Bien que les Hollandais aient déjà établi leur colonie des « Nouveaux Pays-Bas » en Amérique du Nord au XVIIe siècle, ce n'est qu'au moment de la guerre de l'Indépendance américaine qu'un nombre indéterminé de LOYALISTES hollando-américains débarque dans les colonies de l'Amérique du Nord britannique. Ce groupe, déjà passablement anglicisé, est rapidement assimilé à la société en place et à la multitude d'immigrés qui afflue dans les colonies à partir de 1815. Du fait de pressions économiques et sociales, l'émigration des Pays-Bas augmente rapidement au milieu du siècle et au cours des décennies suivantes, mais se concentre près de la frontière américaine, région alors en pleine croissance.

À partir des années 1880, alors que la terre arable bon marché devient rare aux États-Unis, les Hollandais et les Hollando-Américains se tournent vers « les meilleures nouvelles terres » de l'Ouest canadien. Le recensement de 2006 mentionne 1 035 965 personnes d'origine hollandaise (réponses uniques et multiples). Les Hollandais se sont rapidement adaptés à la culture et aux traditions canadiennes et se sont intégrés au point de devenir presque invisibles.


Migration et peuplement
Les Hollandais s'établissent au Canada en trois vagues d'immigration principales. Au cours de la première, qui dure de 1890 à 1914, ils participent à la migration vers l'Ouest canadien, où ils prennent possession de concessions agricoles et ferroviaires, aident à défricher les PRAIRIES et établissent des communautés ethniques telles que Nijverdal (aujourd'hui Monarch, en Alberta), Neerlandia (Alberta) et Edam (Saskatchewan). La majorité des immigrants se dispersent dans l'Ouest pour devenir ouvriers agricoles ou propriétaires de ferme ou de ranch. Toutefois, il se forme quelques concentrations de population à certains endroits, notamment dans les villes de Calgary, d'Edmonton et de Winnipeg et aux alentours de ces villes. De fait, à la veille de la Première Guerre mondiale, Winnipeg compte vraisemblablement la plus importante communauté hollandaise au Canada.

La deuxième vague d'immigration, de 1923 à 1930, prend fin avec l'arrivée de la Crise des années 30. L'offre de terre arable bon marché et accessible est moindre, mais la demande de main-d'oeuvre dans les domaines de l'agriculture, de la construction, de l'industrie et du travail domestique est forte, surtout à la fin de la récession d'après-guerre. Les immigrants hollandais n'hésitent pas à profiter des occasions qui se présentent partout au Canada, en particulier en Ontario et dans les provinces de l'Ouest. Au cours de cette période, de nombreux immigrés hollandais s'installent dans le Sud et le Sud-ouest de l'Ontario, particulièrement à Toronto. On estime à 25 000 environ le nombre d'immigrants hollandais ou hollando-américains qui sont arrivés au Canada de 1890 à 1930.

La Crise des années 30 et la Deuxième Guerre mondiale mettent un frein à l'immigration hollandaise jusqu'en 1947, année où des dizaines de milliers de Hollandais fuient leur pays dévasté et ruiné par la guerre. Ces immigrants, comme leurs prédécesseurs, proviennent des secteurs agricoles mais, vers le milieu des années 1950, de nombreux travailleurs qualifiés et travailleurs intellectuels arrivent. L'Ontario devient la destination principale, suivie de l'Alberta, de la Colombie-Britannique et des Maritimes. Vers la fin des années 1960, on compte quelque 150 000 immigrants hollandais établis dans toutes les provinces (à l'exception de Terre-Neuve), mais surtout en Ontario et dans les zones urbaines des provinces de l'Ouest. Ces communautés servent de points d'accueil et de pôles d'attraction pour les immigrants hollandais subséquents.


Vie sociale et culturelle
La majorité des immigrants hollandais est issue de la classe inférieure, de la classe moyenne inférieure ou de la classe ouvrière et possède des valeurs bourgeoises bien ancrées. Grâce à cette origine commune, la stratification sociale basée sur la classe ne pose pas de problème grave. Par contre, la religion a profondément divisé la communauté hollandaise au Canada.

Bien que les catholiques hollandais constituent la plus grande communauté religieuse, l'ensemble de la population des différentes églises protestantes hollandaises est majoritaire et nombre de ces églises poursuivent leur tradition religieuse au Canada. Étant donné que la majorité des catholiques hollando-canadiens et des protestants non-calvinistes fréquentent des églises « canadiennes », la seule entité hollandaise visible sur la scène religieuse canadienne demeure l'Église calviniste hollandaise ou « réformée ».

Les différents groupes confessionnels encouragent l'intégration et l'adoption des moeurs canadiennes tant qu'elles ne sont pas contraires à leurs pratiques sociales et religieuses. Par conséquent, la langue néerlandaise a été en grande partie abandonnée, de même que toute pratique du « vieux pays » qui risquerait de contrer l'accession à une sécurité économique. Cette situation, à laquelle s'ajoutent une forte éthique du travail et une implication minimale dans la vie culturelle du pays d'origine, ne donne à l'appartenance ethnique qu'une connotation personnelle, familière ou religieuse. Cela explique sans doute pourquoi les associations hollando-canadiennes ne représentent qu'une minorité de la communauté hollandaise. Ce n'est que récemment que les enfants et petits-enfants des immigrants ont commencé à examiner l'histoire de la migration et des épreuves de leurs parents ou de leurs grands-parents et à publier leurs découvertes sous forme de textes universitaires ou littéraires.


Maintien du groupe
Jusqu'à récemment, les Hollandais du Canada ont témoigné peu d'intérêt pour la préservation ou la pérennisation de leurs traditions culturelles, à l'exception importante des calvinistes, qui ont cherché à adapter leur philosophie religieuse à la société canadienne en créant des organisations et des écoles « chrétiennes ». Le taux d'intégration des immigrants de première génération est très élevé et l'assimilation des Hollandais nés au Canada est presque totale.

Bien que les liens familiaux demeurent forts, la majorité ne considère pas le mariage avec des Canadiens d'origine différente comme un problème. L'Église calviniste, les caisses populaires hollandaises et les associations hollando-canadiennes, qui ne représentent qu'une minorité des Hollando-canadiens, sont les seuls repères visibles d'une culture ethnique qui se fond rapidement et volontairement dans le multiculturalisme canadien.

Auteur HERMAN GANZEVOORT


Bibliographie
Hugh Cook, Cracked Wheat (1985); Herman Ganzevoort, A Bittersweet Land: The Dutch Experience in Canada (1988); J.TH. J. Krijff, 100 Years Ago: Dutch Immigration to Manitoba in 1893 (1993).


Liens supplémentaires
Journée canadienne du multiculturalisme
Site de information de la Journée canadienne du multiculturalisme. Par le Ministère du Patrimoine canadien.

La libération des Pays-Bas, 1944-1945
Ce site présente des reportages que les correspondants de guerre canadiens ont écrits sur place et qui sont consacrés à la libération des Pays-Bas. Par le Musée canadien de la guerre.

Origines ethniques, chiffres de 2006, pour le Canada, les provinces et les territoires
Site d'information sur la Origines ethniques. Par Statistique Canada.

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