Université de Western Ontario. Elle est fondée en 1878 sous le nom de Western University of London comme école confessionnelle de l'Église d'Angleterre. Au début des années 1900, le conservatoire de London et le conservatoire de Brantford lui sont affiliés. Elle devient non confessionnelle en 1908 et est rebaptisée Université de Western Ontario en 1923. L'université offre un éventail complet de programmes de premier, deuxième et troisième cycles, assure un important programme d'éducation aux adultes incluant des cours dispensés dans une école d'été bilingue (français-anglais) à Trois-Pistoles, au Québec, et maintient une affiliation avec les collèges Huron, Brescia et King's. En 1968, une faculté de musique y est établie; elle est rebaptisée Don Wright Faculty of Music en 2002.


Administration et faculté de la musique
1942 - 1973

En 1942, le Western Ontario Conservatory of Music quitte ses locaux du centre-ville pour s'installer sur le campus de l'université comme école affiliée, sous la direction de Harvey Robb. Au début, les activités musicales de l'université se résument aux Sunday Nine O'Clock Concerts, aux cours d'été, à des conférences occasionnelles d'appréciation de la musique et à des concerts d'ensembles d'étudiants tels que l'Orpheus Society Glee Club dirigé par Robb, un orchestre à cordes sous la direction de Zoë Addy-Watson et un ensemble avec Don Wright au pupitre. Mais à partir de 1943, l'argent reçu de la succession Wilhelmina Morris McIntosh permet à l'université d'offrir pour la première fois des cours de musique crédités. En 1945, avec l'aide financière de la fondation A. E. Silverwood, l'université fonde le Music Teachers' College afin de fournir un programme de formation professionnelle pour les enseignants. Max Pirani en est le directeur de 1945 à 1947. Affilié à l'université, le collège propose un diplôme de deux ans en éducation musicale conçu surtout à l'intention des professeurs privés. Après le court mandat d'Ernest White, de 1947 à 1950, Harvey Robb dirige le collège de 1950 à 1957.

En 1956, le collège est intégré à la Faculté des arts et sciences de l'université et offre un baccalauréat ès arts (B.A.) avec option en musique. Parmi le personnel enseignant à cette époque, notons Alfred Rosé, venu pour y diriger les ateliers d'opéra durant l'été 1946. Clifford Poole est directeur des deux institutions de 1957 à 1959, lesquelles quittent le campus pour emménager dans l'édifice A. E. Silverwood. Des cours de technique vocale et instrumentale sont respectivement inaugurés par Earle Terry et Donald A. McKellar. En 1960, Clifford von Kuster devient directeur du collège qui, en 1961, adopte le nom de College of Music.

Des développements importants ont lieu de 1960 à 1973 pendant le mandat de Clifford von Kuster, et le collège prospère à un rythme sans précédent. Dans les années 1960, John McIntosh prend sous son aile les domaines de la théorie musicale et de la musique appliquée, et McKellar, ceux de l'éducation musicale et des ensembles instrumentaux. Des cours de musique à l'école sont inaugurés pour un nouveau programme de baccalauréat ès arts (B.A.) en 1962, mais le programme est aboli en 1964 et remplacé par un baccalauréat en musique (B. Mus.) offrant plusieurs spécialisations : histoire de la musique, matières théoriques et composition, musique appliquée et éducation musicale. Les programmes de la maîtrise en musique (M. Mus.) sont inaugurés en 1968, année où les premiers baccalauréats en musique (B. Mus.) sont décernés. Toujours en 1968, le collège se mue en Faculté de musique avec von Kuster comme doyen et, compte tenu de l'augmentation continue des effectifs étudiants, il faut ajouter des professeurs à temps plein, accroître le fonds de la bibliothèque et construire un nouvel édifice, qui ouvre officiellement ses portes en 1972.

De 1973 à aujourd'hui

Hugh McLean est doyen de la Faculté de musique de 1973 à 1980, suivi par Jack Behrens de 1980 à 1986, par Jeffrey L. Stokes de 1986 à 2000, par Robert Wood de 2001 à 2011 et par Betty Anne Younker à partir de 2011. Parmi les professeurs, nommons Ralph Aldrich, James Anagnoson, Damjana Bratuz, Gail Dixon, Mary-Lou Fallis, Arsenio Girn, Alan Heard, Wayne Jeffrey, Peter Paul Koprowski, Sandra Mangsen, Kevin McMillan, Gerald Neufeld, Alvin Reimer, Robert Riseling, Erik Schultz, Malcolm Tait, Gwen Thompson, Ronald Turini, Gerhard Wuensch et Paul Woodford. En 2009, la faculté compte 100 professeurs et 700 étudiants.


Diplômes en musique et programmes
Diplômes

Les diplômes offerts sont le baccalauréat en musique (spécialisation en éducation musicale, histoire de la musique, interprétation, matières théoriques et composition), le baccalauréat ès arts (spécialisation en musique) et le baccalauréat ès arts (études administratives de la musique et études en musique populaire, dès 2000). Les programmes d'études supérieures incluent la maîtrise en musique (composition, matières théoriques, éducation musicale, littérature et interprétation); la maîtrise en musique avec spécialisation en musicologie, théorie et musique populaire et culture est offerte dès 2007. Le doctorat en musicologie systématique est offert à partir de 1987 et la première à compléter ce diplôme est Lora L. Matthews, en 1989. En 2011, le doctorat est offert en musicologie, théorie, composition, enseignement (philosophie et psychologie). La faculté offre également un diplôme artistique en interprétation, et, dès 2000, un programme d'un an qui conduit au certificat en technologie du piano.

Des diplômes honorifiques sont décernés à Edward Johnson (1929), Reginald Stewart (1949), George Szell (1967), Guy Lombardo (1971), Margaret Ferguson (1972), Paul Henry Lang (1972), Jon Vickers (1972), Maureen Forrester (1974), Alfred Rosé (1975, à titre posthume), Robert Rosevear (1979), Anna Russell (1983), Donald Wright (1986), Oscar Peterson (1999), Clifford von Kuster (2000), Louise Pitre (2006), Anton Kuerti (2007) et Buffy Sainte-Marie (2009).


Programmes d'études
Enseignement de la musique

Un grand nombre d'étudiants se spécialisent en enseignement de la musique, une spécialisation où l'université s'est acquis une réputation enviable. Paul Green dirige ce programme de 1969 à 1979, une période où s'ajoutent d'autres professeurs, notamment Kenneth Bray, Robert Hughes, Deral Johnson, Ilona Bartalus et Harold E. Fiske. Parmi les autres directeurs du programme d'enseignement de la musique, notons Victoria Meredith et Paul Woodford

Dans les années 1970, on inaugure les cours Kodály et le département met au point un programme d'enseignement selon la méthode Suzuki pour la communauté de l'agglomération de London. En 1970, la faculté organise un projet spécial à l'intention des enseignants, Symposium II - The Baroque, en collaboration avec l'Ontario Music Educators' Association. De 1976 à 1981, le département d'éducation musicale tient une série de symposiums sur la recherche et l'université est l'hôte du 13e Congrès mondial de la Société internationale pour l'éducation musicale (SIEM) du 12 au 20 août 1978 et du symposium sur la musique et l'apprentissage continu, tenu les 7 et 8 mai 2003.

Les professeurs rattachés à la Faculté d'éducation de l'Université de Western Ontario (Althouse College of Education jusqu'en 1974) sont, entre autres, Dawson Woodburn, qui dirige également les ensembles vocaux de la Faculté de musique de 1965 à 1970, James White, Brian Strachan, Carol Beynon et Patrick Burroughs.

Interprétation

Dans les années 1970, au moment où la distribution estudiantine se fait plus uniforme dans les diverses spécialisations, les activités d'interprétation se multiplient.

Les productions estudiantines d'opéra incluent The Old Maid and the Thief de Menotti, Night Blooming Cereus de Beckwith (1971), Dido and Aeneas de Purcell (1972) et La Serva Padrona de Pergolesi (1975). L'atelier d'opéra prend de l'ampleur avec Martin Chambers; il dirige Die Zauberflöte de Mozart en 1978, Les Dialogues des Carmélites de Poulenc en 1979 et la première de A Masquerade of Dreams de Merwin Lewis. L'atelier d'opéra (renommé UWOpera en 1996) est ensuite dirigé par Reid Spencer, Brian McIntosh et, dès 1996, Theodore Baerg. Sous la direction de Baerg, on produit, entre autres, Suor Angelica (1997 et 2007) de Puccini, Die Fledermaus (1998) de Strauss, Little Red Riding Hood (2002) de Seymour Barabs, The Merry Widow (2006) de Franz Lehar, la revue musicale de Lieber et Stollers Smokey Joes Caf (2008), la satire d'Edwin Penhorwoods Too Many Sopranos (2009), Don Giovanni de Mozart (2010) et Into the Woods de Stephen Sondheim (2011).

L'expansion de la musique chorale, sous la direction de Deral Johnson, inclut des présentations annuelles d'œuvres chorales importantes, dont la première d'Apocalypsis de R. Murray Schafer en 1980. Avant la fondation de la faculté, le plus important ensemble d'interprétation est le chœur de l'université, sous la direction d'Alfred Rosé. Après 1968, le choeur est toutefois supplanté par les ensembles de chant choral de la faculté, notamment le Faculty of Music Singers, renommé plus tard University of Western Ontario Singers, dirigé par Deral Johnson de 1969 à 1989, puis par Ken Fleet, Gerald Neufeld et, depuis 1998, par Victoria Meredith. Sous la direction de Meredith, la Faculty of Music Singers et Les Choristes remportent plusieurs concours radiophoniques nationaux de la SRC. Parmi les autres ensembles de chant choral, notons la Chorale, les Thames Scholars et les St Cecilia Singers.

La faculté met sur pied un certain nombre d'ensembles instrumentaux. Le violoncelliste Tsuyoshi Tsutsumi est, pendant quelques années, artiste en résidence et devient l'un des membres fondateurs de Quartet Canada, un quatuor en résidence de 1977 à 1981. L'orchestre symphonique est d'abord dirigé par Donald McKellar, puis par Robert Skelton et Clifford Evens en 1972, par Simon Streatfield en 1977 et, en 1983, par Jerome Summers (qui met sur pied l'ensemble d'instruments à vent en 1974 et le dirige jusqu'en 1983); les autres chefs d'orchestre sont, entre autres, Herman Dilmore, Peter Odegard, James McKay et Geoffrey Moull. L'ensemble symphonique est dirigé de façon intermittente, de 1962 à 1991, par McKellar, Martin Boundy, Scott Clark, Charles Dalkert, Paul Green, Henry Meredith, David McKinney, Jerome Summers et Gary McCumber. L'orchestre de scène est dirigé par Phil Nimmons à partir de 1979. La Faculté de musique a aussi des ensembles de musique de chambre, de jazz, d'instruments à vent et de musique ancienne.

Recherche en musique et composition

Gordon Greene est le directeur du Département d'histoire de la musique de 1968 à 1975; il est remplacé par Terence Bailey de 1975 à 1985. Les autres directeurs sont Philip Downs, Richard Semmens, Robert Toft et Catherine Nolan. Bailey est le directeur fondateur de Studies in Music from the University of Western Ontario (de 1976 à aujourd'hui), dont les parutions incluent un catalogue en quatre volets sur la collection d'opéras rares de l'université publié par Donald Neville (vol. 4, 1979; suppl. vol. 12, 1987). George Proctor assure l'expansion des cours et de la recherche en musique canadienne. Richard Semmens prend en charge les activités du Collegium Musicum (London, Ontario) durant les années 1980.

Le Département d'histoire de la musique organise plusieurs symposiums : « Crosscurrents and the Mainstream of Italian Serious Opera 1730-1790 » (1982), « Canadian Music of the 1950's » (1983), « Mozart: A Celebration » (1990-1991) et « International Rachmaninoff Symposium and Festival » en 2003. Les projets de recherche touchent, entre autres, les bases de données sur le chant grégorien, CANTUS, établi en 1997, et le Handbook for Metastasio Research. Le journal étudiant de musicologie, Nota Bene, existe depuis 2008.

À l'époque où Jack Behrens est directeur du Département des matières théoriques et de composition (1976-1980), on s'efforce d'accorder plus de place à la composition. Jack Behrens invite en résidence pour de courtes périodes un certain nombre de compositeurs, dont Larry Austin, Leon Kirchner et R. Murray Schafer. Le Département des matières théoriques et de composition commence à présenter New Music Colloquia en 1970 et il est l'hôte de Music Theory Canada en 1990, un colloque de trois jours parrainé par l'Université de Western Ontario, l'Université Wilfrid Laurier et l'Université de Guelph. En 1995, la faculté modernise son laboratoire de son numérique pour faciliter l'étude de la composition électroacoustique.

En 2008, les départements d'histoire de la musique et de composition fusionnent pour former le Département de recherche musicale et de composition.


Installations, ressources et événements spéciaux
Installations et ressources

Les locaux d'exécution de la Faculté de musique au Talbot College et au Music Building contigu incluent la salle von Kuster, de 248 places, le Théâtre Talbot (renommé Théâtre Paul Davenport en 2009, après 5 millions de dollars de rénovation) et quatre studios avec orgue (dont un doté d'un orgue Casavant à trois claviers à traction mécanique). Situés hors de la faculté, mais dans l'enceinte de l'université, l'Alumni Hall, de 2300 places, et l'auditorium du collège Althouse sont utilisés pour des concerts.

En 2011, la bibliothèque de musique de l'université compte plus de 50 000 enregistrements, 65 000 trames sonores et environ 31 000 livres. Les collections spéciales incluent la collection Opera, des manuscrits rares et des éditions imprimées d'opéras et de livrets des 17e, 18e et 19e siècles, la collection Metastasio, la collection Thomas Baker, la collection Cherubini et la collection Gustav Mahler-Alfred Rosé de sources primaires des documents de Mahler.

Les instruments de la banque d'instruments à cordes de la faculté sont acquis grâce à un don de la fondation de Richard et Jean Ivey. De même, deux Stradivarius et un Guarnerius sont légués par Gordon D. Jeffery en 1986; les instruments sont vendus en 1997 pour créer un fonds de dotation. Le département d'histoire de la musique conserve une collection d'instruments anciens pour son Collegium Musicum. On trouve également un laboratoire de son numérique complet.

Événements spéciaux

La faculté fait appel à nombre d'éminents érudits et musiciens pour présenter des cours magistraux, des ateliers et des symposiums, dont Pierre Boulez, Russell Braun, John Cage, Edward Cone, Allen Forte, Lukas Foss, Hans Keller, Paul Henry Lang, William Malm, Richard Miller, Stanley Sadie, Michael Schade, Nicolas Slonimsky, Karlheinz Stockhausen, Nancy Telfer, Edith Wiens et Christian Wolff.

Par ses récitals, ses séries de concerts et ses présentations spéciales incluant des œuvres d'envergure où les ensembles chorals de l'université combinent leurs forces avec l'Orchestra London Canada, l'Université de Western Ontario contribue largement à l'enrichissement de la vie culturelle de London.


Bibliographie
J.J. et R.D. TALMAN, Western, 1878-1953, (London 1953).

William Sherwood FOX, Sherwood Fox of Western (Toronto 1964).

Paul GREEN, « Western announces graduate programs in music », Recorder, vol. 11 (mai 1969).

Donald McKELLAR, « Les Installations musicales de Western sont parmi les plus sophistiquées au Canada », La Scène musicale, 270 (mars-avril 1973).

John KRAGLUND, « London enters the musical go-round », Globe and Mail (Toronto, 12 août 1978).

J.R.W. GWYNNE-TIMOTHY, Western's First Century (London, Ont., 1978).

Jane A. BALDWIN et autres, « Special collections at the music library of the University of Western Ontario », Fontes artis musicae, vol. 34, n<SUP>o<SUP> 4 (1987).

Stephen C. MCCLATCHIE, « The Gustav Mahler-Alfred Rosé Collection at the University of Western Ontario », Notes, vol. 52 (déc. 1995).

« Sale of violins creates endowment », Ensemble (journal de la Faculté de musique de l'Université de Western Ontario), (hiver 1997-1998).

« University piano technology program », Canadian Music Trade, vol. 22, no 2 (avril-mai 2001).

« This is the Wright Faculty!: historic occasion marks the renaming of the Faculty of Music », Ensemble, (hiver 2002).

« Higher music education », La Scène musicale (nov. 2008).

Studies in Music from the University of Western Ontario (1976- ).

Auteur J. Paul Green et Sarah Church

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