Boky, Colette
Colette (Marie-Rose Élisabeth) Boky (née Giroux). Soprano (Montréal, 4 juin 1935). Premier prix chant (CMM) 1962. En 1953, Jean Deslauriers l'entendit lors d'un concours d'amateurs et lui conseilla d'entreprendre des études vocales, ce qu'elle fit à l'École Vincent-d'Indy (1953-55), prenant ensuite des leçons particulières de Laurette Bailly. Elle remporta le premier prix d'un concours organisé par la station radiophonique CKVL de Montréal (1958), puis travailla à l'atelier d'opéra du RCMT (été 1959). Au CMM (1959-62), elle étudia avec Raoul Jobin, Roy Royal, Otto-Werner Mueller, Dick Marzollo et Rémus Tzincoca. En mai 1961, elle fit ses débuts à la scène dans Le Barbier de Séville (Rosine) présenté à Chicoutimi par le Théâtre lyrique de Nouvelle-France. Avec la même compagnie, elle chanta le rôle titre de Lakmé à Québec l'année suivante. Gagnante du Prix d'Europe 1962, elle poursuivit ses études à Paris avec Janine Micheau et Jobin, remportant la même année un deuxième prix et une médaille au Concours international d'exécution musicale de Genève. Elle fit ses débuts européens dans L'Apothicaire de Haydn, présenté d'abord à Versailles puis à Paris, au théâtre de France (1964).

Une saison (1964-65) à l'Opéra de Brême lui permit d'aborder des rôles dans Così fan tutte (Despina) et dans Le Rossignol (rôle titre) de Stravinsky. Elle fut ensuite engagée par le Festival de Salzbourg 1965 (Sandrina dans La Finta giardiniera de Mozart) et celui de Munich la même année (premier rôle de La Scala di seta de Rossini), production reprise au festival de Schwetzingen. La même année, elle tint le rôle de Frau Fluth dans une version filmée des Joyeuses commères de Windsor de Nicolai et chanta le rôle principal dans Le Médecin malgré lui de Gounod, mise en scène de Jean-Pierre Ponnelle au Cuvilliés Theater de Munich. Elle participa à des concerts d'orchestre à la Bayerischer Rundfunk.

L'étape suivante de sa carrière fut le Volksoper de Vienne où, en 1966, elle tint divers rôles en plus de chanter Carmina Burana de Carl Orff, avec l'Orchestre philharmonique de Vienne, et La Création de Haydn, sous la direction de Karl Richter, qu'elle reprit en 1967 à Montréal et à New York lors de la tournée du choeur et de l'Orchestre de Munich. À la PDA, elle tint le rôle titre de La Belle Hélène d'Offenbach présenté par le Théâtre lyrique de Montréal (1966). Son entrée au Metropolitan Opera en 1967 la consacra comme vedette internationale. Elle y fit ses débuts le 28 octobre dans La Flûte enchantée (Reine de la nuit). En 1978, elle avait tenu plus de 25 premiers rôles dans ce théâtre, les plus importants étant Juliette (Roméo et Juliette), Marguerite (Faust), Violetta (La Traviata), Gilda (Rigoletto), Lucia (Lucia di Lammermoor), Sophie (Der Rosenkavalier), Olympia, Giulietta, Antonia, Stella (Les Contes d'Hoffmann) et Adina (L'Elisir d'amore). Elle s'y produisit aussi en 1978 dans une production de La Fiancée vendue télévisée en direct de la scène du Metropolitan.

Elle reprit ses meilleurs rôles avec d'autres compagnies, notamment à Hartford, Conn., Miami, Pittsburgh, San Francisco et à la Nouvelle-Orléans. Au Canada, elle chanta le rôle titre de Manon, son rôle préféré, avec le Théâtre lyrique de Nouvelle-France à Québec et à Montréal (1967), le reprenant avec l'Opéra du Québec (1973). Avec la COC, elle chanta Le Barbier de Séville et Les Contes d'Hoffmann (Olympia) durant la saison 1967, à Toronto et à Montréal. Elle fut l'invitée de plusieurs orchestres symphoniques du Canada et des États-Unis.

Au CNA, dans le cadre de Festival Canada (Festival Ottawa), elle tint le rôle d'Adèle dans Le Comte Ory de Rossini (1974, 1976) et le rôle titre de La Belle Hélène (1973, 1976), repris à Washington, D.C., à l'occasion du bicentenaire des É.-U. En 1976, elle interpréta Thaïs à Nice. Boky a participé à de nombreux concerts et spectacles lyriques à la télévision de la SRC et de la BBC, ainsi qu'à des récitals à la radio. Elle s'est révélée une excellente interprète de la mélodie française et du lied.

Boky commença à enseigner à l'UQAM en 1981 et fut dir. artistique de son atelier d'opéra (1986-88), mettant en scène Dialogues des Carmélites de Poulenc en 1987. Elle reçut le Prix de musique Calixa-Lavallée (1971) et le Prix Denise-Pelletier du Gouvernement du Québec (1986). Elle fit l'objet d'un « Portrait d'une artiste », en 1974, à la télévision de la SRC, émission destinée aux télévisions francophones du monde.


Discography
Bizet Carmen : O et Ch du Metropolitan Opera, Bernstein c orch, Boky (Frasquita); 1973; 3-DG 2740-101 et 3-DG 413-279-1, (sélections) DG 2530-534.

Colette Boky Sings Strauss : RCA Victor Concert O, Luypaerts c orch; début années 1960; RCA LSC-2693 et RCA CCS-1002.

Falla Le Tricorne : OSM, Dutoit c orch; 1981; Lon LDR-71060 et Lon 410-008-2 (CD), (sélections) Ovation 417-748-2 (CD).

Fauré, Debussy : mélodies; Lachance p; 1977; RCI 463.

J. Hétu Les Clartés de la nuit op. 20a : O métropolitain, Beaudry c orch; 1987; 4-ACM 31 (CD).

Weigl 5 Duos : Shirley tén, Garvey p; 1963; Orion ORS-81407 et Turnabout TVS-34522.

Voir aussi DISCOGRAPHIE de l'Orchestre métropolitain.

Auteur Nadia Turbide


Bibliographie

Claude GINGRAS, « Colette Boky veut refaire son image », La Presse (Montréal, 24 févr. 1975).

John FITZGERALD, « Boky builds bridge of song », The Gazette (Montréal, 17 sept. 1977).

Eric DAWSON, « Realization of a 10-year dream fulfilled with the Merry Widow », Calgary Herald (13 janv. 1979).

« Colette Boky, une grande voix québécoise » (interview accordée à Maryse Angrignon SIROIS), Aria, VI (aut.1983).

Raymonde BERGERON, « La Boky », Madame au foyer (oct. 1984).

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