biographiques, les photos historiques et d’autres documents d’archives.

John Hamilton Gray
Le site web de La Confédération canadienne de la Bibliothèque nationale présente les personnes qui ont joué un rôle marquant dans la naissance du Canada. Découvrez-les à travers les notices biographiques, les photos historiques et d’autres documents d’archives.

William Henry Pope
Le site web de La Confédération canadienne de la Bibliothèque nationale présente les personnes qui ont joué un rôle marquant dans la naissance du Canada. Découvrez-les à travers les notices biographiques, les photos historiques et d’autres documents d’archives.

Île-du-Prince-Édouard
Une vue d'ensemble des principaux enjeux et événements ayant motivé l'adhésion de l'Île-du-Prince-Édouard à la Confédération. Le site propose des biographies des personnalités de premier plan, d'anciennes photos et des documents d’archives connexes. Site de Bibliothèque et Archives Canada.

Galerie des Premiers Ministres
Explorer l'histoire d'anciens premiers ministres de l'Île depuis 150 ans. Par le site web du Gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard.

Recensement
Le recensement constitue la seule source fiable de données détaillées sur de petits groupes, notamment les familles monoparentales, les groupes ethniques, l'industrie, les catégories professionnelles et les immigrants. Le recensement permet aussi d'avoir accès aux données sur des régions aussi petites que des quartiers ou sur le pays lui-même. Par le site Web Statistique Canada.

Société nationale de l'Acadie
Précieuse source de renseignements sur l’histoire et la culture acadiennes.

Les noms géographiques autochtones
Des exemples d'appellations géographiques autochtones. Par le site web du ministère des Affaires autochtones et du développement du Nord canadien.

Les récoltes de l'Île-du-Prince-Édouard
Le projet intitulé « Les récoltes de l'Île-du-Prince-Édouard » se fonde sur les collections et ressources de certains des musées communautaires de la province, à partir desquelles il présente certaines des récoltes importantes de l’histoire de l’île.

Archives Canada
Archives Canada se veut un point d’accès vers les ressources archivistiques que l’on retrouve dans plus de 800 dépôts à travers le Canada. Visionner des photographies, des cartes ou d’autres documents numérisés ainsi que des expositions virtuelles, le tout centré sur l'histoire du Canada.

L'inventaire national des mémoriaux militaires canadiens
Rechercher un mémorial dans l'Inventaire national des monuments commémoratifs militaires canadiens. Un site Web de la Direction - Histoire et patrimoine.

Parc national du Canada de l'Île du Prince Édouard
Le parc national du Canada de l'Île-du-Prince-Édouard regroupe des dunes, des cordons d'îles, des flèches littorales, des plages, des falaises de grès rouge, et des forêts. Ces divers habitats abritent une foule de plantes et d'animaux, y compris le pluvier siffleur, un oiseau en danger de disparition. Le parc national comprend également des ressources culturelles intéressantes, tels Green Gables et le lieu historique national Dalvay-by-the-Sea. Par le site Web de Parcs Canada.

Isle-du-Prince-Édouard: Aperçu historique et politique


Les noms des provinces et territoires
Abréviations et symboles pour les noms des provinces et territoires. Par Ressources naturelles Canada.

Les Phares D'Ile Du Prince Édouard
Aperçu de l’aspect technologique des phares.

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