Une expédition se met en branle lorsque des marchands investissent du capital de risque. Normalement, on transforme simplement un navire marchand en navire de guerre, mais il arrive qu'un vaisseau soit expressément construit à cette fin. Le corsaire obtient une lettre de marque du gouverneur et le vaisseau est armé en conséquence. Les corsaires ne reçoivent pas de salaire, mais signent leur engagement dans l'espoir de partager les prises. La plupart en reviennent, mais plusieurs sont enterrés à l'étranger ou livrés à la mer dans un sac de toile avec un boulet de canon au pied. La Cour de la Vice-amirauté à Halifax décide du sort des navires capturés et de leur chargement. Si elle juge qu'ils ont été saisis légalement, ils sont vendus aux enchères publiques. Pendant la GUERRE DE 1812, le sort de 50 navires capturés par le Liverpool Packet est ainsi décidé en cour. Le juge et les fonctionnaires de la cour reçoivent une commission, puis le produit de la vente est partagé entre les propriétaires du navire corsaire, le capitaine et les membres d'équipage, et « l'informateur », c'est-à-dire le responsable de la prise.
Le TRAITÉ DE GAND, signé en 1815, met fin à la guerre de course à partir des ports canadiens, mais il faut attendre la signature d'une convention internationale en 1856, la Déclaration de Paris, pour que cesse définitivement cette activité. La guerre de course était non seulement une activité économique mais un moyen pour les gouvernements d'assurer une présence militaire offensive et défensive régionale, un peu à l'image de la milice canadienne.

Auteur JOHN G. LEEFE
Bibliographie
John G. Leefe, The Atlantic Privateers (1978).
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