Les Canadiens font également partie d'unités impériales irrégulières comme les Canadian Scouts et le Brabant's Horse.
On peut diviser la guerre en trois phases. Un climat d'euphorie marque le début des hostilités et se termine avec la « semaine noire » des Anglais à la mi-décembre 1899. Dans cette première période, caractérisée par les erreurs et les défaites de l'armée britannique, les Canadiens sont surpris par les soldats afrikaners plus nombreux, très mobiles, munis d'armes modernes et qui, résolus à défendre leur patrie, l'emportant sur les Anglais. La situation s'inverse durant la deuxième phase, de février à août 1900. Les troupes britanniques, réorganisées, renforcées et dirigées par des nouveaux chefs, entreprennent alors leur progression vers Bloemfontein et Pretoria, les capitales du Transvaal et de l'État d'Orange. Après la fuite en Europe de Paul Kruger, le président de la RSA, trois mois après la chute de Pretoria, la guerre se poursuit pendant deux ans et devient une guérilla monotone et vicieuse, où les Anglais recourent aux bunkers, incendient les fermes et créent des camps de concentration pour soumettre les « irréductibles ».
Seuls les 1er et 2e contingents, le Lord Strathcona's Horse, le 2e BCFC et la South African Constabulary participent aux combats. Le reste des troupes arrive au moment de la ratification du Traité de paix de Vereeniging, le 31 mai 1902. Les soldats canadiens se distinguent lors des batailles de PAARDEBERG, de Zand River, de Mafeking, de LELIEFONTEIN, de Lydengurg, de Hart's River, et ailleurs. Leur ténacité, leur fougue et leur sens de l'initiative semblent bien adaptés aux tactiques de guérilla peu orthodoxes des Afrikaners. Quatre Canadiens reçoivent la CROIX DE VICTORIA, 19 autres, l'Ordre du service distingué, et 17, la médaille de conduite distinguée. La soeur infirmière en chef canadienne, Georgina POPE, reçoit la Royal Red Cross, tandis que 117 soldats sont mentionnés dans les dépêches. Au cours des derniers mois de la guerre, 40 enseignants canadiens se rendent en Afrique du Sud dans le cadre du plan de reconstruction de Milner.
Au pays, les Canadiens accueillent avec fierté les succès militaires de leurs soldats et célèbrent leurs victoires par des défilés et des manifestations massives qui durent plusieurs jours. Ils donnent aux hommes une assurance-vie quand ils s'enrôlent, les inondent de cadeaux au moment de leur départ et pendant leur service, puis les fêtent à leur retour. Les citoyens crée un fonds patriotique et mettent sur pied une division canadienne de la Soldiers' Wives' League, qui s'occupe de leurs personnes à charge, ainsi que la Canadian South African Memorial Association, chargée de marquer des inscriptions sur les tombes des 244 morts canadiens, plus de la moitié victimes de maladie, surtout de la fièvre intestinale. Après la guerre, ils érigent des monuments à la mémoire des combattants. Les blessés, les soldats qui, comme L.W. Mulloy, sont revenus aveugles, sont très acclamés et demeurent longtemps les témoignages vivants du drame humain qu'est la guerre.
Les succès des soldats canadiens et leurs critiques à l'endroit des chefs militaires britanniques et de leurs valeurs sociales procurent aux Canadiens une confiance renouvelée en eux-mêmes, laquelle relâche au lieu de resserrer les liens avec l'empire. Beaucoup de jeunes vétérans canadiens de la guerre des Boers, comme R.E.W. TURNER, E.W.B. Morrison, A.C. MACDONNELL, E.H. Burstall et V.A.S. Williams, joueront aussi un rôle éminent durant la Première Guerre mondiale. Ce conflit gâche aussi les relations entre les Canadiens français et anglais. L'amertume engendrée par cette guerre provoque trois jours d'émeute à Montréal. Par conséquent, tout en renforçant indubitablement l'identité canadienne-anglaise, cette guerre laisse dans son sillage méfiance et ressentiment.
Auteur CARMAN MILLER
Bibliographie
S. Evans, The Canadian Contingents and Canadian Imperialism (1901); Carman Miller, « Canada and the Boer War, » Canada's Visual History, vol. 24 (1978); Thomas Pakenham, The Boer War (1979).
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