L'origine du hockey sur glace remonte très probablement au début du Xe aux jeux de bâton et de balle de bandy, au hockey sur gazon et au hurley, joués sous une forme ou une autre dans les colonies par des étudiants et des militaires depuis le Xe siècle. En fait, le bandy, un sport qui se joue sur la glace avec des bâtons et une balle et qui comprend des gardiens, est sans doute le vrai précurseur du hockey. Le plus ancien témoignage du jeu de brandy est un vitrail du XIIIe siècle de la cathédrale de Canterbury sur lequel un garçon tient d'une main un bâton arrondi, et de l'autre, une balle. Un jeu semblable, du nom de « koly », est dépeint dans de nombreuses peintures hollandaises des XVIe et XVIIe siècles. Cependant, le koly n'est pas un jeu d'équipe et ressemble davantage à du « golf sur glace ». Le bandy est introduit en Scandinavie, en Suisse et en Allemagne au début des années 1890. En fait, lorsque les équipes de ces régions arrivent aux premiers Jeux olympiques, elles pensent jouer un jeu qui ressemble davantage au bandy qu'au hockey sur glace canadien.
Partout où on retrouve une preuve visuelle ou littéraire qu'on joue au bandy sur glace dans le Canada naissant, les enthousiastes du coin affirment avoir découvert le berceau du hockey sur glace. C'est ce que prétendent Halifax et Windsor, en Nouvelle-Écosse, et Kingston, en Ontario (les immigrants hollandais jouaient eux aussi une forme de koly à l'époque où New York est une colonie). La fin du XIXe siècle est une grande époque d'organisation sociale, et de nombreux sports qui se jouaient sans règles écrites et différemment selon l'endroit se standardisent peu à peu. Les règles du shinty sont établies en 1879, celles du bandy, en 1891. Le hockey sur glace, comme on le connaît aujourd'hui sous sa forme organisée, naît à Montréal en 1875 à partir d'un ensemble de règles rédigées par J.G.A. Creighton, un étudiant de McGill. Le remplacement de la balle par un disque plat en bois (rondelle) constitue une innovation clé qui donne plus de maîtrise aux joueurs. On ne connaît aucune explication sensée sur l'origine du mot « puck ».


Organisation du sport et origines de la coupe Stanley
En 1879, une première équipe structurée est formée à l'Université McGill et, avec l'instauration d'un ensemble de règles de base, ce sport se répand rapidement dans tout le Canada. Le premier « Championnat du monde » est tenu en 1883 à l'occasion du Carnaval de glace de Montréal et est remporté par l'Université McGill. La première association nationale, connue sous le nom d'Association de hockey amateur du Canada, est formée en 1886 et regroupe des représentants des villes de Québec, de Montréal et d'Ottawa. En 1890, un groupe de collèges, d'universités, de clubs militaires et athlétiques forment l'Association de hockey de l'Ontario. En 1893, le gouverneur général Lord STANLEY offre un trophée pour le championnat national. Le premier match en vue de l'obtention de la COUPE STANLEY est disputé le 22 mars 1893; le Montréal AAA remporte la victoire devant 5000 spectateurs.
À ses débuts, le hockey est joué dans des conditions rudimentaires, principalement sur des surfaces de glace naturelle, avec des bancs de neige comme rampes et des poteaux de bois pour buts. Chaque équipe envoie neuf joueurs à la fois sur la patinoire et la passe avant est interdite. La règle du hors-jeu et la mise au jeu originale sont empruntées au RUGBY.
En raison de son jeu rapide et rude, le hockey gagne rapidement des adeptes; de fortes rivalités naissent bientôt. Les universités américaines commencent à pratiquer ce sport, et la première à le faire est Yale, en 1893. Le hockey européen prend naissance à Vienne en 1885. En 1908, la Belgique, la Bohême, la France, la Grande-Bretagne et la Suisse forment la Fédération internationale de hockey sur glace, à laquelle l'Allemagne adhère en 1909. Les Falcons de Winnipeg remportent le premier Championnat du monde tenu aux Jeux olympiques d'hiver de 1920, à Anvers. En 1924, les Granites de Toronto gagnent haut la main la compétition aux Jeux olympiques d'hiver, et les Grads de l'Université de Toronto répètent cet exploit en faveur du Canada en 1928.


Croissance du professionnalisme
Le développement du hockey au Canada est profondément influencé par la croissance du professionnalisme. Dans le climat de la fin du XIXe siècle, être payé pour pratiquer un sport est immoral, mais plusieurs joueurs acceptent secrètement de l'argent. La première ligue professionnelle officielle est formée en 1903 et regroupe les équipes de Pittsburgh (Pennsylvanie), Sault Ste. Marie (Ontario), Houghton, Calumet et Sault Ste. Marie (Michigan). Les meilleurs joueurs sont pour la plupart canadiens; ils exigent des salaires extravagants, vivent en nomades d'une saison à l'autre et jouent pour le plus offrant. À un certain moment, Fred « Cyclone » TAYLOR est l'athlète le mieux payé en Amérique du Nord.
La Ligue professionnelle de l'Ontario, créée en 1908, est la première ligue officiellement professionnelle au Canada. L'Association de hockey de l'Est du Canada devient professionnelle en novembre 1908. Sa rivale, l'Association nationale de hockey, est formée en 1909 et restructurée en 1917 pour devenir la LIGUE NATIONALE DE HOCKEY (LNH). Le hockey professionnel nécessite bientôt des stades couverts, une glace artificielle et d'imposantes masses salariales. Des équipes championnes de plus petits centres urbains, comme les Millionnaires de Renfrew, disparaissent peu à peu. Les équipes de la LNH représentent toutes de plus grandes villes : les CANADIENS DE MONTRÉAL, les Wanderers de Montréal, les SÉNATEURS D'OTTAWA, le St. Pats de Toronto et, brièvement, les Bulldogs de Québec et les Tigers de Hamilton.
Expansion vers les États-Unis
Les Maroons de Montréal font leur entrée dans la LNH en 1924, et cette dernière fait une percée couronnée de succès sur le marché urbain lucratif des États-Unis en accueillant les Bruins de Boston (1924), les Americans de New York (1925), les Pirates de Pittsburgh (1925), les Rangers de New York (1926), les Black Hawks de Chicago (1926) et les Cougars de Détroit (1926). Cependant, presque tous les joueurs sont Canadiens.
La LNH contrôle le hockey, monopolise les joueurs et contrôle les salaires et les échanges de joueurs. Quelques joueurs exceptionnels gagnent 10 000 dollars par années, mais durant les années 1920, le salaire moyen chute à 900 dollars, malgré les protestations des joueurs et une menace de grève. Après 1945, le formulaire C, controversé, accorde aux équipes de la LNH le contrôle exclusif des futures carrières des garçons à partir de l'âge de 15 ans. Le seul but du hockey junior amateur devient l'entraînement de joueurs destinés à la LNH, non pas pour remporter des titres ou représenter une communauté, mais pour détecter des joueurs prometteurs.
Vers un jeu moderne : Changement des règles
Le hockey prend sa forme actuelle dans les ligues professionnelles : la LNH et la Ligue de la côte du Pacifique. Les innovations clés sont la création de trois périodes de jeu de 20 minutes (1910), les six joueurs sur la glace (1911) et un assouplissement graduel de la règle interdisant la passe avant : elle devient permise entre les lignes bleues (1918), à l'intérieur des trois zones (1929-1930), puis au-delà des lignes bleues (1930-1931). On y ajoute la ligne rouge en 1943-1944. Le jeu devient donc plus rapide et se joue davantage en équipe.
Bien que, dans les plus petites villes, la compétition demeure farouche pour l'obtention des trophées amateurs, les coupes Allan et Memorial, les yeux restent rivés sur la LNH, même si le nombre d'équipes chute à six, dont seulement deux sont canadiennes : les MAPLE LEAFS DE TORONTO et les Canadiens de Montréal. Les Sénateurs d'Ottawa dominent les années 1920, remportant quatre fois le championnat de la ligue et quatre victoires de la coupe Stanley, mais ils se retirent en 1934.
Voici quelques-uns des premiers exploits sur la glace : Joe MALONE marque sept buts dans un même match (1920); George HAINSWORTH remporte le TROPHÉE VÉZINA au cours de ses trois premières années dans la ligue; en mars 1923, Foster HEWITT décrit pour la première fois un match à la radio. Parmi les meilleurs joueurs de cette époque, on retrouve Frank « King »CLANCY, Charlie CONACHER, Bill COOK, Aurèle JOLIAT, Lester PATRICK et Nels STEWART. Howie MORENZ est le joueur le plus spectaculaire et Eddie SHORE, l'un des meilleurs défenseurs.
Années 1940 et 1950
Le nombre de matchs continue à augmenter : 48 parties dans les années 1930 puis 70 en 1949-1950. Les Maple Leafs de Toronto, dirigés par Walter « Turk »BRODA, Syl APPS, Ted KENNEDY et Max BENTLEY dominent le hockey au cours des années 1940 et remportent six fois la coupe Stanley en dix ans. Cependant, Maurice « Rocket »RICHARD, des Canadiens de Montréal, reste de loin le meilleur joueur offensif, marquant 50 buts en 50 matchs en 1944-1945, dont 5 buts et 3 aides au cours d'un même match.
Expansion à partir des années 1960
En 1967, la LNH s'étend à six villes américaines : Los Angeles, Oakland, St. Louis, Minnesota, Pittsburgh et Philadelphie. Les CANUCKS DE VANCOUVER et les Sabres de Buffalo s'y joignent en 1970-1971. Toronto remporte encore la coupe Stanley quatre fois avant l'expansion, et Montréal commence une autre série de victoires. Chicago remporte sa première coupe Stanley en 23 ans en 1960-1961, inspirée par les excellents Bobby HULL, Stan MIKITA et Glenn HALL.
Ligue rivale
Le monopole du hockey professionnel exercé par la LNH est rompu en 1971 lorsque l'ASSOCIATlON MONDIALE DE HOCKEY (AMH) voit le jour. Plus de 70 joueurs de la LNH s'y joignent, dont Bobby Hull. Elle débute avec douze équipes et en accepte quatorze, puis l'augmentation des dépenses et la diminution des spectateurs font chuter le nombre de ses équipes à sept. La bagarre est tolérée depuis toujours dans le hockey canadien, mais sa généralisation, qui vient pallier le manque de talent, ternit sérieusement l'image du sport. Des joueurs comparaissent d'ailleurs en cour civile à la suite d'incidents très médiatisés.

Dans les années 90, l'expansion donne même lieu à la renaissance des Sénateurs d'Ottawa. En 1983-1984, Edmonton devient la première équipe de la défunte AMH à remporter la coupe Stanley, mettant ainsi fin au règne de quatre ans des Islanders de New York. L'équipe des Oilers, comptant plusieurs formidables marqueurs, s'empare d'ailleurs de la coupe à quatre reprises au cours des six années suivantes avant d'être démantelée par son propriétaire. Au début des années 90, les Penguins de Pittsburgh, avec à leur tête Mario Lemieux, devient l'équipe dominante. Plusieurs concessions sont aux prises avec des difficultés financières à cause de la montée fulgurante des salaires. C'est d'ailleurs le cas de l'équipe des Nordiques, que l'on déménage à Denver en 1995. En 1996, les Jets sont également vendus à un groupe de Phoenix.
Le sport connaît un autre événement important à la fin de la décennie avec le départ à la retraite, en avril 1999, de Gretzky, que beaucoup considèrent comme étant le plus grand joueur de hockey.
Le jeu dans les années 2000
En 2000, avec l'ajout des Minnesota Wild et des Columbus Blue Jackets cette même année, la LNH passe à 30 équipes. Cependant, les équipes canadiennes ont de plus en plus de mal à affronter la concurrence sur le plan financier sur le marché américain, et Toronto est la seule équipe canadienne à jouer régulièrement devant des salles combles. Le Programme d'aide canadienne à la LNH offre une aide seulement lorsque les équipes peuvent démontrer leur viabilité. Or, au Canada, la viabilité de la plupart des équipes est continuellement mise en péril par la baisse de fréquentation. En 1999, la direction des Sénateurs d'Ottawa annonce qu'à moins que le gouvernement fédéral soit prêt à offrir un soutien financier, les Sénateurs seraient la prochaine équipe canadienne vendue aux É.-U. En janvier 2000, dans une annonce surprenante, le gouvernement fédéral explique sous quelles conditions il apportera une aide annuelle aux équipes de hockey canadiennes jusqu'en 2004. La proposition est vivement critiquée, toutefois, et immédiatement retirée, mais les Sénateurs restent à Ottawa,
Cependant, la pression continue de monter, les joueurs s'opposant à un plafonnement salarial et, en 2004, les propriétaires des équipes imposent un lock-out, interdisant aux membres de l'Association des joueurs de la LNH de jouer, et ce pendant 310 jours, de la fin de 2004 au milieu de 2005. La grève aboutit à un plafonnement salarial de 39 millions de dollars américains par équipe et à une baisse sensible des salaires des joueurs, mais pour la première fois dans un sport nord-américain majeur, une ligue perd toute une saison à cause d'un conflit du travail. La grève entraîne également l'annulation des éliminatoires de la COUPE STANLEY et, pour la deuxième fois de son histoire, la coupe n'est pas attribuée. Toutefois, à l'expiration de la convention collective de 2005 en 2012, les parties ne parviennent pas à s'entendre et la ligue impose de nouveau un lock-out aux joueurs. L'impasse fait de nouveau chanceler le sport et menace toute la saison pour la deuxième fois en 10 ans.
Depuis quelques années, le nombre de joueurs de la LNH recrutés dans le hockey junior canadien a baissé de 20 %, davantage de joueurs venant d'Europe et des É.-U. Cependant, plusieurs grands joueurs sortent des patinoires canadiennes, comme Jonathan Toews et Sidney CROSBY.
Hockey international
Après avoir remporté, de 1920 à 1952, le Championnat du monde 15 fois sur 19 grâce à des équipes seniors amateurs face aux meilleurs joueurs du monde, le Canada gagne encore en 1955, en 1958 et en 1961, puis seulement en 1994 et en 1997. Mais après leur victoire au Championnat du monde en 1954 et une médaille d'or aux Jeux olympiques de Cortina (Italie) en 1956, les Soviétiques commencent à dominer le hockey international. De 1963 à 1973, les Soviétiques remportent 11 des 12 titres de champion olympique et de champion du monde, mais les Canadiens s'entêtent à croire que les Soviétiques s'effondreront contre les professionnels. Enfin, une équipe d'étoiles de la LNH affronte les Soviétiques lors du TOURNOI DE HOCKEY CANADA - URSS (1972), peut-être l'événement sportif le plus mémorable de l'histoire canadienne. La victoire serrée du Canada (quatre victoires, trois défaites et un match nul) provoque presque une crise d'identité nationale. Le 25e anniversaire du tournoi (c'est-à-dire de la victoire du Canada) est célébré partout au Canada en 1997.
Le succès des équipes canadiennes ne se dément pas aux matchs de la COUPE CANADA ni à l'occasion des compétitions ultérieures. Lors de la Coupe Canada (qui devient la Coupe du monde en 1996), compétition internationale des équipes d'étoiles nationales qui se tient tous les trois ou quatre ans, le Canada remporte la victoire en 1976, en 1984, en 1987 et en 1991 (il ne perd qu'en 1981 et 1996). En 1992 et en 1994, l'équipe olympique canadienne remporte des médailles d'argent aux Olympiques, malgré l'absence de joueurs de la LNH (voir ÉQUIPES OLYMPIQUES CANADIENNES DE HOCKEY), mais les équipes soviétiques (par la suite, russes) continuent à dominer les championnats du monde et les Olympiques en gagnant à nouveau en 1992.
La popularité grandissante et le développement plus efficace du hockey en Suède, en Finlande, en République tchèque, en Slovaquie et aux États-Unis se reflètent dans le nombre croissant de joueurs de la LNH en provenance de ces pays, dont de nombreuses nouvelles vedettes russes, suédoises, finlandaises et tchèques dans les années 1990.
Après 1994, le Canada gagne le Championnat du monde à deux reprises, la Finlande et la Suède, à une reprise et la République tchèque, quatre fois. La Suède remporte la médaille d'or aux Jeux olympiques de 1996, et les Tchèques en ont fait de même en 1998.
Les échecs du Canada aux compétitions internationales, en particulier les défaites contre les États-Unis à la Coupe du monde de 1997 et contre la République tchèque aux Olympiques de Nagano de 1998, provoquent de nouvelles inquiétudes au Canada. Les lignes ouvertes, articles de journaux et documentaires télévisés soulignent le fait que les Canadiens ne peuvent plus dominer leur sport national ni même continuer à faire partie des meilleurs. Pendant que le débat met l'accent sur le peu de temps consacré à former de jeunes hockeyeurs canadiens de haut niveau, sur l'individualisme acharné et dépassé ou sur l'effet dévastateur de la saison de la LNH sur ses joueurs, on néglige d'aborder un certain nombre de facteurs. Le Canada est le pays avec le plus grand nombre de jeunes qui pratiquent ce sport. Depuis 1977, date où sont nés les Championnats du monde junior, le Canada les a remportés à 10 reprises et a gagné ce titre précieux 5 fois d'affilée, de 1993 à 1997. L'intérêt pour le hockey féminin augmente rapidement avec l'admission du sport aux Olympiques (le Canada remporte la médaille d'argent aux Jeux de Nagano). Les grands joueurs arrivent et repartent, et de nombreux joueurs canadiens exceptionnels ne sont plus au sommet de leur forme en 1997-1998, et ce, depuis longtemps. Mario Lemieux vient de prendre sa retraite. Les équipes canadiennes ont encore à apprendre des Européens en ce qui concerne le jeu collectif sur de grandes surfaces de glace et les stressants tirs de fusillade, qui ont permis aux Tchèques de remporter la victoire sur les Canadiens.
Tout comme après le rappel à la réalité lors de la confrontation de 1972 aux Jeux olympiques, les Canadiens ne sont pas près de se désintéresser du hockey ni de cesser de le considérer comme faisant partie de leur identité nordique. Même le curieux aspect économique du sport professionnel - les propriétaires semblent retirer davantage de profits à faire jouer leur équipe dans un stade vide en Caroline que dans un stade plein à Edmonton et à Calgary - ne semble pas avoir d'incidence sur l'engouement des Canadiens pour le hockey.
À Salt Lake City, en 2002, le Canada renoue enfin officiellement avec l'or olympique en hockey en battant l'équipe féminine américaine 3 à 2. Contrairement aux Jeux de Nagano - lors desquels le Canada, bien que largement considéré comme favori au hockey féminin, a connu la défaite -, les Canadiennes remportent la victoire à Salt Lake City après avoir perdu huit fois contre les Américaines en période préolympique. Déterminées, acharnées et fouettées par les rumeurs selon lesquelles les Américaines auraient piétiné le drapeau canadien sur le plancher de leur vestiaire, les Canadiennes l'emportent 3 à 2, malgré une interminable suite de pénalités demandées par l'arbitre américain.
Le parcours est plus difficile pour l'équipe masculine canadienne, qui doit faire face à au moins cinq équipes susceptibles de monter sur la première marche du podium. En novembre 2000, Wayne GRETZKY est désigné pour diriger l'équipe. Avec les membres de son personnel, dont l'entraîneur qu'il choisit lui-même, Pat Quinn des Maple Leafs de Toronto, il décide de sélectionner des joueurs qui sont aptes à jouer sur une surface internationale, plus grande que celle à laquelle sont habitués les joueurs canadiens. La performance de l'équipe lors de la ronde préliminaire n'inspire confiance ni aux médias ni aux partisans; elle se laisse vaincre par la Suède, qui remporte le match 5 à 2, arrache péniblement une victoire par 3 à 2 à une équipe allemande plutôt faible et égalise la marque de 3 à 3 contre les Tchèques. Piqué par la critique, Gretzky s'en prend aux détracteurs de l'équipe, tout particulièrement à ceux des médias. En quart de finale contre les Finlandais, qui ont battu les Russes, le Canada prend les devants avec 2 à 0 et finit par gagner 2 à 1. La confiance revient lorsque les Canadiens mettent les Finlandais hors jeu grâce à un avantage des tirs au but de 34 à 19. La voie vers le match de la médaille d'or s'ouvre fortuitement lorsque le gardien de but Tommy Salo laisse passer un but hasardeux et que la Suède est battue par le Bélarus. Le Canada défait facilement ce dernier par un compte de 7 à 1. Même s'il contrôle rapidement le jeu dans le match final, ce sont les États-Unis qui marquent en premier. Les Canadiens créent l'égalité avec un but marqué par Paul Kariya six minutes plus tard et Joe Sakic fait une passe à Jarome Iginla, qui place l'équipe en tête à la fin de la première période. Les Américains égalisent la marque pendant la deuxième période, mais Joe Sakic marque et redonne l'avance au Canada, qui la conserve pendant la troisième période. Les derniers buts marqués, par Iginla et Sakic, permettent au Canada de remporter la victoire 5 à 2. Sakic est nommé « joueur le plus utile du tournoi ».
Aux Jeux olympiques de Turin, en 2006, l'équipe masculine de hockey ne parvient pas à rééditer son exploit de 2002. Douze équipes doivent s'affronter en tournoi à la ronde, et l'équipe canadienne est considérée comme l'une des meilleures. Les joueurs, parmi les meilleurs de la LNH et qui ont marqué, à eux tous, plus de 320 buts jusque-là, donnent l'impression d'avoir perdu de vue l'enjeu de la compétition et sont éliminés en quarts de finale. L'équipe canadienne se classe septième, la Suède, la Finlande et la République tchèque remportent respectivement l'or, l'argent et le bronze.
L'équipe féminine de hockey, quant à elle, est de nouveau victorieuse en 2006. Le Canada et les États-Unis partent favoris pour obtenir des médailles, mais la Suède parvient à écarter les États-Unis et affronte le Canada en finale. Les Canadiennes remportent l'or après avoir marqué 4 buts contre 1 pour les Suédoises. C'est la première fois que les équipes canadienne et américaine affrontent d'autres équipes avec lesquelles elles doivent compter en hockey féminin.
Aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010, le Canada présente de solides équipes, unies, ce qui lui permet de remporter la médaille d'or dans les tournois masculin et féminin. On sélectionne un groupe de grands joueurs canadiens de la LNH pour composer l'équipe masculine dirigée par le légendaire Steve YZERMAN et entraînée par Mike Babcock. L'équipe remporte une victoire contre les Norvégiens et une contre les Suisses avant de s'incliner 5 à 3 contre les Américains. Dans un second souffle, grâce au remplacement du gardien Martin Brodeur par Roberto Luongo et à plusieurs ajustements aux formations, l'équipe remonte la pente en battant l'Allemagne 8 à 2. Elle gagne ensuite contre la Russie, puis la Slovaquie et se qualifie pour la finale. Quant à la Finlande, elle remporte la médaille de bronze face à la Slovaquie. Le battage médiatique entourant la finale du 28 février se focalise sur la volonté des États-Unis de remporter à nouveau la médaille d'or comme lors du « miracle sur la glace » d'il y a 30 ans face à l'Union soviétique à Lake Placid, en 1980. Au cours d'un des matchs les plus disputés de l'histoire olympique, le Canada bat les États-Unis 3 à 2 en prolongation grâce à la passe décisive de Jarome Iginla à Sidney CROSBY, qui marque face au gardien Ryan Miller. Le but de Crosby est considéré comme un des plus importants dans l'histoire du hockey canadien.
Comme en 2002 et en 2006, l'équipe féminine canadienne domine les Jeux olympiques jusqu'à la finale du 25 février contre les États-Unis. Encore une fois entraînée par Melody Davidson, l'équipe, composée de joueuses un brin plus jeunes, blanchit la Slovaquie en début de tournoi, puis bat la Suisse et la Suède avant de blanchir la Finlande. À la finale, l'équipe féminine gagne encore une fois par un jeu blanc de 2 à 0 contre les États-Unis. Ainsi, ses trois représentations aux Olympiques se soldent par trois médailles d'or. L'équipe est par la suite fustigée par les médias pour avoir fêté sa victoire sur la glace une fois les partisans partis.
Hockey sur luge
Le Canada est depuis plus d'un siècle considéré comme le pays du hockey. La suprématie du Canada en hockey sur luge aux Jeux paralympiques n'est pas aussi facile à établir qu'au hockey traditionnel. Le hockey sur luge, joué par des athlètes qui n'ont pas l'usage de leurs membres inférieurs, est mis au point par trois Suédois à Stockholm, en 1961, sur une patinoire extérieure. Ce sport prend rapidement de l'ampleur; le Canada prend part à sa première compétition internationale en 1976. En 1994, date à laquelle le hockey sur luge devient officiellement un sport de compétition aux Paralympiques, le Canada y envoie une équipe qui n'obtient qu'un succès mitigé. C'est en 1996 que l'équipe devient un adversaire avec lequel rivaliser sur la scène internationale quand elle remporte le bronze aux Championnats du monde et qu'elle décroche l'or en 2000. L'équipe doit toutefois attendre 2006, à Turin, pour décrocher l'or paralympique après une finale où elle affronte l'équipe norvégienne. L'équipe canadienne éprouve de nombreuses difficultés dans le tournoi à la ronde, mais finit par se qualifier pour la finale. Le Canada l'emporte par 3 à 0 contre la Norvège. Aux Championnats du monde de 2008, l'équipe de hockey sur luge du Canada affronte une nouvelle fois l'équipe norvégienne et remporte l'or.
L'équipe canadienne ne parvient pas à renouveler cet exploit chez elle, aux Jeux paralympiques de Vancouver, en 2010. Même si elle commence le tournoi en bonne position grâce à des victoires contre l'Italie, la Suède et la Norvège, sa défaite face au Japon en demi-finale la conduit à disputer la médaille de bronze à la Norvège. Malheureusement, le Canada perd 2 à 1.
Voir aussi: CHAMPIONS DE LA COUPE STANLEY 1892-1944; CHAMPIONS DE LA COUPE STANLEY.
Auteur JAMES MARSH
Bibliographie
The Official National Hockey League 75th Anniversary Commemorative Book (1991); Dan Diamond, édit., Cent ans de Coupe Stanley. Chroniques officielles de la Ligue nationale de hockey (1992); D'Arcy Jenish, The Stanley Cup (1992); Years of Glory 1942-1967 (1994); Richard Gruneau et David Whitson, Hockey Night in Canada: Sport, Identities and Cultural Politics (1994); Mike Leonetti, Hockey's Golden Era: Stars of The Original Six (1998); Bill Boyd, Hockey Towns: Stories of Small Town Hockey in Canada (1999); Andrew Holman, Canada's Game, Hockey and Identity (2009); Lorna Schultz Nicholson, Winning Gold, Canada's Incredible 2002 Olympic Victory in Women's Hockey (2009); Wayne Norton, Women on Ice, The Early Years of Women's Hockey in Western Canada; Lorna Schultz Nicholson, Fighting for Gold, The Story of Canada's Sledge Hockey Paralympic Gold (2009); Andrew Podnieks, Canada's Olympic Hockey History (2010).
Liens supplémentaires
Hockey Canada
Hockey Canada s'occupe également des programmes des équipes nationales féminines et masculines qui représentent le Canada lors d'importants tournois internationaux, lors des Championnats mondiaux et à l'occasion des Jeux Olympiques.
Canadiens de Montreal
Le site Web officiel du Club de hockey Canadien.
Maurice Richard
Ce site des archives de la CBC est consacré à la vie et à la carrière de Maurice Richard, légende du hockey.
Hockey : la passion d'une nation
Vous n’avez pas à chausser vos patins pour visiter cette exposition multimédia interactive sur l’histoire et l’importance culturelle du sport national canadien. Site web du Musée virtuel.
Regard sur le Hockey
Explorez le site Regard sur le hockey. Découvrez les trésors cachés de Bibliothèque et Archives Canada.
Fous de hockey!
Site Web cbc.ca dédié à le sport national du Canada.
Top 10 des choses les Canadiens devraient connaître le Canada
Cliquez sur le lien 101things.ca de découvrir le top 10 des choses les gens devraient savoir à propos du Canada, une liste élaborée à partir d'une enquête nationale sur ce que les Canadiens jugeaient les 101 personnes, endroits, symboles, événements et innovations qui définissent notre nation plus. De l'Institut Historica-Dominion.
Les femmes dans le sport au Canada
Cette collection de biographies d'athlètes canadiennes exceptionnelles fait partie de la série Femmes à l’honneur : leurs réalisations de Bibliothèque et Archives Canada. Offre également ressources pédagogiques et titres d'ouvrages de référence.
Comité olympique canadien
Le site Web officiel du Comité olympique canadien. Le COC est responsables de l'ensemble des aspects de la participation du Canada au Mouvement olympique.
Athlètes olympiques canadiens
Le site Athlètes olympiques canadiens présente une base de données consultable de photographies d'athlètes canadiens qui ont participé aux Jeux olympiques depuis le début du XXe siècle. Par Bibliothèque et Archives Canada.
SIRC
SIRC, chef de file mondial de l’information sur le sport, se donne comme mandat de recueillir, d’archiver l’information de pointe sur le sport et de la partager avec les passionnés du sport au Canada et partout sur la planète.
Mercurys d’Edmonton
Représentant le Canada aux Olympiques de 1952 à Oslo, les Mercurys d’Edmonton ont remporté le championnat. Cinquante années se sont écoulées avant que le Canada voie l’or de nouveau.
Par Bibliothèque et Archives du Canada.
Le hockey féminin
Information sur l'histoire du hockey féminin. Par Bibliothèque et Archives Canada.
Sport et Société
Un site Web complet dédié à l'histoire du sport au Québec.
Le Projet Mémoire : Hockey
Écoutez une entrevue avec l'ancien combattant canadien Charles Goulet Henri de son service militaire en temps de guerre (qui comprenait à jouer au hockey). Consultez également liées à des artefacts numérisés et des souvenirs. De l'Institut Historica-Dominion.


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