Compagnie d'opéra de Montréal/Montreal Opera Company

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Compagnie d'opéra de Montréal/Montreal Opera Company. Troupe d'opéra fondée en 1910 par Albert Clerk-Jeannotte qui, avec l'appui financier de Frank Stephen Meighen et le concours de Charles-O. Lamontagne, administrateur, engagea des artistes de la New San Carlo Opera et leur chef d'orchestre, Agide Jacchia (Lugo, Italie, 5 janvier 1875 - Sienne, 29 novembre 1932), élève de Mascagni. Avec quelques autres instrumentistes et choristes de Montréal et de New York, la troupe débuta le 31 octobre 1910 sous le nom de Montreal Musical Society, présentant en alternance Tosca et Lakmé, au His Majesty's. Au cours de cette première saison de huit semaines, on donna également Fedora (Giordano), Manon, Carmen, La Bohème, Madama Butterfly, La Traviata, Thaïs et L'Amico Fritz (Mascagni), en tout 48 représentations en plus de 8 concerts symphoniques. Au nombre des chanteurs se trouvaient Frances Alda, Natale Cervi, Edmond Clément, Ugo Colombini, Louis Deru, Ester Ferrabini, Lydia Lipkowska, Alice Michot, Alice Nielsen, Giuseppe Pimazzini, Simone Rivière et Eugenio Torre. En décembre, la troupe se rendit à Québec pour une semaine à l'Auditorium, mais apprit à son arrivée que l'évêque catholique avait interdit aux fidèles d'assister aux spectacles sous peine de péché. Les livrets furent aussitôt soumis pour approbation et l'interdit fut levé, sauf pour Manon et Thaïs. La troupe se produisit ensuite au théâtre Russell d'Ottawa, au Lyceum de Rochester, N.Y., et au Princess Theatre de Toronto, le Royal Alexandra n'étant pas libre; par contre la compagnie y présenta deux saisons subséquentes. Cette première saison se solda par un déficit de plus de 22 000 $.

Pour la deuxième saison au His Majesty's (1911-12), l'orchestre fut porté à 45 musiciens et l'entreprise prit le nom de Montreal Opera Company (aussi appelée Compagnie d'opéra de Montréal). Jacchia dirigea les opéras italiens. Louis Hasselmans (Paris, 25 juillet 1878 - San Juan, Porto Rico, 27 décembre 1957) vint de Paris prendre charge du répertoire français, porté à 12 opéras, à savoir Carmen, Faust, Roméo et Juliette, La Navarraise (Massenet), Werther, Cendrillon (Massenet), Madame Chrysanthème (Messager), Louise, L'Ancêtre (Saint-Saëns), Le Chemineau (Leroux), La Vivandière (Godard), Le Jongleur de Notre-Dame et Noël (Erlanger). On entendit des Canadiens : Béatrice La Palme qui fit ses débuts (rôle de Micaëla), de même que le soprano Irene Pavloska et la basse Georges Panneton. Le ténor français Edmond Clément était de nouveau en vedette, ainsi que le soprano américain Beatrice Bowman. Cette deuxième saison afficha un déficit accru, soit près de 50 000 $ pour un total de 97 représentations dont 69 à Montréal et 28 en tournée, en plus de 13 concerts symphoniques.

Une troisième saison fut mise sur pied avec un répertoire encore plus ambitieux, incluant notamment Aïda, Hérodiade et Zazà (Leoncavallo). Parmi les solistes, on remarquait les sopranos Maria Gay et Carmen Melis, le mezzo-soprano Marie Claessens, les ténors Léon Laffite et Giuseppe Gaudenzi, le baryton Jean Riddez et la basse Giovanni Polese. La Canadienne Louise Edvina chanta Marguerite dans Faust et reprit les rôles titres de Louise et de Tosca, qu'elle avait chantés au Covent Garden de Londres. Wilfrid Pelletier avait été engagé comme pianiste répétiteur des choeurs dirigés par Henri Delcellier. Cette fois, le déficit fut de l'ordre de 65 000 $. Une telle situation ne pouvait durer et il fut décidé que l'entreprise cesserait d'exister à la fin de la saison 1912-13.

En trois saisons, la Compagnie d'opéra de Montréal avait donné près de 300 représentations, dont 139 d'opéras français et 137 d'opéras italiens en plus de concerts symphoniques. F.S. Meighen déboursa plus de 100 000 $ pour combler les déficits. Une fois la troupe dissoute, certains éléments se regroupèrent à l'automne 1913 pour former la Compagnie nationale d'opéra du Canada, sous l'égide de l'impresario américain d'origine russe Max Rabinoff. Agide Jacchia en devint le principal chef d'orchestre, avant d'être attaché au Century Opera de New York, à la Boston National Opera Company et à l'orchestre des Boston Pops (1917-26). Pour sa part, Louis Hasselmans fut ensuite engagé à l'Opéra de Chicago (1918-19), à l'Opéra-Comique de Paris (1919-22) et au Metropolitan Opera (1922-37).

Clerk-Jeannotte tenta de faire revivre la Compagnie d'opéra de Montréal aussi tard qu'en 1933 au théâtre Impérial en annonçant une saison de deux semaines, totalisant 12 représentations, sous la direction musicale d'Ethel Leginska, avec des vedettes comme Hope Hampton et Helen Jepson. Mais l'indifférence du public l'obligea à contremander la saison après la première semaine au cours de laquelle Thaïs, Louise et Werther furent à l'affiche.

Auteur Gilles Potvin


Bibliographie

Charles-O. LAMONTAGNE, « Montreal Opera Company », The Gazette (Montréal, 27 juill., 3, 10, 17 août 1946).

- et Romain GOUR, « Frank Stephen Meighen, dilettante et mécène », Qui?, V (mars 1954).


Liens supplémentaires
Opéra de Montréal
Site officiel de l'Opéra de Montréal.

Opera.ca
Site Web d'Opera.ca, la voix de l’opéra au Canada.

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