Le Columbia continue vers le sud à travers l'État de Washington, mais un écoulement de lave et des débris glaciaires le forcent à quitter son lit naturel pour décrire une nouvelle courbe gigantesque appelée « Big Bend ». La rivière Okanagan (314 km), qui draine les lacs de la VALLÉE DE L'OKANAGAN, se joint au fleuve à la pointe du coude. Juste au nord de la frontière de l'Oregon, la rivière Snake le rejoint puis décrit un virage à angle droit pour couler vers l'ouest et se jeter dans le Pacifique en aval de Portland, en Oregon. Le Columbia est un long fleuve puissant qui a creusé des gorges profondes le long de la majeure partie de son cours et il domine l'un des plus importants BASSINS HYDROGRAPHIQUES en Amérique du Nord : 155 000 km2 au total (dont 51 800 km2 aux États-Unis). Le débit moyen du fleuve à la frontière canado-américaine est de 2800 m3/s.
D'abord appelé « Rio de San Roque » par des explorateurs espagnols, le Columbia est redécouvert par le capitaine Robert Gray, un commerçant de Boston qui lui a donné le nom de son navire, le Columbia. (Le fait que le fleuve tire son nom d'un navire est peut-être unique.) David THOMPSON, de la Compagnie du Nord-Ouest, est le premier à l'explorer de ses eaux d'amont à son embouchure (1811), mais des commerçants américains l'ont précédé sur terre : ils sont alors déjà au travail à Fort Astoria. Par la suite, la Compagnie de la baie d'Hudson construit Fort Vancouver (1824-1825) 150 kilomètres de son embouchure, et le fleuve, qui constitue alors la seule voie fluviale vers l'intérieur à partir du Pacifique, est une voie de circulation importante jusqu'à l'arrivée du chemin de fer. Le Columbia devient la frontière de fait entre les territoires britannique et américain mais, dans les années 1840, avec l'augmentation de l'immigration américaine dans la région, les Britanniques acceptent d'établir la frontière au 49e parallèle.
Même si ses eaux d'amont se trouvent au Canada, la majeure partie du développement le long du fleuve s'est faite aux États-Unis. Le Canada convient, en vertu du TRAITÉ DU FLEUVE COLUMBIA (1961, ratifié par le Canada en 1964), de construire trois barrages-réservoirs : le barrage Duncan (1967), au nord du lac Kootenay, le barrage Hugh Keenleyside (1968), sur le Columbia, et le barrage Mica (1973), au nord de Revelstoke. Le projet Mica, qui commence à produire de l'énergie en 1976-1977, a une puissance nominale de 1736 MW, et on estime le potentiel total de la rivière à 4000 MW au Canada.
L'accord est controversé en raison des perturbations environnementales causées par les barrages et parce que ce sont les États-Unis qui ont surtout profité de l'irrigation et de l'énergie hydroélectrique. Le Canada partage cependant les revenus et la production énergétique. On trouve sur ce fleuve certaines des génératrices hydroélectriques les plus gigantesques au monde, (par exemple, à Grand Coulée). Les barrages ont grandement entravé les montaisons de saumons. Le Columbia constituait l'une des principales zones de frai du saumon au monde.
Auteur JAMES MARSH


Le récit de la fondation de Montréal est peut-être unique dans l'histoire....
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