D'abord à Swan River au Manitoba et ensuite à Edmonton, où elle vit à partir de 1907, Murphy réussit à conjuguer vie familiale, écriture et un engagement social en faveur des femmes et des enfants. En 1911, en réponse aux pressions incessantes de mouvements animés par Murphy, l'Assemblée législative de l'Alberta vote le Dower Act (voir DOUAIRE), qui assure à l'épouse le droit à une part équivalent au tiers des biens de son mari, advenant le décès de ce dernier. Murphy s'illustre aussi au sein du mouvement pour le vote des femmes, au conseil exécutif du CANADIAN WOMEN'S PRESS CLUB (dont elle est la présidente de 1913 à 1920), au CONSEIL NATIONAL DES FEMMES DU CANADA, dans la FÉDÉRATION DES INSTITUTS FÉMININS DU CANADA (dont elle est la première présidente nationale) et dans plus d'une vingtaine d'autres organisations bénévoles et professionnelles.
Experte juridique autodidacte, elle est d'abord nommée magistrate de police pour Edmonton en 1916, puis de la province de l'Alberta, et devient par le fait même la première femme magistrate de l'Empire britannique. Confrontée à une série de cas impliquant la prostitution et la délinquance juvénile, elle mène une guerre acharnée aux narcotiques dont elle rend responsable une grande partie du crime organisé et des attaques faites envers les innocents. Son ouvrage Black Candle (1922) rassemble des articles publiés dans la revue Maclean's, décrivant avec tous les détails choquants les ravages du trafic de la drogue. À la suite de cet exposé, des lois sont votées pour réglementer les stupéfiants. Cette législation demeurera inchangée jusqu'à la fin des années 60. Mais, comme beaucoup qui sont en tête de la réforme, le dossier de Murphy est irrégulier. Sa campagne antidrogue la conduit à attaquer l'immigration chinoise et elle appuie l'EUGÉNIQUE.
Contestée dès son premier jour au tribunal par un avocat qui prétend qu'en tant que femme elle n'est pas une personne au sens du droit britannique, Murphy se lance dans une campagne, d'une durée de 10 ans, en faveur de la reconnaissance des femmes comme personnes légales, éligibles aux postes pourvus par nomination, dont le Sénat. Avec l'aide de quatre autres femmes de l'Alberta, soit Henrietta EDWARDS, Louise MCKINNEY, Nellie MCCLUNG et Irene PARLBY, elle porte l'affaire des FEMMES NON RECONNUES CIVILEMENT devant le Conseil privé de Londres qui déclare, lors du célèbre jugement de 1929, que les femmes sont vraiment des personnes selon l'AANB. Toutefois, É.Murphy n'a jamais réussi à être nommée au Sénat et elle meurt du diabète à Edmonton en 1933.
Émily Murphy, qui se décrit comme une rebelle, a été une féministe au franc parler et un personnage controversé. Au cours des dernières années, elle a attiré les critiques pour ses opinions à la fois sur l'eugénique et l'immigration. Elle a été saluée également pour sa réussite en tant que suffragette.

Auteur SUSAN JACKEL Réviseur CATHERINE CAVANAUGH
Bibliographie
C. Mander, Emily Murphy, Rebel (1986). Bryn Hope Sanders, Emily Murphy Crusader (1945).
Liens supplémentaires
Emily Murphy
Voir la Emily Murphy Patrimoine Minute de l'Institut Historica-Dominion. Voir aussi les ressources pédagogiques en ligne.
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L’affaire « Personne »
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