Pour la deuxième saison au His Majesty's (1911-12), l'orchestre fut porté à 45 musiciens et l'entreprise prit le nom de Montreal Opera Company (aussi appelée Compagnie d'opéra de Montréal). Jacchia dirigea les opéras italiens. Louis Hasselmans (Paris, 25 juillet 1878 - San Juan, Porto Rico, 27 décembre 1957) vint de Paris prendre charge du répertoire français, porté à 12 opéras, à savoir Carmen, Faust, Roméo et Juliette, La Navarraise (Massenet), Werther, Cendrillon (Massenet), Madame Chrysanthème (Messager), Louise, L'Ancêtre (Saint-Saëns), Le Chemineau (Leroux), La Vivandière (Godard), Le Jongleur de Notre-Dame et Noël (Erlanger). On entendit des Canadiens : Béatrice La Palme qui fit ses débuts (rôle de Micaëla), de même que le soprano Irene Pavloska et la basse Georges Panneton. Le ténor français Edmond Clément était de nouveau en vedette, ainsi que le soprano américain Beatrice Bowman. Cette deuxième saison afficha un déficit accru, soit près de 50 000 $ pour un total de 97 représentations dont 69 à Montréal et 28 en tournée, en plus de 13 concerts symphoniques.
Une troisième saison fut mise sur pied avec un répertoire encore plus ambitieux, incluant notamment Aïda, Hérodiade et Zazà (Leoncavallo). Parmi les solistes, on remarquait les sopranos Maria Gay et Carmen Melis, le mezzo-soprano Marie Claessens, les ténors Léon Laffite et Giuseppe Gaudenzi, le baryton Jean Riddez et la basse Giovanni Polese. La Canadienne Louise Edvina chanta Marguerite dans Faust et reprit les rôles titres de Louise et de Tosca, qu'elle avait chantés au Covent Garden de Londres. Wilfrid Pelletier avait été engagé comme pianiste répétiteur des choeurs dirigés par Henri Delcellier. Cette fois, le déficit fut de l'ordre de 65 000 $. Une telle situation ne pouvait durer et il fut décidé que l'entreprise cesserait d'exister à la fin de la saison 1912-13.
En trois saisons, la Compagnie d'opéra de Montréal avait donné près de 300 représentations, dont 139 d'opéras français et 137 d'opéras italiens en plus de concerts symphoniques. F.S. Meighen déboursa plus de 100 000 $ pour combler les déficits. Une fois la troupe dissoute, certains éléments se regroupèrent à l'automne 1913 pour former la Compagnie nationale d'opéra du Canada, sous l'égide de l'impresario américain d'origine russe Max Rabinoff. Agide Jacchia en devint le principal chef d'orchestre, avant d'être attaché au Century Opera de New York, à la Boston National Opera Company et à l'orchestre des Boston Pops (1917-26). Pour sa part, Louis Hasselmans fut ensuite engagé à l'Opéra de Chicago (1918-19), à l'Opéra-Comique de Paris (1919-22) et au Metropolitan Opera (1922-37).
Clerk-Jeannotte tenta de faire revivre la Compagnie d'opéra de Montréal aussi tard qu'en 1933 au théâtre Impérial en annonçant une saison de deux semaines, totalisant 12 représentations, sous la direction musicale d'Ethel Leginska, avec des vedettes comme Hope Hampton et Helen Jepson. Mais l'indifférence du public l'obligea à contremander la saison après la première semaine au cours de laquelle Thaïs, Louise et Werther furent à l'affiche.
Auteur Gilles Potvin
Charles-O. LAMONTAGNE, « Montreal Opera Company », The Gazette (Montréal, 27 juill., 3, 10, 17 août 1946).
- et Romain GOUR, « Frank Stephen Meighen, dilettante et mécène », Qui?, V (mars 1954).
Liens supplémentaires
Opéra de Montréal
Site officiel de l'Opéra de Montréal.
Opera.ca
Site Web d'Opera.ca, la voix de l’opéra au Canada.


Le récit de la fondation de Montréal est peut-être unique dans l'histoire....
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