Groupes tribaux
Il existait au moins cinq tribus de Heiltsuks, chacune possédant son dialecte, son grand chef, son territoire, son village d'hiver et ses rites cérémoniels. Contrairement aux tribus autochtones plus au nord, mais à l'instar de leurs voisins au sud, les Heiltsuks suivent la filiation indifférenciée, règle qui permet à l'individu de se réclamer de n'importe laquelle de ses lignées parentales pour y adhérer et en acquérir les droits. Ils avaient en outre des clans à emblème ou symbole fondés sur la lignée, semblables à ceux de leurs voisins nordiques. Ces clans étaient classés selon un ordre, celui du corbeau étant le premier, suivi de l'aigle, de l'épaulard et du loup. Chacun de ces clans était représenté dans chaque tribu heiltsuk et avait, entre autres obligations, celle d'assumer les tâches commémoratives, lesquelles revenaient au groupe associé au père de la personne décédée.
Relations sociales
La société heiltsuk était hiérarchisée et comptait cinq classes : celle du grand chef, celle du chef, celle de la noblesse, celle des roturiers et, enfin, la classe inférieure. Les classes supérieures maintenaient leur statut au moyen du POTLATCH et du système cérémonial qui permettait aux chefs de faire appel aux ressources des autres pour organiser des danses et des festins. Lors de ces rassemblements, on faisait étalage de ses prérogatives héréditaires, lesquelles étaient reconnues tant au sein qu'à l'extérieur de la société heiltsuk.
Économie
L'économie des Heiltsuks était fondée sur la récolte et la conservation de poissons, d'oiseaux, de mammifères terrestres et marins, de plantes et d'invertébrés marins. Plantes et animaux domestiques leur étaient inconnus. Vers la fin de l'hiver, les familles heiltsuks quittaient les villages centraux d'hiver pour gagner les camps saisonniers où elles préparaient les vivres à entreposer en vue des cérémonies de l'hiver. Le commerce entre les camps était en fonction des ressources disponibles. Pour pallier l'absence de certaines ressources locales, on recourait au troc avec d'autres tribus. Les Heiltsuks servaient d'intermédiaires aux tribus côtières pour échanger leurs ressources marines avec les tribus de l'intérieur, comme les NUXALKS (Bella Coolas) et les Porteurs athapaskans.
Logement et transport
Les villages d'hiver étaient constitués de maisons en planches de cèdre, avec toits en pignon, double faîtage et colonnes intérieures sculptées. Les Heiltsuks construisaient parfois des maisons en écorce sur les sites de campement. Ils voyageaient surtout en canots d'écorce de cèdre, conçus différemment pour naviguer sur l'océan ou les lacs. Ils excellaient aussi dans le travail du bois et fabriquaient notamment des boîtes et coffres en bois cintré.
Influences euro-canadiennes
Leurs premiers contacts avec les Européens eurent lieu dans les années 1780, mais ils n'ont vraiment traité avec eux qu'au début des années 1800, quand ils ont commencé à participer activement à la TRAITE DES FOURRURES maritime. En 1833, la COMPAGNIE DE LA BAIE D'HUDSON établit Fort McLoughlin dans l'île Campbell, un dépôt servant aux fourrures que les Heiltsuks venaient échanger. Mais la compagnie ferma le poste en 1843, celui-ci étant devenu vétuste après l'acquisition du Beaver, un bateau à vapeur beaucoup plus commode pour collecter les fourrures.
Après les années 1850, les tribus heiltsuks, lourdement décimées par une série d'ÉPIDÉMIES, se rassemblent à la baie McLoughlin. Dans les années 1880, la population heiltsuk est déjà réduite à quelque 200 personnes. En 1898, guidés par des missionnaires méthodistes, ils s'installent sur le site actuel de Bella Bella.
Situation actuelle
Au XXe siècle, Bella Bella est devenue une communauté prospère qui participe à la pêche commerciale des oeufs de hareng et à l'exploitation forestière. Les coutumes rituelles demeurent vivaces et lient la communauté à son héritage culturel. Les potlatchs continuent de marquer les passages importants de la vie familiale des Heiltsuks. En 1996, 1210 des 2182 membres de la tribu des Heiltsuks vivaient dans la réserve de Bella Bella.
Auteur DOROTHY KENNEDY
Bibliographie
Franz Boas, « The Social Organization of the Tribes of the North Pacific Coast », American Anthropologist 26 (1924); Suzanne Hilton, « Haihais, Bella Bella and Oowekeeno », Handbook of North American Indians, vol. 7 (1990); Ronald Olson, « Notes on the Bella Bella Kwakiutl », Anthropological Records 14. 3 (1955); Suzanne Storie, [Hilton] et Jennifer Gould, Bella Bella Stories: Told by the People of Bella Bella (1973).
Liens supplémentaires
Le Concours canadien de rédaction pour Autochtones
Site Web du Concours canadien de rédaction & d’arts pour Autochtones. Par l'Institut Historica-Dominion.


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