La guerre de course fait allusion à l'autorisation accordée par un gouvernement aux navires privés de faire la guerre aux ennemis de l'État. Au Canada, cette pratique commence en 1613, lorsque Samuel Argall lance une attaque contre PORT-ROYAL, en Acadie. Parmi les corsaires anglais qui appareillent de Terre-Neuve et de la Nouvelle-Angleterre se trouvent les frères KIRKE, qui prennent Québec en 1629. De leur côté, des corsaires français font voile à partir de Port-Royal, de LOUISBOURG et d'autres ports éloignés; parmi eux on compte Pierre Le Moyne d'IBERVILLE, qui, en 1696-1697, capture et brûle St. John's en semant la terreur dans plusieurs collectivités le long des côtes de Terre-Neuve. De 1756 à 1815, des corsaires britanniques quittent les ports d'Halifax, de Liverpool, de Shelburne, d'Annapolis Royal, de St. Andrews et de Saint-Jean pour naviguer vers le sud jusqu'au Venezuela. Comme la Grande-Bretagne est mêlée à de nombreuses guerres, les occasions ne manquent pas pour les corsaires de s'y engager.

Une expédition se met en branle lorsque des marchands investissent du capital de risque. Normalement, on transforme simplement un navire marchand en navire de guerre, mais il arrive qu'un vaisseau soit expressément construit à cette fin. Le corsaire obtient une lettre de marque du gouverneur et le vaisseau est armé en conséquence. Les corsaires ne reçoivent pas de salaire, mais signent leur engagement dans l'espoir de partager les prises. La plupart en reviennent, mais plusieurs sont enterrés à l'étranger ou livrés à la mer dans un sac de toile avec un boulet de canon au pied. La Cour de la Vice-amirauté à Halifax décide du sort des navires capturés et de leur chargement. Si elle juge qu'ils ont été saisis légalement, ils sont vendus aux enchères publiques. Pendant la GUERRE DE 1812, le sort de 50 navires capturés par le Liverpool Packet est ainsi décidé en cour. Le juge et les fonctionnaires de la cour reçoivent une commission, puis le produit de la vente est partagé entre les propriétaires du navire corsaire, le capitaine et les membres d'équipage, et « l'informateur », c'est-à-dire le responsable de la prise.

Le TRAITÉ DE GAND, signé en 1815, met fin à la guerre de course à partir des ports canadiens, mais il faut attendre la signature d'une convention internationale en 1856, la Déclaration de Paris, pour que cesse définitivement cette activité. La guerre de course était non seulement une activité économique mais un moyen pour les gouvernements d'assurer une présence militaire offensive et défensive régionale, un peu à l'image de la milice canadienne.

Pierre Le Moyne Iberville
Pierre Le Moyne Iberville
Pierre Le Moyne Iberville, portrait tiré du livre « The Conquest of Canada », Londres, 1850 (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/C-26026).
NCSM « Observer »
NCSM « Observer »
Pendant la guerre de l'Indépendance américaine, des vaisseaux rebelles rôdent dans les eaux de la Nouvelle-Écosse à la recherche de butin. Le 29 mai 1782, l' « Observer » déclenche une attaque contre le « Jack » au large du port de Halifax (avec la permission du National Maritime Museum, à London).

Auteur JOHN G. LEEFE


Bibliographie
John G. Leefe, The Atlantic Privateers (1978).


Liens supplémentaires
Le butin de la guerre : les corsaires en Nouvelle-Écosse
À l'affiche de cette exposition virtuelle, de nombreux documents historiques numérisés concernant les corsaires en Nouvelle-Écosse. Par Nova Scotia Archives & Records Management.

Simeon Perkins
Une biographie de Simeon Perkins qui, au dix-huitième siècle, en Nouvelle-Écosse, fut homme d'affaires, politicien et officier de milice. Son engagement personnel dans la course, au niveau local, y est exposé en détail.

Glossaire : Pirates ou corsaires


Les corsaires prennent les navires marchands pour cibles
Information sur les corsaires prennent les navires marchands pour cibles. Par la Passerelle pour l'histoire militaire canadienne.

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